DU CHOIX DES FLEURETS
Pour commencer un élève, on choisira une lame plate; celle d’assaut est trop roide pour un commençant, et donne à la main une certaine dureté qu’il faut éviter.
DE l’art DES armes. i3
La lame plate est celle qu’il faut adopter pour les pensionnats, et en général dans les salles d’armes où se réunissent beaucoup de jeunes gens. La lame d’assaut, que nous appelons lame carrée, est dangereuse; neuve, elle semble une tringle de fer, et il faut beaucoup de précaution pour la mettre en état de servir; autrement il en résulteroit des accidents.
La lame sera au moins de 3i pouces, et ne prendra son cercle que depuis la pointe jusqu’aux trois quarts de la longueur; quand elle ne ploie que du milieu, elle est mal faite. La bonne lame est forte du talon, et diminue depuis cet endroit jusqu’à la pointe, alors elle décrit parfaitement son cercle. Celle qui ne ploie que du milieu a trop de fer à son foible; ce défaut la rend lourde , et la fait fouetter ; il n’y a pas à s’y tromper, quand une lame n’est pas bien effilée, le cercle en est mauvais.
Une poignée de bonne longueur doit avoir 4 pouces p lignes. On évitera de les prendre rondes , elles tournent alors dans la main et obligent à serrer, cela fatigue et nuit à l’exécution; choisissez-la donc bien carrée ; si les angles sont fortement prononcés , vous la tiendrez avec facilité, sans qu’il soit nécessaire de serrer, et les doigts auront alors tout leur jeu. Prenez-la aussi grosse du haut que du bas. Souvent les fourbisseurs font les poignées plus minces du bas, dans ce cas elles ne remplissent pas assez le petit doigt et l’annulaire, et on doit malgré soi serrer, et, je le répété, l’exécution en souffre. Ces détails qui paroissent vétilleux sont néanmoins utiles, et c’est en s’en pénétrant bien qu’on par-
TR AfTÉ
•viendra à acquérir ce bel ensemble qui fait la grâce et la force des armes.