‹ Traité de l'art des accouchementsChapitre 49 sur 252 · Ovaires · texte numérisé non relu

Ovaires

T. Trompes.

U. Lii^ament utéro-sacré.

Taorte ou de la rénale, descendent en serpentant sur les côtés de la colonne vertébrale, au-devant des muscles psoas et des uretères, gagnent le détroit abdominal, se placent entre les feuillets du bord supérieur des ligaments larges, et, après avoir fourni plusieurs branches aux ovaires et aux trompes.

l'élargissement dos glandes, raccuniulation de la mucinc et la transformation du tissu utérin voisin en tissu embryonnaire.

A mesure que Ton considère des kystes de plus en plus volumineux, ou voit apparaître dans leur cavité des cellules endiryonnaires, qui deviennent de jilus en plus nombreuses, de sorte que, dans certains d'entre eux, le contenu prend tout à fait l'aspect du corps vitré de

l'embryon, formé de cellules arrondies plongées dans une masse de mucine [Société de

biologie, séance du 14 février 1871. Progrès méd.)

OR(i ANES GÉMTAUX INTERNES 109

se distribuent au tond et ;i la partie supérieure du corps de l'utérus ; les deux inférieures , artères utérines , naissent des hypogastriques , rampent dans l'épaissîur des ligaments larges k leur partie inférieure et se distribuent à la moitié inférieure du corps et au col de l'utérus. Les unes et les autres s'anastomosent entre elles et décrivent dans le tissu utérin de nombreuses flexuosités; elles se font remarquer par lein" forme en tire-bouchons qui raitpelle la disposition des artères hélicines. Le col est moins vasculaire que le corps.

Les veines suivent le trajet des artères et portent le même nom; mais on compte plusieurs veines pour chaque artère. Les veines ovariques ou utéroovariennes vont se jeter, celles du côté droit dans la veine cave inférieure, celles du côté gauche dans la veine rénale correspondante. — Les veines utérines se jettent dans les veines hypogastriques.

Dans l'utérus les veines présentent un grand développement; elles forment des canaux fréquemmeut anastomosés et creusés dans le tissu musculaire auquel elles adhèrent par un tissu conjonctif très-dense. Ces canaux ont reçu ie nom de sinus utérins; ils comnuimquent largement avec les plexus veineux des ligaments larges. C'est de ces plexus que partent les veines ovariques et les veines utérines.

Il résulte de la disposition des artères et des veines utérines, entourées partout de cloisons musculaires, ({ue l'utérus est \\\\ véritable organe érectile ; ce fait est très-clairement mis hors de doute dans un excelleul mémoire publié par le professeur Rouget. Cet habile anatomiste a démontré (|u'cn injectant les veines de l'utérus, on met cet organe dans un véritable état d'érection, qu'il se redresse et se gonfle eu remontant vers l'abdomen. Son volume est alors moitié plus considérable (pi'à l'état ordinaire, et les parois de la cavité utérine s'écartent l'une de l'autre. Ces phénomènes se produisent pi'obablement pendant le coït; ils doivent par conséquent favoriser l'ascension du liquide spermatique.

Les vaisseaux lymphatiques de Tutéi-us ont été, depuis plusieurs années, l'objet de recherches nombreuses. D'après un mémoire récent de Léo[)old(l)

(1) Archiv fur Gijnœhoknjie, fi» ('dit., 1", lli'fl, 1873.

D'après cet auteur, dont les reclierches ont porto sur 70 utérus de tout âge, les réseaux lyuiplKiti(|nes peuvent être divisés eu trois classes :

1» Lynipliatiquês sous-séreux;

i" Lyui[)liati(pies (le la couclie uiusculeuse;

'■)" Lymphatiques de la muqueuse.

Les vaisseaux lymphatiques situés daus le tissu cellulaire sous-séreux préscutent îles auq)0ules, des nodosités, des valvules, et envdieut des ramilicatious daus les parties profondes. Ils lormeut des groupes irréguliers sur les jiarois autérie\n-e et postérieure de la matrice, et im'seuteut de grosses ampoules au niveau de l'iuserlioii des trompes, sur les(pielles ils eiupiotent en formant des réseaux allongés.

La tunique rnusculeusc renfermerait des vaisseaux lymphatiques et des espaces lympliiiliques limités les uns et les autres par le tissu coujonctif iutermusculaire. On rencontre ces deux espèces de lymphatiques daus les trois couches ([ui composent la tunique musculcuse. .Mais les espaces ont pour siège principal la couciu; iulerne.

Les vaisseaux lymphatiques s'observent surtout daus la couche externe et aussi dans la couche nioyeime au voisinage des vaisseaux sanguins.

