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DES AVANTAGES DU FLEURET COURT

Il nous reste à parler du fleuret court que quantité de personnes préfèrent parceque, disent -elles, on pare mieux avec. A cela je réponds : il ne suffit pas de parer, il faut encore pouvoir tirer de loin comme de près. En effet, si après la rencontre du fer on n’a pas fait suivre la riposte sur la première parade, comment pourra-t-on sans l’aide d’un fleuret long toucher d’un second coup et empêcher au moins le redoublement? J’observe en outre qu’un homme grand , qui après une parade ne sera pas en mesure, par l’inconvénient du fleuret court, de riposter dans la retraite, cet homme assurément se voit dans la nécessité de marcher, il perd ainsi l’avantage de son physique et n’a presque plus de supériorité sur un petit homme. Il est également faux en principe que le fleuret court convienne particulièrement au petit homme, puisqu’il est dans la nature de tenir l’adversaire le

plus loin qu’on peut ; moins on est à la portée de ses coups et moins il est à craindre.

Les partisans du fleuret court diront que moins il y a de longueur et plus la pointe passe facilement et près; mais la difficulté est d’arriver sur un tireur qui, fort et vigoureux , possède l’art des armes dans son principe ; j’en ai expliqué le danger. Rien d’ailleurs n’est plus effrayant pour des spectateurs que de voir dans un exercice où l’on doit montrer de la grâce et de l’agrément, deux tireurs corps à corps se redoubler avec leurs fleurets courts , comme s’ils se poignardoient ou s’alloient prendre aux cheveux ; n’est-il pas plus beau etplus noble de voir des assaillants tirer de leur portée, se relever etriposter, cela intéresse davantage etn’inquiétepas. Toutle monde peut tirer en marchant et en courant, on n’a pas besoin d’apprendre long- temps pour cela. Le fleuretlong n’est pas plus incommode que le court pour ceux qui ont l’art et l’habitude de s’en servir. Tel qui tirera continuellement avec un fleuret long, mais toujours de la même longueur, pour bien connoître sa mesure ne tirera que de sa place et ne se laissera que rarement serrer. Moi qui suis d’une petite taille j’ai enlevé des coups aux adversaires les plus forts et les plus grands , et il m’eût été impossible de les toucher avec un fleuret court. C’est pour cette raison que même à la leçon je me suis toujours servi d’un fleuret long ; la démonstration en est plus savante et plus belle, le maître approche, atteint l’écolier plus facilement, et lui prouve, en effleurant quelquefois le gilet, qu’il auroit été touché , chose qu’on ne peut faire avec un fleuret court sans marcher. Le

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maître en use ainsi avec des écoliers qui s’obstinent à vouloir avoir raison en se fondant sur leur mauvaise méthode.

La démonstration des coups droits devient aussi plus évidente avec le fleuret long, et les élèves en sentent mieux l’effet par la légèreté que le maître doit employer. Avec le fleuret court, au contraire, on ne se permet guère de tirer des coups droits , faute d’être en mesure , et si parfois on veut les risquer on y met de la force , ce qui oblige l’adversaire, si le coup est tiré sur les armes, à venir à la parade de prime ou à changer l’épée, ce qui se fait sur les deux engagements.

Les écoliers ne peuvent même apprendre l’usage du fleuret long et du jeu de longueur que par la démonstration faite par le maître avec un fleuret de cette dimension. Je crois donc que d’après cet exposé on donnera la préférence au fleuret long , dont l’avantage paroît d’autant moins incontestable qu’on s’en est servi pendantprès de soixante ans dans notre académie, où il a fait en quelque sorte la réputation de notre école. Cette autorité me paroît suffisante pour soutenir que le fleuret long fait la gloire, la beauté et la grâce des assauts.

de l’art des armes.

CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON

DES ASSAUTS, DE LA MANIÈRE d’y PARVENIR, ET DE CE QUI EN FAIT LA BEAUTÉ.

