DU GAUCHER
Les anciens mattres ne se sont pas assez occupés de Ja manière d'exercer les droitiers à tirer contre les gauchers. Cette insouciance dans cette partie de l'enseignement ne laisse pas que de causer de l'embarras à celui qui n'a pas reçu des leçons de la main gauche.
Un droitier bon tireur, pour écarter les difficultés que lui présente un gaucher, est obligé d'avoir recours continuellement à des batteinents , des croisés, qui rentrent dans ce qui constitue proprement les jeux durs ; mais si le gaucher est fort malin il ne donner point de fer, et le droitier, rie trouvant point d'épée à lettre, n'a pour s'en tirer que les ressources réelles du talent et da Texei^cice, qui sont le développement et la vitesse, ou,
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pour mienz dire, des coups de mur, le fond et la base des armes.
/ ' Le tireur qui n'a que de la main se trouve continuellement dans le fort adverse, et quelque fort qu'il soit , celui qui voudra être vrai conviendra que quelque bien qu'il puisse avoir tiré avec un gaucher, il a eu beaucoup à désirer. En effet, ce ne sont plus les mêmes à -propos que de droitier à droitier; c'est toujours au contraire
. un livre à l'envers, le toucher du fer est absolument diflPéreàt; on a dit, et il est même prouvé, que le droi tier, qui dans l'assaut se montre l'égal du gaucher,. est parle fait et sous le rapport de l'art et de l'exercice^ beaucoup plus fort que lui. Le grand avantage du gaucher est de n'avoir jamais ou presque toujours que des droitiers à combattre, tandis que ces derniers au contraire ne trouvent que très rarement à tirer contre un gaucher; Vavantage de celui-ci tient tellement à cette cause que s'il arrive à deux forts gauchers de feire assaut ensemble, ils se. trouvent très embarrassés, et que leur assaut est ordinairement aussi détestable que cette espèce ^de rencontré est rare. Aussi voit-on difficilement deux gauchers aimer à tirer ensemble. Leurs positions de gaucher à gaucher sont les mêmes que ceUes du droitier au droitier.
Il résulte de tout ce que nous venons d'observer qu'il est indispensable à un maître qui embrasse toutes les difficultés que présente son état de savoir donner ^ leçon de la main gauche.
Un droitier ne tirera jamais bien avec un gsiucher, h, moins d'avoir appris à tromper le fer en tous sei^s sur
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une m^itt gauche, oeanne il sait le tromper sur nne maÎQ droite; autrement dans Fassaut,' au moyen de ce que le toucher du fer est contrariant, après la parade U ne sait où rendre la riposte ; la plupart du temps il lire dans le fer, et cette indécision , donnant au gaucher 1^ temps de redoubler ou de se relever en défense , né laisse plus rien h feire au droitier ; si le gaucher est at-> taquéy son contre de quarte et son demî-*cercle qui se trouvent dans la position de la quarte sur les armes du droitier dérangent beaucoup la nunq de ce dernier, at« tendu que son pommeau y trouve un point d^appui } aussi une attention particulière du droitier contre la gaucher est de tenir toujours la mfàn denni-ttierce pour diminuejf Feffet de ce point dVppui^ Les droitiers ont sur les gauchers le même engagements Quant à la po-> liticn, Tavautage est le même; mais le gaucher, par une plus grande habitude de cet mjigagemeni, en.esl moins surpris que le droitier auquel le fleuref ég^happe souvent de la main. Les reprise$ et la manière de trom-c per le demi -cercle ont aussi pour lui des difficultés^ puisque ces mouvements se font dans le sens contraire du droitier. Il feut doÂc beaucoup 4a traVail et d'ezer-r etce poi^r parvenir à employer avec prestesse dans Tas-» sau.t leç moyens à opposer au gaucher* '
C'est pour vaincre et feire surmonter à mes écoliers ees difficultés bien reconnues, que je me suis décidé k donner leçon de la main gauche, et plus j'ai été eu avant, plus cela m'a intéressé. On conçoit qu*un mattre 1^ pent tirer aussi vite de cette main que de la droite^
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mais il safBt qu^tl parvienne , comme gaucher, à bien tromper et bien fiiire iromper le fer.
ÇIMQUANTE-ÇINQDIÈME LEÇON
DONNEE DE ^A M Ail) GAUCHE AU DftOlTIER.
