OU COUP DE TEMPS
On le divise en coup d'arrêt, coup de temps et coup sur le temps.
Le coup d’arrêt est un coup pris sur une marche : on ne peut tirer et marcher à-la-fois, comme on ne peut se couvrir d’un côté sans se découvrir de l’autre. Si un tireur marche sans être assuré du fer , il n’est pas couvert et le jour qu’il laisse en marchant appelle un coup droit à son corps; c’est là le coup d’arrêt. 11 a son opposition. Si l’on marche en serrant le fer, une pointe légère passe du côté opposé à la pression.
Le coup de temps est une parade d’opposition sans tac, qu’on appelle aussi coup du même temps, ou coup d’opposition. H y a la parade de tac et la parade d’opposition. Sur un coup tiré quarte sur les armes , un pareur qui juge, oppose quarte à quarte sur les armes; ou en tournant la main tierce, il prend plus de hauteur. Après la parade du demi-cercle on prend le temps en octave; après la parade de prime on le prend en seconde.
Le coup sur le temps est un coup qui jette le désordre dans les assauts. Qu’un tireur confonde le coup d’arrêt avec le coup de temps, si on lui fait une marche ou un temps quelconque, il tire sans s’occuper de l’opposition , ce qui produit des coups pour coups, et le vrai principe veut qu’on touche sans être touché. On ne doit jamais tirer sans avoir préalablement formé la ligne d'opposition, ce qui tient la pointe adverse hors la ligne du corps Autrement tout coup touché, tel beau qu’il puisse paroître, est contre le principe. La réussite en est due au hasard , et ne s’obtient que parceque celui qui est touché n’a pas ajusté. Les tireurs qui emploient des moyens de cette sorte finissent toujours par des coups pour coups, et l’honneur de leur premier avantage s’évanouit aussitôt aux yeux des connoisseurs.
Au paragraphe des mauvais jeux , j’ai indiqué le moyen de les combattre, en forçant à tirer ceux qui les emploient, par de faux temps, alors on pare et on riposte.
La reprise de seconde se fait sur un tireur qui pare le demi-cercle ou prime; s’il ne riposte pas, on a le temps de faire la reprise : on se relève de suite.
Les remises d’épée se font sur un tireur qui, après avoir paré, quitte le fer quand son adversaire se relève Un bon tireur, qui s’aperçoit de cela, tire un coup à fond, fait une fausse retraite; sitôt que le pareur quitte le fer, il remet l’épée au corps avec opposition.
D’autres font pis encore; après avoir quitté le fer. ils courent: on leur tire un coupa fond, on se relève en feiguant.de reculer; ils ne manquent pas de courir,
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011 tire droit avec opposition. On lie encore le fer en quarte sur les armes; on prend aussi le demi-cercle, qu’on lie de même en quarte sur les armes, ce qui fait coup de temps, ou d’arrêt, selon la position dans laquelle ils se trouvent; ils ont le fleuret cerclé sur le corps, Soit qu’on les prenne dans la marche ou dans le développement.
11 n’y a pas de remise ni de reprise à faire sur uq tireur qui riposte bien , il n’en donne pas le temps; sa riposte part comme une balle ; comme la remise se fait de près, on s'exposerait à être blessé; il faut toujours se relever, c’est le plus beau jeu pour développer un second coup. Les remises ne sont bonnes que faites à-propos; il ne faut pas les multiplier sans nécessité.
