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CHAPITRE II

OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE

Après sa sortie de l'ovaire, l'œuf passe dans la trompe, où il subit une série de modifications qui sont, les unes indépendantes de la fécondation, les autres propres aux œufsfécondés ; puis, il arrive dans l'utérus et s'y développe jusqu'au terme de la grossesse.

ARTICLE PREMIER

DES MODIFICATIONS COMMUNES AUX ŒUFS FÉCONDÉS ET AUX CEUF.S NON FÉCONDÉS

Dans le tiers externe de la trompe, l'œuf est environné par les granulations qui coMstiluenl le disque proligère; dans les deux tiers internes, ces granulations ont disparu : elles sont remplacées par une couche d'albumine qui entoure la membrane vitelline et qui est sécrétée par la membrane muqueuse de l'oviiliicte. Depuis le moment de sa sortie de l'ovisac jusqu'à son

(1) Na^gele (H (Irensor, 'Irait. AubiMias , pagn 9)'.

(2) Comptes rendus de la Société de pbiologie, par Lebert. Séance du 6 janvier 1810.

-258 TUOISIEME SECTION. — DE LA (IROSSESSE

arrivée dans l'utérus, l'œuf subit des modifications importantes ; nous allons faire connaître, dans cet article, celles qui sont communes aux œufs fécondés et aux œufs non fécondés.

Disparition des vésicules germinative et eiubryogène. — Dès que l'œuf

est arrivé dans l'oviducte, il n'est déjà plus possible d'y distinguer la vésicule et la tache germinatives. La disparition de cette vésicule et de sa tache est donc la première modification subie par l'œuf. Cette disparition est le signe de la maturité de l'œuf et elle se produit alors même qd'il n'y a pas fécondation. Il est probalde que la vésicule germinative disparait par liquéfaction; cependant ŒUacher (1) pense que cette vésicule, au lieu de se liquéfier, est expulsée hors de l'œuf par un pertuis qu'il a vu sur des œufs de truite.

D'après van Beneden (1875), qui a observé les œufs de lapine, la vésicule gerininative se porte du centre h la périphérie de l'œuf arrivé à maturité et s'applique contre la membrane vitelline. La paroi de la vésicule gerininative s'amincit alors et finit par se rompre, en laissant échapper son contenu liquide qui se mêle au vitellus ambiant, tandis que le noyau de cette vésicule s'aplatit contre la membrane vitelline à laquelle il reste soudé sous forme de plaque lenticulaire.

En présence de ces opinions diverses, ce qui paraît certain, c'est que la vésicule germinative passe du centre à la circonférence de l'œuf, lorsque celui-ci est arrivé à maturité, et qu'elle finit alors par disparaître. Comment s'effectue cette disparition? C'est un point qui ne nous semble pas encore exactement déterminé.

Quant à la vésicule embryogène, elle cesse d'être visible même avant la disparition de la vésicule germinative; mais on ne sait pas ce qu'elle devient. (Balbiani.)

Condensation du vitellus. — Pendant la migration de l'œuf dans la partie externe de la trompe, le vitellus se rétracte et sa surlace se sépare de la membrane vitelline. 11 se forme donc entre cette membrane et le vitellus un espace rempli par un liquide qui, selon Bischoff, ne serai autre que de l'albumine ayant pénétré par endosmose de l'extérieur de l'œuf à l'intérieur. D'nprès le professeur Robin, au contraire, le liquide proviendrait du vitellus. Il y aurait, pour ainsi dire, un accroissement de densité de ce cori)S, par suite du déplacement excentri(|ue du liquide qu'il renferme. Ainsi le retrait du vitellus résulteniit du déplacement des parties liquides qui, au lieu d'être répandues dans toute la masse du vitellus, se porteraient à la périphérie. Quant au vitellus lui-même, il deviendrait plus dense parsuite du rap|)rochement des granulations qu'il contient. (Robin, van Beneden.)

Le phénomène de condensation ou de retrait du vitellus commence avant la disparition de la vésicule germinative, mais ne s'accomplit entièrement qu'après cette disparition. (Robin.)

Déformations et mouvements giratoires du vitellus. — Le Vltellus, pendant qu'il se condense (van Beneden) ou consécutivemcDt à ce plié-

(1) Lehrbuch dcr vergiewhemlen Embrijologie der W'irhelthiere.

