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V. Vaisseaux se rendant au hile de l'ovaire

Sappey. Le pavillon accessoire est construit sur le même type que le pavillon principal. On n'en trouve ordinairement qu'un seul; cependant Richard en a observé jusqu'à trois. Ces pavillons surnuméraires ne sont pas sans avoir des conséquences fâcheuses, car l'ovule fécondé, après avoir passé de l'ovaire dans la trompe, peut tomber de celle-ci dans la cavité abdominale.

Structure. — Les trompes utérines se composent de trois couches superposées : d'une tunique externe ou séreuse, d'une tunique moyenne ou musculeuse, d'une tunique interne ou muqueuse.

La tunique externe est formée par le péritoine, qui tapisse toute la longueur de l'oviducte et se prolonge jusqu'au bord libre du pavillon, où il se termine brusquement.

La tunique moyenne est composée de fibres musculaires qui constituent deux couches : la couche la plus externe est formée par des fibres longitudinales, la couche interne, par des fibres circulaires. On a souvent regardé la trompe comme un prolongement de l'utérus; elle en serait, au contraire, par-

OUd.WKS (lÉNlTAUX INTERNES 117

l'ailcnient distincte, suivant Tlobiii. Une petite couche celluleuse, interposée entre les deux tissus, permettrait de les isoler avec le scalpel.

La tunique muqueuse se continue, en dedans, avec la muqueuse utérine et se termine, en dehors, sur le bord libre du pavillon, où elle se relie à la tuniipie péritonéale, offrant ainsi le seul exemple d'une membrane nuujueuse se continuant avec une séreuse. La muqueuse de l'oviducte est dépourvue de papilles et de ijlandes, mais elle présente, comme nous l'avyns déjà indiqué, des plis loniïitudinaux; s'eniboitant les uns dans les autres et ti'ansformant le canal de la trompe en un i;rand nombre de petites rii^oles capillaires qui doivent i)orter facilement le s|)erme jusque sur l'ovaire. La muqueuse de la tronqie est recouverte d'un épilliéliuni vibratile dont les cils, qui se meuvent (h' l'ovaire vers l'utérus, ont probablement pour mission de l'aire cheminer l'o'uf vers l'orilice utérin de l'oviducte.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères de la trompe viennent de l'artère ovaii(jue ; un grand nombre d'entre elles s'enroulent en tire-bouchons et l»rennent le nom d'artères hélicines. — Les veines vont se jeter dans la veine ovarique. — Les vaisseaux lymphatiques se joignent à ceux de la matrice et de l'ovaire pour se rendre dans les ganglions lombaires. — Les nerfs, trèsnombreux, viennent du plexus qui accompagne l'artère ovarique.

ARTICLE IV

DKS OVAIRES

Les ovaii'es sont les organes fondamentaux de ra|)pareil génital ; ils contiennent les ovules. On les désigne pai'fois sous le ncnn de testes muliebres, à cause de leur analogie avec les testicides. Au nombre de deux, les ovaires sont placés symétriquement de chaiinc côté de rut(''nis, en ai'rière (i('lalronq)e corresj)ondante, dans l'aileron postérieur du liganuMit larg(>.

La situation de ces organes varie bea\H'ou|) avec l'âge de la femme et la position de l'utérus. Chez l'endjryon, ils sont placés dans la région lond)aire; chez le hetns, ils s'abaissent pi'ogressivement juscpi'au détroit su])(''iienr; chez l'adidte, ils se trouvent dans l'excavation pelvienne, lors(pu' l'utérus est à l'état de vacuité.

IVndant la grossesse, ils suivent le ih'placement de l'organe gesfateur, et occupent successiveiuent la région hypogaslrifpie el la partie inférieure de lu région ombilicale ou des flancs. Après l'accouchement, ils sont en rappoil avec les fosses iliaques, au niveau desipiellcs ils contractent parfois des adln'-renées morbides. Dans ce cas, lors(pi(> l'utérus rentre dans l'excavation pelvieiHH', le ligament de l'ovaire et la trompe sont liraMh's et s'allongent, (|uel- (pH'fois même ils se rompent. On conq)rend (pie ces adiiéreuces et ces ruptures soient une cause de stéi'ililé.