La flanconade, comme le nom l’indique, se dirige au flanc : elle se fait communément en riposte, après une parade de quarte. Le tireur emploie de la force , comme s il vouioit remettre l’épée au corps sans se relever. On tire la flanconade en portant la main un peu à gauche pour que dans le croisé la pointe ne vienne pas au corps. Il faut opposer la main gauche pour plus de sûreté. La flanconade s’emploie beaucoup contre les mauvais jeux , lorsqu’on tire bas en mettant de la force; cette force, au moyen du croisé et de l’opposition de la main gauche, fait que le fer est pris et tenu comme dans un étau. Après la flanconade, on se relève en liant le fer au contre de quarte : dans la retraite , le foible adverse se trouve livré, et il y a toujours un beau coupé à tirer. Si le foible n’est pas assez livré , il y a un beau coup droit à
enlever et à développer. On pare la flanconade tirée en riposte en tournant la main tierce, et dirigeant la pointe au corps, le fort baissé dans le foible adverse. Il est rare qu’on puisse tirer la flanconade en attaque : il faut un trop grand point d’appui pour que la pointe ne se dérobe pas sur les armes, à moins qu’on n’ait affaire à un mauvais tireur qui livre son fer par une garde extrêmement dure et tendue; alors on peut croiser le fer en opposant en même temps la main gauche, et dirigeant la pointe au corps. Sur ces sortes de garde, Je coup ne peut se parer, à cause de l’excès de force qui ne permet pas d’obéir à temps; la flanconade tirée en attaque se pare, quand la garde n’est pas trop tendue, en cédant à la force, et laissant aller la pointe; le fort du pareur passe par-dessus la pointe adverse, pour se trouver en quarte en dedans. Il faut bien faire agir le talon du fer sur le foible, c’est-à-dire ne faire le mouvement que de la main et très petit. Il y a une riposte de quarte superbe : la main, après cette parade, prend beaucoup de hauteur et de vitesse, parcequ’elle doit avoir du jeu , tournée qu’elle est presque tierce, à cause de l’angle qu’elle forme pour la parade. Développer de longueur avec emploi de tous ses moyens, est le grand secret des armes, le meilleur moyen contre tous les jeux possibles. Il est incontestable que celui qui a l’art de gagner de vitesse dans un jour qu’ou lui laisse, en développant de toute sa longueur, ne peut manquer d’obtenir la supériorité. Rien n’est plus beau , ni plus difficile; c’est en cela que consiste le vrai principe de l’art des armes.
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Dans toutes les leçons que le maître donne il ne doit prendre le bouton de ses élèves que pour placer la main , en se servant de son fleuret, pour la placer, soit un peu plus haut, soit un peu plus bas, ou pour étendre la garde qui seroit trop raccourcie, pour fixer la pointe au corps, faire tourner les ongles et jouer les doigts dans l’élévation. Le maître met sa garde dessous le fleuret de l’élève commençant pour aider l’élévation. 11 ne doit jamais tirer par le bouton le fleuret d’un écolier pour le faire développer, cela rabaisseroit la hauteur de la main et habituerait l’écolier à faire une saccade du bras avec tension à l’endroit de la saignée , ce qui fait écarter la pointe de la juste direction qu’elle doit avoir. Il faut accoutumer autant qu’on peut les écoliers à conduire leur pointe eux-mêmes. Le maître évitera soigneusement d’avancer son corps pour venir au-devant d’un coup : cela est de mauvais effet et nuit à la connoissance de la mesure. Il doit plier le jarret gauche pour avoir la facilité de retirer son corps, afin que le bouton de l’élève ne passe pas sous sa garde , et que son bras ne soit pas trop raccourci, ce qui force l’élève à passer la main la première, et son bouton près du talon du fer. Il faut encourager les écoliers par la douceur: les commencements sont longs et pénibles, il ne faut pas le dissimuler, c’est le moven de faire naître la patience et d’exciter au travail. Le coup-d’œil général durant la leçon est souvent négligé, de là les désordres qu’on remarque dans les assauts par les marches et le défaut de vitesse. Que le maître ne se laisse pas emporter par l’enthousiasme d’une leçon compliquée qui éblouisse les spectateurs; les
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connoisseurs n’en sont pas dupes, et le défaut d’ensemble dans les mouvements ne leur échappe pas. Mon père préféroit faire briller ses élèves au plastron par des coups développés de vitesse en passant le bouton près du passage de l’épée, et s’il faisoit exécuter un coup difficile et compliqué, il faîloit que le développement fût vite, s’il ne l’étoit pas on recommençoit jusqu’à ce que l’ensemble fût juste et prompt. Il résulte de cette méthode que l’écolier sent la fermeté de ses jambes et l’ensemble de ses mouvements. Le maître ne doit pas négliger de prendre son alignement du talon droit à la cheville gauche, autant pour l’écolier que pour l’agrément de la position. Quand les écoliers prennent goût à une leçon sévère ils peuvent espérer de devenir forts : s’ils n'y prennent pas goût, ce qui arrive souvent, ils n’arrivent jamais à une grande force; la leçon est nonchalante et la main paresseuse n’agit point d’accord avec les jambes. La seule ressource alors est dans la chaleur de la leçon. Il faut forcer à parer et à toucher vite. C’est un grand talent de savoir animer l’indolence et l’apathie des uns, et d’inspirer aux autres la patience et l’opiniâtreté.