OVOLOCIK ET E.MliUYOLOGlE "259

noinèiie de condensation (Robin), snbil nne série de déformations en vertu desquelles il passe successivement par les formes pyramidale, conoïde, ovoïde ou autres (1), après quoi il revient à la forme réi;ulièrement sphérode ([u'il avait d'abord. En même temps le vitellus exécute un mouvement de rotation sur lui-même et fait un tour complet en cinquante ou cinquante-, cinq minutes. Ces déformations et ces mouvements giratoires sont le résultat de contractions dites amiboidcs ou sarcoiUques du vitellus. Robin les a observés sur les œufs des lilrudinées, des mollusques et des grenouilles quelques minutes ou une demi-heure au plus après la ponte; ils cessent au bout de quatre à cinq heures, el alors le vitellus reprend une forme régnlièrement sphérique ou ovoïde, suivant les espèces animales. Au bout d'un quart d'heure de repos, se montre la saillie qui va donner naissance au premier globule polaire (voy. plus bas) ; dès (jue cette saillie atteint toute sa longueur, les déformations recommencent, et tantôt elles s'accompagnent de la rotation lente du vitellus, tantôt celui-ci reste immobile. Après la séparation du premier globule polaire, le vitellus reprend sa forme régulière pendant un quart d'heure environ, puis se déforme de nouveau lorsque survient la saillie dont proviendra le second globule polaire. Ces faits se répètent autant de fois ([u'il se produit de ces globules aux dépens du vitellus, après quoi celui-ci reste immobile et régulier pendant que se développe le noyau vitellin (voy. p. ^til), c'est-à-dii'e pendant une heure ou deux. Puis les déformations recommenceront encore au début de la division de ce noyau vitellin (voy. p. 20:2).

De» globules polaires. — Pendant que le vitellus se déforme et tourne leniement sur lui-même, on voit se produire en un point de sa surface une série de phénomènes très-curieux qui aboutissent à la formation des glolmlespo- Inircs. Découverts par Carus, en 1S28, ces globules furent aper(,'us ensuite par Uumor'ier et Pouchet sur les linmées, par Dischoff sur les lapines; mais tous ces auteurs n'avaient reconnu ni leur signification ni leur mode d'origine. Ils furent bien étudiés par Robin, d'abord sur les œufs des néphélis, puis sur ceux d'autres espèces animales.

Voici comment ils se fornuMit : les granulations qui composent la masse du vitellus disparaissent en un point de sa surlace et se trouvent remplacées par un liquide j)articulier dont la (juantité augnu'nle pntgressivemenf. Il en résulte un espace translucide qui forme peu à peu, à la surface du vitellus ((ig. '.(2), une saillie hénii;-pliéri(jue d'abord, puis conoïde et enfin piriforme. Le pédicule qui attache cette saillie au vitellus finit par se rompre, elle globule polaire devient libre. Aussitôt après, un second, p\iis un troisième globule peuvent succéder au premier. Dans quelques espèces animales, après l'achèvement du dernier de ces globules, ils se réunissent tous en un seul

ft) Parfois il se, déprime ;\ ses chnix exlivmités, ce qui lui donne la forme d'ini tonneau, [mis est étranglé vers son milieu ou vers mie de ses extrémités par un sillon circulaire qui peut être assez profoiul jjonr l'aire croire (jue c'est la segmentation qui débute, tamlis qu'après quelques minutes, il reprend nne forme régulière. D'autres fois, son contour devient h^gèremcul sinueux, ce qui résulte de la présence de dépressions |)lus ou moins prononcées qui s'éteuilent sur une portion seulenient de sa circonférence (Kobiii).

qui présente bientôt une paroi et une cavité distinctes. D'après Robin, ce globule polaire une fois produit reste sous la membrafTe vitelline, étranger aux phénomènes qui se passeront près de lui. 11 semble devenir inutile

FiG. 92. — Formation des globules polaires dans des œufs de Nephelis octoculata

(d'après Ch. Robin).

1. Un espace clair s'est produit à l'un des pôles du vitellus parle retrait de ses granules, qui s'accumulent en une zone plus foncée entre cet espace et le centre du vitellus.

2. La production d'un globule polaire débute par une saillie de la substance de l'espace clair.

3. Resserrement de la base de la saillie et formation d'un pédicule qui attache le globule polaire au vitellus.

i. Le pédicule est rompu et l'on voit trois globules polaires superposés , séparés l'un de l'autre et de la niasse vitelline.

aussitôt qu'il est formé ; sa production ne fait que préparer le début de la segmentation du vitellus que nous allons bientôt étudier (1).

Le point du vitellus où naissent ces globules est, d'une manière constante, celui par lequel passera bientôt le premier sillon circulaire de segmentation, qui divisera le vitellus (voy. p. 202). C'est pourquoi Robin es a appelés globules polaires. Van Beneden les nomme corps directeurs.

ARTICLE il

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