CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON
AUTBE MANFÈfiE D^ARBÉTER LES TUEURS QUI COUREflT ET . . QUITTENT LE FER EN MARGHAAîT.
Pour prendre des ccnips <f arrêt le long de la lamé, et sur les pressions par bn simple dégagement, pour marquer une fieinte snr une marche et éviter Fengage^ ment,'il faut nne grande habitude, un coup d^ceil juste, une Tivacité réfléchie. Tous les tireurs n'ont pas les mé« mes moyens; celui qui se trouve en avoir doit «^occuper de parer long -temps avant d'entreprendre de tirer sur les marchés, autrement il court le risque du coup pour coup. Un moyen moins brillant, meis plus certain, et que je conseille aux commençants d'employer, est le liement du fer, comme on Fa démontré en attaque. On revient totijoars au principe en prenant lespairades simples par jugement et les contre par habitude..
Le maître, à la suite des coups droits, des dégagements et des coups de vitesse, enfin de tout ce qu'il juge nécessaire, dit à Félève: a Tirez sur les armes, je pare le contre de quarte ; dans votre retraite , rompez / et dégagez pour me faire perdre la mesure par une fausse fuite; je cours sur vous en marquant des feintes, liez Fépée au contre de quarte sur les arme3 ; à la fin du Bernent, vous rencontrez le fer; aussitôt qujs vous le
sentez, formez Popposition en quarte sur les armes (vous pouvez de même tourner la main tierce, le coup en aura plus de hauteur, et cVst un avantage pour les petits hommes éontre les grands ) ; soutenez la main et partes. » Le coup est d^arrét s^il est pris dans le mouvement d^une marche; car il se peut qu^après sa marche, le coureur nh le temps de développer; ce coup alors ne sera plus un coup d^arrêt, mais bien un coup de temps, puisqu^il aura été pris sur le développement. La c^u^e en eat quVti iormani la fianuie double , ou «l^euc donn0r à Fadversaire le temps 'de .^oir sa marche •et de développer; 'le-eoiup saisi est 'donc aJossion eoap d^oppbsition' pria^^ur ^ledévetoppement du tsceàr.
«t£ki garde : ttrez quarte en dedans^ je q^ceadatle 'Confire de tieroe. £n :garde : rparca lecontoexle^evee; 'êmDB 'Votre retraite, rompes ret :dégagB^;.îe mandue-en 'fermant 4le;grands mctw^tements , prena* île .demî^œrde qui 'VOUS fiera. reneoDtrerlb: fer, et>liea4ee& quarte amr les ermee; enlevez ]a main au j^s haut en'pnenaïKC «FoppKiaiiîon en quarte sur les annes. £n gacde : engagez ;}^pée en quarte, frappez du pied sans que lercorpsiae* mue, manehez et rompes. «De jnéme, cela iwpv& pfiEermîra -sur la pai^tie. gauche, tirez «iir les aimas; je prends le lëontre «de quarte. En>garde ; iparez le^ contre de* quarte; liaQS votre retraite , rompez, dégagez; je cours sur tous |>our< regagner la 'mesure, en formant :de îprands.mou- 'veipeats; prenez le contre de tierce, iprtme, ^^ vous iietroûvez]pa:$ le feren prixae,^arjpetez en seconde, enstike tierce; sit on>cie.trou;roit pas. Képée2en^secende,:il^ est difficile de ne pas la renecoiirer dans nneiiie ces
DE VkÈT DBS ^HICES. tU>t
trois pandas, d'auiant <]u'ft;^at coi^ toutes iesdigoes, ;la panide.a passé par-)iMit. Si oependfmt UtavrivcHt ^oe le oosreur trompât k iOontDe de tierce , pitme et se* coude, et tierce, il &uskrQit.de la parade de ^eccwide lier r^ée.au contre de quarte parqua mouTémeut très petit et rapproidtié.des.doigM; m^iê il .est rare ;et près* •([ue impossible qu^uu coureur trompe encore le fer après le dernier mouvement de seconde; car, se trou» •^vant trop. près, il.nesauyoit passer sa pointe, à moins -d'a-voir un fleuret extuémenient ooupt : d^aiileurs ces icoups ^tant trop longs et tn^ compliqués , ne se foni; guère à Fassaut; on en -£iit la «^pétition au plastron pour donner de^la main et de la retenue de corps à relève. On. doit donc trouver le fer^après les .parades^ -ptime et de seconde, «t ^n employant le moyen de pa* 'rade& doubles sur les mardies, ou ne risque jamais de «Élire de coup pour coup. Les coups d^iirrét qui en sont .la suite sont moins difficiles à piendre que -les ppcr miers que nous avons démontrés précédempient ; il iie^ut être un grand connoisseur pour en savoir fiaire la différence;. aU'Sai^us, la grande' hajdi^ude etTexereioe rdonneat la £Bu:iIité,de bien Saire lesunset les autres , «t là juger sainement de Fen^mble d^nn assaut.
