‹ Traité de l'aspiration des liquides morbides; méthode médico-chirurgicale de diagnostic et de traitementChapitre 36 sur 79 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

M. Cazin, de Boulogne, a pratiqué la ponction aspiratrice dans une hernie inguinale volumineuse, chez un Anglais âgé de plus de soixante ans ; la réduction a été facile et la guérison prompte. C'est là tout ce que j'ai appris de M. Cazin ; je regrette de n'avoir pas lobservation complète qu'il m* avait promise.

Observation VI. — Hernie ombilicale étranglée.

Cinq aspirations. — Réduction. (Par M. Dieu-

LAFOY.)

Au mois d'octobre 1871, jefus appelé par M. Foucher auprès d'une malade atteinte d'une hernie ombilicale étrans:lée, irréductible. Je trouvai une femme âgée de 45 ans environ, extrêmement grasse, la face anxieuse, le pouls petit et fréquent. Le hoquet et les vomissements duraient depuis la veille, et la hernie volumineuse avait résisté à deux tentatives de taxis. Le ventre était météorisé et douloureux. Je pratiquai dans la tumeur cinq ponctions successives assez distantes les unes des autres, avec les aiguilles n" 1 etn"2. 11 fut pos-

sible de retirer une petite quantité de liquide et une grande quantité de gaz. Comme nous avions eu le soin de laisser quelques grammes d'eau dans le fond de Taspirateur, il était facile de voir les gaz monter à la surface du liquide.

Le soulagement fut immédiat , et le volume de la tumeur diminua très-sensiblement. Comme cinq piqûres avait été faites, il nous parut prudent de ne pas tourmenter rintestin aussitôt après.

Le taxis fut fait quelques heures plus tard par M. Souchard, et la hernie fut réduite.

Observation VII. — Hernie inguinale congénitale. (Observation de M. Demarquay, recueillie par M . Gérard. Union médicale, 13 juin 1872 ^ .)

M. X*** (Albert), 22 ans, employé de commerce, entre à la maison de santé le 6 mai. Hier soir, après une marche forcée, il ressent une douleur vive en montant en chemin de fer. Il porte la main au pli de Taine et réconnaît une tumeur volumineuse douloureuse à la pression, que jamais il n'avait remarquée. Deux heures auparavant, il était allé librement à la sdle.

La tumeur descend dans les bourses et présente le volume d'un gros œuf de poule.

Les téguments sont un peu rouges et chauds ; le testicule gauche est situé à la partie inférieure de la tumeur avec laquelle il semble se confondre. M. Demarquay diagnostique une hernie inguinale gauche

* L'auteur fait suivre cette observation de considérations sur l'emploi de l'aspiration dans la hernie étranglée.

224 DE l'aspiration dans les ouganes.

congénitale. Les testicules sont probablement descendus tard, car ils sont petits et ramassés prés des anneaux. Le jeune homme ne se rappelle les avoir observés que vers Tàge de 14 ans ; il n'oserait point affirmer cependant qu'ils n'existaient point avant cette époque.

Fortes coliques pendant la nuit de dimanche à lundi ; vomissements de matières alimentaires, puis bilieuses. Pas de selles.

Lundi, même étal. Un médecin, appelé, constate Tétranglemenl, pratique le taxis sans résultat, et envoie le malade à la maison de santé. Il entre à 11 heures du soir ; nous essayons un taxis modéré et prolongé (20 minutes environ). La tumeur diminue de volume entre nos mains ; mais nous ne parvenons pas à la réduire. — Glace sur le ventre et purgatif pour vider le bout inférieur de Finlestin.

Mardi matin, M. Demarquay essaye le taxis après chloroformisation ; il ne réussit pas, et, comme les symptômes généraux étaient très-graves, il décide la kélotomie. Déjà la tumeur était rasée, quand on songe à pratiquer une ponction aspiratrice avec l'appareil de M, Potain, que M. Mathieu avait apporté pour vider une poche purulente de l'abdomen.