Tout en étant (ixés, d'une pail, à l'iilérns par un liiianieiil (pii leur est pro-

as PREMIÈRE SECTION. — ANATOMIE ORSTÉTRICALE

pre et, d'autre part, aux parois du bassin par le ligament large, les ovaires Jouissent d'une certaine mobilité ; aussi se renversent-ils assez souvent dans le cul-de-sac recto-utérin, où ils peuvent devenir adhérents au rectum ; plus rarement, on les trouve dans les hernies inguinales, crurales et autres.

Le volume des ovaires n'est pas le môme aux diiïérents âges. Ils sont relativement plus développés chez le fœtus que chez l'adulte; ils diminuent après la naissance pour s'accroître à l'époque de la puberté et s'atrophient dans la vieillesse. A l'état le plus habituel, chaque ovaire offre les dimensions suivantes : diamètre transversal ou longueur, i centimètres ; diamètre vertical ou hauteur, 2 centimètres; diamètre antéro-postérieur ou épaisseur, 1 centimètre et demi. Ce vohuue augmente beaucoup pendant la menstruation, à tel point qu'il devient double, lorsque l'ovisac touche au terme de la maturité; il devient même plus considérable encore si l'ovule a été fécondé. Leur poids est de 6 ou 8 grammes, à l'état normal.

Ces organes ont la forme d'un ovoïde, à grand diamètre transversal, aplati d'avant en arrière. On peut les comparer à une amande et leur distinguer deux faces, deux bords, deux extrémités (voyez figure 51, page 115).

Les faces sont lisses, unies et légèrement rosées jusqu'à l'époque de la puberté. Mais elles perdent alors leur régularité et se couvrent de cicatrices à mesure que les phénomènes menstruels se succèdent. Ces cicatrices revêtent la forme de dépressions linéaires ou étoilées; elles présentent une coloration rose ou violacée lorsqu'elles sont récentes; plus tard, elles sont jaunâtres; elles deviennent même blanchâtres lorsqu'elles soid anciennes ; elles constituent les corps jaunes, que nous décrirons avec l'ovulation (voyez Ovulation ET menstruation). Chez les femmes de trente â quarante ans, elles sont trèsnombreuses; aussi la surfiice de l'ovaire offre-t-elle, â cet âge, un aspect rugueux et comme crevassé.

La face antérieure regarde un peu en haut ; la face postérieure un peu en bas.

Les bords sont dirigés transversalement. Le bord supérieur est convexe. Le bord inférieur est rectiligne; il représente le bile de l'ovaire. C'est par ce bord, en elfet, que pénètrent les artères destinées à l'organe et que sortent, après s'y être distribués, les veines et les vaisseaux lymphatiques. C'est aussi à ce bord que s'attachent : en dedans, le ligament de l'ovaire; en dehors, le ligament de la trompe et, sur toute sa longueur, le ligament rond postérieur ou lombaire. (Voyez plus loin.) On connaît encore le bord inférieur sous le nom de bord adhérent.

Les deux extrémités offrent le même aspect que les deux faces et adhèrent : l'externe au ligament de la trompe, l'interne au ligament de l'ovaire.

L'ovaire possède deux ligaments : 1° le ligament de l'ovaire qui unit cet organe â l'utérus; 2» le ligament rond postérieur ou lombaire. Le ligament de la trompe, précédemment décrit (voyez page 11 G), pourrait â la rigueur être considéré comme un troisième ligament.

1" Ligament de l'ovaire. — Le ligament de l'ovaire est un cordon de 30 â 35 milliniètres de longueur, de 3 à 4 millimètres de diamètre, composé de

ORGANES GENITAUX INTERNES 119

fibres musculaires lisses qui s'insèrent à l'extrémité interne du bord inférieur de cet organe et vont se perdre dans les fibres musculaires de la fiice postérieure de l'utérus. Il est situé, comme l'ovaire, dans l'aileron postérieur ■du ligament large.