Les exercices des simples en parade et en riposte exigent la même attention et la même régularité que l’exercice du mur. Celui qui desire devenir fort ne peut les pousser trop loin, en y apportant toujours la plus rigoureuse précision.
L’exercice des double-contres délie la main parfaitement, assouplit le corps et en facilite la retenue. Il faut les tirer lentement et en détail pour en retirer tout l’avantage possible ; autrement le corps part le premier et
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tombe de même que la main qui est toujours paresseuse et qui doit toujours aller la première.
On passe ensuite à la parade du demi-cercle et au double demi-cercle , à la parade et à la double parade d’octave ; à la parade et à la double parade de prime ; à la parade et à la double parade de seconde; à la parade et à la double parade du contre en quarte sur les armes. Ce contre ne se fait que par opposition , aussi on tire sitôt qu’on sent le fer, et c’est ce qu’on appelle le temps ou coup d'opposition.
Dès l’instant qu’un élève commence à prendre leçon facilement, il faut l’habituer à tirer dans les jours que Je maître lui donnera, sans dire ce qu’il faut faire. On doit encore l’habituer à parer et à tromper la parade dans la retraite. Lorsqu’il est devenu plus fort, on exige qu’il fasse tout sans être guidé par la voix , et à chaque coup qu’il a trompé on lui demande compte et raison de ce qu’il a fait : il faut qu’il énonce aussi ce qu’il doit faire à chaque parade que forme le maître. C’est ainsi qu’on apprend à un élève à tromper le fer en connoissance de cause; en laissant les élèves chercher long-temps ce qu’ils ont à faire avant deleur rien dire , on les metpromptement en état de faire assaut.
Pour former des pareurs, la manière la plus convenable est de faire répéter les parades à la fin de chaque leçon, telles qu’elles sont démontrées dans cet ouvrage, et en suivant graduellement la force des élèves. Lorsqu’ils savent à un haut degré bien passer la main la première, le maître leur fait tirer des feintes pendant quelque temps sans riposter et sans qu’ils ripostent eux-mê-
mes. Après quelque habitude on joint la r'poste et alors les élèves ne doivent plus tirer autrement, pareequil i,e faut jamais parer deux fois sans rendre le coup, ou bien le tireur auroit droit de redoubler.
De cet exercice le maître passe à de petits assauts, qui ne sont autre chose que des leçons données sans diriger de la voix. Le maître doit y mettre bien de la légèreté de main , et ne permettre à ses écoliers de tirer avec d’autres , que lorsque les premiers ont déjà quelque habitude et les derniers assez de complaisance pour proportionner leurs forces à des forces inférieures.
Le mur est l’exercice qui mène à la perfection. L faut savoir le tirer selon les vrais principes pour arriver au plus haut degré de force auquel on est capaLle de parvenir.