Le trocart n* 1 est enfoncé perpendiculairement dans la tumeur. Préalablement, on avait fait le vide.

On retire alors 120 grammes d'un liquide jaune noirâtre avec quelques parcelles de matières fécales. Probablement qu'une quantité de gaz s'était aussi échappé, car on a été obligé de refaire le vide dans le flacon avant que tout le liquide fût évacué.

A un moment donné de l'opération, il ne s'écoulait plus rien. M. Demarquay relire alors lentement le tro-

cart d'un centimètre environ. On voit de nouveau le liquide passer dans le flacon, mais celui-ci beaucoup plus clair : c'est le liquide du sac herniaire.

La hernie s'affaisse considérablement ; le trocart est enlevé. On attend un instant pour voir si les contractions intestinales opéreront la réduction; il n'en est rien. M. Demarquay veut alors s'assurer de l'état de la tumeur. Celle-ci glisse entre ses doigts, elle était réduite sans aucun effort de taxis. Quelques compresses graduées et un spica de l'aine sont appliqués sur l'anneau.

On ordonne au malade le repos le plus complet, quelques cuillerées de tisane, et 0, 10 centigr. d'opium à prendre d'heure en heure par pilules de 0, 01 centigr.

Cette pratique est celle du chirurgien de la maison de santé qui, loin de vouloir réveiller les contractions intestinales, cherche au contraire à les calmer durant 24, 36, 38 heures.

Immédiatement après la réduction, notre malade se sent soulagé ; les coliques disparaissent, les vomissements cessent ; la soif diminue un peu , bien qu'elle soit toujours ardente.

Le pouls, qui était petit, filiforme et marquait 120 avant l'opération, était déjà plus fort et moins fréquent à 2 heures de l'après-midi. Le soir il était à 95.

Soir. Le malade n'a pas encore eu de selles ; son état général est excellent, il se dit guéri ; on continue toujours les pilules d'opium.

Mercredi matin, le mieux se continue ; on accorde un peu de bouillon. La face n'est plus grippée ; il n'y a pas de fièvre ; toute trace de coliques et de vomissements a disparu.

On donne 5 pilules de 1 centigramme d'opium.

Jeudi, un lavement purgatif.

Première selle depuis la réduction.

Depuis cette époque, selles régulières et libres ; bon appétit et digestions faciles.

Le mercredi 21 mai, quinze jours après la réduction, M. Demarquay présente le malade à l'Académie de médecine.

Ce dernier profite de cette sortie pour aller voir ses parents et marcher plus qu'il ne l'aurait dû. Trois jours après, on ouvre un abcès aux bourses : était-ce le sac herniaire qui avait suppuré ?

Le malade, tout à fait guéri de cette complication, doit sortir le 31 mai .

Observation VIIL — (M. Ghauveau, de Gourtalain, Journal de médecine et chirurgie pratique y juillet 1872.) — Hernie inguinale étranglée. — Aspiration, — Réduction.

Lacroix, quarante-neuf ans, journalier, est depuis huit ans porteur d'une hernie inguinale droite bien réduite sous le bandage. Le 15 juin 1872, cet homme, adonné à des travaux pénibles, est pris de coliques, de nausées, de constipation. En même temps il remarque la présence d'une tumeur dans l'aine gauche. Cependant il continue son travail ; mais dans la soirée, les douleurs s'étaient accrues ; aux nausées avaient succédé des vomissements bilieux qui se répétèrent pendant la nuit.

Le 16 au matin, il me fait demander pour sa hernie qui, disait-il, avait passé de droite à gauche. Je

constate une tumeur du volume d'un gros œuf, pédiculée, rénitente. Taxis méthodique durant un quart d'heure, mais infructueux. Je crois pouvoir temporiser.