Les vaisseaux lympiiatitiues de la couche exleriie ((ninHuniqueiil avec ceux <pii sont situés daus le tissu celluluiie «ous-séreux; les espaces lynqjhatiiiues de la couciie uuisculeusc iulerne

JIO PUEMlEllE SKCTIO.X. ANATOMIE OBSTETRICALE

(de Leipziii), il existerait trois plans de vaisseaux lymphatiques affectant la forme de réseaux dans chacune des tuniques qui composent l'utérus. Un premier plan dans la luuqueuse, un second dans la tunique musculaire et un troisième dans le tissu cellulaire sous-péritonéal. Les vaisseaux lymphatiques sous-séreux ont été signalés depuis longtemps par Cruveilhier et décrits par les auteurs qui l'ont suivi. On les trouve sur les faces antérieure et postérieure, principalement au niveau de l'insertion des trompes, puis sur les trompes elles-mêmes et dans les ligaments larges.

Les vaisseaux lymphatiques du corps de l'utérus se rendent aux ganglions lombaires et ceux du col aux ganglions pelviens.

J. Lucas Championniére (1) a signalé la présence d'un ganglion audessus du cul-de-sac vaginal a runion du corps et du col. Cet auteur accorde une certaine influence à ce ganglion dans le développement des affections puerpérales.

E.. — Nerfs. — Les nerfs de l'utérus émanent du plexus hypogastrique et du plexus ovariqne; ils suivent pendant un certain temps les artères et se dirigent vers la tunique musculaire àhujuelleils paraissent spécialement destinés. Les recherches récentes de Frankenhaeuser (2) ont démontré qu'à l'état de vacuité les nerfs se divisent dans l'épaisseur du ligament large en deux espèces relativement cà leur structure, lés uns affectent la forme de tubes complets, les autres celle de filets réduits au cylinder-axis. Mais c'est principalement dans la couche musculaire qu'ils perdent leur enveloppe propre et leur portion médullaire. Frankenhaeuser dit avoir suivi le filet terminal, non-seulement dans le noyau, mais encore dans le nucléole des fibres-cellules de Henle.

Suivant Jobert, la portion vaginale du col serait complètement dépourvue de nerfs, tandis que la partie sus-vaginale serait sillonnée de branches nerveuses qui formeraient un plexus et se rendraient, les unes, ascendantes, au corps de l'utérus, les autres, descendantes, aux parois vaginales.

Mais les recherches de Robert Lee, de Richet et de Boulard, n'ont pas confirmé cette manière devoir; ce dernier auteur dit même avoir suivi un filament nerveux jusque dans la lèvre antérieure du museau de tanche.

l i. — Ligaments de l'utérus.

Les ligaments de l'utérus sont au nombre de huit, quatre de chaque côté, il savoir : les ligaments larges, les ligaments ronds, les ligaments utéro-sacrés et les ligaments vésico-utérins.

soiil en relation directe avec ceux de la miiijueiise. Comme, d'auti-e ])ai-t, les espaces lymphatiques sont rorigine des vaisseaux lyuiphati(iues, il s'ensuit qu'il existe dans la paroi utérine une espèce de grand lac lymphatique.

Enfin la tuniqu(ï muqueuse ne renferme pas de vaisseaux lymphatiques proprement dits. Ou y rencontre seulement des espaces lymphatiques limités par les mêmes cellules endoti)éliales que celles (jui entourent les Aaisseaux sanguins et les glandes très-nombreuses et très-rapprochées de la muqueuse, auxquels elles forment une gaine lymphatique.

(1) Lijmphaliques et hjniplianfjitr utérine. Paris, 1870, chez Asselin.

(2) Dip Xerven der Geixinnutter und ilire Endiyung in Uen Glatten Muskelfasern. leua, 18(i7, in-folio.

ORGANES OEXITAIX IXTEKNES 111

D'une maiiièif i;énéi'ale, un j»eut dire que les ligunienls de l'utérus contiennent tous des ti])res musculaires éniananl de l'utérus et s'insérant sui' un point des j)arois de la cavité pelvienne. Tous servent de soutien à la matrice et tendent à la ramener dans sa situation normale, lorsqu'une cause accidentelle l'en a écartée.

l^igaments larges. — Lcs liijaments larges sont constitués par deux feuillets périlonéaux adossés, (jiii vont transversalement des bords latéraux de l'utérus vers les côtés du bassin; ils l'orment avec l'organe (pi'ils conqjrennent entre eux, une cloison divisant l'excavation en deux moitiés; l'une, antérieure, destinée à la vessie; l'autre, postérieure, occupée par le rectum. Chaque ligament est quadrilatère et présentent deux faces et quatre bords.

