ÉTAT DU COL
PRIMIPARES.
MULTIPARES.
Forme du col jusqu'à 8 mois 1/2.
Fusiforme.
Cylindrique ou en massue.
Orifice externe- jusqu'à
Fermé, régulier, ovale ou arrondi
Béant, irrégulier, découpé et renversé en forme de pavillon de trompette.
Canal cervical jusqu'à 8 mois 1/2.
Fuseau allongé.
Dé à coudre. Doigt de gant.
Entonnoir (Cazeaux). Eteignoir (Pajot).
Orifice interne jusqu'à 8 mois 1/2.
Fermé jusqu'à
8 mois 1/2.
Ordinairement fermé; quelquefois ouvert , surtout chez les femmes ((ui ont eu \in grand nombre d'enfants.
Orifice externe au terme (le la grossesse.
Fermé et limité par des lèvres minces , tendues et régulières.
Ouvert et limité par des lèvres épaisses, molles et irrégulières.
g 3. — Modifications de la tunique séreuse de l'utérus.
Au terme de la grossesse, la tunique séreuse del'utérus a le même aspectet la même éj)aisseur qu'avant la fécondation et cependant la surface do la matrice est, à ce monn;nl, au moins vingt fois plus considérable que chez une vierge (voyez p. 181). Commentexpliquercephénoméne? Les replisquele péritoine forme au voisinage de l'utérus, espèces de mésentères, suivant l'expression de P. Dubois, tels que les ligannMils larges, les liganuMits vésico-utérins, et reclo-utérins se dédoublent, a-l-oii dit, ets'effacent en partie; la séreuse qui les constituait passe sur l'utérus qui se trouve enquelque sorte recouvert p;u un péritoine d'emprunt qu'il a attiré vers lui en se développant, (lotte explication, (pioiqno plausible* ne doit être acceptée qu'avec une certaine réserve : en etl'et, les ligaments larges ont seuls une étendue suffisante pour que leiirdédouhleinent mérit( d'attirer ralleution; or, cà la lindo lagrossesso, cesliganuMilsonl, il est vrai, perdu la plus grande partie de leur largeur, mais ils ont notabloniontaugnn'nté de hauteur et leur extrémité supérieure renuinte au-dessus iU' la partie la plus
202 Troisième section. — de la grossesse
élevée des fosses iliaques. Le glissement du péritoine est donc beaucoup moins considérable qu'il ne le parait ; d'ailleurs il est forcément limilé à la moitié inférieure de l'utérus, car, au fond de cet organe, l'insertion de la trompe, du ligament rond et du ligament de l'ovaire, forme des points d'arrêt qui empêchent tout glissement de la séreuse adjacente.
Il faut donc admettre que la séreuse qui recouvre l'utérus participe au travail d'hyperplasie générale dont la matrice est le siège pendant la grossesse.
Ce n'est pas qu'il ne s'y produise en certains points des éraillures, qui montrent que le péritoine n'a pas toujours suivi l'extension de l'organe qu'il tapisse; mais ces éraillures sont peu importantes el ne prouvent pas que la séreuse ne subit pas d'hypertrophie ; on la trouve même épaissie en certains points, mais dans la plus grande partie de son étendue, elle a son épaisseur normale. Cette expansion du péritoine sans amincissement n'est pas d'ailleurs un fait nouveau, car on la trouve dans toutes les hernies volumineuses (Cazeaux).
?, 4. — Modifications de la tunique musculeuse.
