‹ Traité de l'aspiration des liquides morbides; méthode médico-chirurgicale de diagnostic et de traitementChapitre 24 sur 79 · DE L*HYDROGÉPHAHE CHEZ L*ENFANT · texte numérisé non relu

DE L*HYDROGÉPHAHE CHEZ L*ENFANT

J*ai eu Toccasion de pratiquer trois fois Taspiration chez des enfants atteints d'hydrocéphalie, et j'ai eu trois insuccès ; le D' Jessop (de Londres) ^ en rapporte deux observations également suivies d'insuccès, ce qui semble prouver, au moins jusqu'ici, que l'aspiration, dans cette maladie, n'est pas supérieure aux autres procédés. T<)utefois, nous pensons qu'il ne faut pas s'en tenir à ces cinq observations avant de porter un jugement définitif, car on verra dans l'histoire de ces petits malades qu'une amélioration très-notable a souvent suivi la première partie du traitement.

Observation I. — Hydrocéphalie, — Vingt-trois aspirations. — Mort. (DiEULAFOY.)

Le 47 février 4870, M. le D' Blache me proposa de pratiquer l'aspiration chez un enfant âgé de

* Illustrations of the surgical uses of the aspirator, in the British Médical Journal. Décembre 1872.

170 DE l'aspiration dans les organes.

six mois et atteint d'hydrocéphalie. La tête avait commencé à prendre un volume exagéré peu de jours après la naissance et, en quelques mois, elle avait acquis de fortes proportions. L*état général était mauvais : Tenfant maigrissait, vomissait souvent, et était pris par intervalles de convulsions. La mort semblait imminente. Nous résolûmes, M. Blache et moi, de pratiquer l'aspiration.

Une première piqûre fut faite au niveau de la fontanelle antérieure et en dehors de la ligne médiane afln d'éviter le sinus ; je fis usage de l'aiguille n° 1 et je ne retirai qu'une partie du liquide, 80 grammes environ, pour ne pas priver subitement les organes de la compression à laquelle ils étaient habitués. Aucun accident ne suivit cette opération, et une seconde aspiration, pratiquée quatre jours après, donna issue à 100 grammes de liquide. Ce liquide était aussi limpide et aussi transparent que celui d'un kyste hydatique ; il contenait un peu d'albumine, mais en proportions très-faibles.

A la suite de ces deux opérations, l'enfant éprouva une sensible amélioration ; le strabisme convergent qui existait primitivement disparut en partie ; les convulsions diminuèrent d'intensité et de fréquence et le dévoiement s'arrêta. Nous avions soin de prendre exactement les dimensions de la tête, dont le volume diminuait sensiblement ; les os, d'abord fort éloignés, tendaient à se rapprocher, et nous exercions une compression modérée sur le crâne au moyen de bandes minces de caoutchouc.

Sous l'influence de ce traitement, l'enfant reprit un certain enbompoint; mais le liquide se reproduisait avec une ténacité désespérante, à ce point qu'il était

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