La face antérieure i\'\)on{\ khi xiissie; \ii face postérieure est en rapport avec le rectum, avec les circonvolutions de l'iléon et souvent avec celles de rS iliaque. — Le bord interne est attaché au bord de l'utérus. Pour parler plus exactement, les deux feuillets formant les ligaments larges s'écartent pour recevoir l'utérus dans leur intervalle; mais cet organe est situé j)res({ue tout entier en arrière d'un plan transversal qui passerait pai' ces ligaments. — Le bord externe s'attaciie à la partie latérale de l'excavation, où il se dédouble pour se continuer avec le [)ériloine pelvien.

Au niveau du bord inférieur, les deux lames du ligament large se séparent et se dirigent, l'une en avant, l'autre en arrière, pour tapisser le plancher du bassin; un tissu cellulaire lâche, renfermant peu de graisse, est interposé à ce niveau entre ces deux feuillets et rajjonévrose pelvienne supérieure.

Le bord supérieur est libre et l'ormé |)ar le jiéritoine (pii se recoui'be pour passer de la face antérieure sur la face postérieure des ligaments larges; il |)résente trois replis ou ailerons. L'aileron j)ostérieur l'enferme l'ovaii'c et son ligamenl ; l'aileron médian, la tronqie; l'aileron antéiùeni-, le liganuMil rond. C'est cette disposition du bord snpéi'ieur qui a fait comparer, par les anciens anafomistes, le ligament large à une aile de chauve-souris. L'aileron médian est le plus large et le ])lus élevé; aussi constilue-t-il le véritable bord supérieur.

Les deux lames péritunéales des liganu'nls coniprenncnl dans leur inleivalle des libres umsculaires, le corps de lloseniniiller, (W<< vaiss(>aux, des nerfs et du tissu conjonclif.

Fibres musculaires. — IJouget a montré (pu- les deux lanu's péritonéales sont doublées par deux feuillets musculaires extrénu'inent miiu'es, à libres lisses. Ces bmillets ne forment pas une couche continue, mais ils présenleni des libres (jui s'entrecroisent dans tous les sens et constituent un réseau à direction transversale.

La couche musculaire antérieure se porte en partie sur le ligamenl rond qu'elle concourt à former; ses libres les plus internes se (continuent avec les fibres superlicielles de la face antérieure de l'utérus.

La couche musculaire postérieure se continue (Mi dedans avec les fibres

superficielles de la face postérieure de l'utérus; en dehors, elle se prolonge jusqu'à la symphyse sacro-iliaque à laquelle elle s'attache.

Corps de Rosenmilller.' — Le corps de Wolff, organe embryonnaire^ laisse en s'atrophiant des vestiges connus sous le nom de corps de Rosenmilller, parovarmm des Allemands. Ce corps persiste pendant toute la vie ; mais il est plus apparent chez les enfants, particulièrement chez le nouveau-né, où il est visible par transpfjrence.

Il est situé dans l'aileron moyen du ligament large, entre l'ovaire et la trompe utérine; sa hauteur est de 15 à 18 millimètres chez le fœtus né au

terme de la grossesse. Il se compose de 15 à 18 canalicules très-fms, terminés inférieurement en culs-de-sac arrondis qui tous sont dirigés vers le bile de l'ovaire. Tous ces canalicules se portent en haut, vers la trompe, pour se Jeter dans un canal perpendiculaire à leur direction et parallèle à la trompe.

Ces tubes renferment une très-faible quantité de liquide transparent; mais ils offrent (pielquefois dans leur trajet des renflements et même de véritables kystes. A ce sujet nous ferons remarquer qu'on rencontre assez souvent, sur le bord libre des ligaments larges, de petits kystes, en nombre variable, qui sont appendus, poiu' la plupart, à l'extrémité d'un pédicule très-grêle. Peutêtre existe-t-il quelques rapports entre ces derniers kystes et les tubes du corps de Rosen millier.

Les parois des tubes de Rosenmûller sont formées d'une enveloppe fdjreuse tapissée, à l'intérieur, par un épithélium à cils vibratiles.

Vaisseaux cl nerfs. — Les vaisseaux et les nerfs des ligaments larges viennent de l'utérus et de l'ovaire.

Action des ligameuts larges. — Les ligaments larges soutiennent l'utérus sans l'empêcher de basculer en avant ou en arrière; mais ils s'opposent aux déviations latérales et, d'après Richet, à la flexion du corps sur le col; ils permettent, en outre, à l'utérus de s'abaisser pendant un effort et le relèvent ensuite; ils sont plus lâches chez les multipares que chez les nullipares.

