‹ Traité de l'art des accouchementsChapitre 3 sur 252 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

qu'on s'arroge le droit de discuter et de juger publiquement les opinions des autres, il faut avant tout être impartial. Nous nous sommes donc efforcés de rendre justice à tous, sans parti pris de nationalité m d'amitié; nous n'avons obéi à aucun autre mobile que l'amour de la vérité, et si par hasard il nous était arrivé de manquer d'équité, nous pouvons dire hautement que nous ne l'avons pas fait volontairement. Jamais collaboration n'a été plus complète que la nôtre, et lorsqu'un chapitre ou même un paragraphe était écrit par l'un de nous, il était revu et modifié par l'autre, avant d'être remis à l'imprimeur. Que de corrections aussi n'avons-nous pas introduites dans les épreuves d'imprimerie ! Souvent nous avons discuté ; toujours notre entente finissait par devenir parfaite. Le travail fait ainsi en commun et l'échanî^e quotidien de nos idées n'avaient pas tardé à établir entre nous une confiance réciproque et des relations d'amitié. Tous ces liens sont aujourd'hui brisés ! Une mort prématurée et soudaine vient de frapper Ghantreuil au milieu de ses travaux, au moment où nous mettions la main aux dernières pages de ce volume, qu'il n'aura même pas eu la satisfaction de voir paraître, et c'est avec une grande tristesse, on le comprendra facilement, que je me trouve seul pour écrire cette préface. Que du moins le lecteur n'oublie pas le nom de Ghantreuil ; ce sera justice, si jamais ce livre obtient quelque succès.

Des deux volumes dont se composera ce Traité, celui qui paraît aujourd'hui contient 950 pages de texte et 285 figures. C'est grâce au bon vouloir de M. Lauwereyns, je me plais à l'en remercier, que nous avons pu compléter nos descriptions par un aussi grand nombre de figures, les unes originales, les autres empruntées à différents auteurs. Parmi celles-ci, les figures 36,37,41,42,51,53, aussi remarquables par leur exactitude que par leur exécution, proviennent du Traité cVanatomie du professeur Sappey (i), qui a eu la bonté de nous autoriser à les reproduire ; les figures 195, 197, 198, 199, 200, 201, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, sont empruntées au ^Traité du palper abdominal publié par le docteur Pinard (2), professeur agrégé à la Faculté de médecine, qui a bien voulu en mettre les clichés à notre disposition, et je ne saurais jamais dire assez haut que ces figures doivent lui être attribuées (3). Quant

(1) Sappey, TraiU d-amUmm descriptive, Vd.r\i, 1874, cliez Dclaliayc.

(-2) Pinanl, Traild du palper abdominal, uvcci? figures inlcrculc.-s dans le texte; Pans, 1878,

chez Lauwereyns.

(3) MallieureusemcMt deux de ces ligures, qu'on trouvera aux pages 487 et 4J1, ont ete reproduites sous mon nom, dans le livre récemmcnl public par Lusk {The Science and Art

VIII PRÉI'AGE

aux figures tirées de différonls autres ouvrages, nous avons le plus souvent indiqué leur origine, et si parfois nous n'avons pas mis au bas de cliacune d'elles le titre du livre d'où elle provenait, presque toujours le lecteur pourra facilement réparer cette omission en lisant le texte.

Ce premier volume forme pour ainsi dire un traité d'eutocie; il a été divisé en sept sections (voy. p. 2).

Les première et deuxième sections, relatives à l'anatomie et à la physiologie, ont reçu un développement qui paraîtrait peut-être excessif, si elles devaient être uniquement lues par des médecins ayant déjà entre les mains des traités d'anatomie et de physiologie ; mais elles sont aussi destinées aux élèves sages-femmes qui suivent mes cours à la Maternité, j'ai par conséquent pensé que ce livre devait contenir toutes les notions analomiques et physiologiques nécessaires aux sages-femmes.

Dans la troisième section, en décrivant la grossesse normale, nous avons consacré de nombreuses pages à l'ovologie; en voici la raison : au moment où nous avons fait paraître le fascicule relatif au développement de l'œuf humain (1), le professeur Sappey n'avait pas encore publié son Embryologie ; aussi les étudiants ne savaient guère où trouver un résumé d'ovologie et d'embryologie qui fût au courant des découvertes récentes. Nous avons donc simplement voulu combler une lacune et vulgariser une science indispensable à tout accoucheur instruit.

Nous avons étudié avec le plus grand soin, dans la quatrième section, tout ce qui a trait à l'accouchement proprement dit et en particulier à son mécanisme dont l'importance est capitale, car sans la connaissance approfondie des différents temps dont il se compose, on est exposé à commettre faute sur faute lorsqu'il s'agit, soit de porter un diagnostic ou un pronostic, soit de pratiquer une opération. — Au lieu de diviser le mécanisme de l'accouchement en cinq temps, ainsi que la plupart des accoucheurs français en avaient l'habitude, nous l'avons divisé en six temps, comme je l'avais déjà fait dans d'autres publications; mais on peut se demander, avec le professeur Pajot (2), si on ne devrait pas, au point de vue synthétique, réduire le nombre de ces temps. Sur cette question, je partagea peu près l'opinion émise

of Midwifenj, New-York, 1881), tandis qu'elles proviennent oii-inellenieiit du Trailé du palper abdominal du docteur Pinard ; je r.'ijreUe beaucoup cette méprise.

(l) Ce premier fascicule a paru le 6 février 1878; il contient 384 pages.

(•2) Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, tome I, p. 387, en note- Paris

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