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DE L'ALLAITEMENT NATUREL ET DU SEVRAGE

L'allaitement naturel est le régime dans lequel le lait de femme, pris directement par l'enfant au sein de sa mère ou d'une nourrice, constitue sa nourriture exclusive, soit jusiju'au sevrage, soit au moins jusque vers l'âge de six mois, c'est-à-dire jusqu'à l'époque où l'on peut commencer à lui doimcr d'autres aliments que du lait.

Nous traiterons séparément de l'allaitement par la mère, de l'allaitement par une nourrice, du sevrage.

§ 1. — De l'allaitement maternel.

Pour l'enfant nouveau-né, rien ne saurait remplacer la vigilance d'une

mère, et les soins incessants qu'il réclame ne sont jamais bien et complètement donnés que par la mère qui allaite elle-même son enfant.

L'allaitement maternel doit être hautement encouragé, non-seulement au point de vue de la morale, mais au point de vue de l'hygiène. D'une part, en effet, c'est le mode d'alimentation le plus favorable pour l'enfant ; d'autre part, les femmes qui nourrissent se rétablissent en général plus rapidement, après leur accouchement, que si elles s'étaient soustraites aux devoirs de l'allaitement. Toute femme qui est en bonne santé et qui a suffisamment de lait doit donc élever son enfant au sein.

Une santé médiocre n'est pas toujours un obstacle à l'allaitement maternel. Ainsi, les femmes qui étaient sujettes à des névralgies utérines ou ovariennes s'en trouvent parfois débarrassées après avoir nourri ; souvent aussi, celles qui étaient chlorotiques, névropathes, qui n'avaient pas d'appétit et digéraient mal, dont la santé était languissante, jouissent pendant l'allaitement d'une santé excellente qui peut même se maintenir après qu'elles ont sevré.

Dans le cas de syphilis, Tallailement maternel devient pour ainsi dire obligatoire, car l'enfant né de parents syphilitiques pourrait contaminer une nourrice saine (voy. Syphilis, section VIII, tome II).

A tous les points de vue on doit donc recommander l'allaitement maternel; mais nous sommes obligés de reconnaître que, dans les grandes villes principalement, il existe un certain nombre de femmes qui, malgré leur bonne volonté et celle de leur entourage, ne sont pas en état de suffire aux exigences ou aux fatigues de l'allaitement materne!, de sorte qu'il faut leur préférer une nourrice.

Pour être autorisée à nourrir il faut que la femme ne soit atteinte d'aucune affection générale susceptible de s'aggraver par le fait de l'allaitement, ni d'aucune affection latente accusée par les antécédents et dont les manifestations, nulles jusqu'alors, pourraient se développer sous cette influence.

C'est ainsi qu'on ne doit pas laisser nourrir, non-seulement une femme atteinte de tuberculisation pulmonaire, mais encore une femme dont les parents sont morts de cette maladie. On voit souvent déjeunes accouchées succomber de phthisie à la suite d'un allaitement prolongé qui les avait épuisées. Le professeur Peter a beaucoup insisté sur les faits de ce genre dans ses leçons cliniques (1). On doit défendre l'allaitement aux femmes ayant des signes manifestes de scrofule : cicatrices, engorgements ganglionnaires, etc., à cause des relations bien connues de la scrofule et de la phthisie II en sera de même pour celles qui sont atteintes d'une cachexie quelconque; mais on laissera toute liberté d'action, sous ce rapport, aux femmes simplement lymphatiques. Peut-on laisser nourrir les femmes atteintes de névroses? L'allaitement doit être interdit à celles qui sontfolles, épileptiques, ou hystériques à un degré extrême. Mais c'est être trop rigoureux que d'étendre cette interdiction jusqu'aux femmes dites nerveuses, comme on le fait souvent.

(1) Michel Peter, Leçons de clinique médicale, t. II, p. 129.

Les femmes qui ont subi des pertes de sang très abondantes après l'accouchement sont dans de très-mauvaises conditions pour nourrir.

Peut-on savoir fl*avance si une fenimo enceinte sera bonne nourrice ? —

Quand une femme enceinte se porte l)ien et manifeste le désir d'allaiter son enfant, peut-on savoir d'avance si elle sera bonne nourrice? Cette question, souvent posée au médecin, est fort embarrassante. Cependant, dans la majorité des cas, on pourra porter un pronostic probable, en s'appuyant sur les renseignements que nous allons donner.

