ESPADON
' L'espadon est. un jeu qui a ses difficultés; il n'est pourtant pas aussi compliqué que celui de la pointe; car il n'a que quatre positions y et les armes en ont huit.. La garde en est bien moins difficile. L'espadonneur est droit; sur ses jambes,' le corps incliné sur la partie droite;' c'est la position, qui convient pour marcher en passe jet rompre la mesure. On ne tire pas de cette position pour la pose et la grâce du corps les mêmes avantages que des positions obligées dans le jeu de la pointe. . 11 est néanmoins très important d'apprendre cet exercice lorsqu'on' est d^a parvenu à un bon degré de force dans les armes, plutôt un élève se gfttéroit. L'espadon est' dangereux pour ceux qui ne le connoissent pas; c'est un jeu fort traître. L'espadonneur ne combat ^ou. ne doit combattre que la main ; il s'exposeroit en tirant au corps; le danger est partagé par le pointeur qui doit opposer un même jeu , ' et tirer par conséquent à la main. '. <
Il y a dans l'espadon deux temps, celui de lever, et celui dç donner le coup. Le pointeur n'en fait qu'un , et comme physiquement celui-ci a un avantage quant à la. vitesse , il s'ensuit moins de danger pour lui.
' Un tireur d'araies qui apprend le jeu de l'espadon, le ^ait en très peu de temps; il devient même très à crainv
dre en mêlant lesdeux jeux, qai lui donnent la faaiité de se servir adroitement d'une canne dans un cas d'urgence et de nécessité.
Le bon tireur aura toujours le coup-d^œil plus fin , et sera plus rusé que celui qui ne saura que Fespadon. L^écolier qui aura commencé par Fusage des paniers aura beaucoup plus de peine à réussir au fleuret; les positions sont difilérentes et les mouyements larges de Fespadon sont difiBciles à vainnro pour parvenir k Fusage de la pointe , dont les mouvements au con-. traire sont fins et serrés; c'est pour cette raison qu'un^^ bon mattre Cut souvent recmnmencer une feinte oi» d'*aatre« coups , afin d'amener FécoUer à les &ire le plus près possible du talon de Fépée sans le toucher.
J'engage donc les jeunes gens à cooimencer par hb pointe; ils en tireront un véritable avantage pour par* venir à Fespadon; et comme un bon espadonneuv dait être liant et leste, il doit v^lter, (aire des passes enavaiat^ en arrière, le toutravçc vitesse et légèreté; or, cela eet de difficile exécution pour quiconque n'a pa& le corps scraple.
Observation importante.
II seroit bien dangereux pour un pointeur et poor un espadonneur de courir Fun sur Fautve pour se toi^ d>er le corps; le pointeur courrait ^risque de sje faire couper le bras où là figure; Fespadonneur en levant la^ main pourroit se faire arrêter en sieconde sur sa marche , son coup de taille tomberoit sw la monture du fleuret de Fadversaire, L'espadon demande des connqis i
DE L^ABT BE« AAMES. 26j
s&mcei et île la prudence » et le ponteiir en a ëgalemeiit lieaoift devant reâpadonnewr. J^ai dit, à Tapticie d€S as* sàuÉSy quW tie pQuvek eeanbaUre un jéo qu^en éor ppenaat les aiémca pdsitimia. D'après ce principe , il £BHit finrrre Fespadonneiir qai ne tirera qo^à la matn ; le tieeur d^armes dane ce cas a Tavanta^y puisque le eanp de pmnte est bien plM vite que le coup de taille ^ ifoî exige deux teûp e. Le pointeur, sans donner de fer^ itm arec sa garde basse attaquer la main ec employer da^ £u»x temps à dessein de la fme présenter. Tous les <loupe de pointe ddli^ent être lancés comme des coupa, de patte de icbac , c^est^dire eu retirant la maki de: aiitte; si le pointeur s'avisoic de développer pour ton* cher le corps, Tespadonneur, toujours droit et prêt à T^ker ou à Êiire dee passes, fitfoit Fun ou Tautre en arrière ^ et' le bras ou la^ figuré du pointeur Se- trouvera à découvert; il est donc essentiel de prendre connoîssànce de tous lea jeux pour savoir s^en préserver. D^a« près cette ineUrueticm, en voyant un tireur se mettiez en garde, en devra sur sa positioki jl>ger ce qu^on aura soi-même d faire. . .
Observations sur la manière' de faire irm^iUer les enfants^ et lès jeunes demoiselles 4fid ont des défimis de coTfformaiioft^ ét^ui tiennent mal leur iéte^ etc.
Lorsqu^un enfant, une jeune demoiseUe, sont menacéa d'avoir une épaule plus forte que Tautre, onleur
a68 TliAlTÉ '*. • :
tàii exercer la main opposée à Pépaule qui prend trop^ de force. Le 'maître les place droits, le talon à la che-ville , les pieds formant Téquérve', le fieuret dans. la main, les bras tombant le longidufcorps, les yeux fixe»' et dirigés sur Fadversaire, et, après leur avoir feit por>> ter en arrière, et le plus possible, la tète, il la leur fait tourner k droite et à gauche par des mouvements très» doux; c^est lé seul m'oyen d'assouplir les muscles du» cou , quand iïk ont contracté de la dureté.; on assouplit aussi les niembres en insistant , et on parvient' e» forçant un peu au maintien et à la posilâon désirée. Quand* on dit à un enfont dé se tenir droit , il se redresse pour l'instant, mais la roidéur le ramène bientôt à sa pre-. mière position. >
Après avoir obtenu le redressement de la tète , on la" foit tourner à droite; on fait ouvrir la poitrine et met-> tre le pied droit à uAe distance convenable, et selon la force de Fenfant. On peut placer la main qai ne tra-> vaille pas sur la hanche^ pour forcer Fépaule à rentrer davantage j on pi|ace la main qui tient le fleuret à la hauteur convenable. On n'exige pas de dévelôppemeiit:' des enfants, encore moins des petites demoiselles qui n'ont pas assez de force. 'On y supplée par des passes , c'est-à-dire, qu'étant en garde et un peu ployés , on leur fait porter le piedgauche devant Ici droit ( en supposant qu'ils soient en garde du pied droit) , à la distance de quatre doigts, plus ou moins, çelop la force ; car l'exécution est toujours subordonnée aux moyens. Le talon doit rase;: le pied droit. -
Après avoir examiné Is^ position,' le maître fait rei!
