‹ Traité de l'aspiration des liquides morbides; méthode médico-chirurgicale de diagnostic et de traitementChapitre 12 sur 79 · Obturateur · texte numérisé non relu

Obturateur

ce. Rubans de fil retenant en place au moyen de coUodion, le trocart hépatique vu de face.

Le lavage du kyste et Tinjection sont deux temps successifs qui exigent Tun et l'autre certaines précautions. Par les anciens procédés on vidait d'un seul coup le li(iuide pathologique et on le remplaçait par ime injection qu'un laissait en partie ou en totalité dans la cavité. Je propose une autre manœuvre que je vais

décrire. Je suppose une collection purulente de mille grammes ; on commencera par extraire une partie du liquide en ayant soin de ne pas l'épuiser complètement, et en se gardant de pousser l'aspiration jusqu'à produire l'effet d'une ventouse à l'intérieur de la cavité. Si le trocart vient à s'oblitérer au moment de l'opération, il suffit de refouler le corps oblitérant par un coup de piston en sens inverse, et on continue Taspiration. Au lieu de vider d'un seul trait la collection tout entière, on n'en retire qu'une petite quantité, 150 grammes environ, qu'on remplace aussitôt par 100 grammes d'injection, et, séance tenante, on répète cette manœuvre cinq, six, huit, dix fois de suite, de sorte que, après ce lavage, la quantité du liquide injecté étant à chaque coup de piston inférieure à celle du liquide aspiré, la cavité contient en moins 3 ou iOO grammes de liquide, et la collection purulente a été complètement remplacée par l'injection. C'est une substitution insensible. Ces aspirations et ces injections successives sont très-simples à pratiquer, puisque l'aspirateur est mathématiquement gradué, ce qui permet de connaître à quelques grammes près quelle est la quantité de liquide mise en mouvement.

On se servira pour pratiquer ce lavage de liquides variables, suivant le cas, deau simple, ou d'eau chargée d'acide thymique, d'acide phénique, ou de permanganate de potasse. Le lavage étant terminé, on introduit dans la cavité morbide l'injection qui doit être laissée à demeure^ et dont le volume proportionné à celui du récipient pathologique en égale environ la cinquième partie. A cet usage, je conseille une solution ainsi composée :

Eau distillée 400 grammes.

Sulfate de zinc 4 grammes.

L'opération que je viens de décrire est recommencée tous les jours. On voit qu elle a peu d'analogie avec les autres procédés qui étaient entourés de difficultés : d'abord Tabcès hépatique se vidait fort mal, et le pus séjournait dans les anfracluosités de la cavité; on faisait usage, pour pratiquer les injections, de seringues souvent mal calibrées, qui gardaient incomplètement le liquide, et dont l'extrémité s'adaptait mal au tube laissé à demeure dans la cavité morbide. Ce tube était difficile a fixer : il se détériorait au contact des liquides, il provoquait des ulcérations, il obturait si mal Torifice cutané, que Tinjection ne pénétrait qu'à moitié; et voulait-on la retirer, on n'y parvenait que difficilement, par des manœuvres qui donnaient un libre accès à l'air extérieur.

Au contraire, grâce aux aspirateurs-injecteurs, le liquide est complètement introduit ou retiré au gré de l'opérateur sans qu'une seule goutte s'écarte de sa véritable destination ; on procède lentement, sans secousse et en mesurant la force de projection. Cette force est donnée par le jeu du piston qui nous permet d'imprimer au liquide une impulsion telle que le lavage atteint la cavité dans ses anfracluosités et dans ses parties les plus déclives. Les modifications s'opèrent lentement, les détritus des fausses membranes et les effets du pus sont à chaque instant neutralisés, nous assistons tous les jours au retrait continu et graduel de la cavité, et le tissu du foie, primitivement refoulé, reprend peu à peu sa situation primitive.

C'est à l'opérateur de suivre les progrès et la marche

KYSTES HYDATigUES DU FOIE. 109

vers la guérison, c'est à lui do diminuer progressivement la quantité de liquide, de façon à la proportionner au retrait de la cavité.

Conclusions. D'après les observations consignées dans ce travail, on peut formuler les conclusions suivantes :

1. Il est toujours possible, grâce à Taiguille n"" 1 armée du vide préalable^ d'aller sans aucun danger à la recherche des hystes hydatiques du foie ; et si une première piqûre ne donne pas de résultat, il faut en pratiquer une seconde et une troisième dans la profondeur de l'organe.

2. Les aspirations souvent répétées avec l'aiguille aspiratrice n"* 2 ou n° 3, permettent d'épuiser par un moyen tout mécanique le liquide du kyste.

3. Ce liquide peut rester clair et limpide jusqu'à épuisement complet, mais le plus souvent il acquiert (les degrés divers de purulence. Le traitement est le même dans les deux cas.

4. Si des complications viennent à surgir comme «lans l'observation VII, ou si les aspirations ne suffisent pas, le meilleur parti à prendre est de placer a demeure un trocart hépatique qui permette de pratiquer tous les jours ou deux fois par vingt-quatre heures le lavage de la cavité, et l'injection d'un liquide approprié.

5. Il est inutile de provoquer des adhérences au moyen de caustiques, car ce résultat est déjà obtenu par les piqûres qui ont été accumulées sur un mémo point.

6. Les dimensions du trocart hépatique doivent être modifiées suivant les circonstances.

110 DE l'aspiration DANS LES ORGANES.

ARTICLE IV

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