Tout d'abord, il faut que la glande mammaire soit suffisamment développée et que les mamelons soient saillants ou susceptibles de le devenir, quand ils sont excités ou tiraillés. Les mamelons rentrants, ombiligués d'urne façon permanente, sont d'un fâcheux augure. Il est encore favorable que le mamelon ne soit ni trop gros ni trop petit. Disons toutefois qu'avec un mamelon très-défectueux, l'allaitement est à la rigueur possible au moyen d'un bout de sein artificiel, et que, d'autre part, on peut améliorer après l'accouchement la disposition du mamelon, en le faisant teter pendant quelques jours par un enfant déjà âgé de plusieurs semaines, qui exerce sur lui des succions plus énergiques que celles dont un nouveau-né serait capable, tandis que la mère de cet enfant donne en échange le sein au nouveau-né, qui le prend sans difficultés. Nous reviendrons d'ailleurs sur ces conditions locales quand nous traiterons du choix d'une nourrice (voy. p. 901).

D'après Trousseau, l'état habituel de la menstruation peut encore fournir quelques présomptions sur la lactation future : les femmes qui ont des règles peu abondantes, irrégulières, auraient généralement peu de lait; d'autre part, si le flux menstruel est très-copieux, il serait à craindre qu'il ne se rétablît prématurément pendant l'allaitement, de façon à tarir ou à diminuer la sécrétion lactée (1).

Suivant Donné, la sécrétion de la glande mammaire pendant la grossesse fournirait des renseignements très-utiles pour juger d'avance des qualités qu'aura le lait après raccouchemenf. Cet auteur croit qu'il existe un rapport à peu près constant entre les qualités et l'abondance du colostrum qu'on fait sourdre par une pression modérée du sein, pendant la grossesse, et les qualités et l'abondance du lait après l'accouchement. Donné divise les femmes, sous le rapport de la sécrétion du colostrum, en trois catégories.

Dans la première catégorie il range les femmes chez lesquelles, à quelque époque de la grossesse que l'on fasse cet examen, la sécrétion du colostrum est si peu abondante, que l'on peut à peine en obtenir une goutte, une demigoutte, par la pression la plus soigneusement exercée sur la glande mammaire et le mamelon; dans ce cas, le lait sera, presque à coup sûr, après l'accouchement, en petite quantité, pauvre et insuffisant pour la nourriture de l'enfant.

La seconde catégorie comprend les femmes dont la glande mammaire secrète un colostrum abondant mais fluide, aqueux, coulant facilement, sem-

(1) Trousseau, Cliniques, 4* édit., t. III, p. 157.

blable à de l'eau de gomme et ne présentant pas de stries de matière jaune, épaisse et visqueuse : les femmes dont le colostrum offre ce caractère peuvent avoir du lait en plus ou moins grande quantité, quel(}uefois abondant, quelquefois rare; mais leur lait est toujours pauvre, aqueux et très-peu substantiel.

Enfin lorsque la sécrétion du colostrum, chez une femme grosse de huit mois par exemple, est assez abondante, que l'on en obtient facilement quelques gouttes dans un verre de montre, surtout lorsque ce fluide contient une matière jaune plus ou moins foncée, plus ou moins épaisse, tranchant par sa consistance et sa couleur avec le reste du liquide dans lequel elle forme des stries distinctes, on a la presque certitude que la femme, dans ces conditions, aura du lait en suffisante quantité, que ce lait sera riche en principes nutritifs, qu'il jouira, en un mot, de toutes les qualités essentielles (1).

Cette formule serait commode à appliquer dans la pratique, si elle était absolument vraie, malheureusement il n'en est pas toujours ainsi; telle femme dont la mamelle sécrète un colostrum abondant et épais pendant la grossesse peut être une nourrice médiocre, et, réciproquement, telle femme dont les seins ne fournissaient que quelques gouttes de colostrum pendant la grossesse, peut avoir beaucoup de lait après l'accouchement.

