FEMMES
entre 20 et 29 ans.
— 30 et 39 —
— 40 et 49 —
— 50 et 59 —
— 60 et 69 —
Il semble, d’après cette statistique, que l’artério- sclérose survienne plus tardivement chez la femme que chez l’homme. Mais à partir de soixante ans la proportion est à peu près la même.
Edgren2 note l’âge de cent vingt -quatre artério- scléreux qu’il a observés; la plus forte proportion se trouve entre cinquante et un et soixante ans. Démangé3 a toujours constaté des lésions des petits vaisseaux dans cinq cents autopsies de vieillards; l’alhérome et les taches graisseuses, qu’il a le tort de considérer comme étant de même nature, s’observeraient également d’une façon constante.
L’artério-sclérose est donc extrêmement fréquente à partir d’un certain âge. Bichat a pu dire, qu’après soixante ans, on constate des lésions athéromateuses sept fois sur dix. On a cependant signalé des cas où les artères étaient absolument normales, même à un âge très avancé. Harvey ne put trouver aucune altération artérielle à l’autopsie de Thomas Parr mort à cent cinquante-deux ans; de même, Washington constata l’intégrité du système artériel chez un homme de cent soixante ans, et Charcot chez une femme de cent trois ans4.
1 Romberg, Lehrbuch der Krankhelten des Herzens und der Blutgefâsse, Stuttgart, 1906, p. 408.
2 Edgrex, Die Arteriosklerose , Klinische Studien, Leipzig, 1898.
3 Dhmaxge, Étude clinique et anatomo-pathologique de la vieillesse, Paris,
* Cités par Roger et Gouget, article Artérite chronique du Nouveau Traité de médecine de BrouardelGilbert-Tiioinot.
ÉTIOLOGIE
On a relaté par contre un certain nombre de cas d’artériosclérose observés dans le jeune âge. C’est ainsi qu’Andral1 cite des observations d’enfants de quinze mois à huit ans et d’individus de dix-huit à vingt-quatre ans ayant présenté des lésions athéromateuses. Hippolyte Martin publie le cas d’un enfant de neuf ans2. On a même trouvé des lésions athéromateuses dont le développement remontait à la vie intra-utérine. Durante3 a constaté de l’athérome artériel très intense chez un prématuré, né au septième mois de la grossesse. Ajoutons cependant que l’artério-sclérose infantile est tout à fait exceptionnelle; le fait même que l’on publie les cas prouve assez leur rareté.
Sexe. — L’artério-sclérose s’observe plus fréquemment chez l’homme que chez la femme. Edgren, sur cent vingtquatre cas , trouve quatre-vingt-dix-huit hommes et vingt-six femmes, soit 79 0/0 d’hommes et 21 0/0 de femmes.
Conditions sociales. — Si l’artério- sclérose est fréquente parmi les riches, il n’est pas rare non plus de trouver cette affection chez les pauvres. L’abus de la vie et des plaisirs, les excès de table, le travail intellectuel exagéré, les émotions des affaires, du jeu et de l’ambition créent souvent, parmi les riches, des conditions favorables à l’apparition des lésions artério- scléreuses. Dans la classe pauvre, on
