VINGT-DEUXIÈME LEÇON
PBINCIPES POUR FAIRE PRENDRE DES CONTRE EN RETRAITE ET EN ATTAQUE SUR LES ARMES ET EN DEDANS.
Le mattre faut placer l^éléve en garde et d^un seul temps , la garde bien étendue. Il engage lui-même Fé" pée en quarte, et dit : Passez quarte sur les armes; on lue tire jamais tierce en attaque ou de ¥olée, la parade du contre de quarte sur un coup fourni , la main tierce fait tomber le fleuret , parceque le sommeau du tireur forme un point d'appui dans la main, et, s'il ne tombe pas^, la main est trop dérangée par la force de la parade, puisque la position est feusse, et que la main n'a pas ]e temps de revenir à la parade de la riposte. On ne tire tierce qu'en riposte du tac au tac, comme cela a été dit, c'est-à-dire, quand il y a écart, et qu'on ne peut parer cette riposte par une parade du contre; car, dans ce cas, si la main est tierce, le fleuret est à bas ou trop dérangé; il faut donc tirer quarte sur les armes en temps perdu. L'écolier ayant tiré' de cette manière, le maître pare la main basse au contre de quarte, sans tourner les ongles en dessous pour que l'élève puisse toucher; il devra même exiger d'être touché, à cause de sa mauvaise manière de parer; s'il ne l'est pas, c'est )a faute de l'écolier, dont la main paresseuse ne pré<çç^e pas assez la mouvement du corps. Le maître doit
Q^, TBAITE
alors redoubler de soins , lui faire enlever la main en tournant les ongles tout-à-faît sans tirer, tenir à ce que le corps soit assis sur la partie gauche, les hanches extrêmement effacées. IJn écolier croit souvent bien enlever la main , tandis que son foible est dans le fort du parenr; le moyen seul qu^on vient d'indiquer lui facilitera la manière d^enlever, c^est sur -tout en décomposant qu'on arrive au but. Après quelques coups tirés, autant bien que possible^ le maître continue, et dit: «En garde, prenez le contre de quarte, attendez ma retraite, tirez dessus. » Le mattre troiUpera son éiéve en parant tierce légèrement p6ur éviter de lui faire mal , parcequ'il ne sait pas obéir au changement de position ; une parade trop séehe améneroit de la dureté, chose à éviter soigneusement. Il faut que' la main de Félève obéisse en tournant tierce et changeant d'opposition de quarte en tierce , la figure en dedans y ducâté opposé à la pointe adverse. En garde; le maître donne à l'écolier le temps de se remettre, bien sous lui, toujours conservant la vraie distance du pied gauche au pied droit, la garde étendue et en ligne; le bras gauche placé avec grâce, c'est-à-dire haut, et formant le demi -cercle. Il ne s'agit pas, comme disoit Saint- George, de tirer à la douzaine, mais de couper les temps et de les détailler. En garde.
Le maître tire quarte en dedans dans le fort de relève; on ne doit jamais tirer haut à un commençant; il n'a pas assez de vitesse pour maîtriser le fer dans sa parade. Il ne faut s'occuper que de ses positions, jusqu'à ce qu'elles lui soient devenues familières. On ne
DE l'art DEA armes. ^'â
Élit tirer yiie que par gTadatioô, afin de maintenir la justesse des mouvements; le mattre fait rester sur la parade pour voir si elle est achevée , et dit : « Laissezmoi me relever, ensuite passez la main quarte en dedans, enlevez sans tirer, partez; je preods le contre de tierce, que votre main obéisse k la parade en pivotant, changez Topposition de suite, sans que je voie votre figure. » Il arrive souvent que les éléVes laissent tomber ht main sur le contre de tierce; ce qni découvre le dessus. C^est une aMentioa que le maître doit avoir, en £E|isant Êiire des contre .avec la même régularité qu'il fait tirer le mwr; comme cVst pour mener au. même but , -on ne doit pas négliger d'y apporter autant de soins qu'aux autres parties de l'exercice des armes.
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VIJîîGT-TROÏSIÈME LEÇON.
0£ LA MANIÊBE d'ÉVITSR LCS EilGA6BN£NTS OU COANGE-
MENTS d'ÉPÉE.
Le mattre, après les conps droits, les dégagements' de vitesse , et tout ce qui a été démdmré daqs les leçons précédentes, fiût mettre l'éKSoIiei* en garde avec soin,, et tient l'épée ea quarte en dedans; s'il va pour prendre l'épiée en quarte sW les armes ou en tierce , il fant passer dedan» par un mouvement fin, assez vite pour qu'on ne trouve pas le fer; à cet effiet, la main
doit être inclinée demi-tierce hante , la pointe légèt^4 On fera répéter ce mouvement jusqu'à ce que Télére sache éviter rengagement* avec une telle finesse qu'on ne puisse trouver son fer. Pour apprendre à Féviter parfaitement f on n'a que la main à passer et à enlever sans tirer. Gela forcera à la retenue du corps , la main prendra de la vitesse, et la pointe de la finesse. Quand l'écolier^ de sa place ^ bien assis et sans tirer, est ainsi parvenu à éviter l'engagement, le mattre y ajoute le développement du coup. Il tient ensuite le fet en dedans: si je vais, continue- t-il, prendre votre épée en dessus, passez quarte dedans par un dégagement, le plus fin possible, ce qui rendra le coup plus vite; enlevez et tirez quarte; en garde. Le mattre, ayant l^en^ ga'gement de quarte en dessus, dit encore : Si je prends votre fer en quarte en dedans, évitez rengagement en dégageant sur les armes, tournez les ongles, enlevez et tirez; en garde. Si je reprends votre épée en quarte en dedans, trompez rengagement par une, deux, enlevez et tirez dans les armes ; en garde. Si je prends votre épée en quarte sur les armes, trdmpez l'engagement par une, deux sur les armes; enlevez, tirez sur les armes. Si je prends votre épée en quarte en dedans, trompez l'engagement par une, deiï^i, trois, enlevez et tirez quarte sur les. armes. Le maitre change l'engagement; s'il vient à prendre, l'épée. en quatte dessus , évitez encore l'engagement par la feinté une,. deux,, trois, et tirez. Ensuite on feit faire les contrer dégagements en dessus, en dedans, les feintes et double^ feintes. Ces contre-dégagements , jusqu?à la double-'
DE L^ART DES ARMES. gS
feinte , sont des coups compliqués qui n^ont jamais lieu dmns Vassaut, sur-tout sur les marches. On est heureux quand on réussit par un simple dégagement. Ces coups compliqués n'ont d'autre but dans la leçon que d'obtenir la retenue du corps, et par-là d'obliger l'élève à l'élévation de la main dont l'action doit toujours précéder celle du corps. On insiste sur ce point, parcequ'un des défauts ordinaires aux écoliers est de faire partir leur corps avant la main. On ne peut s'en corriger qu'en revenant sans cesse au principe.