Le mallre dit: « En garde; ployçz sons vous, effacez les hanches , chargez la partie gauche, la garde an milieu de Yops, et à même de défendre le dessns comme le dessous. »
Le maître tient le fer de relève en quarte sur les armes, et celui-ci alors se trouve engagé en dedans, par rapport à son maître qui représente un gaucher, et lui dit: «Frappez du pied, sentez le fer légèrement, cou- Trez'vous ou formez la ligne d'opposition , ce qui tient ma pointe hors de votre corps.
Après beaucoup de coups droits et de dégagements de vitesse tirés très près du fer, le maître continue, et dit: « Parez le contre de quarte , et s^il y a écart après la parade, ripostez du tac au tac, dans le cas contraire, et si je charge sur votre fer,' ne tirez pas, de crainte que je ne remette Fépée au corps; mais attendez ma retraite, - et si je me relève, la main basse, tirez quarte droite et haute. En garde : parez le contre de quarte, attendez ma retraite; si je me relève, la main haute, offrant du jour
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en dessous, tirez quarte sous les armes , et formes Fop* position , de même que si tous développiez un coup de quarte basse à un droitier. ( De gaucher à gaucher, le coup seroit seconde, comme de droitier à droitier. ) En garde à Fépée de quarte sur les armes.
« Si vous perdez le fer, suiyez-le en prenant Ie[contre de quarte; dans ma retraite, j'ai Fépee devant moi, marquez la feinte une, de^x sous le fer, la mainj^juarte, et revenez quarte sur les armes, et tirez. En garde , Fépée devant vous; parez* le contre de quarte, attendez ma retraite, et quand je me relève, marque^ la douUefeinte, et retombez quarte sous Fépée, enlevez, partes quarte, et restez sur le coup; ne poussez pas sur le plastron, cavez la hanche gauche, vous en serez plus droit, relâchez-vous, que. le jarret gauche soH tendu et le pied gauche d^aplomb. En garde à Vépée de quarte sur les armes; parez le contre de quarte; si je me relève en serrant de la poin(e, comme alors il y a moins de fer h pas^r.dessus qu^à dégager dessous, coqpezrdans les armes. » Ge coupé se fait avec la main quarte, qui doit être liante pour passez le fer extrêmement près de la pointe adverse. Le gaucher, coi^me le droitier, revient plus volontiers çt plus fecilement au contre de quarte qu'à toute autre parade; ainsi il es( donc très utile que la main du droitier obéisse promptement à la parade de quarte du gaucher, en tournant la maia tierce; :autrement le droitier, par défaut de souplesse^ est eî^posé à voir son fleuret lui: échapper de la main ; le moins qui puisse lui arrivei^ est que sa main déran-« gée , parcequ^elle n'a pas cédé à-propos , n'ait pas lo
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temps de revenir à la parade de la riposte , sa seule ressource alors est la parade de prime. On peut couper la main tierce, attendu que le gaucher, .ramenant {Jus souvent en quarte qu^en tierce,. il y a un avantage pour le droitier à couper tierce de rengagement de quarte sur les armes pour tirer- tierce en dedans, s^il n'a point à craindre, au moyep de la vitesse de son développement , que le gaucher prenne la parade du contre de tierce , toujours plus lente que ceUe du contre de quarte.