Avant de mettre les élèves à l’assaut, le maître a l’attention de les prévenir qu’ils doivent mettre de côté un amour-propre ou une ambition mal entendue; s’ils ont l’un de ces défauts , ils peuvent renoncer d’avance à l’a. vantage de devenir forts : ils seront tout au plus des ferrailleurs. Pour recueillir le fruit de leur travail, il faut moins chercher à toucher que s'attachera bien conserver les positions dont les écoliers , même avancés , ne sont pas exempts de s’écarter.

D’après cet avertissement , ceux qui commencent à faire assaut doivent principalement s’assurer de la fermeté de leurs jambes, et de parer en ramassant le fer par des parades serrées et très petites , sans que la pointe s’écarte d’une ligne delà direction du corps; ils doivent aussi rendre la riposte chaque fois qu’ils auront trouvé le fer, et sur-tout ne jamais parer deux fois de suite sans riposter, attention nécessaire pour empêcher l’adversaire de redoubler.

En attaque on peut faire tout ce qui vient dans l’idée et tirer sur-tout beaucoup de coups droits et des dégage, mets de vitesse. Si les fleurets sont tranquilles , si l’ad-

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versaire forme des liements, il ne faut pas tirer dedan^ sans faire une attaque au fer, parceque, sans cette attention et quelque vite que l’on soit, on est exposé à partir au moment du liement et à tomber dans le talon du fer adverse. De cette manière on voit une masette parer souvent un tireur très fort et très vite. 11 faut donc , ainsi qu’il vient d’être dit, faire une attaque au fer, comme faux battements , menacés , une feinte que l’on fait quelquefois même un peu large d’après la connoissance que l’on a de son adversaire. Il faut aussi retenir le corps bien en arrière pour attendre la jonction de son fer , qui a lieu souvent avec force, accompagnée presque toujours d’un mouvement convulsif. Au moment de cette jonction, on développe un coup de vitesse du côté opposé à la prise du fer, coup qui ne peut réussir qu’à la suite et au moyen de la ruse employée qui produit l’interruption du liement par le point d’appui trop fort de l’adversaire à l’instant de la prise du fer.

Dans l’étude de l’assaut, il faut s’armer de beaucoup de sang-froid , et ne pas s’emporter, comme quelques ignorants, qui s’imaginent qu’il n’y a qu’à tombersur l’ad versaire pour le toucher.

La combinaison sert à examiner le jeu , les positions de son tireur, à voir ce qu’on peut opposer de mieux à tel ou tel coup qu’il se plaît à répéter. Peu importe d’être touché à celui qui abonne envie d’apprendre pourvu qu’il finisse par parer les coups qui l’avoient d’abord embarassé; une difficulté surmontée mène à en vaincre d’autres.

Quand le principe ^st bon , rien n’est impossible , et il

n’y a pas de coup qui ne puisse être paré. Il n’y a eu qu’un Saint-Georges contre lequel l’art a été insuffisant ; mais comme il faisoit exception et que son second ne se psésentera pas de long-temps , je suis fondé à soutenir qu’il n’y a pas de coups qui ne puissent toucher quand ils sont tirées de la manière et au moment convenable, et alors tous sont bons, et tous sont mauvais d’après l’àpropos ou le manque d’à-propos.

Il faut de la patience, du zélé et se mettre en tête que les plus forts ont été battus long-temps avant d’en battre d’autres. G’est un tribut à payer dans presque tous les arts.

