PROPRES A FAIRE ASSAUT ET A TIRER LE MUR A TOU- CHER
Il faut à l’écolier parvenu au point de faire assaut un fleuret convenable; celui avec lequel il a commencé est trop foible, et ne convient qu’aux seuls commençants. Aujourd’hui il lui faut un fleuret à lame carrée, et voici la manière de choisir ces lames : on en place un paquet sur le comptoir du fourbisseur, les boutons en bas , et les soies en l’air, pour les égaliser et vérifier les longueurs. On en choisit une de 32 pouces qui sort de modèle; on la couche sur les autres; et en joignant les boutons, on voit facilement celles qui conviennent; et de cette manière on est dispensé de les mesurer les unes après les autres. Mais avant il faut avoir le soin de les examiner d’un bout à l’autre sur tous les sens, pour s’assurer qu’elles n’ont point de pailles qui les feroient rompre. Pour les essayer, on les fait ployer en baissant tant soit peu la main; si on la baissoit trop, on force roit la lame dans son foible, et elle pourroit se casser.
Une bonne lame doit décrire son cercle depuis la pointe jusqu’au fort; celle qui ne le décrit qu’à partir du milieu est mal faite; pour qu’elle soit bonne, elle doit aller toujours en diminuant depuis le fort jusqu’à la pointe ; quand elle ne ploie que du milieu , c’est qu’elle a trop de fer à son foible, alors elle fouette, et c’est un grand défaut qui empêche d’ajuster. Un peu
d’habitude fait aisément distinguer une lame bien faite, et l’on sent à la main si elle est lourde de la pointe. Il ne la faut pas non plus trop foible, elle ploieroit comme du plomb , ou finiroit par casser. Une lame d’assaut a besoin d’une certaine roideur, et si elle est molle, elle le deviendra trop encore par le tour qu’on est obligé de lui donner, et le travail de l’exercice achèvera de l’amollir au point de ne pouvoir plus s’en servir. Il est des lames d’une trempe sèche dont l’etpérience apprendra à se méfier; mais si pourtant on en rencontre une d’un joli cercle, et qui plaise, quoiqu’un peu roide, on pourra la prendre, en ayant attention pour l’assouplir dé la passer un peu au feu.