Le mattre prend le fer de son élève en dedans pour lui faire faire avec ordre et dans leur suite les diflEéreiits coupés, (c Parez le contre de quarte, dira- 1- il, attendez ma retraite^ coupez et dégagez quarte sur les armes , enlevez et tirez, en garde. » On examine avec attention à chaque temps les positions de relève, et au moindre dé-^ sôrdre appayrent , on le ramène aux coups simples. « En garde ; en ligne , lui recommànde*t-on , moins de dureté dans le bras et les doigts, la pointe légère et basse, la main demi-tierce ;* votre fort dans le foiblele plus possible. Parez le contre de quarté, continue le maître, atten* dez ma retraite; quand ma pointe est près de votre fort, il feiut, pour que lecoupé que vous avez à feire ait toute sa valeur^ ne soit absoluinent fait que de la main ' sans remuer le bras ; pour cela, vous devez passer votre fer lé plus près possible de Istpointe adverse et tenir le bras immobile y coupez donc,. dégagez sur les armes et retombezdessoùs.la niain quarte . en tournant les ongles, enlevez et tirez ; restez sur le développement; relâchez-» V9^^, p Cela demande à être souvent répété ; car le droi*
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tier éprouve de la difficaltë à tromper deMCoe, en dehors do gaucher avec la main tournée quarte, il en trouve également pour la reprise et les contre-dégagementa dessous. « En garde ; releves-vous à Fépée quarte sur les armes ; parez le contre de quarte; attendez ma retraite , etau moyen d^ce que je serre votre fer, tirez en dedans ; je prends le demi^cerde et je ne riposte pas ; iaites la re* prise en dessous avec la main quarte, )es ongles bien tournés et la main au plus haut. Attachez-vous à ce quo le bras soit souple et Fépaule basse, de manière que la main ou les doigts fassent seuls le mouvement de la ï*e« prise près du fer. « On repétera cette reprise pinceurs fois en restau t sur le dévdoppement, afin d^habituer et de fixer )a main à la hauteur nécessaire, attendu que dans les assauts on la manque assez ordinairement, parceque dans Faction la main tombe, et que IcGoup, aulieudepoîpter^ ne &it que fouefter , comme il arrive eqtre droitiers à la reprise de seconde, plus difficile encore h &ire sur Iç gaucher , par le manque d^habîtude de la faire en quarte* Pour y habituer Félève , le maître aura Tatt^ation , en donnant leçon de la main droite, de parer octave et de faire fSeûre la reprise en quarte en dedans , ce qui par la suite ue peut être que très u^ pour tirer avec un gau* cher.
Après la reprise du droitier sur le gaucher, le roahre reprend Tépée au demi-cercle pour £iire répéter la re-^ prise en quarte , de même que de droitier à droitier. Il reprend le fer en octave pour firire faire la reprise en quarte en dedans. Le maître ne se lassera pas de feire répéter cette reprise , jusqu'à ce que la main soit bieu
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jilacée , eierciée qui donne à Téleve la coanmâsance de tous les moyens qu'il doU employer pour bien «juster le corpSi
Le mattre revemnC aux coups droits et aui[ simples dégaj^ements dit : « Engagez Tépée an quarte sur les armes»; frappes du pied , parez le contre de quarte» et at« tendez ma retraite; je serre de la pointe en me relevant , oaupez et contre-dégagez sur les armes et tirez. En gar' de ; ployez faiea sous vous; effi^pez^vous la main bien au milieu de vous , relàcbez la dureté du bras et des doigts ; pare^ le contre de qqarte et attendez ^la retraite ; je serre de la pointe , coupez , contre-dégagez sur les armes et contre-dégagez dessous; vqu$ trompez par-là quarte, le contre de quarte et le demi<cercle. «
Les menacés pnt donc leur usage et leur valeur contre les gauchers. Le mattre, commeaux leçons précédentes, insiste pour qu^il^ ne soient faits que de la main, le corps très en arrière et bien assis sur la partie g^ucbe ; I^ main qui a Pair de menacer doit rester et revenir en place , tandis qu'àl'instapt du mouvement le corps s^ef&ce et que Ton charge la partie gaucbe ; par ce moyen , là pointe n^éunt point engagée dans la garde, rien ne Fompéchede passer après le menacé. On ajpute à ce menacé le cri et l'appel du pied , pour forcer l'adversaire à y répondre. Ce coup , nous avons été déjà ^ même de Fobserver , doit ctre appris et exercé particulièrement etdoucemept, afin, de ne le pas manquer dans Fassaut; sans cette attention le corps est entraîné et se porte en aérant , Fépée est livrée au battement, et par suite on est exposé à être toqcbé,
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Le mattre continue et dit : • Engages Tépëe en quarte ; frappez du pied, parez le contre de quarte, attendez ma retraite , et quand je me relève, menacez quarte sur les armes ; je serre VépéelpL main kaute , tirez quarte sous lés armes. On continue de suite depuis le dégagement une, deux et trois, josqu^au contre-dégagement , etc.
