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NOMINATION DES COUPS

Tous les principes des arts sont pris dans la nature, et sont le fruit de l’observation. Il en est de même de l’art des armes. Le coup que tirent naturellement tous les hommes estcelui de prime ( voyez planche II). Deux individus qui n’ont reçu aucun principe tirent l’épée dans un mouvement de colère ; ils tirent leur arme du fourreau la main tierce, l’un donne le coup, l’autre le pare dans la même position , ce qui est prime , premier coup dans l’ordre de la nature. Dans la même position, le côté opposé, qui par son vide appelle la pointe, sera seconde ou deuxieme (voy . pl. III). Dans la même position, c’est-àdire, toujours les pointes basses, et la main tierce, le jour qui se trouvera au-dessus, et dans lequel on tirera, sera tierce ou troisième (voy. pl. IV), dans laquelle la position de la main ne change pas, bien que la pointe soit haute; le jour en dedans appellera l’épée, et cette botte sera la quarte dans les armes ou la quatrième (voy. pl. V ), qui se pare la main quarte.

Voilà à bien dire les coups naturels; c’est à l’art et à l’observation qu’on doit les autres , qui tous dérivent de ces premiers.

Si en parant quarte les ongles sont trop tournés en l’air, vous découvrez le dessous, et la pointe est hors de la ligne du corps. On tire alors la main tierce au-dessous

de la main du pareur en fauchant, cela s’appelle quinte ou cinquième ( voy . pl. VI ). Ce coup, n’ayant point d’opposition, ne doit être tiré que dans le cas où la pointe du pareur se trouveroit éloignée de la ligne du corps. Comme il est tiré en fauchant, il se pare les ongles toutà-fait tierce pour former un grand angle qui écarte la pointe du corps. Nous venons de dire quinte.

Lorsque le jour se trouve en dessus, c’est ce qu’on appelle quarte sur les armes ou la sixte ( voy. pl. VII ); elle se pare la main quarte, en opposant quarte à quarte, mais sans tac.

Supposons qu’on soit engagé en quarte en dedans, et qu’on tire au-dessous de la main, c’est la quarte basse (rojy.pl. VIII), qui se pare au demi-cercle. Ce coup est le septième ; tirant quarte dans le jour du coté opposé à cette septième parade, on tire l'octave ( voy . pl. IX), coup huitième, qui se pare la main quarte, les ongles entièrement tournés en quarte, afin de bien former l’angle.

Ce sont là les coups d’armes dans toutes les positions où la main peut tirer ou parer; on ne sauroit en ajouter, encore moins en supprimer; qu’on les tire un peu plus haut ou un peu plus bas, ce seront toujours les mêmes.

Ces huit coups ont autant de parades et d’oppositions. Les parades doubles coupent deux lignes ; le demicercle en coupe trois, même quatre. Les parades doubles se prennent dans l’incertitude, et par habitude on parvient à juger et à parer le simple. Dans l’assaut, les coups étant très vites, on n’a pas le temps de prendre le contre, parade d’autant plus lente qu’il faut faire passer la pointe devant le corps, où le pareur, d’après

TRAITÉ

son coup-d’œil, prendra le simple, et cela sera toujours un des huit coups désignés ci-dessus ou une des huit parades.

Il est rare qu’on ne puisse parer un coup tiré de vitesse que par la parade du même nom , ou par l’opposition; c’est donc une raison pour ne supprimer aucun coup ni aucune parade.

Les maîtres ne doivent enseigner la nomination des

coups qu’aux écoliers déjà en état de les comprendre, c’est-à-dire, au bout de quelques mois de leçon.

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