Pendant la grossesse, ces ligaments favorisent, par l'écartement de leurs lames, le développement de la matrice ; aussi à la lin de la gestation ils sont presque complètement effacés.

Ligaments ronds. — Les ligaments ronds s'insèrent, en arrière, sur la

Fie. 50. — Corps de Roseaniùller.

A. Ovaire.

B. Trompe ulériiie.

(".. l*avillon de la trompe.

I). Ciil-dc-sac (les tubes.

E. Caiialicule allant jiisqvrà l'ovaire.

F. Canal vers lequel les tubes convergent. 0. Petit kyste appeiulu à la trompe.

parlie supérieure de Tutérus, un peu au-dessous de la trompe, à l'union de la face antérieure et du bord latéral. Situés, à leur partie moyenne, dans l'aileron antérieur des ligaments larges, ils se dirigent vers l'anneau abdominal du canal inguinal et le traversent; queltines fibres s'insèrent sur la paroi inférieure de ce canal, d'autres sur l'épine du pubis, tandis que le faisceau terminal franchit l'orilice inguinal externe pour aller se perdre dans les grandes lèvres.

Les ligaments ronds se composent d'une enveloppe péritonéale, de libres musculaires lisses et de fdjres musculaires striées ; on y trouve encore quel- (|ues fibres élastiques, du tissu conjonclif, une artère et des veines.

Chez l'adulte, le péritoine n'accompagne pas le ligament rond dans le canal inguinal; il présente, au niveau de l'orifice supérieur de ce canal, une simple dépression désignée sous le nom de fossette inguinale ejcterne. Chez le fœtus, le péritoine qui entoure le ligament rond s'engage dans le canal inguinal et y forme un divcrliculuin, connu sous le nom de canal de Nnck.

Les fibres musculaires lisses du ligament rond naissent des parties latérales de la matrice, particulièrement de sa moitié supérieure, et se portent vers le canal inguinal où elles rencontrent et entourent des fibres striées qui proviennent, selon Rouget, du muscle transverse de l'abdomen. Le ligament rond est donc, à son origine, exclusivement formé de fibres lisses ; à sa partie moyenne, de fibres lisses et de fibres striées.

L'artère du ligament rond vient de l'épigastrique; elle occupe le centre de ce ligament. Ses branches collatérales se distribuent aux faisceaux musculaires ([ui l'entourent; ses branches terminales, à l'utérus. Plusieurs veines accompagnent cette artère ; la principale se jette dans la veine iliaque externe ou dans l'une des veines épigastriques. Les autres sortent par l'orifice inguinal externe et vont s'anastomoser avec celles des grandes lèvres et du pénil.

Ces veines se développent beaucoup pendant la grossesse et sont susceptibles de devenir variqueuses, particulièrement au niveau de l'orifice externe du canal inguinal, où elles peuvent simuler une hernie, llaller les avait déjà signalées comme pouvant servir de voie supplémentaire à la circulation veineuse de l'utérus.

Les nerfs (jui se rendent dans les faisceaux iiuisculaires pi'oviennent du rameau génital de la branclii' génito-crurale.

Il existe une ccilaine quantité de tissu conjonctif et de fibres élastiques unissant tontes ces parties l'une à l'autre.

Le ligament rond a pour usage de ramener la matrice en avant lorsipie la déplétion de la vessie lui permet de rei)rendre sa direction normale (Sappey).

Ligaments iitéro-sacrés. — Lcs ligaments utéro-saciTs partent de la partie inférieure de la face postérieure de l'utérus, immédiatement au-dessus de l'insertion du vagin, et vont s'insérer sur les parti(îs latérales et antérieure des troisième et quatrième vertèbres sacrées. Leurs extrémités utérines se joignent en formant une arcade très-apparente; de sorte que ces ligaments dessinent une courbe à concavité postérieure o\ supérieure embrassant le rectum. Ils sont formés par nu repli du péritoine et par des fibres mus-

culairos lisses qui se continuent en avant avec celles de la matrice. Quelques-unes se perdent sur les côtés du rectum, d'où le nom de rectoutérins donné par quelques auteurs à ces ligaments. Ils renferment, en mitre, du tissu cellulaire, des fdjres élastiques, des vaisseaux sanguins et des nerfs.

Ces ligaments contribuent puissamment à maintenir la matrice au centre du bassin.

Lisanienf.s viv^ico-iitérinN. — Lcs ligaments vésico-utérius sont constitués par deux plis du péritoine qui s'étendent de la matrice à la vessie (voyez page 106) ; ils contiennent quelques fibres musculaires allant du premier au second de ces organes. Mais ces ligaments sont tellement rudimentaires, dit Sappey, qu'ils méritent à peine d'être décrits.

ARTICLE III

Page 1