Lorsqu’on est en état de faire assaut et de tirer le mur à toucher , il faut appor ter beaucoup de soin dans le choix de ses fleurets ; de là dépend en partie la beauté et le mérite de l’exécution , et c’est ainsi, que dans plusieurs autres arts, plus on est habile plus on est difficile sur le choix de ses instruments. Un bon tireur doit donc s'appliquer à savoir bien choisir une lame de fleuret et aussi une poignée qui lui soit convenable. S’il ne monte ras ses fleurets lui -même, il faut qu’il sache les faire monter comme il a besoin qu’ils le soient. On perd beaucoup dans un assaut si on se défie de son fleuret.
lies battements sont d’une grande utilité contre Tes jeux durs, les gardes tendues et les tireurs qui veuler C remettre l’épée au corps après la parade, sans s’obliger à parer la riposte. On leur fait le battement auss tôt
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après la parade , de même les croisés encore plus violents que les battements. Il faut éviter d’en donner connoissanee aux élèves avant qu’ils aient fait assaut longtemps : il est bien plus difficile de tirer un coup droit et de faire un contre-dégagement que tous ces brisements de fer ; un écolier qui s’y livre trop tôt ne s’occupe que de faire tomber le fleuret de la main adverse , et cependant la sienne perd sa vitesse, il n’agit sur -tout que du bras et de l’épaule, ce qui l’empêche de parvenir à bien tirer. Ce n’est qu’après un certain temps qu’on peut avoir acquis la souplesse et la précision nécessaire pour ne faire que de la main les battements et les croisés. L’individu le plus foible qui possédera l’art de bien faire les brisements de fer fatiguera l’homme le plus fort ayant un jeu dur. Tout ce qui est battement et croisé produit l’effet du lévier, un Hercule même n’y pourrait résister.,
Le maître doit apprendre avec soin à éviter les battements et les croisés. Cette instruction a plus d’un avantage, principalement celui de donner à la pointe la plus vive légèreté. ( Voyez ce qui a été dit précédemment sur la manière d’éviter les battements et les croisés. )
Ce sont des coups de finesse de savoir prendre le foible adverse sur des changements d’engagement^. Ces coups s’opèrent sur ceux qui changent le fer trop souvent sans s’assurer du foible avec leur fort, d’où il résulte qu’ils ne le tiennent qu’à moitié de leur fer : cette maladresse a lieu dans la garde de même que dans la retraite, Un tireur qui a la main légère, avec une belle
élévation, voyant changer l’engagement , dès qu’il sent quitter le fer , enlève la main en prenant l’opposition. C’est un des plus beaux coups d’armes. Un maître doit le faire répéter souvent au plastron.
Un maître doit donner à ses écoliers l’habitude de bien lier le fer de tout sens, sur-tout en quarte sur les armes. Rien n’est meilleur après la parade du demi-cercle et sur tous les jeux possibles, principalement sur les mauvais jeux, qu’il faut toujours bien envelopper. I! laut aussi habituer les élèves à lier au contre de tierce , lier en prime, parer seconde et ramener de seconde en quarte en dedans, ce qui doit s’exécuter par un très petit mouvement.
Dans notre académie , depuis près de soixante ans , on a toujours donné la préférence aux fleurets longs : il a été démontré que la longueur du fleuret est un avantage réel. Celui qui a l’art de tenir son adversaire de loin est moins exposé que celui qui a un fleuret court, et qui étant obligé de s’approcher pour toucher, ne peut serrer la mesure sans s’exposer avec toute espèce de tireurs.
Lorsque les écoliers sont arrivés au point où on les laisse tirer ensemble, ils doivent, pour devenir forts et beaux tireurs, laisser tout amour-propre de côté , n’avoir en vue que de s’exercer pour apprendre, sans se livrer à l’ambition de toucher. Dans l’assaut on ne doit suivre que la leçon, tirer, se relever, parer et riposter, disputer un coup comme dans un jeu de paume on envoie et renvoie vingt fois la balle sans la laisser tomber. C’est le seul moyen d’acquérir une grande habitude.
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Alors les connoissances et les idées se multiplient les unes par les autres , et enfin les grâces prêtent à l’exercice leur ornement.
