DE LA FLANCONADE
On l’appelle jlanconade , parcequ’elle est dirigée au flanc. Le maître, dans le courant de la leçon, commandera de parer le contre de tierce et quarte, puis dira: «Si je force la main haute, vous tenez le foible avec votre fort, c’est-à-dire, que vous avez écarté la pointe adverse de la ligne du corps; baissez alors votre pointe en la dirigeant au flanc, portez la main un peu à votre gauche, afin que la pointe adverse soit hors de la ligne de votre corps, ployez le bras gauche, pour opposer avec la main à ce que la pointe ne revienne. » Le dos de la main doit être du coté du corps, et le bout des doigts vers la terre. La flanconade s’emploie beaucoup contre les mauvais jeux, et contre ceux qui tirent bas en mettant de la force. La dureté qu’ils emploient fait que leur fer est pris par le croisé et l’opposition de la main gauche. Après la flanconade, on se relève en liant
DE
l’art DES ARMES.
l'épée au contre de quarte; il s’ensuit qu’on peut faire le coupé, parceque souvent l’épée adverse se trouve basse, au point de livrer la pointe; si ce n’est pas le coupé, c’est au moins un coup droit provoqué par le grand jour. Il est rare qu’on puisse tirer la flanconade en attaque; il faut un trop grand point d’appui pour que la pointe adverse ne se dérobe pas sur les armes; mais si l’on a affaire à un tireur qui ait une garde extrêmement tendue et beaucoup de dureté, on aura le temps de développer ce coup en opposant la main gauche tout de suite.
La flanconade en attaque se pare en obéissant à la force, ou cédant en laissant aller sa pointe, ou lorsque le fort du pareur passe par dessus la pointe adverse pour se retrouver en quarte.
Il y a une riposte de quarte d’autant plus belle, que la main, après la parade sur la flanconade, prend beaucoup de hauteur de jet et de tour. Quand la flanconade est tirée en riposte, il n’y a d’autre moyen de la parer que de tourner la main tierce en dirigeant la pointe au corps (voj. pi. XVII etXVIÏl ).
Observations sur la nécessité du développement.
Nous avons traité jusqu’à présent de la majeure partie des coups qui sont d’usage dans l’assaut, ceux du plastron ont plus de complication, et quoique les coups compliqués ne s’exécutent pas à l’assaut, ils sont néanmoins utiles pour apprendre parfaitement à faire précéder le mouvement de la main qui doit toujours agir avant le
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corps, et c’est ce qu’il y a de plus difficile à obtenir des écoliers.
Le maître, comme il a été dit à chaque leçon , doit toujours revenir aux coups simples après une suite de coups compliqués; car, dans ceux-ci, le corps se désunit à chaque développement; un premier vaut quelque chose, mais, quand on en fait beaucoup, les derniers ne valent rien. 11 est impossible qu’en les multipliant, comme certains maîtres le font , on parvienne à tirer vite; on n’a pas le temps d’observer les positions qui doivent toujours être conservées. Pour ne pas tomber dans ce défaut, le maître coupera les temps du développement, ainsi que ceux de la retraite, et, faisant replacer l’écolier, il lui donnera lieu d’étudier et de sentir son ensemble.
Le maître s’apercevra de la valeur des coups et du plus ou du moins de régularité dans la garde; de quelque manière qu’on trompe le fer, il faut toujours finir par tirer quarte ou tierce ; il est donc de nécessité que le déploiement soit prompt; ce n’est qu’en s’occupant à replacer l’éléve très souvent sur ses jambes, en le faisant se développer avec vitesse et toucher régulièrement, qu’on l’amènera à tirer de loin et à connoître sa mesure. D’après cette leçon, bonne et sévère, les élèves deviendront forts, leur jeu se simplifiera; ils ne tireront plus que des coups bien déployés qui sont les plus beaux, sur tout si on les compare aux jeux des mauvais tireurs qui fondent l’un sur l’autre, et redoublent. Cette manière n’est pas tirer des armes. L’art est de savoir
faire tirer un homme de toute la longueur dont il est capable. Dans la leçon compliquée , les éléves ne gagnent que de la main aux dépens des jambes, du développement, et de l’élévation , dont l’ensemble est ce qu’il y a de plus utile dans les armes.