‹ Traité de l'artério-scléroseChapitre 12 sur 25 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

PATHOGENIE

Nous étudierons successivement :

1° U historique ;

2° Le rôle de la sécrétion interne des capsules surrénales ;

3° Le rôle d’autres agents nocifs.

Puis nous montrerons par quel processus les modifications histologiques de la paroi artérielle aboutissent à l’artério-sclérose, et nous verrons quelle place revient à cette affection dans la nosographie.

4° Histogénèse et place nosographique de V artériosclérose.

1®. - HISTORIQUE

De Giovanni 1 trouva, en 1877, des taches jaunâtres de la surface interne de l’aorte, après avoir sectionné le grand sympathique, chez le chien. Gilbert et Lion2 obtinrent, en 1889, des lésions athéromateuses typiques en inoculant au lapin un microbe trouvé chez l’homme dans un cas

1 De Giovanni, Contributione alla patogenesia délia endarterite (Ann. univ. di med. e di cirurg., 1877).

2 A. Gilbert et G. Lion, Artérites infectieuses expérimentales ( Comptes rendus de la Société de biologie, 12 octobre 1889). — G. Lion, Essai sur la nature des endocardites infectieuses. Thèse de Paris, 1890. — A. Gilbert et G. Lion, Note sur l’athérome artériel expérimental (Arch. de mèd. expèr., 1904, janvier, n° 73).

HISTORIQUE

d’endocardite infectieuse ; ce microbe peut être considéré comme une variété immobile de paracolibacille. Ils ont observé les mêmes lésions chez un animal inoculé avec les cultures stérilisées à 120° à l’autoclave. Les lésions athéromateuses s’étaient développées sans traumatisme préalable du vaisseau.

A la suite de ces importants travaux, divers auteurs ont repris l’étude expérimentale des artérites. Ils ne sont arrivés qu’à produire des lésions athéromateuses minimes, et cela d'une façon inconstante et toujours à la suite d’un traumatisme du vaisseau. L’inoculation de microbes, de toxines et de poisons divers, sans traumatisme vasculaire préalable, n’a donné à Crocq 1 que des résultats négatifs, à Thérèse2 et à Pernice3 des lésions microscopiques sans altérations visibles à l’œil nu, à Boinet et Romary 4 des plaques peu étendues et peu saillantes ayant les caractères des plaques gélatineuses. Par conséquent, à l’exception de Gilbert et Lion, personne n’était arrivé à déterminer des lésions athéromateuses sans traumatisme antérieur du vaisseau, malgré la diversité des moyens expérimentaux mis en œuvre.

C’est en 1903 que parut le premier travail de Josué5 annonçant que l’on détermine presque à coup sûr des lésions athéromateuses de l’aorte, chez le lapin, par des injections répétées d’adrénaline dans les veines. Ces résultats ne tardèrent pas à être confirmés tant en France qu’à

1 Crocq, Coutribution à l’étude expérimentale des artérites infectieuses (Arch. de mèd. expér., 1894, t. VI, p. 583).

2 Thérèse, Étude anatomo-pathologique et expérimentale des artérites consécutives aux maladies infectieuses. Thèse, Paris. 1889.

3 Pernice, Ricerche intorno alla etiologia dell’arterite : arterite ^erimentale di origina micrublca (Atti del R. Acad, delle scienze med. in Palermo , 1895 , d’après le résumé de M. Thibierge, in Rev. des sc. mèd., t. XLVII, p. 50).

À Boinet et Romary, Recherches expérimentales sur les aortites (Arch. de mèd. expér., 1897, t. IX, p. 802).

5 Josué, Athérome aortique expérimental par injections répétées d’adrénaline dans les veines (Soc. de biologie, 14 nov. 1903, et La Presse médicale, 18 nov. 1903, p. 798).

PATHOGÉNIE

l’étranger 1 et suscitèrent de nombreuses recherches. Josué publia ensuite une série de travaux sur l’athérome et l’artério- sclérose.

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