de .la lon gueub gimvjeitable des flebabts pour
l'assaut.
J'ai dit «t répété qu^D avantage réel dans les armes était la- longueur ou la grande mesure. Une personne ;qtti joint à cet avantage une pointe légère , qui la pass^
//jà
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près et vite, possède un beau développement, et tire bien le mur, régulièrement tel qu^il a été démontré; cette personne, dis-je, peut se servir d^un fleuret de Sa pouces, 3a et demi, et même de 33 pouces ; mais je fais observer quUl &ut être un tireur fini pour se servir de cette dernière longueur ; car Tavantage d'enlever des coups droits* avec ^n fleuret bien long ne s'obtient pas sans beaucoup d'adresse. Il est prouvé que celui qui sait employer les moyens indiqués tiendra son adver^ saire hors de mesure ; il défendra son terrain de manière à Tempécher d'en gagner sur loi sans s'exposer à être arrêté sur la marche ; il l'obligera au moins à deux temps; en sorte que s'il ne le prend pas au premier, il ne le manquera pas au second. En un mot, on échappe difficilement à un bon tireur, dont l'occupation continuelle est de tenir l'adversaire hors de mesuré, pour prendre un coup d'arrêt, dès qu'il marche sur lui sans précaution. Par cette raison, dans l'assaut un fleuret long est préférable.
On a dit au chapitre de la démonstration des coups d'arrêt^ qu'on ne pou voit marcher ni tirer à-la^fois. La marche fait toujours perdre des temps, et elle expose à être touché; par la raison que si on se couvre d'un côté, on est nécessairement découvert de l'autre, et que dans l'ébranlement presque inséparable de cette marche, un tireur adroit qui sait profiter des fautes et du jour qu'il aperçoit développe un coup de longueur.
Pour tirer de loin , l'avantage d'un fleuret long est donc incontestable ; il est impossible d'aoïlever des coups aussi brillants avec un fleuret court* Les coups de
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ce dernier, qui ne peuvent gagner en avant, sont d'ailleurs fociles à parer.
Un tireur connoissant sa mesure comme il doit la connottre, ayant un beau développement, trouvera bien du désavantage, si par hasard il se sert d^un fleuret ayant un demi-pouce de moins que la longueur accoutumée; il n^osera plus entreprendre ni coups droits, ni dégagements de vjtesse. Son coup-d'œil lui indiquera que la mesure est incertaine , et son assaut alors ne sera pas aussi beau qu'il devoit Fétre. Obligé de recourir à d'autres moyens, il se réservera la parade et la riposte, et attendra que l'adversaire soit assez près pour pouvoir développer quelques coups droits; mais on sent bien qu'ils ne seront pas aussi fréquents qu'ils l'auroient été avec un fleuret plus long.
Le moins donc qu'il puisse avoir est 32 pouces de lame , longueur calculée depuis la garde jusqu'au bouton , et 32 pouces et demi en grand exercice. On peut la porter jusqu'à 33. Une main vite et légère est d^gereuse avec cette longueur, dont on ne se sert pas souvent par la difficulté de trouver des lames assez légères dans cette dimension.
Comme un fleuret trop lourd rend la main paresseuse, nous nous sommres plus souvent fixés à'32 pouces de lame; Saint-Georgè^ se servoit plus fréquemment ' de cette longueur que' de celle de 33 , par la raison que nous en avons donnée.