t>B L AKt DES ARMES. apt)
■ ineci^e en garde et tirer quarte ea dedans en volte. k
■ cet e^t, la maio se porte au plus haut, taodû que le ;COrps pivote sur le pied droit, et quelegailcbe revient
derrière. Daùg cette position, le corps se trouve el&cé, de manière à laisser passer un eoup développé. Ce coup étoit bon jadis, qu'on se tenoit à-peu-prèg aussi droit sur ses jambes que dans l'espadon -mais aujonrd'bui>quela
.position des armes est d'être extrêmement ployé pour feivQriser la vitesse , ce coup ne pourroit avoir lieu , attendu que pour volter, le tireur, devant d'abord se re-
.dresser, se verroit obligé à deux temps. Le premier empêchant l'effet du second qui par Ipi-méme est déjà lent, CD seroit touché. En supposant qu'on ne le fût pas après la volte, au moins ne seroit-on pas en position de défense ; or, tout coup tiré et manqué qui dans la retraite interdit tous moyens de défense, n'est point
'admissible dans l'assaut.
Ou ajoute à l'esércice des enfants le salut tel qu'il est démontré, ce qui leur donne de la grâce quand ils y mettent de l'intelhgence. De là on passe aux désannements qui ne se pratiquenr plus dans les assauts, mais qui, étant exécutés par de jeunes personne^, sont Néanmoins fort jolis et perfectionnent leurs grâces naturelles.
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Premier désarmement.
■ Apréslaparadedequarte,récolierexéçutelapréinière passe en portant le piedgaucheeu avant, et eik pivotant sur la pointe dn droit pour, se trouver effekré , alors saisissant la main du maître en dedans, il présente sa pointe
«a corps en levant le coude. Il fiiiit tfvoir le tète exirémement iMilte dane ce moevement pour donner de le grâce , de la fierté et dn mérite à la position. En ^rde.
Deuxième désarmement.
Après^ la parade de tierce y la même passe se fetc en avant. L'élève prend la main du mattre en dehors , et pour varier, au lieu de présenter sa pointe comme précédemment, il la dirige bien au corps , mais en la passant derrière son dos. Ces deux positions sont fort jolies étant exécutées par de petits enfents.
Troisième désarmement.
Ge désarmement est appelé désarmement du manchot. Après la parade de quarte, Téléve, portant le pied droit en avant de la valeur d^une semelle^ se trouve plus à portée de prendre le fer du maître et de le placer sous son bras droit en le serrant; tournant ensuite à gauche en pivotant sur les deux pieds , il arrache le fleuret et le fiait tomber.
Quatrième désarmement.
L'élève, après la parade de prime,. fait une passe du 'pîed gauche , prend Je fleuret du «mttre sous «m bras gauche et repasse Ja maîn deseoué le fort du fleuret pour s'assurer d^ fat ^rde, ce qui ait un eûtrelacemenc» en& suite il présente la pointe au cçrps.
Ctnqwème détannement
Après avoir fait parer quarte, la passe en avant ne se iait que dans le cas où le coup est développé de loin par ua tireur qui De se relève paSj le paretiroe quitte pas le £er avec le sien jet saisit le talon du fleuret de son adver^ saire tout près de la garde, tire ï soi eu af^uyant avec le fort de sot) fleuret sur le foible du fleuret adverse et le désarmement s'ensuit. Il faut qn''il s'opère la maÎD gauche baule, et q^e la main droite pr^ote la pointe au corps au tierce, le coude haut.
Ce désarmement produit de l'effet av théâtre, et est très joli, »ur-tout eiécaté par des «otaots. U &ut toujours leur &ire faire la passe du pied gauche , parcequ'ils auront plus de force.
Sixième désarmement.
L'élève, après la parade de quarte, fait une passe du pied gauche, passe son bras gauche gougle fort du fleuret adverse, tout près de la garde, ce qui ^rme la croix ; il lève le bras en appuyant avec son fleuret sur le foible, ce qui pitdduit «ncore Tefl^t d'un fort levier. Ce désarmement n'est pas aussi remarquable que le précéden t ; il termine ^peu-près tout ce qu'on peut montrer à des enfants , en proponnninaDt l'exercice 4 leurs Sm> . çe«. Tous ces désai^mements conviennent dans les combats ^ théâtre , pourvu qu'on les' y emjdoye avee «dresse.
37a TRAITÉ
COUP ITALIEM.
' Ce coup 86 tire sur- une passe qui se fait eu avant en dégageant quqrte , de même que si on tiroit quarte sur les airmes-; \e tireur )ai$se glisser le pied gauche en arrière, û^est ce qu^on apf^elle échapper, et il plonge la pointe au corps, lamain tierce en couchant le corps en arant. *
Les Italiens fontaussi quelquefois des voltes en sautant pour esquiver les coups; la manière de les combat^ tre est de> fiaire de faux temps pour les forcer de tirer , on pare et on riposte;* quand leurs coups sont manques il leur re&te peu de défense. On combat leurs jeux comme il est indiqué à Tarticle des Jeux difficiles.