Engagez l'épée 'en tierce ; frappez du pied, menacez quarte endedans ; si je serre Tépée, dégagez quarte sur les armes; tournez les ongles , enlevez et partez : cela va encore de suite et se complique, comme nous venons de Tobserver. En garde; engage:^ Tépéeen tierce, frappez du pied, menacez quarte ; votre fort dans mon foible jus* qu'à mon bouton, qu'il n'y ait plus que la main à passer, dans çgtte position le dégagement ou plutôt le coupé peut se faire finement sur la pointe; on peut faire suivre ce coupé du dégagé de la feinte, double-feinte , etc.
En garde; parez le contre de quarte , attendez ma re* traite; quand je me relève, menacez quarte sur les ar* mes , votre fort dans mon foible; je serre de la pointe, coupez dedans, la main tierce. Ce coup réussit souvent quand il est fait légèrement et de la main seule , ce qui le rend plus vite. -
En garde; engagez Tépée en quarte en dedans, ou plutôt tierce en dedans ; parez le contre de tierce , et dans ma retraite, menacez quarte; sur le menacé je change Fépée , tirez alors quarte :sur les armes , en prenant Top-^ position et la main enlevée au plus haut ; sur le change^ ment, marquez saprès la feinte une, deux ; faites même le faux battement que vous pourrez faire suivre du con*^
1)E L^àKT IMCS armes. 2ii
tre-dégageinènt et de toust les coups compliqués dont
^ renonciation détaillée devient ici inutile.
Engagez Fépée en- tierce ; frappez du pied ; je serre de la pointe, coupez en appuyant de votre foible sur m^on fort ; vous ferez en même temps le cri et Fappe], en |retenant bien iè corps en arrière, ce qui ferme un menacé en quarte en dessus. Ge coup fait, avçc la vitesse qui-est
' nécessaire, réussit ordinairement ; il est rare que le point dVppûi que le tireur donne ne produise.pas une pression qui le mette à même de développer uacoup, comm^le menacé de quarte sur los armes lui donpe Foccasion et laSafcilité-^e tomberquarte sous les armes. 11 est à remarquer que ce coup est combiné du coupé et du menacé , et que c^est diaprés le produit de ce dernier, que vous tirez le coup auquel Fébranlement donne lieu. Il ne faut pas faire beaucoup de ces coupés de suite sans recourir aux coups simples, il en résulteroit du désordre et dje Firré.gularité dans Fexécution, et dans la position, base.Mnijque de cette exécution.
• En garde à Fépée de quarte sur lès armes ; engagez Fépée en tierce , parez le contre de tierce ; rendez tierce pour tierce , ou quarte. En garde ; ps^ez le contre de tierce, ren'dëz tierce dessous , de m^tne qu^ si vous tiriez seconde au droitier ; en garde à Fépée de .tierce; si je force votre fer pour déployer quarte sur les armes > changez Fépée, parez quarte; si ma main est basse , enlevez un coup de quarte sur les armes, si au contraire elle est haute , tirez quarte dessous. En garde à Fépée quarte; engagez Fépée en tierce; parez le contre de tierce ;
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JMig ma retmite menacez quaiHe ; je ^erre , ^parques quarte sur les armes et passez quarte sous lea armes. En garde à Tépëe quarte ; engagez Vépée en tierce ; metiacez , je serre ; marquez quarte sur iea armes et ccmtre-dëgagez dessous : la suite est la mémejusqn^au contre dëga* gement. Vous pouvez doubler et tromper lès ^deux con*^ très y c'est4-dirè le demi-cei*de et le eoncre de quarte. En garde à répée quarte^ engagez Vépèe en tierce , pa<> rez le contre de tierce ; dans ma retraite menacez quarte , marquez la feinte une, deux; contre-dégagez dessous, ce qui est, après la feinte , tromper le demi-eércle. En garde à Tépée quarte ; parez le contre de quarte ; dans ma retraite , menacez , marquez la t&tiatt une , deux , et contre-dégagez sur les armes : la suite est la même ; contre-dégagez et trompez le demi-cerdé, octave et le eontre de quarte sut les armes ; parez tierce et le contre de tierce; dans ma retraite coupez^ passez dessous; si je prends le demi-cercle au dessons de la hauteur de ma bouche , retenez votre corps et passez voti^ pointe sur ma main ; c^est un joli coup , mais il laut se relever vite au demi'cercle , paticeque le coup n'a pas d'opposition. Les tne&acés se font en attaque après rengagement et dans lé6 fipMtes à tempb perti^iis domme auic leçons prëcédentee.
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