‹ Traité de l'aspiration des liquides morbides; méthode médico-chirurgicale de diagnostic et de traitementChapitre 73 sur 79 · DU TRAITEMENT DES ABCÈS CHAUDS · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT DES ABCÈS CHAUDS

turé fistuleuse. Le rétablissemenl de madame G*'* était complet après quelques semaines.

Observation IV. — Phlegmon iliaque non puerpéral. Une aspiration. — Fistule. — Guérison. (Le Bêle.)

Je fus appelé en. janvier 1871 à donner des soins à madame **\ demeurant rue Maujars, et âgée de 32 ans. Cette dame mal réglée souffrait depuis longtemps dans là région lombaire gauche et dans la fosse iliaque du même côté. Peu à peu une tuméfaction se déclare dans la fosse iliaque, et la fluctuation devient bientôt manifeste. Je pratique une aspiration avec Taiguille rf 2, et je retire une certaine quantité de pus. L'ouverture reste fistuleuse, je pratique des injections iodées, et la malade guérit après quelques semaines de traitement.

Réflexions. — Ces trois phlegmons iliaques ont été traités et guéris par aspiration. Il y a cependant dans leur traitement quelques particularités à noter. Dans l'observation I, la seconde piqûre est restée quelque temps fistuleuse, mais le trajet fistuleux s^est vite fermé. Dans Tobservation III, des injections iodées ont été pratiquées, et la malade de l'observation II a guéri sans injection et sans fistule.

Observation V. — Phlegmon périnéphrétique. — Aspirations et injections. — r Guérison, (Chaillou, de Tourny.)

M. P..., clerc de notaire, âgé de 30 ans, n'ayant ja-^ mais été malade, a fait il y a quelques semaines une chute dans un îBScalier de pierre. Les jours suivants, il

452 DE l'aspiration dans le tissu cellulaire.

dit n'avoir éprouvé aucun malaise, mais vers la fin de septembre 1870, il vint me consulter pour une douleur vive siégeant au-dessous de la dernière côte du côté gauche. Il accuse en outre un malaise général, l'appétit est mauvais, et par moment surviennent des accès de fièvre irréguliers. Bien que la respiration soit intacte, je m'attends à voir le développement d'une pleurésie et je prescris l'application d'un vésicatoire. Deux jours après, je revoisle malade, la douleur persiste, le malaise et la fièvre augmentent, et la respiration continuant à être normale, j'abandonne l'idée d'une pleurésie.

Le même soir et les jours suivants, M. P... est pris d'un accès de fièvre bien caractérisé avec ses trois stades, la percussion de la rate n'indique pas d'augmentation de volume. Je prescris du sulfate de quinine. Ces accès intermittents continuent malgré ma médication et la douleur lombaire devient très-vive; on applique le 6 octobre deux ventouses scarifiées. Cette douleur accompagnée d'accès de fièvre me fait penser à la formation d'un abcès périnéphré tique. Pour combattre la constipation qui est continuelle, je donne quelques prises de rhubarbe.

Le 10 octobre, je constate dans la région lombaire gauche un empâtement accompagné de battements profonds ; ce n'est que le 24 que je perçois une fluctuation profonde, et je fais une ponction exploratrice avec la seringue hypodermique qui me donne une goutte de pus.

Le 26 octobre, je pratique une aspiration avec le plus gros trocart de l'appareil E)ieulafoy , au bord externe du carré lombaire, et j'aspire 300 grammes d'un pus phlegmoneux de bonne nature. Cette opération est

ou TRAITEMENT DES ABCÈS CIUUD6. 453

suivie d'un soulagement immédiat. Le 28 octobre, je pratique une nouvelle aspiration qui donne la même quantité de liquide purulent, et je maintiens cet orifice ouvert au moyen d'une grosse ficelle repliée sur elle-même et tordue en forme devis. Les jours suivants, je pratique au moyen de Taspirateur des injections d'eau et d'acide phénique, et plus tard quelques injections iodées.

A la suite de l'air qui a pénétré dans le foyer, le pus s'altère, et des accidents putrides se montrent aussitôt ; la fièvre qui avait disparu après la première ponction reparaît alors, la peau est brûlante, mais un lavage pratiqué au moyen d une sonde de femme enfoncée profondément fait aussitôt disparaître ces symptômes.

L'appétit revient, le malade reprend quelques forces^ la suppuration a considérablement diminué, et on continue régulièrement les injections iodées. Quelques semaines après, il était complètement guéri.

Observation VL — Angine pblegmoneuse, une aspiration, — Guérison. (Gaurier.)

Le 27 novembre entre à l'hôtel-Dieu, dans le service de M. Tardieu, salle Saint-François n" 7, la nommée Marthe, âgée de 18 ans. .

Il y a trois semaines, à la suite d'un refroidissement, les règles ayant brusquement disparu, un mal de tête intense se déclara et persista pendant quatre jours. Le cinquième jour, la malade ressentit une violente constriction de la gorge, et la déglutition devint des plus pénibles et des plus difficiles.

Le 28, à la visite, nous constatons tous les symptô-

454 DE l'aspiration dans le tissu cellulaire.

mes d'une angine phlegmoneuse à la période de suppuration. Le côté droit du voile du palais est fortement refoulé en avant, et Tisthme du gosier est presque complètement fermé. On ordonne deux verres d'eau de sedlitz et un gargarisme astringent.

Le lendemain, pas d'amélioration. M. Gaurier pratique alors l'aspiration au moyen de Taiguille n** 3 de l'aspirateur Dieulafoy et retire 30 grammes de pus.

Le soulagement est immédiat, la déglutition devient facile, et la malade quitte l'hôpital le 2 décembre parfaitement guérie.

Observation VIL — Phlegmon périœsophagien. — Deux aspirations. — Guérison. (Le Bêle.)

Le nommé Guiton, âgé de 19 ans, entre à l'hôpital, salle Saint-Pierre, n*» 7, le 17 août 1870. Je constate un gonflement œdémateux du cou, accompagné de symptômes les plus graves et de suffocations imminentes. La face est violacée, la tète est renversée en arrière, et cet homme témoigne la plus grande anxiété.

Je diagnostique un phlegmon profond du cou et j'introduis l'aiguille n** 2 de l'aspirateur entre le bord du sterno-cleïdo-mastoïdien et la région thyroïdienne. Je retire par cette aspiration 50 grammes de pus environ, et le soulagement est immédiat.

Le 18 août, le malade est de nouveau en proie à une dyspnée, moins violente toutefois que précédemment. Je pratique une nouvelle aspiration, et je retire encore 40 grammes de pus. La petite ouverture devient fistuleuse, mais le foyer se ferme promptement, et le 12 septembre le malade sort guéri.

Page 1