Pour Lien tirer des armes, il faut un terrain convenable; le meilleur est le tuf battu , le carreau, quand il n’est pas trop lisse, peut aussi êtreemployéà paver une salle d’armes , pour le même objet les planches et le parquet ne valent rien. Lorsque le terrain est glissant, on mêle du blanc et de la résine pilés par parties égales pour mettre sous les pieds. Les gants se frottent aussi de blanc, parce qu’avec le temps ils deviennent lisses et glissants ; faute de blanc on peut se servir d’un peu de plâtre de muraille. Ces détails ne paroîtront point trop minutieux pour peu qu’on réfléchisse que dans les armes la moindre chose peut nuire à la facilité de l’exécution, et qu’on ne sauroit trop prévoir et éviter toute espèce d’inconvénient.
Pour rendre l’assaut intéressant il faut s’y présenter avec grâce. Un tireur placé avec agrément est toujours à son aise et toujours fort. C’est en partie un avantage qu’on obtient de l’exercice du mur tiré selon le vrai principe. Lorsqu’un tireur n’a plus de plastron pour conserver ce beau principe, il faut qu’il ait le bon esprit de tirer souvent le mur, et de faire des contres. On peut aussi, à défaut d'un tireur, s’amuser devant une muraille, où l’on aura marqué un point à hauteur d’homme, et répéter tous les temps qui se font au plastron, en allant doucement et observant toujours l’ensemble des mouvements.
Un homme de petite taille éprouve dans Fart des ar-
mes bien des difficultés, et peut même en éprouver d’insurmontables; il doit s’attacher à devenir bon paveur, et à acquérir assez de fermeté des jambes pour être toujours prêt à tirer; c’est ainsi qu’il se rendra capable de profiter de la moindre faute d’un adversaire, et souvent il reconnoîtra que ceux à qui la nature accorde le plus de moyens ne sont pas ceux qui savent le mieux les employer, et qu’à force d’art et d’opiniâtreté on peut vaincre la nature elle-même.
La première garde est celle du plastron au milieu de soi, qu’on appelle garde partagée; elle défend le dessus comme le dessous. Dans l’assaut, il n’y a pas de garde fixe; elle doit être relative à la garde adverse. De même on ne peut combattre les jeux et les positions opposées que par des jeux et des positions semblables. En un mot, la garde du plastron varie selon les jeux qu’on a à combattre, et jusqu’à tenir la main et la pointe tout-à-fait basses, et le corps ployé en deux.
Un maître doit beaucoup s’appliquer à donner leçon de sa main gauche, vu que le jeu d’un gaucher est fort embarrassant; c’est, pour ainsi dire, un livre qu'il faut que le droit lise toujours à l’envers ; il faut beaucoup d’étude pour y parvenir. La leçon de la main gauche est aussi utile pour le gaucher que pour le droitier. Si deux gauchers viennent à tirer ensemble, leur jeu est encore plus embarrassé que celui d’un gaucher et d’un droitier, parcequ’il est très rare que deux gauchers se rencontrent , et que si cela arrive, ni l’un ni l’autre ne s’y trouve préparé. Le maître doit faire attaquer, tromper le fer de tous sens, le ramener et riposter,
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sans oublier les battements et les croisés, tels que nous les avons démontrés.
Les coups d arrêt et de temps sont précieux sur les gauchers, qui ne doivent pas en être plus exempts que les autres tireurs, s’ils ne les méritent encore davantage. Les droitiers n’ont point l’habitude d’en faire usage, et ne s’occupent qu’à se défendre, lorsqu’ils ont affaire à des gauchers; ce qui fait que ces derniers ne s’en méfient pas, et prennent des licences, comme de courir et redoubler, et cela prouve la nécessité d’étudier les jeux du gaucher.
Il est indispensable pour un tireur d’armes, qui a donné beaucoup de temps à cet art , de savoir l’espadon. C’est un exercice qui a ses difficultés et ses beautés. 11 exige moins de temps que la pointe, et lorsqu’on la sait tirer, on a l’avantage de pouvoir mêler les deux jeux ensemble. L’espadon peut être fort dangereux pour le pointeur qui ne le connoîtroit pas.