Un professeur doit avoir la précaution de se pour-
• voir de beaucoup de fleurets, et s'attacher à les monter
lui-même; car ils ne peuvent être bien montés que par
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qui 8i|it s^en servir. Un fourhU&eur, comtiie nous Tavons déjà foit remarquer, ne les monte pas, il les eminancbe. Un tireur doit aussi conserver la ^ipéme gfos- 49eur pq^r toutes ses poignées; quant à la forme, on sait qu^Ueei^t. toujours la même. On sent la nécessité de ce» ^éçautions; <^r ^i m fleuret vient à çassfçr da^s up ^as^aut , on pé se trouve pas exposé à se servir cTup «fleuret dont la poignée, différente en grosseur, peut donner du d^sav^ptage. Celui qui pr^pd donc .Fhab^tud^ de monter ses fleurets lui-même a bien plus d'àgrément dans ses assiauts;.son exécution est plus &cilj;, parcequ'il a pus son fleuret parfiûtement à sa main. .§i r.on ne peut prendre sur soi de les monter, il faut a^ moinS'les f^ire arranger devant soi par un fourbisseur adroit. On ne sauroit trop le répéter, il est aussi indispensable à i^n tireur d'^r^es d'avpirua fleuret b^en à sa main qu'au musicien d'avoir un violon bien ,moaté,,et un arcbet à sa cqnvenançe. U%uten monter^be^coup, et si dans la quantité on a mieux réussi pgifr.qpeiques uns, op les mçttr^ de.qàté pour les assauts de prédilection. La cit^Ç^nqe dansia ^onté de son fleuret est beaucoup pour un tireur. Quand on a l^l)on]^.çur.derepcontriQr desil^piçs de ^33, pouces, ^ faut s'qn.ejp^j^rer; si elles sOQt biep^pcpportiçupéti^t^t de la ),ég^r/e)^ convenable, elles. SQpt précieuses -c^itre (certains, jçyx, sui*tout contre, Içs tirçprs.qui courent,. et ^ur . j^esquels il faut développer de toute la longueur possible, Qt, encore cpptre ceux qu'on a de. la peine à joindre par l'habitude qu'ils se sont faite de s'enfuir; on, surprend les uns avant qu'ils ne pensent à la retraite, et on arrête
les antres quand ils se disposent à prendre leur course ou à s^enfnir.
Ces lames de 33 ponces sont bonnes aussi pour tirer le mur, à toucher sur ceux qui ne parent pas franche» ment 9 mais qui esquivent le coup en retirant le corps ou en le tôtirnânt, ce qui n'est pas parer. Onpanrient à les touèhër feètleinenit aVecuiié longue lame, et on en Tiendroit dilBcBémént à bout avec un fleuret court. Il est
dôhè bien d'avoir toujours des fleurets de réserve pour les assitàts urgents. Il y a des personnes qui rejettent les longs sous le prétexte que si Ton est serré leur longueur devient gênante ; je conviens que cela peut être pour le tireur borné , mais le vrai tireur n'en sera point embarrassé , parcequ'il se laissera rarement serrer , et que son attention continuelle est d'empécber qu'on ne gagne son 7éî* et s^n terrain. Il doit connottre toutes les ressources ajîé Tart : trbjp setré il aûrti prime et seconde, ces positions râppj*dbixaht la main du corps , et en la soutenant éxttèbi^eméttt faâtlte le bouton se trouve sur le corps du côilrfeur bii sehÎBur ; il y a en outre lés oppositions de inàib gattbiîe qui gàràtltissent de tout. Supposeroit-on qU'uii tîréiir veut serrer , loin de lui laisser l'épée devant èôi ôh là \A déràtige par des battements on déô croisés ; s'il ûie donbë pirèsque pas de fer, il cherchera albrs à gagàfer la iii^kirè p&r des petits pas , on lé laisse approchëir et ensuite on liii développe des coups de longueur et de vitesse : rièn ne résiste à ce moyen. Ati chapitre de ta 'rtiàitihré ae dbrnbûttfe les niauyaîs jeux on trouvera plus de détails.
L'opinion de ceux qui rejettent les fleurets longs tient
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à ce qu'ils n'ont pas Fart de s'en servir ,. ou à ce qu'ils manquent des facultés physiques : leur oljection n'est qu'une partialité qui se détruit par le sentiment du plus grand nombre des tireurs. En insistant ils pronveroient qu'ils ne sayent pas tirer le mur dans son vrai principe. Le mur seul donne laxmanière de développer de loin sans que le jpded gauche tratne ou tourne; le mur seul procure l'élévation de la main dans la perfection et conduit à l'entière connoissance de la mesure ,, réunion d'avan«-
tages qui fait le mérite du tireur proprement dit; car il y en a qui connoissent la mesure sans Tobserver.