Des soins qne doit prendre nne femme pendant sa grossesse quand elle désire nourrir. — Psous avons dit, page 572, que les femmes qui veulent nourrir doivent faire pendant la grossesse des lotions sur le bout des seins, avec de l'eau-de-vie ou de la teinture d'arnica, afin de les endurcir et de prévenir les gerçures, les crevasses qui se produisent pendant l'allaitement; nous ajouterons que le glycérolé d'amidon ou de tannin rend les mêmes services. Nous rappelons aussi que les mamelons ombiliqués ou peu saillants doivent être soumis, dans le dernier mois, à des titillations ou à des tiraillements légers pratiqués avec les doigts. Quant aux succions faites à l'aide d'un instrument quelconque, une pipe de terre par exemple, ou par une personne de bonne volonté, il faut ne les employer qu'avec modération, car elles pourraient déterminer un accouchement prématuré. C'est pour la même raison que nous proscrivons les tractions faites sur les mamelons par des ventouses, dont l'action est trop puissante.

Enfin il peut être avantageux d'appliquer sur k mamelle, pendant les derniers mois de la grossesse, un bout de sein un peu large, qui comprime l'aréole et laisse au contraire au mamelon toute liberté pour se développer (2).

De l'byglène d'une femme qui allaite. — La femme qui allaite doit,

autant que possible, mener une vie calme et régulière ; elle prendra l'air chaque jour et fera un exercice modéré, afin d'aiguiser son appétit, mais sans • se fatiguer.' Elle se couchera de bonne heure et ne donnera pas à teter trop souvent pendant la nuit, afin de n'être pas privée de sommeil. Elle choisira ses aliments de manière que les digestions soient faciles,

(i) Donnt', Cours de microscopie, pp. iOô et suivantes, 1844. (•2) Cazeaux, Accouchements, p. 1121.

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la nutrition active et réparatrice. Il n'y a pas lieu de lui prescrire une nourriture spéciale; il conviendra seulement que son régime ne soit ni exclusivement animal, ni exclusivement végétal. Elle pourra même accorder une certaine préférence aux aliments ([ui, comme les graines des légumineuses, les lentilles en particulier, ont la réputation de donner du lait. Pour boisson, elle peut faire usage de vin coupé d'eau ou de bière de bonne (lualité, qui est réputée pour être très-lactifère. Mais les nourrices ne doivent user de ces boissons qu'avec modération. Un demi-litre de vin par jour et une bouteille de bière légère doivent amplement leur sufiire, car il ne faut pas oublier que l'abus des boissons alcooliques peut, comme nous l'avons dit page 869, avoir des conséquences graves pour l'enfant. Si les boissons que nous venons d'indiquer ne suffisent pas pour étancber la soif, qui cbez les nourrices est souvent très-vive, on y suppléera par une tisane d'orge et de réglisse ou de l'eau pure. La femme qui nourrit doit aussi n'user qu'avec modération des excitants, tels que le thé et le café ; mais ce serait exagérer que de proscrire absolument ces substances.

Nous avons dit plus haut (voy. p. 8G8) que les principes odorants de certains aliments, tels que l'ail, l'asperge, l'oignon, la carotte, l'anis, etc., absorbés par la nourrice peuvent passer dans le lait et, s'ils s'y trouvent en proportion suffisante, impressionner désagréablement le nouveau-né. Les femmes qui nourrissent feront donc bien de n'user de ces aliments qu'avec une certaine réserve et d'être prê tes à s'en abstenir. 11 en sera de même des salades.

Les rapports conjugaux, s'ils ne sont pas absolument proscrits, devront être rares, car en admettant qu'ils ne soient pas suivis d'une grossesse, ils ne sont pas toujours sans inconvénients (voy. p. 805).

On n'interdit aux nourrices ni les bains tièdes, ni les bains froids, ni l'hydrothérapie.

Les seins d'une femme qui allaite doivent être l'objet de soins particuliers. Il faut d'abord (ju'ils soient soutenus, surtout s'ils sont volumineux, sans être comprimés dans un corset trop étroit. La tetée finie, on doit laver le mamelon avec un peu d'eau tiède afin de ne pas laisser séjourner à sa surface du lait susceptible de s'aigrir; on l'essuiera ensuite avec soin; enfin on placera sur le sein une élolTe fine, afin de le protéger contre l'air froid, les poussières et les frottements rudes. Ces précautions sont, avec celles qui doivent être prises pendant la grossesse, le meilleur moyen d'éviter les crevasses et les abcès.