La tunique musculeuse de l'utérus est formée de fibres musculaires de la vie organique, comme nous l'avons dit en étudiant l'anatomie normale de cet organe. Mais ces fibres, atrophiées pendant l'état de vacuité au point d'être méconnaissables, deviennent évidentes pendant la grossesse. Des recherches micrographiques nombreuses ont d'ailleurs élucidé cette question et révélé les modilicalions intimes subies par le tissu musculaire de l'ulérus. Suivant" le professeur Robin, les fibres musculaires ou fibres-cellules de l'utérus sont, pendant l'état de vacuité, remarquables par leurs petites dimensions et leur coloration grisâtre; aussi il est difficile de les distinguera l'œil nu delà trame cellulaire qui les environne. Pendant la grossesse elles augmentent dans toutes leurs dimensions, surtout en longueur, et de nouvelles fibres se forment de toutes pièces à côté des fibres anciennes, surtout dans les couches les plus internes de la tunique moyenne. « La tunique musculaire subit une augmentation de volume d'où dépend principalement l'accroissement de l'utérus. Deux phénomènes concourent à proiluire cette augmentation : r accroissement de volume des éléments musculeux déjà existants et la formation d'éléments musculeux nouveaux. Le premier est si considérable, que les fibres-cellules contractiles, au lieu de 0'"",05 à 0'""',07 de longueur et 0""",005 de largeur qu'elles présentent habituellement, mesurent au cinquième mois 0""",14,à 0""",!27 dans le sens de la longueur et 0'""',005 à 0""',014 et même 0'""',0^ dans le sens de la largeur; dans la seconde moitié du sixième mois 0""",!20 à ()""", 5:2 en longueur, 0'"'",009 à 0""",014 en largeur et (r'",0U5 à 0""",006 en épaisseur; de sorte qu'elles deviennent environ sept à onze fois plus longues et deux à sept fois plus larges. La produclion de noiirelles fibres musculaires s'observe surtout pendant la première moitié de la grossesse et dans la couche interne de la tunique mus-
culeuse; ou trouve là une niuUitude déjeunes cellules de 0""",G2 à 0""",04 de diamètre, présentant toutes les formes transitoires aux fibres-cellules de 0'""',05 à 0""",07 de longueur; rien de semblable ne se remarque dans les couches extérieures. Cette génération de fd)res musculaires paraît s'arrêter au sixième mois : du moins n'ai-je trouvé dans l'utérus pendant la vingt-sixième semaine de la grossesse, que des fibres-cellules énormes sans aucune trace des formes antécédentes. A cet accroissement de fibres musculaires correspond celui du tissu co7)jonctif qui les réunit entre elles; vers la fin de la grossesse ce dernier présente par places des fibrilles parfaitement distinctes. » (KôUiker).
En résumé, l'accroissement en volume des éléments musculaires déjà existants, la formation de fibres nouvelles, concourent donc en même temps à l'hypertrophie de l'utérus.
Mais l'augmentation de volume ou de nombre n'est pas la seule modification que subissent les fibres musculaires de l'utérus pendant la grossesse. Elles prennent en outre un aspect strié qui les rapproche des muscles de la vie anim.'ile. Ce fait a été contesté ; mais Ranvierl'a étudié et en a reconnu la réalité. Voici la note qu'il a bien voulu nous adresser, on y trouvera le résumé de la communication qu'il a faite à la Société de biologie: « Chez la femme et les femelles du chien et du lapin, l'utérus à l'état de vacuité possède des fibres musculaires homogènes. A la fin de la grossesse, ces fibres présentent une striatiou évidente, bien (pi'elle soit loin d'être aussi nette que sur les muscles striés ordinaires. ;>
L'hypertrophie de la couche musculaire est très-marquée quand on l'étudié sur le corps de l'utérus; mais elle est à peine appréciable au col dont les fibres, quoicjue plus rouges, n'augmentent presipie pas de volume.
La disposition des faisceaux musculaires de la matrice, ou en d'autres termes, la texture de la tunique musculeuse de l'utérus gravide est d'une complication qui a conduit les anatomistes à des descriptions très-difl'érentes les unes des autres. L'accord paraît pourtant se faire depuis la publication des belles recherches d'Hélie (de Nantes). Aussi, nous proposons-nous de donner la description de cette texture, en adoptant les résultats des patientes investigations de cet habile analomiste; toutefois, nous nous réservons de signaler, à mesure que nous les rencontrerons, les faisceaux décrits par les auteurs (|ni l'ont précédé dans cette étude.
Trois couches superposées constituent le tissu musculaire de l'utérus, mais avant d'indiquer la direction des faisceaux musculaires dans chacune de ces couches, il convient tie dire ((u<' les lihi'cs passent d'une couche à l'autre, d'un faisceau à l'autre, d'un plan nuisculaire à l'autre et s'enlre-croisenl à '-liaque instant; (U [tar consé(iuent (juc ce serait prendre une très-fausse idée de la texture de l'utérus que de penser qu'elle a absolument la régularité qu'on est obligé de lui attribuer dans la description. Ces restrictions faites, étudions successivement la ccuiche externe, la couche moyenne, puis la couche interne.
Couche niusfiiiairc «>:i:u>riic. — La texture de la couche externe est trèsdiderente suivant (|u'on l'étudié au corps ou au col de l'utérus.