1 Andral, Précis d’anatomie pathologique, Paris, 1829, t. II, p. 380.
2 Citons encore un certain nombre de cas d’artério -sclérose précoce. Meig rapporte le fait d’un enfant de & mois atteint de lésions de l’artère coronaire gauche. Fisch, enfant de 5 mois, présentant de l’athérome aortique. Filatow, garçon de 12 ans; néphrite, aortite chronique, athérome des artères cérébrales. H. Chiari, garçon de 12 ans; artério-sclérose de l’aorte (Prager med. Wochenchr., 1898, n° 1). Sternfeld, garçon de 15 ans. Hahn, garçon de 12 ans. V. Schrôtter, garçon de 15 ans; néphrite chronique, athérome de l’aorte et des artères du cerveau, in traité Nothnagel. Seitz, trois cas : fille de 13 ans, garçons de 12 et de 14 ans; observations cliniques, radiales rigides et peu élastiques ( Verhandlun gen der Gese’lsch. f. Kinderheilkunde in Frankfurt , 1896, p. 177. Simnitzky trouve 27,5 °/0 des cas d’artério - sclérose en dessous de vingt -cinq ans, mais il considère comme de l’artério-sclérose les taches graisseuses de l’aorte ; Ueber die Haüflgkeit von arteriosklerotischen Veriinderungen in der Aorte Jugendlicher Individuen ( Zeitschr . /. Eeilkunde, vol. 24, 1903, 4). S. Gee, garçon de 7 ans; plusieurs anévrismes des coronaires et athérome aortique. Marchand , homme de 22 ans et femme de 27 ans ; montre l’influence de la néphrite interstitielle ( Ueber Arteriosklerose, rapport au XXIe congrès allemand de médecine à Leipzig).
3 Durante, Athérome congénital de l’aorte et de l’artère pulmonaire («Soc. anat., 1899, p. 97).
CAUSES PRÉDISPOSANTES
doit invoquer l’excès de travail manuel, les soucis de la vie quotidienne, la mauvaise qualité des aliments et le choix peu judicieux qu’en font les individus qui appartiennent à cette catégorie.
Arthritisme. — L’arthritisme est une modalité de la nutrition qui amène des réactions particulières de l’organisme vis-à-vis des agents nocifs. Cette manière d’être prédispose à toute une série d’états morbides : goutte, diabète, litliiases; elle constituerait également une condition favorable à l’apparition des lésions artérielles. Si le processus pathogénique est complexe et donne lieu à des discussions, par contre le fait d’observation n’est guère contesté. Tous les cliniciens ont noté la parenté qui existe entre ces diverses affections, tous ont constaté que l’artério- sclérose est fréquente en pareil cas.
Froid humide. — Certains auteurs signalent l’influence du froid humide qui favoriserait dans une large mesure l’apparition de l’artério- sclérose. Guénea'u de Mussy1 insiste sur cette cause prédisposante. Erb2 a trouvé fréquemment l’action prolongée du froid humide , agissant localement sur les pieds (bains froids prolongés, station dans la neige ou dans l’eau, gelures des pieds), comme élément étiologique, souvent unique, de la claudication intermittente, manifestation clinique de l’oblitération des artères des membres inférieurs.
Hérédité. — L’hérédité est invoquée par la plupart des auteurs comme une cause prédisposante importante. L’influence de l’hérédité peut s’exercer de plusieurs façons. Il existe des hérédités d’organe, et tous les cliniciens ont eu l’occasion d’observer des cas où un même organe, un même système anatomique, s’est montré plus fragile, moins résistant aux agents nocifs, pendant plusieurs générations. Il
1 Noël Guéneau de Mussy, Clinique médicale, t. I, p. 239, 1874.
2 Erb, Uber Dysbasla angiosclerotica, XXIe Congrès allemand de médecine
Leipzig, 1904.
Josue. Traité de l’artério-sclérose.
ÉTIOLOGIE
existe des familles où se transmet une susceptibilité particulière des artères et même de certains troncs artériels. C’est ainsi qu’on a décrit 1’ « aortisme héréditaire » (Huchard).
Mais on hérite aussi d’états diathésiques, de prédispositions morbides, de vices de la nutrition, de l’arthritisme en un mot, capable de favoriser l’éclosion de troubles divers, parmi lesquels figure l’artério-sclérose.
Enfin l’hérédité n’est parfois qu’une apparence. Les membres d’une même famille peuvent présenter les mêmes privautés pathologiques, parce qu’ils se trouvent dans les mêmes conditions de vie, parce qu’ils subissent les mêmes causes nocives et commettent les mêmes erreurs de régime et d’hjTgiène. Ces considérations mettent en lumière la complexité des faits cliniques.
Causes déterminantes. — Nous passerons en revue successivement :