‹ Traité de l'art des armesChapitre 93 sur 97 · RÉSULTAT · texte numérisé non relu

RÉSULTAT

On ne peut trop le répéter, le développement franc et vite fait le principal mérite, et constitue le plus grand talent dans l’art des armes. On ne sauroit avoir trop de main; mais, sans le développement, la main est peu de chose; on s’en convaincra par l’expérience. En suivant les principes exposés dans cet ouvrage, on verra que c’est un charlatanisme d’attribuer tout à la main dans l’art des armes. Pour être bon tireur, il faut faire aller ensemble la main et le développement qui doivent tou-

DE L’ART DES ARMES. 2g5

jours s’entr aider. Il faut toujours finir par tirer quarte ou tierce aussi vite qu’il est possible. Sans cela un tireur, qui a de grands moyens physiques, reste toujours au-dessous de ces mêmes moyens.

MANIÈRE DE FAIRE TRAVAILLER LES ENFANTS ET LES JEUNES DEMOISELLES, POUR CORRIGER DES DÉFAUTS DE CONFOR- MATION.

On les place, ainsi qu’ils doivent l’être, et que nous l’avons indiqué, en faisant travailler la main opposée à l’épaule qui prend trop de force. On les fait tirer en passe, ce qui est plus agréable et plus facile pour eux que le développement, et ce qui leur donne beaucoup de grâces. Viennent ensuite les désarmements qui plaisent infiniment, exécutés par des enfants, vu que les positions sont jolies. Il ne faut point oublier ni les toltes, ni le salut, qui disposent parfaitement les membres d’un enfant à qui on veut faire continuer les armes. Les désarmements que nous avons indiqués sont excellents pour les coups de théâtre.

DES ÉPÉES : COMMENT XL FAUT Qü’eLLES SOIENT POUR ÊTRE EIEN EN MAIN ET DÉCENTES.

Autrefois tout citoyen portoit l’épée. On étoit d'accord sur la manière de monter cette arme. La forme en étoit raisonnée pour la tenue, la garde garantissoit bien la main , et les fourbisseurs savoient donner aux épées une décence analogue aux personnes pour qui elles étoient destinées.

TRAITÉ

I| y a du choix à faire dans les lames d’épée, II faut qu’elles soient fortes, sur-toutà la soie; e’est l’endroit qui fatigue le plus, par les parades et lès brisements de fer.

Les épées que I on porte actuel'ement plaisent au premier coup-d’œil , mais n’ont point de tenue ni d’agréments réels. Les poignées sont mal faites, trop grosses et trop courtes. Le pommeau est aussi trop gros, ce qui fait écarter la pointe. Tout homme d honneur qui a l’épée au côté doit pouvoir au besoin s’en servir pour sa défense, et les épées modernes 9ont si défectueuses qu’on pourroit leur préférer une bonne canne. '

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