Le point principal est d’avoir les mouvements réglés; s’ils sont convulsifs, la pointe s’écarte du corps, on perd du temps pour revenir au corps, et l’on ajuste mal. Il ne suffit pas de tromper le fer pour toucher, il faut encore ajuster. J’ai vu des tireurs le tromper souvent et ajuster fort peu ; qu’arrivoit-il alors , ils étoient touchés sans pouvoir se plaindre, et quoique l’adversaire n’eût pas paré; le coup passoit , celui-ci étoit autorisé à leur mettre le bouton sur le corps. En général , dans tous les mouvements d’attaque , comme dans ceux des parades , la pointe doit toujours se montrer fixée au corps. Tout en étant pétulant , il faut avoir une vivacité réfléchie et né jamais s’écarter du principe. Un tireur ferme sous lui, comme on l’a recommandé, sera toujours prêt à partir; sa main seule agira, et comme il ne fera aucun faux temps, il aura la facilité de saisir les jours qu’il obtiendra d’un tireur en désordre et qui se verra atteint avant qu’il lui fût possible de se développer.

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DES PRÉCAUTIONS QUE LES TIREURS DOIVENT PRENDRE AVANT DE FAIRE ASSAUT, ET DU GENRE D’EMPLACEMENT ET DE TERRAIN CONVENABLES.

Pour faire un bel assaut, il faut nécessairement avoir confiance dans son terrain. Celui qui convient le mieux pour une salle d’armes, c’est le salpêtre battu. A défaut du premier, c’est le carreau sur lequel, quand il est humide, on jette de la cendre ou de la poix-résine mêlée de blanc par parties égales ; mais ce mélange finit par porter à la gorge et incommode beaucoup. Si on ne veut pas faire les frais de mettre en salpêtre une salle carrelée , on y supplée avec du plâtre que le maçon étend dessus avec une truelle, et la sandale alors tient parfaitement.

Avant l’assaut, on doit se précautionner de blanc pour mettre dans le gant; car, quelque bien choisie que soit la poignée du fleuret , elle devient lisse et tourne dans la main et, si on est obligé de serrer le fleuret, une grande partie de l’exécution est manquée, la main perd de son élévation , et la pointe s’écarte de la direction du corps, par le défaut de jeu dans les doigts.

La peau du gant doit être fine et 'moelleuse, si elle étoit épaisse ou dure, on ne sentiroit pas le fleuret. Le gant doit être étroit, long et juste à la main ; il s’élargit toujours assez. L’usage des sandales est de faciliter à tirer plus vigoureusement sans se faire de mal, le bruit qu’elles font anime dans l’action. Saint-Georges n’auroit pas tiré sans sandales: d’après la vigueur qu’il mettoit dans cet exercice, il se seroit fait beaucoup de mal en

tirant avec des souliers. En général , et comme tous les bons artistes, il étoit très difficile dans le choix de tous les ustensiles dont il se servoit.

Dans un assaut, deux bons tireurs doivent commeR* cer par se présenteravec grace;ils tirentensuite lemur, et dans cet exercice, qui est le prélude de l’assaut, ils ont soin que le mouvement de la main précède toujours celui du corps. Leur main parvenue une fois au plus haut, ils développent à fond et tombent d’aplomb en demeurant sur les temps pour laisser voir la beauté du développement. Ils resteront aussi un temps dans la garde après la retraite, ensuite faisant le salut, ils en marqueront ensemble tous les temps. S’il y a une personne de distinction à droite de l’un des tireurs, celui-ci commencera contre l’ordinaire par saluer en tierce , ensuite en quarte , et retournant la main tierce pour repasser l’épée devant lui , il remettra le chapeau. Le salut fini, les tireurs se mettent en garde hors de mesure pour éviter les surprises, ils la regagnent par de très petits pas. Une fois en mesure, de vrais tireurs ne doivent marcher ni rompre d’une demi- semelle , mais de leurs places faire franchement des attaques qui peuvent être précédées d’engagements et de quelques petites attaques au fer avec finesse, qui doivent finir par un coup tiré à fond. Ce coup parti , à peine est-il paré que la riposte est rendue de suite. Plusieurs coups bien attaqués et disputés se succèdent comme une balle de paume envoyée et renvoyée par la raquette. Les forts tireurs se touchent peu. Au surplus, le véritable intérêt d’un assaut est de voir dis-

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puter les coups par tout l’art possible, aussi les personnes d’une grande force n’en tirent-elles guère plus de trois ou quatre de suite : comme elles font usage de toute leur vigueur, elles ne pourroientla soutenir long-temps en faisant succéder sans discontinuation des coups qui dégénéreroient dans leur quantité de vitesse et de régularité.

