‹ Traité de l'aspiration des liquides morbides; méthode médico-chirurgicale de diagnostic et de traitementChapitre 23 sur 79 · KYSTES DE L'OVAIRE · texte numérisé non relu

KYSTES DE L'OVAIRE

rabdomen mesurait un mètre vingt centimètres de circonférence. Je retirai quatre litres de liquide, bien que la mensuration de Tabdomen pût faire supposer qu'il y en avait huit ou dix litres. Le liquide était trèslimpide, non albumineux, et contenait du chlorure de sodium en assez grande abondance.

A la suite de l'opération, la santé de la malade s'améliora graduellement, la circonférence de l'abdomen tomba à 88 centimètres, on fit usage de badigeons iodés et de compression élastique, et, trois mois plus tard, la malade partit pour Paris dans un état très-satisfaisant, sans que le liquide se fût reproduit.

Observation II. — Kyste multiloculaire de ï ovaire, — Quinze aspirations. — Mort. (Dieulafoy.)

Une jeune femme, âgée de 23 ans, vint me consulter pour une tumeur abdominale volumineuse. L*examen de la région, la fluctuation limitée qu'on percevait par places, les indurations profondes qu'on sentait à la palpation, me firent diagnostiquer un kyste multiloculaire de l'ovaire.

La tumeur, dont l'origine remontait à deux ans, avait pris depuis trois mois des proportions telles que les différentes fonctions en étaient gênées : la malade pouvait à peine marcher, elle digérait mal, elle respirait mal, et elle éprouvait par moments de vives douleurs abdominales.

Je pratiquai trois ponctions aspiratrices sur différents points de labdomen, je sentis que l'aiguille pénétrait dans un tissu résistant et induré, et je retirai trois

espèces différentes de liquide : Tune était assez limpide et provenait dune poche située sur le côté gauche de l'abdomen, tandis que les deux piqûres pratiquées sur le côté droit avaient donné issue à un liquide extrêmement épais et fortement coloré par un exsudât sanguin.

Je conseillai à la malade d'avoir recours à l'ovariotomie : elle rejeta toute idée de ce genre et demanda les ponctions, qui lui procuraient un certain soulagement.

Quinze aspirations furent pratiquées à différents intervalles pendant trois mois ; mais les tumeurs abdominales faisaient des progrès rapides et remontaient vers le creux épigastrique. La malade fut prise de vomissements, et les matières rendues, entièrement analogues à celles que contenaient ses kystes, firent supposer qu'une perforation de l'estomac avait eu lieu. La malade succomba trois jours plus tard avec des symptômes de péritonite.

Réflexions. D'après ces deux observations, il n'est pas possible de dire quel sera le rôle de Taspiration dans le traitement des kystes de l'ovaire, mais on pressent à priori que ce procédé n'aura pas la même efficacité dans les kystes multiloculaires et uniloculaires. Les premiers ne nous paraissent devoir être attaqués que par un seul moyen : c'est l'ovariotomie ; les autres au contraire, pourront être traités avec avantage par les aspirations successives et répétées, ou par l'aspiration aidée de l'injection, d'après la méthode que j'ai exposée au sujet des kystes hydatiques du foie.

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