Prescription : Lavement purgatif, situation déclive, onction belladonée, café. Quatre heures après, la situation du malade s'est aggravée : constipation toujours opiniâtre, vomissements fécaloïdes, météorisme, douleur, fièvre. Le taxis est de nouveau tenté avec les bandes de caoutchouc, sans résultat. Le temps étant précieux, je procède sans retard à la ponction de la tumeur avec l'aiguille n** 2 de l'appareil Dieulafoy. Aspiration de deux à trois cuillerées d'un liquide coloré par du sang et traversé par des gaz. La tumeur, maintenant flétrie, n'est réduite toutefois qu'après un taxis de dix minutes de durée.

Quelques instants après, le malade avait une garderobe. Suites très-simples.

Le surlendemain, le sujet de cette observation, muni d'un bon bandage, reprenait ses travaux, étant passé sans transition de l'état le plus grave à la santé.

Observation IX. — (M. Ghauveau.) — Hernie inguinale droite. — Aspiration, — Réduction.

Madame L**\ mère de l'instituteur de Gourtalain, est âgée de soixante-quinze ans et atteinte d'un catarrhe pulmonaire. Le 26 juin 1872, je suis appelé auprès de cette dame qui, depuis vingt-quatre heures, se plaint de douleurs abdominales, avec constipation et vomissements fréquents. Dans la région inguinale droite se trouve une entéro-épiplocèle, ignorée de la malade, par

'US DE L'ASPIUATIUN DANS LtS ORGANES.

conséquent de date récente et survenue sous l'influence de la toux.

L'irréductibilité est absolue, le ventre météorisé, la fièvre forte ; les traits sont tirés, anxieux ; le danger est imminent. Une première ponction est faite au milieu de la tumeur avec Taiguille n° 2, et donne issue à quelques grammes d'un liquide incolore , provenant d'une poche kystique.

L'aiguille est retirée et implantée dans un point plus déclive. Un liquide rouge brun, agité par des gaz, monte lentement dans le corps de la pompe, puis reste stationnaire.

L'affaissement de la hernie est très-marqué, et cependant la réduction de la hernie nécessite des efforts assez énergiques. Au même instant, la malade se sentait très-soulagée et avait une garde-robe. Comme le malade précédent, elle se lève le surlendemain, e,t sa santé est aujourd'hui aussi satisfaisante que possible.

Observation X. — Voici la traduction de l'observation de M. L. Labbé, publiée dans le journal anglais The Lnncet, du 20 juillet 1872 :

Hernie inguinale droite étranglée, — Ponction aspiratrice, issue de liquides et de gaz. — Réduction immédiate y guérison. — L'extrême importance que le procédé de réduction des hernies par la ponction aspiratrice a acquise rapidement dans la pratique chirurgicale, le nombre limité des faits connus jusqu'à ce jour et l'intérêt qu'il y a à encourager les médecins dans cette voie, me déterminent à publier le cas suivant, que j'ai eu l'occasion d'observer :

DE LA HERNIE ÉTRA.NGLÉE. 229

Dans la nuit du 20 juin, M. D..., âgé de soixante-dix ans, homme fort et robuste, après un violent effort de toux, ressentit une douleur intense dans la région inguinale droite. Celle-ci fut suivie, au bout de quelques minutes, de nausées et de vomissements. Bientôt, il aperçut une grosse tumeur dans la région inguinale droite.

Le lendemain 21, à six heures du soir, je vis pour la première fois le malade avec son médecin ordinaire, qui avait employé un taxis méthodique, mais sans succès. J'essayai le taxis moi-même, mais en vain. Les nausées et les vomissements continuaient toujours. Le pouls était à 75. Considérant que, dans ce cas, Tétranglement ne datait que de dix-huit heures et que les lésions anatomiques étaient vraisemblablement peu avancées, je n'hésitai pas à proposer la ponction avec Taspirateur, et j'introduisis sans retard l'aiguille n° 2.

Il sortit environ 10 grammes d'un liquide brunâtre, avec une certaine quantité de gaz que je ne pus évaluer exactement. La tumeur, qui était grosse comme le poing, s'affaissa immédiatement, et une légère pression exercée pendant une minute sur le collet du sac détermina une réduction complète de la hernie. Le malade fut aussitôt soulagé et accusa du bien-être. Durant les quelques heures qui suivirent, de six à onze, et plus spécialement entre huit et onze heures, il eut quelques nausées, un léger vomissement, puis un peu de fièvre 'un frisson.

