‹ Traité de l'artério-scléroseChapitre 14 sur 25 · ATHÉROME EXPÉRIMENTAL PAR AGENTS DIVERS · texte numérisé non relu

ATHÉROME EXPÉRIMENTAL PAR AGENTS DIVERS

le cœur et les artères. On a étudié l’action de la nicotine, celle de l’infusion ou de la macération de tabac, celle enfin de la fumée de tabac.

Je n’avais pas obtenu de lésions aortiques en injectant de la nicotine, à petites doses répétées, dans les veines de lapins, même après avoir prolongé l’expérience pendant six mois1. Depuis, d’autres auteurs ont été plus heureux (Adler et Hensel2, Papadia 3, Gebrowsky4, Miller5). Adler et Hensel attribuent l’insuccès de mes recherches à ce que j’injectais de trop petites quantités de poison. Ces auteurs introduisent chaque fois dans les veines un tiers de centimètre cube d’une solution au 1/200 de nicotine de Merck. Les lésions étaient légères après dix -huit injections, plus nettes après trente-huit, très accentuées après cinquante.

La macération et l’infusion de tabac déterminent aussi des lésions athéromateuses expérimentales, qu’on l’injecte sous la peau ou dans les veines ou qu’on l’introduise dans l’estomac à l’aide d’une sonde. Adler 6 avait déjà noté des lésions inflammatoires des artérioles viscérales chez des animaux auxquels il faisait ingérer l’infusion de tabac ; mais c’est Boveri7qui déterminale premier des lésions athéromateuses en faisant pénétrer tous les jours l’infusion de tabac à 10 0/0 dans l’estomac des lapins à l’aide de la sonde. Depuis, d’autres auteurs, Baylac 8 etAmouroux9, Gouget 10, Lesieur 11 , Lœper

1 Josué, Pathogénie de l’athérome artériel (Congrès français de médecine, Paris, 1 904).

2 Adler et Hensel, Ueber intravenôse Nikotineinspritzungen und desen Einwirkung auf die Kaninchen Aorta ( Deutsch . med. Woch., n° 45, 1906).

3 Papadia, Artério - sclérose expérimentale par la nicotine ( Rivista di path., nerv., ment., 1907, p. 161).

•* Gkbrowsky, Contribution à l’étude de l’action de la fumée de tabac sur les vaisseaux sanguins ( Roussk. Vratch, n° 6, 1907).

5 Miller, Dégénérescence artérielle expérimentale ( Journal of the medical sciences, 1907).

6 Adler, Remarks on arterio-sclerosis (Journal ofthe med. researches, p. 721, 1902).

7 Boveri, Ateroma aortico sperimentale do tabacco (Clin. med. ital., n° 1, 1905, et Gaz. degli osp., n° 64, 1905).

8 Baylac, Atbérome expérimental de l’aorte consécutif à l’action du tabac (Soc. de biologie, 2 juin 1906, et Ar ch. méd. de Toulouse, p. 205, 1906).

9 Amouhoux, Étude expérimentale de l’athérome tabagique, Thèse de Toulouse, 1906.

10 Gouget, Sur quelques lésions de l’intoxication tabagique expérimentale (La Presse médicale, 1906, n° 267).

11 Lesieur, Tabagisme expérimental et dénicotinisation (Soc. de biologie, 16 mars 1907).

PATHOGÉNIE

et Boveri i, Bail 2 obtinrent des lésions analogues en mettant en œuvre les mêmes techniques. Baylac et Amouroux font infuser pendant dix minutes du tabac scaferlati dans dix fois son poids d’eau, ou laissent macérer le même tabac dans son poids d'eau pendant vingt-quatre heures à 37°. Ils constatent des lésions athéromateuses après injections souscutanées ou intraveineuses ou après ingestionsrépétées.Gouget a réussi à produire des lésions une fois sur huit. Lesieur a expérimenté à l’aide de tabacs français et anglais et a obtenu de belles lésions. Par contre, il n’a constaté aucune trace d’athérome chez des lapins qui avaient reçu des extraits de tabac dénicotinisé suivant le procédé de Parent de Genève. Après cet auteur , Bail a constaté par le même procédé expérimental l’innocuité du tabac caporal doux dénicotinisé de la régie. Lesieur et Bail ont signalé aussi que les phénomènes immédiats d’intoxication qui apparaissent toujours quand on se sert de tabac ordinaire, ne surviennent pas quand on expérimente à l’aide de tabac dénicotinisé. Lesieur a conclu que le tabac dénicotinisé pourrait être consommé sans inconvénient pour le système artériel. De nouvelles recherches poursuivies par Guillain et Gy3 ont donné des résultats contraires. Les tabacs dénicotinisés du commerce se sont montrés aussi nocifs pour les artères que les autres tabacs; ils ne donneraient donc qu’une sécurité trompeuse.

Enfin Gebrowsky4 a vu survenir des lésions athéromateuses après des injections répétées d’un liquide obtenu en faisant barbotter la fumée fournie par la combustion de 100 grammes de tabac dans quantité égale d’eau salée physiologique.

Plomb. — Le plomb est certainement une substance

1 Lœ^er et Boveri, Athérome aortique expérimental par tabac et ergotinine (Soc. anat., 3 mai 1907).

2 Ball, L’athérome aortique chez l’homme et les animaux, Thèse de Lyon,

3 Guillain et Gy, Société médicale des hôpitaux , 19 juin 1908.

* Gebrowsky, loco citato.

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