Les tireurs suspendent un moment et remettent le talon à la cheville gauche; c’est toujours à cette position qu’ils doivent prendre leur repos ; par ce moyen l’alignement est parfaitement conservé, et le pied gauche, à la fin d’un assaut , se trouve être à la même place que celle qu’il occupoit au commencement. Sans cette attention, il y a toujours du désordre.

Dans le temps où il se faisoit beaucoup d’assauts dans notre académie, j’ai vu la salle si remplie de spectateurs, que les deux assaillants n’avoient au juste que l’espace nécessaire pour tirer , aussi ils commençoient et finissoient leur assaut à la même place , sans avoir touché ou dérangé les personnes qui étoient derrière eux. Il suffit qu’un tireur soit régulier pour que l’autre le soit et ne remue pas.

De bons tireurs dissimulent toujours ce qu’ils veulent faire , loin d indiquer, comme il y en a beaucoup, par des préparatifs qu’ils vont attaquer de telle ou telle manière. J’ai dit qu’il falloit toujours être prêta tirer; si l’on trouve !a position trop fatigante , il faut alors se reposer plus souvent; mais dès qu’on voit un tireur se préparer c'est le moment de le surprendre par une atta-

que vigoureuse, la réussite en est rarement incertaine. A-t-il l’air de vouloir parer , on retient le corps très en arrière , on fait des engagements et on gagne la mesure par de très petits pas en s’assurant bien du fer dans le cas où il viendroit à tirer; car on ne doit se dissimuler que ces petites marches et ces engagements peuvent l’exciter à partir et à tirer dans les jours; c’est pourquoi il faut être sur ses gardes pour être en mesure de parer et de riposter, oumême de prendre le temps, si on est assez heureux pour le juger ; mais s’il ne se décide pas, une fois en mesure on profite des circonstances en enlevant des coups droits dans les jours qui se présentent ou dans ceux qu’on est parvenu à se faire par quelques petits faux temps. Les grands tireurs se distinguent toujours par une belle simplicité , ne font des coups que le long de la lame ou de simples dégagements ; cela a toujours été reconnu pour la belle manière.

Quand on tire avec un tireur qui enlève bien le coup droit, il ne faut pas laisser son fer tranquille; le tourmenter par des changements d’engagements, des liements de fer et des battements, le tout exécuté finement, c’est le moyen d’éviter quelques coups droits.

Lorsque de deux bons tireurs, l’un a du désavantage, cela peut être l’effet d’un peu plus de nerf de l’adversaire, ou de plus de malice; peut-être aussi celui-ci a-t-il plus de régularité, et par-là plus d’occasions de tirer en faisant moins de temps perdus. Un maître doit avoir toutes ces qualités; ce jeu tient à fart, et c’est celui qu'il doit enseigner et donner à ses élèves, et non un

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jeu qui dépende du physique et de la force, qu’on appelle jeu de tempérament , dont l’art vient toujours à bout.