1 administrai, comme j'en ai l'habitude après la ré- "une hernie par le taxis ou par l'opération, des extrait d'opium de 1 centigramme, toutes les 1res, de manière que 10 à 12 centigr. fussent

absorbés en vingt-quatre heures, dans T intention de déterminer une sédation des mouvements de l'intestin. A onze heures du soir, les symptômes décrits cidessus avaient complètement disparu, et, à partir de ce moment, le malade accusa le plus complet bien-être.

22 juin : pouls, 60; aspect normal; encore un peu de dureté de Tabdomen, au-dessus de la région inguinale.

23 juin, trois selles naturelles. Ni douleur, ni fièvre. Appétit excellent.

Huit jours après, la guérison, qui était bien évidente au troisième jour, s'était maintenue. Le malade jouit aujourd'hui d'une excellente santé.

Observation XL — Hernie crurale étranglée, guérie par la ponction aspiratrice sans réduction, (Par M. le docteur Walcher, d'Erstein, Gazette médicale de Strasbourg, du 1*' août 1872.)

Le lundi 17 juin, M. Walcher est appelé près d'une femme atteinte d'une hernie crurale droite, étranglée depuis deux jours. Le taxis avait déjà été pratiqué; la malade avait refusé la kélotomie. Voici comment il décrit l'état dans lequel il trouva la malade : « Femme d'une quarantaine d'années, faciès grippé, yeux enfoncés, sueur froide sur le front, langue sèche, soif vive, pouls fréquent, petit, serré, nausées continues. Elle ne peut avaler aucun liquide sans qu'une régurgitation n en soit la conséquence ; cependant, elle n'a eu que deux vomissements spontanés depuis le matin.

« Le ventre est très-ballonné, tellement sensible que la palpation la plus légère fait gémir la femme; de

temps en temps surviennent des coliques qui lui font jeter des cris.

« La malade a eu une selle dans la nuit du samedi au dimanche, mais dure et petite, à la suite d'un lavement de décoction de séné ; depuis, plus de selles ni de gaz.

« La tumeur, située dans le pli crural droit, est trèsdouloureuse, de la grosseur d'un œuf de poule ; la peau est rouge, un peu tuméfiée (suite du taxis).

« La femme, à la suite de mon examen, dit tout à coup : « Je ne veux pas être torturée, je veux mourir tranquillement; laissez-moi. » Je parvins cependant à lui persuader de se laisser injecter un peu de morphine pour la calmer. Un centigramme de morphine lui procure un peu de repos ; ce soulagement me permet de lui parler d'une autre piqûre à faire dans la hernie ; elle se résout à cette nouvelle piqûre. J'enfonce directement l'aiguille n° 2 dans la tumeur, perpendiculairement à la peau ; une sensation de résistance vaincue m'arrête : le robinet tourné, je vois des gouttelettes de liquide sanguinolent éclabousser les parois de l'aspirateur de Dieulafoy et en remplir le fond. Il fut retiré près de quatre cuillerées à café d'un liquide sanguinolent, et une odeur caractéristique m'annonce des gaz intestinaux. J'amorce une seconde fois l'instrument ; mais il n'y a plus de liquide, ce sont des gaz. Après avoir amorcé une troisième fois l'aspirateur je retirai lentement l'aiguille pour vider le sac; mais il ne sortit plus rien.

«Dès que l'aspiration fut terminée, la femme se sentit soulagée ; la piqûre avait été à peine sentie. Des borborygmes s'entendirent; j'essayai trés-légèrement le

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taxis, mais il ne produisit aucun effet. Par l'aspiration, la tumeur avait diminué ; le ventre, encore ballonné, avait perdu de sa sensibilité; j'appliquai une couche de collodion sur le ventre et sur la tumeur, je fis coucher la femme, le siège étant plus élevé que la tète, en recommandant de donner un peu de glace et quelques gouttes d'éther, si les nausées revenaient.