2° Ligament rond postérieur ou lombaire. — C'est bien improprement que ce ligament, signalé et décrit par llouget, a reçu le nom de ligament rond postérieur; car si, par ses fonctions, il est l'analogue du ligament rond de l'utérus, il s'en éloigne beaucoup par sa forme, puisque les faisceaux musculaires qui le composent sont étalés en nappe, au lieu d'être réunis en cordon. Ces faisceaux naissent en haut du fascia sous-péritonéal, au-dessus du détroit supérieur, et suivent le trajet des vaisseaux ovariques qu'ils entourent en grande partie. Parvenus dans le ligament large, ils s'épanouissent en nuMiibrane étalée sur son feuillet postérieur, et leurs fibres, affectant alors une direction rayonnante, se rendent : les internes sur la face postérieure de l'utérus, les externes au pavillon de la trompe, et les moyennes, beaucoup plus nombreuses, en partie dans le bile de l'ovaire pour se plonger dans l'épaisseur de la glande, en partie dans l'aileron de la trompe (Sappey).

i/ 1. — Structure des ovaires.

L'ovaire est constitué par un parenchyme particulier. Pendant longtemps on a cru que ce parenchyme était entouré par deux enveloppes : l'une, séreuse; l'autre, fibreuse et analogue à la tunique albuginée du testicule. Mais, d'une part, Sappey a démontré, en 18G3, que cette membrane fibreuse n'existe pas, d'autre part, d'après Waldeyer et la plupart des bistologisles nmdernes, li> |)ériloine proprement dit ne recouvre pas l'ovaire, du moins dans l'espèce humaine, car il n'est plus représenté, à la surface de l'organe, (pie j)ar une simple, couche d'épithélium formée par de petites cellules se ra|)|(r(»cliaiit de la l'onnc cylindricpie, et différant complètement des grandes cellules plates tpii tapissent toute la séreuse abdominale. Cet épithélium, en s'eul'onrant dans le tissu soiis-jacent, formerait, comme nous le verrons à jji'opos du développemeni , les tubes de Pfliiger, point de départ des follicules de de Graaf (^voy. Ivmhuvologik).

Au-dessous de la conche épithéliale se trouve un lissu paificulier cpii a reçu le nom de stroma; d'un gris blanchâtre, il est constilnè eu partie par rcntrecroisemenl de uinubreuses libres de tissu (■ituj(uilit' entremêlées de fibres musculaires. Ces dernièresont p(jur siège la partie centrale de forgane ; les unes appartiennent en propre à l'ovaire, lau(tis (pie d'autres sont le prolongement des fibi-es qui composent ses ligaments, llii grand nombre de vaisseaux artériels, veineux et lympliati(iues rampent dans cette trame.

Le stroma renferme encore de petites cavités; ce sont les orisacs ou fullicuU's de de Graaf; leur grosseur est communément celle d'un grain de millet ou de chèncvis ; qiiehpics-unes, plus développées, proéminent à la surtace. de l'ovaire où elles acquièrent, comme nous le verrons plus lard, un volume relativement considérable.

PREMIERE SECTION

ANATOMIE ORSTÉTRICAI.E

Chez la femme adulte, le nombre des vésicules visibles à l'œil ini varie de 15cà20; mais, à l'aide du microscope, on en aperçoit un bien plus .arrand nombre qui sont destinées à se développer quand les premières auront disparu.

Les ovisacs avaient été jusqu'ici décrits comme disséminés dans toute la

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FiG. 53. — Coupe jjerpL'inliciilaire de la couche ovigène montrant les ovisacs et les ovules chez l'eulant naissant, chez une fille de quatre ans et une femme de viuiit ans.

A. Enfant naissant.

B. Fille de qnatre ans.

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