A. — Coîtche musculaire externe du corps de Vutérus. —Elle se compose de plusieurs plans de fibres longitudinales et transversales qni alternent les uns avec les autres. Le plan le plus superficiel est longitudinal ; il est formé par un faisceau médian, décrit la première fois par Sue (1753), puis par Calza (1807), M- Boivin (18^21), Deville (1844), Dubois et Pajot (1860) ; la parlie moyenne de ce faisceau est courbée en anse sur le fond de l'utérus,' tandis que ses deux extrémités descendent l'une sur la face postérieure et l'autre sur la face antérieure de la matrice. Ce faisceau ansiforme se prolonge toujours plus bas en avant qu'en arrière. En arrière, il commence à l'union du corps et du col ; il est formé par des fibres, qui de transversales qu'elles étaient, devien-
FiG. /5. — Couche musculaire externe (le l'utérus gravide (face antérieure).
FiG. 7(j. — (^uiiclie jausculaire externe de l'utérus gravide (face postérieure).
nent verticales en changeant brusquement de direction pour se recourber en haut, ainsi que l'a très-bien indiqué Deville. En s'élevant, ce faisceau reçoit successivement de nouvelles fibres qui s'infiéchissent de la même manière pour le renforcer. Lorsqu'il approche du fond de l'utérus, ses fibres latérales se recourbent on dehors et se dirigent sur les trompes et les ligaments larges sur lesquels elles se perdent.
Les fibres moyennes du faisceau ansiforme contournent donc seules le fond de l'utérus, et descemlent sur la face antérieure, où elles se recourbent successivement en dehors, pour gagner les ligaments larges et les ligaments ronds.
T^ne partie des fibres qui émergent ainsi du faisceau ansiforme ne se portent sur les parties latérales qu'après avoir traversé la ligne médiane de l'utérus, et passé d'un coté à l'autre : du bord droit de laface postérieure de la matrice^ elles se rendent sur son angle supérieur gauche ou sur le côté gauche de sa lace antérieure. Ces fibres entre-croisèes suivent donc exactement la direction
en Z. C'est ce qu'avait indiqué Deville. Mais d'après Hélie, cet entre-croise- •nent est loin d'être constant; il est d'ailleurs borné à quelques fibres. La plus grande partie des iibres ansiformes naissent et se terminent sur le même côté sans avoir croisé la ligne médiane.
Le faisceau ansiforme n'est presque jamais borné à un seul plan. Il se compose le plus ordinairement de deux plans séparés par une couche de fibres transversales ; le plan superficiel est mince, le plan profond plus épais.
Etudions maintenant les fibres transversales qui, avec le faisceau précédent forment la surface du corps de l'ulérus. Ces fibres transversales signalées par Sue (1768), Meckel(1791), Mme Boivin (1821), Deville (1844), constituent la plus grande partie de la couche musculaire externe. Elles concourent à former le faisceau ansiforme en se recourbant brusquement en haut, comme ncms l'avons dit ; mais la plupart restent étrangères à sa formation , et traversent la ligne médiane en passant au-dessous de lui et entre ses deux plans, quel- ({uefois même sur son plan superficiel postérieur; elles vont d'un côté à l'autre; elles se prolongent en dehors, dans les ligaments larges, et surtout dans le ligament de l'ovaire, dans le ligament rond et sur la trompe. En les suivant en sens inverse, on peut dire qu'elles naissent de tous ces points, et qu'arrivées au bord de l'utérus elles se dédoublent en deux feuillets, pour passer les unes sur la face antérieure , les autres sur la face postérieure de cet organe; les plus élevées couvrent le fond et se recourbent en arcs sur ses angles.
Quehpics-uues de ces fibres quittent la couche externe pour plonger dans la couche m\isculaire moyenne. Il est à remarquer que lesanatomistesqui ont étudié le tissu nuisculaire de l'utérus n'ont pas imliqué la texture des bords de cet organe, et qu'ils se sont bornés à mentionner les (ibi'es (pii se prolougeut sur les annexes, llélic a comblé cette lacune. Lors([u'on écarte les deux lames
FiG. 77.
— Second jdan de la couclie musculaire externe do l'utérus gravide.
A. Couclic siiporlicielle incisée et renversée sur les bords de l'utérus.
I!. (loui'iie profonde du faisceau ansiforme.