Précaution»* à prcndi-e au nioniont de lu totéw. — Avaul dc donner le

sein, la femme doit laver le mamelon afin d'en désoblruer les orifices et d'enlever la petite quantité de lait qui pourrait y avoir séjourné et avdir pris une acidité susceptible de le rendre nuisible pour l'enfant.

En général, la femme se lient assise et place l'enfant à peu près transversalement devant sa poitrine, la tète un peu plus élevée que les pieds; si elle est encore au lit et trop faible pour se mettre sur son séant, elle peut rester étendues sur un cote et coucher l'enfant le long de son corps. Cette attitude

est d'autant plus utile que, dans les premiers jours, l'enfant met souvent une demi-heure à faire son repas. Elle doit veiller à ce que les narines de l'enfant ne soient pas en contact immédiat avec le sein.

Dans les premiers temps, l'enfant a quelquefois peine à trouver le mamelon ; il faut que la nourrie^, après y avoir fait sourdre une goutte de lait, le lui introduise dans la bouche en prenant garde de ne pas le placer sous la langue, ce qui peut arriver si l'enfant relève la pointe de cet organe. Pour faire prendre le sein à un enfant nouveau-né, il faut quelquefois beaucoup de temps et de persévérance. Les jeunes mères devront donc s'armer de patience et ne pas se laisser décourager par plusieurs échecs successifs. Certains enfants ne veulent pas prendre le sein, se défendent et crient ; ce n'est parfois qu'après plusieurs jours de liitle qu'on réussit à les faire teter.

Si le lait est très-abondant, il peut être utile que la femme en modère l'afflux en comprimant légèrement les conduits galactophores avec ses doigts placés entre le sein et le mamelon.

Enfin, la nourrice doit examiner si l'enfant tette et avale, ou s'il ne se contente pas de sucer le bout du sein. S'il s'endort sans avoir fait un repas suffisant, il faut le réveiller. Il arrive parfois que l'enfant préfère l'un des deux seins, il faut lui présenter d'abord l'autre. Quand l'enfant a fini de teter il faut lui laver les lèvres avec un linge fin imbibé d'eau tiède, comme nous avons dit qu'il fallait laver le mamelon et l'aréole, de façon à enlever le lait qui pourrait y rester adhérent et qui s'y aigrirait.

Si l'enfant, après avoir suffisamment teté, s'endort, il faut le mettre aussitôt dans son berceau et ne pas lui laisser prendre l'habitude de dormir sur les bras.

Quand doit-on uieftrc l'enfant au sein pour la première fois ? —

L'enfant peut être mis au sein aussitôt qu'il a reçu les premiers soins que nous avons décrits plus haut (voy. p. 838). Mais le plus souvent il convient de laisser à sa mère le temps de se reposer un peu des fatigues de l'accouchement. Ce n'est donc en général qu'au bout de quelques heures qu'elle donnera le sein pour la première fois. Il ne faut pas trop allonger ce délai et attendre, comme l'ont cependant conseillé quelques accoucheurs, que la montée du lait se fasse, parce que le sein devenant dur, le nouveau-né aurait plus de peine à saisir le mamelon. L'allaitement précoce a d'ailleurs son utilité pour la mère elle-même, en prévenant l'engorgement de la mamelle. Car si on laissait cet engorgement survenir, on pourrait se trouver réduit à employer une pompe ou quelque instrument analogue qui, dans ces conditions, exposerait aux excoriations du mamelon.

Pendant les quelques heures qui s'écoulent entre la naissance et la première tetée, on présente généralement h l'enfant de l'eau sucrée tiède; cela est au moins inutile, et si l'enfant en prend plus d'une ou deux cuillerées à café, il ne peut pas la digérer, dort mal et pousse des cris jusqu'à ce qu'il ait vomi à plusieurs reprises, ce qui comble d'aise les matrones qui ne manquent pas de dire qu'il a bien rendu ses fîumes. Au contraire, l'enfant qu'on ne gorge pas d'eau sucrée s'endort paisiblement dans son berceau. Nous pro-

testons donc contre l'usage habituel et surtout contre l'abus de l'eau sucrée. Mais si la mère est exceptionnellement faible et a besoin de repos, nous conseillons alors de donner de temps en temps à l'enfant une ou deux cuillerées à café d'eau sucrée. Celle-ci devient même insuffisante si le repos de la mère doit être prolongé. 11 convient alors de donner à l'enfant un peu d'eau sucrée blanchie avec quelques gouttes de lait de vache ou, mieux encore du lait d'ânesse additionné d'un quart d'eau sucrée. On agira de même lorsque la montée du lait se fera attendre au delà du terme habituel. Trousseau conseille de donner plutôt ce lait au biberon qu'à la cuiller, car, dit-il, il n'est pas bon de montrer au nouveau-né qu'il peut boire sans se donner la peine de sucer (1).

