‹ Traité de l'art des armes: à l'usage des professeurs et des amateursChapitre 67 sur 84 · DES AVANTAGES DU FLEURET COUBT · texte numérisé non relu

DES AVANTAGES DU FLEURET COUBT

Il nous reste à parler du fleuret cour^ que quantité de personnes préfèrent parceque, disent -elle^, on pare ' mieux avec; Â cela je réponds : il ne sufBt pas de parer, il faut encore pouvoir tirer de loin comme de près. Ea efîTet, si après la rencontre du fer on n'a pas fait suivre la riposte sur la première parade, comment pourra-t-on sans l'aide d'un fleuret long toucher d'un second coup et empêcher au moins le redoublement ? J'observe en outre qu'un homme grand , qui après une parade ne sera pas en mesure, par l'inconvénient du fleuret court, de riposter dans la retraite , cet homme assurément se voit dans la nécessité démarcher, il perd ain^i l'avantage de son physique et n'a presque plus de supériorité sur uja petit homme. Il est également faux en principe que le fleuret court (convienne particulièrement au petit homme , puisqu'il est daps la nature de tenir l'adversaire le

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plus loin qu^on peut ; moins on est à la portée de set coups et moins il est à craindre.

Les partisans du fleuret court diront que moins il y a de longueur et plus la pointe passe facilement et près ; mais la difficulté est d^arriver sur un tireur qui, fort et vigoureux , possède Tart des annes dans son principe ; j^en ai expliqué le danger. Bien d'ailleurs n^est plus effrayant pour des spectateurs que de voir dans un exercice où Ton doit montrer de la grâce et de Fagrément, deujL tireurs corps à corps se redoubler avec leurs fleurets courts , comme s'ils se poignardoient ou s'alloient prendre aux cheveux ; n'es t-il pas plus beau et plus noble de voir des assaillants tirer de leur portée, se relever et ri» poster, cela intéresse davantage et n'inquiète pas. Toutle monde peut tirer en marchant et en courant , on n'a pas besoin d'apprendrelong*temps pour cela. Le fleuretlong n'est pas plus incommode que le court pour ceux qui ont l'artetl'habitudedes'enservir. Tel qui tirera continuellement [avec un fleuret long, mais toujours de la même longuctur, pour bien connoitre sa mesure ne tirera que de sa place et ne se laissera que rarement serrer. Moi qui suis d'une petite taille j'ai enlevé des coups aux adversaires les plus forts et les plus grands , et il m'eût été impossible de les toucher avec un fleuret court. C'est pour cette raison que même à la leçon je me suis toujours servi d'un fleuret long ; la démonstration en est plus savante et plus belle, le maître approche, atteint l'écolier plus facilement, et lui prouve, en effleurant quelquefois le gilet, qu'il auroit été touché , chose qu'on ne peut faire avec un fleuret court sans marcher» Le

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nattre en use ainsi aTcc des écoÙers qui s^obstinent à vouloir avoir raison en se fondant sur leur mauvaise méthode.

La démonstralioD des coups droits devient aussi pins évidente avec le fleuret loog, et les élèves en sentent mieux Fefiet par la légèreté que le inattre doit employer. Avecle fibraret ooiirti au contraire^ on ne se permet guère de tirer des ooups droits , fiiute d'être en mesure , et si parfois an vetit les risquer on y met de la force , ce qui oblige Fadversaire, si le coup est tiré sur les armes y À Yèdlr à la parade de prime ou à changer Tépée, ce qui se foit sur les deux engagements.

• Les écoHers ne peuvent même apprendre l'usage du fleuret long et du jeu de longueur que par là démonstration faite par le maître avec un fleuret de <^tte dimeuaioii. Je crois donc que d'après cet exposé on donnera la préfersnoe an fleuret long , dont Tavaiitage paroit d'au-* latit moins inoonfestable qu'on s'en est servi pendant près de soixante ans dans notre académie , où il a foit en quelque sorte la réputation de notre école. Cette autorité me pàrott suflisante pour soutenir que le fleuret long &ît la gloire, la beauté et la graoe des assauts.

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CINQUANTE-QOAT&IÊME LEÇON. '

DES ASSAUTS, DE LA MAHIÈRE d'T PARYEMIE, ET DE CE QUI

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