« Le lendemain, la figure était calme, la parole moins brève, la malade avait sommeillé pendant deux heures, n'avait plus eu de nausées, avait pu avaler un peu de bouillon et n'avait plus eu de coliques, bien que le ventre fût encore un peu douloureux à la pression; de plus, elle rendait des gaz. J'injectai encore 1 centigramme de morphine et je renouvelai la couche de collodion. A huit heures, elle prit 40 grammes d'huile de ricin. A dix heures, il n'y avait pas encore de selles; je donnai 20 grammes d'huile, qui furent vomis. Le soir, elle avait eu six selles très-copieuses; elle était assise dans son lit et demandait à manger. En l'examinant, je trouvai la tumeur plus grosse que la veille ; par le taxis, elle se réduisit jusqu'au volume qu'elle avait après la ponction aspiratrioe. J'appris alors de cette femme que, depuis plus d'une année, elle n'était plus entièrement rentrée ; la malade mettait son bandage par-dessus. C'était une hernie irréductible. Je la gardai au lit pendant six jours ; puis, je lui permis de se lever, en lui appliquant un bandage avec pelote plate, à excavation au niveau de la hernie. Depuis ce moment, cette femme se livre à son travail des champs. »

M. Walcher fait ensuite cette remarque, que, par la ponction aspiratrice, on peut, dans ce cas, sauver la vie

à des personnes chez lesquelles les dangers de Topération sont aggravés par les adhérences qu'il faudrait détruire lors de la kélotomie, qui devient bien plus difficile, ou à des personnes qui reculent devant Topération.

M. Walcher tire ensuite cette conclusion, que Tétranglement doit dépendre des gaz ou des liquides qui se trouvent dans Tanse herniée, puisque celui-ci. a cessé, quoique la hernie fût irréductible, aussitôt que des gaz et du liquide ont été extraits.

Pour beaucoup de chirurgiens cette hernie aurait été appelée enflammée. Cette observation est très-intéressante, parce qu'elle nous démontre l'efficacité de la ponction a«piratrice dans les hernies irréductibles qui présentent des phénomènes d'étranglement.

Observation XII. — Hernie étranglée^ réduite par aspiration. (Par M. le docteur Ménard.)

Le 28 juillet 1872, je fus appelé à Bossuet par mon honorable confrère, M. Oudot, pour un malade atteint de hernie étranglée.

Ce malade, après avoir travaillé dans les champs une partie de la journée précédente, avec sa hernie qui était sortie, malgré le bandage qui la contenait d'habitude, avait été pris le soir de douleurs violentes dans la région inguinale. Ne pouvant parvenir à réduire sa hernie, cet homme appela en toute hâte M. Oudot qui fit plusieurs tentatives de taxis sans aucun succès. Le lendemain, malgré les bains de siège, les douleurs étaient aussi vives, les vomissements devenaient très-fréquents,

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et le taxis, renouvelé à diverses reprises dans la journée, resta, comme la veille, sans succès. Arrivé auprès du malade, vers cinq heures du soir, je le trouve trèsaffaissé, fatigué par les vomissements qui se répètent à chaque instant. Une légère tentative de taxis n'ayant pas été plus heureuse que les précédentes, j'ai recours à l'aspiration avec l'appareil de Potain.

L'aiguille la plus fine ayant été introduite, donne issue à un liquide rougeâtre, spumeux, mélangé de gaz, provenant sans doute de l'intestin, et pouvant bien être évalué à 70 ou 80 grammes.

La tumeur herniaire diminue immédiatement. Le taxis, aussitôt pratiqué, reste sans résultat. Je n'insiste pas; les vomissements s'arrêtent, les douleurs se calment, et enfin le malade s'endort. A son réveil, c'est-àdire deux heures plus tard, le malade presse un peu la hernie qui rentre immédiatement sans le moindre effort.

Nous avons la conviction, M. Oudot et moi, que c'est à l'aspiration que nous devons ce résultat aussi heureux que rapide.

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