Combien de fois l'enfant doit-il tetor en vingt-quatre heures ? —

Il ne faut pas laisser l'enfant souffrir de la faim, et, lorsqu'il digère bien, les cris que les nourrices attribuent si facilement à de prétendues coliques, n'ont souvent pas d'autre origine que la faim. Mais il ne faut pas non plus lui donner le sein à chaque instant sans lui laisser le temps de digérer. Pour éviter ce double écueil il faut donner à teter à des intervalles à peu près réguliers; si la nourrice n'est pas insuffisante, on y arrive aisément, sinon dès le début, au moins vers six semaines.

Pendant les premiers mois, l'enfant doit être mis au sein huit ou dix fois par vingt-quatre heures; c'est-à-dire toutes les deux ou trois heures environ pendant le jour, et deux fois la nuit. A partir de quatre mois les letées doivent être moins nombreuses ; après six mois, l'enfant peut teter seulement toutes les trois heures, les repas devenant naturellement d'autant plus copieux qu'ils sont moins fréquents ; six tétées, dont quatre ou cinq le jour et une ou deux la nuit, sont alors suffisantes.

Quelle quantité de colostrum ou de lait l'enfant doit-il prenilrc par

tetée et par vingt-quatre heures ? — La quantité de lait prise dans chaque tetée est très-faible dans les premiers jours, où la sécrétion lactée n'est pas encore établie. D'après Bouchaud, qui a fait sur ce sujet des recherches consciencieuses à la Maternité de Paris, et dont les chiffres nous paraissent exacts, chez un enfant nourri par sa mère cette quantité serait en moyenne de 3 grammes le premier jour, de 15 grammes le second jour, de 40 grammes le troisième jour et enfin de 55 grammes le quatrième et le cinquième jour. (Si l'enfant est allaité par une nourrice, la quantité de lait prise pendant les premiers jours est beaucoup plus considérable, ainsi que nous le dirons page 904.) Pendant le premier mois, le poids moyen du lait pris par l'enfant à chaque tetée doit être de GO grammes; pendant le second et le troisième mois, de 70 grammes; pendant le quatrième et le cinquième mois, de 100 grammes ; pendant le sixième mois, de 120 grammes; et à partir du septième mois, de 150 grammes. Il est bien entendu que ces chilfres sont des moyennes qu'on ne doit pas s'attendre à trouver exactement dans la pratique. Ainsi, chez un enfant qui prend en moyenne GO grammes de lait

(1) Trousseau, Cliniques, 4* édit., t. 111, p. 160.

par tetée, on pourra trouver, pour des letées différentes, des poids intermédiaires entre 40 et 80 grammes ; mais si l'enfant est mis au sein tou tes les deux heures, on rencontrera très-rarement des variations allant de 20 grammes à 100 grammes, lorsque les conditions de l'allaitement sont normales.

Quant à la quantité moyenne de lait prise en vingt-quatre heures, par un enfant nourri par sa mère, et dont l'accroissement est régulier, elle est, d'après Bouchaud, inférieure à 30 grammes le premier jour; le second jour elle dépasse un peu 150 grammes; le troisième jour, 400 grammes; le quatrième et le cinquième jour, 550 grammes; puis, jusqu'à un mois, 600 grammes ; de un à trois mois, l'enfant prend chaque jour de 600 à 700 grammes en moyenne ; de [trois à cinq mois, de 700 à 800 grammes; à cinq mois, la quantité de lait qui lui est nécessaire dépassera 800 grammes, et à partir de six ou sept mois, elle sera supérieure à 900 grammes.

POIDS DU LAIT PRIS PAR TETÉE ET EN VINGT-QUATRE HEURES PAR UN ENFANT NOURRI PAR SA MÈRE.

1" jour (au maximum)

2« jour

3^ jour

4* et 5* jour

Jusqu'à 1 mois

2' et 3" mois

4' et 5' mois

6" mois

7* et au delà

PAR TETÉE.

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