MODIFICATIONS PROPRES AUX ŒUFS FÉCONDÉS
Que la fécondation ait lieu ou non, la vésicule embryogène cesse d'être visible, la vésicule germinative disparait, le vitellus se condense, les mouve-
(1) D'après Balbiani, au contraire, qui a fait ses observations sur les insectes, les globules polaires auraient un rôle plus actif; après être sortis du vitellus et s'en être séparés, ils y rentreraient lorsqu'il est transformé en blastoderme ; cette pénétration aurait lieu dans la région qui devient l'ovaire, et les globules polaires formeraient alors les ovules primitifs de l'embryon.
OVOLOGIE ET EMBRYOLOGIE 261
menls giratoires se produisent el les globules polaires se forment, mais rien de plus ne survient, et les changements (|ui nous restent à étudier ne se montrent que sur des œufs qui ont été fécondés.
Formation du noyau vitellin et segmentation du vltelius. — Dans la
seconde moitié ou le tiers interne de la trompe, la couche d'albumine qui environne l'œuf fécondé augmente ainsi que l'épaisseur de la membrane vitelline. Mais les changements les plus remarquables sont ceux qui s'accomplissent dans le vitellus ; ils comprennent la formation du noyau vitellin, sa segmentation el celle du vitellus. Pendant la formation du noyau vitellin, c'est-à-dire pendant une heure ou deux, le vitellus reste immobile et régulier. Les déformations recommencent (voy. p. 259), mais avec plus de lenteur, dès que débute la division du noyau vitellin qui précède la première segmentation du vitellus (voy. Se^me/iiftf/o/i, p. '262).
Formation du noyau vitellin. — D'après le professeur Robin, le noyau vitellin apparaîtrait sous l'aspect d'une tache claire au centre du vitellus en voie de condensation ; il en écarterait peu à peu les éléments et grossirait rapidement, puisqu'en une heure environ, il acquerrait un diamètre de 4 à G centièmes de millimètre. Cette tache, qui n'a rien de commun avec la vésicule germinative, ni avec les globules polaires, est formée par un liquide épais et ne possède ni paroi ni cavité distinctes.
D'après les recherches récentes de Biitschli (1), d'Auerbach, de Slrasburger, d'Edouard van Beneden et de Dalbiani, dont les résultats sont concordants, le noyau vitellin ou noyau embryonnaire se formerait d'une façon différente de celle que nous venons d'indiquer d'après Robin. Nous rapporterons les résultats obtenus par E. van Beneden dont les observations ont été faites sur des œufs de lapine. D'après cet auteur, le noyau vitellin définitif, qui va devenir le point de déj)artde la segmentation, est formé par la conjugaison de deux noyaux primitifs séparés et éloignés tout d'abord, puisque l'un est situé au centre, tandis que l'autre est à la périphérie du vitellus. Van Heneûen a\)[>e\\ele\)ve\mei'i)romicleas central et le second pronucleus périphérique. Le pronucleus central, a la forme d'un croissant aplati et h cornes émoussées; le pronucleus périphérique est sphérique, à contours réguliers et notablement plus petit que l'autre. Les deux pronudei se rapprochent l'un de l'autre et finissent par se loucher au milieu du vitellus. Le pronucleus périphérique grandit rapidement tout en conservant sa forme sphérique; le pronucleus central qui reste appliiiué sur l'autie, diminue de volume. Finalement, il n'existe plus au centre de l'ienf cpi'un seul noyau vitellin formé aux dépens des deux noyaux |)iiniitil's ; mais, on ne peut pas dire s'il y a fusion- des deux pronudei, ou si l'un se développe aux déj)ens de la substance de l'autre. Van Beneden admet (|ue le pronucleus supcificid se fornu' au moins j)artiellement aux dépens de la substance spcrmaticiue, cl que d'autre part, le pronucleus central est constitué cxclusivenuMit d'éléments ournis par l'œuf. Le noyuu vilclliii (l(''(initil' serait donc, il'après cet
(1) Zcilscli. f. wiss. Zoologie, tome X\V.
auteur, le résultat de l'union d'éléments mâles avec des éléments femelles (1).
Segmentation du noijaii vitelUn et du ritellus. — C'est à Biselioff que l'on doit réellement la découverte de la segmentation de l'œuf des mammifères, mais ses observations ont été complétées par les travaux de Robin, de Hensen et de van Beneden.
La segmentation du vitellus est précédée par la division du noyau vilellin. Celui-ci s'allonge et s'étrangle vers le milieu comme un sablier, puis se sépare en deux moitiés. Cette séparation est le signal de la segmentation du vitellus qui se partage lui-même en deux globes au centre desquels se trouve la moitié correspondante du noyau divisé.
D'après Bischofï, Coste, Robin et la plupart des auteurs qui ont précédé van Beneden, chaque moitié du noyau vilellin et du vitellus se divise à son
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FiG. 93. — Segmenlalion du vitellus (d'après Cosle).
Division en deux globes vitellins.