Vous trouvez des personnes qui , faute de connoître les arts, disent qu’il est impossible de tirer aussi régulièrement qu’on l’exige dans la leçon; elles vont même jusqu’à soutenir que deux tireurs qui sont animés ne pensent plus aux principes; autant dire qu’un mucisien ne peut jouer à livre ouvert, ou qu’un écuyer ne sauroit venir à bout d’un cheval qui fait une faute ; l’art ne donne-t-il pas les moyens de le corriger et de l’amener adroitement à son but. Tous les arts ont, il est vrai, leurs difficultés; mais par le travail on s’accoutume à les vaincre, et cette habitude devient une seconde nature. Dans l’assaut, il faut que le coup-d’œil commande à la main, et que de suite les jambes obéissent. On se souvient encore de tous les forts tireurs qui ont été faits dans notre académie; j’ai déjà cité M. de Saint-Georges le phénix des armes, et par cela même hors de la ligne; mais parmi ceux qui, quoiqu’après lui, se sont distingués par une très grande force, on citera MM. Cauvin et Pomard, gendarmes de la garde du roi, et de La Magdeleine , gentilhomme polonois. Ces messieurs combattoient un jeu quel qu’il fût, et dès la première fois comme s’ils eussent tiré dix fois avec les adversaires.

M. de La Magdeleine sur-tout étoit un des plus beaux pareurs; il rendoit la riposte avec autant d’intelligence que d’à-propos. Un tireur qui s’avisoit de vouloir redoubler sur lui se faisoit casser des fleurets sur le corps ,

DE L’ARt DES ARMES.

et se voyoit obligé de se relever pour ne pas courir le risque de se faire blesser. Il ne paroit jamais qu’une fois; il étoit un de ceux qu’on voyoit avec plus déplaisir tirer contre M. de Saint-Georges.

Ces trois messieurs étoient élèves du même maître , M. de La Boëssière. J’aurois une trop longue liste à faire si je citois tous les écoliers qui ont marqué dans notre école, sans y comprendre même les jolies forces courantes , dont les talents reconnus ont prouvé que le principe seul constamment pratiqué donne un avantage décidé dans l’exercice des armes.

Ceux qui douteroient de la possibilité de cette belle exécution, de cette régularité, peuvent, pour savoir à quoi s’en tenir, venir voir mes élèves; ils leur trouveront de la grâce et un beau développement ; ils s’apercevront que leur pied gauche ne remue jamais, qu’ils se replacent d’un seul temps et sont toujours prêts à partir. A la vérité, je ne les garde pas assez long-temps pour qu’ils soient encore d’une grande force ; mais formés dans les bons principes, ils peuvent continuer avec l’espoir fondé de devenir forts. Beaucoup m’ont fait honneur dans les régiments où on les a placés; l’on s’est bientôt aperçu qu’ils étoient élèves de la bonne école.

L’exercice de l’assaut mène à tout faire et à combattre tous les jeux; un tireur doué d’intelligence a la facilité de varier le sien autant de fois qu’il se présente de nouveaux adversaires; car le mérite est de savoir opposer à tel ou tel jeu celui qui lui convient; pour bien tirer, il ne faut jamais être le même.

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Lorsqu’on se dispose à faire l’assaut un jour ou l’autre avec un tireur dont on ne eonnoît pas le jeu, on a soin de prendre des informations sur sa manière de tirer; si l’on apprend que c’est un jeu monotone , d’habitude et qui se répète, pour peu qu’on ait de talent un tel adversaire ne peut être que battu ; il n’en est pas de même et on n’aura pas si bon marché de celui qui n’a pas de coups d’habitude, mais fait indistinctement tout, celui-là est véritablement un tireur.

Pour acquérir et conserver même une belle exécution, il faut être fidèle au plastron. M. de Saint-Georges a pris leçon tout le temps qu’il a tiré des armes; de quelque force que l’on soit, si on néglige de plastronner, le corps, la main, la pointe se dérangent. Le tireur sur-tout qui n’est pas fini ne devient plus supportable s’il fait assaut sans continuer à prendre leçon. Nous n’avons cessé de répéter qu’il falloit toujours en revenir au principe pour resserrer le jeu de la pointe, replacer le corps, et remettre de l’ensemble dans les mouvements qui plus ou moins dégénèrent toujours dans l’action de l’assaut. Il faut joindre à cet exercice celui du mur, strictement tiré et bien décomposé.

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