‹ Traité de l'art des accouchementsChapitre 76 sur 252 · V. Vagin · texte numérisé non relu

V. Vagin

transversale du faisceau ti'iangulaire qui les recouvre, puis elles s'infléchissent pour se confondre avec les fibres horizontales.

FiG. 80. — Concile musculaire interne de lulérus gravide.

— Figure inonlrantla disposition des fibres ttrci formes sur la paroi anti-rienre.

FiG. 81. — Couche musculaire inlerne de l'utérus gravide. — Figure indiquant la disposition des fibres musculaires de celte couche autour de l'orilîce interne des trompes.

a, a. Orifice interne des trompes.

A l'orifice des trom}tes, les fibres de la couche interne sont disposées eu anneaux concentriques; les plus petits louchent l'orilice tubaire ; les plus grands, souvent incomplets, se continuent avec les arceaux de la voûte et s'adossent, sur la ligne médiane, avec ceux du côté opposé, comme l'a très-bien indiqué M"'" Boivin. Cette disposition avait même été déjà observée par Sue (1768), A. Leroy (1788) et Calza (1807) qui désignaient ces faisceaux annulaires sous le nom de muscles orbiculaires des trompes.

IL — Couche interne cln col. — Nous avons déjà dit que l'hyiierlrophie des fibres musculaires du col est à peu près nulle dans la couche externe (voyez page 100) ; il en est de même ici. Cependant lorsqu'on enlève la muqueuse, on voit distinctement les fibres musculaires sous-jacentes. On reconnaît alors que la saillie de l'arbre de vie est constituée par des faisceaux musculaires verticaux dont les libres s'écartent de chaque côté en formant des arcade* superposées. Près de l'orifice externe, les fibres sont entrelacées, mais presque toujours annulaires, et la même disposition se retrouve dans toute la hautenr et l'épaisseur du museau de tanche.

Résumé de la («'xdirc musculaire de l'utérus. — La tcxtllie di' la tunique musculaire de l'utérus est différente au cor|)S et au col.

Au corps de la matrice, on trouve trois couches musculaires snperiiosées : 1" la couche externe avec son faisceau ansiforme, ses libres transversales dont l'extréniilé se prolonge sur les annexes de l'utérus, et ses libres circulaires;

2° la couche moyenne avec ses bandes musculaires qui décrivent des anses et des anneaux incomplets autour des vaisseaux utérins; 3° la couche interne, avec ses deux faisceaux triangulaires, ses fibres annulaires, arciformes et orbiculaires. Au col, la disposition des fibres musculaires est relativement simple ; on n'y trouve que deux couches qui se continuent en haut avec les couches externe et interne du corps de l'utérus; on n'y voit aucune trace de la couche moyenne. La plupart des fibres musculaires du col sont annulaires ou légèrement obliques ; quelques-unes seulement forment des arcades au niveau de l'arbre de vie. Le museau de tanche est presque exclusivement formé par la couche interne.

g 5. — Modifications de la tunique muqueuse de l'utérus.

Les modifications de la muqueuse sont très-différentes suivant qu'on les étudie au corps de l'utérus ou au col.

Transformation de la maqueu.sc du corps de l'ntérns en membrane

caduque. ■ — L'œuf parvenu à un certain degré de développement possède deux enveloppes qui lui sont propres : Yamnios, et, plus en dehors, le chorion dont la face externe est hérissée de petits prolongements désignés sous le nom de villosités choriales (voyez Orologie). En outre, l'œuf est bientôt recouvert et entouré par une troisième enveloppe qui lui est fournie par l'utérus et à laquelle on a donné le nom de membrane caduque. On sait aujourd'hui que la caduque (de caduca, qui tombe) est formée par la muqueuse utérine qui se détache de la matrice pour contracter des adhérences intimes à la surface de l'œuf avec lequel elle se confond si bien qu'elle est expulsée avec lui au moment de la délivrance. Organe maternel au début, la caduque finit donc par n'être qu'une dépendance de l'œuf. Mais avant de décrire la caduque telle que nous la connaissons aujourd'hui, il est nécessaire d'exposer la théorie qui avait été généralement acceptée jusqu'à ces derniers temps ; sans cela, les dénominations employées dans la description de la caduque seraient souvent inintelligibles.

Théorie ancienne. — Les anciens physiologistes, ne connaissant pas l'existence de la muqueuse utérine, ne pouvaient en faire dériver la caduque. Voici comment ils expliquaient la formation de cette membrane. D'après^ William Hunter (1), sous l'influence excitante de la fécondation, par conséquent avant l'arrivée de l'ovule dans la cavité utérine, il se produit à l'intérieur de cette cavité une sécrétion de lymphe coagulable qui formera la caduque. Moreau (2), Breschet (3), Velpeau (4), admettent la même hypothèse, et pour ces auteurs, le liquide séro-albumineux ainsi épanché s'épaissit dans sa couche externe et forme une membrane molle, tapissant la face interne du corps de l'utérus, même au niveau des orifices tubaires et de l'ori-

(\j William Hunter, Anatomia uteri graviiU, tabuUs illustrata. Birmingham, 1774. (2) Moreau, Essai sur la disposition de la membrane caduque (dissert, inaug.). Paris, 1814. (3j Breschet, Mém. de l'Acad. roij. de médecine. Paris, 1833, t. II. (4) Velpeau, Ovologie et Embryologie humaine. Paris, 1833.

lice du col. Quand l'œuf passe de la trompe dans la matrice, il rencontre et repousse cette membrane de nouvelle formation, la déprime et la décolle dans une petite étendue, puis s'insinue entre elle et la tunique musculaire. Dès lors, on distingue deux parties dans la membrane que nous décrivons : celle qui a été décollée et repoussée par l'œuf bombe vers le centre de la cavité utérine , aussi l'appelle-t-on caduque réfléchie; toute celle qui est adhérente à la face interne de l'utérus prend le nom de caduque directe. Mais on s'aperçut que l'œuf n'était pas en contact immédiat avec la tunique musculaire de l'utérus, mais qu'il en était, au contraire, séparé par une membrane identique aux caduques directe et réfléchie. Les partisans de la théorie Hunlérienne durent, pour expliquer ce fait, constaté d'une façon positive sur des femmes mortes pendant la grossesse, avoir recours à une nouvelle hypothèse : ils imaginèrent que la lymphe plastique continuait à se produire sur le point où la caduque primitive avait été décollée par l'œuf, et qu'il se formait ainsi derrière celui-ci une seconde membrane qui ne tardait pas à s'unir aux caduques directe et réfléchie, avec lesquelles elle se continuait en consti-

FlG. 82. — (vaduque avant l'arrivée de l'œuf (théorie ancienne).

A. Cavité du col.

B. B. Orifices des trompes.

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