CHANDELLES DE SUIF
115. Nous examinerons d*abord la nature des graisses employées , leur purification , et nous décrirons ensuite la fabrication des chandelles.
116. On trouve des matières grasses dans un grand nombre de tissus animaux ; elles se rencontrent principalement sous la peau, dans le voisinage des reins , à la base du cœur, etc. Ces matières sont en général fluides dans les cétacées , molles et d*une o^eur fortedans les carnivores , et solides dans les ruminans. Ces dernières portent le nom de suif. Ou n'emploie dans la fabrication des chandelles, du moins dam celles qui sont de bonne qualité , que les suifs qui proviennent du boeuf, dû bouc , et du mouton ; les autres «ont trop mous et trop fusibles.
1 17. Les suifs, tels qu'ils sont extraits de Tanimal, portent le nom de sui/s en branche. Ces masses sont formées d'un grand nombre de petites vésicules qui renferment le suif. Pour séparer ces membranes , on employait autrefois, et on emploie encore^ dans un igrand nombre de fonderies, le procédé suivant qui e^ très-défectueux. On coupe le suif en petits morceaux, et on le fait chauffer fortement dans une chaudière de cuivre; le suif entre d'abord en fusion , mais ne sort que des vésicules qui ont été coupées; ce n'est qn'à
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une température très - éleyée qu'il peut sortir des autres , parce qu'alors les membranes se contractent fortement et finissent par crever. Oh sépare alors les fragmens de ces membranes en passant le suif à travers un tamis serré ; ces membranes , presque grillées par la chaleur qu'elles ont éprouvée , restent sur le tamis , et on les presse ensuite fortement pour en faire sortir la graise qui les mouille. Le résidu , désigné dans le commerce sous le nom de crétin , est employé pour la nourriture des animaux. Le suif pu*rifîé est alors reçu dans un vase profond où il se maiivtient chaud plusieurs heures durant lesquelles les matières; étrangères se précipitent.
Ce procédé est très-défectueux , en ce qu'il exige une température très-élevée qui altère nécessairement le suif.
118. Le meilleur procédé consiste à broyer le suif an moyen d'une meule en pierre verticale qui parcourt une auge circulaire, et que l'on met en mouTè^ ment à l'aide d'un manège. Le suif étant réduit ten un% espèce de bouulie, toutes les petites vésicules sont brisées ; il ne reste plus alors qu'à fondre le suif à une température'senlement suffisante pour cet objet, et à séparer les membranes déchirées , en faisant passer la matière fondue à travers un tamis de crin serré. On peut faire cette fusion par l'application directe de là chaleur , mais il est bien plus avantageux d'employer la vapeur.' Cependant il ne faut pas faire condenser la vapeur dans le bain de suif, parce que l'eau chaude provenant de la' condensation, de la vapeur , en .agis*
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sant sur les membranes, provoquerait la formatiou d'une certaine quantité de gélatine, qui se combinerait en partie avec le suif; cette gélatine éprouvant facilement la fermentation putride, donnerait bientôt au suif uue odeur infecte dont on ne pourrait pas le débarrasser. Il faut toujours faire agir la vapeur de manière à ce que le produit de sa condensation. ne se mêle pas au suif : pour cela , on environne la chaudière d'une double enveloppe et on introduit la vapeur entre les deux vases ; ou bien on place dans la chaudière un serpentin en cuivre , dans lequel on fait circuler la vapeur d'eau. Dans tous les cas, il est avantageux d'employer la vapeur d'eau pour prolonger la fusion après la séparation des membranes, afin de faciliter la précipitation des matières étrangères.
119. Les suifs fondus let purifiés par décantation peu* vent servir immédiatement à la fabrication des chandelles. Ordinairement on emploie parties égales de suif de mou ton et de boeuf; mais quelques fabricans leur font encore subir une opération qui a pour but de les durcir.
120. Plusieurs fabricans soumettent de nouveau le suif à la fusion , en y ajoutant une certaine quantité d'alun. D'autres commencent par faire fondre le suif en y ajoutant le quart de son poids d'eau , le font ensuite passer à travers un linge; le remettent dans la chaudière avec la même quantité d'eau , plus une demi-once de salpêtre, autant de sel ammoniac, et 1 once d'alun calciné pour 8 livres de suif; le. mélange est maintenu en ébullition jusqu'à ce qu'il n^ se forme plus de bulles ; on le laisse alors refroidir. Le
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pain sorti de la chaudière présente à sa partie inférieure des crasses que Ton enlève; après quoi le suif est fondu de nouveau avec un quart d'once de nitre puri* fié ; on laisse un peu bouillir , et on enlève Técume brunie qui ironie à la surface. Ce procédé, décrit dans le Dictioimaire technologique , me parait bien long; il est difâcile de se rendre compte de l'action des sels ajoutés au bain ; et d'ailleurs je ne. crois pas que l'expérience l'ait sanctionné.
121. D'autres emploient un procédé découvert en Angleterre par M. Héard. Il consiste à verser dans du suif en fusion une quantité d'acide nitrique concentré^ qui varie suivant la nature du suif : elle est d'un gramme pour les suifs de première qualité, et elle s'élève jusqu'à quatre grammes pour ceux qui ont une consistance molle ; le mélange est agité et maintenu en fusion jusqu'à ce qu'il ait pris une teinte orangée ; alors, on le laisse re£roidir et on le soumet à l'action d'une presse très-puissante après l'avoir renfermé dans une éto£Pe de laine et dans un sac de ficelle très-forte ; il s'en dégage une huile fluide, et le résidu est un suif jaunâtre, quia beaucoup plus de consistance que celui sur lequel on a opéré. Il ne reste plus alors qu'à le blanchir, en l'exposant à Tair et à la lumière. Les chandelles préparées avec ce suif paraissent ^supérieures à celles qui proviennent des suifs ordinaires.
12.2. Quel qu'ait été d'ailleurs le mode de purification du suif, les chandelles se préparent suivant les mêmes procédés. On connaît deux manières difiërentea de fabriquer des chandelles : npus «lions les d4*
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crire successiyement ; mais avant , nous parlerons de la préparation des mèches , qui est la même dans les deux modes de fabrication.
123. Le coton employé pour faire les mèches ne doit renfermer ni fragmens de noyaux , ni aucune ordure; les fils doivent être unis , légèrement toi^dus, et doublés.
124. La manière la plus simple de faire les mèches consiste à mettre dans un tambour ou dans une petite caisse un nombre de pelotons de fils égal à la moitié de celui des fils qui doivent former la mèche ; les mèches renfermant ordinairement 18 fils , c'est 9 pelotons que Ton met dans le tambour. On prend le fil de chacun d'eux, ah tes réanit et on tes fait passer ensemble autour d'une cheville verticale fixée dans une table ; on approche lîes deux faisceaux de fils , et on les présente à un cpu- \ teau vertical fixé sur la même table à une distance de la chèviHe égale à la longueur que doit avoir la mèche ; Textrémité du faisceau des fils étant en con* tact avec le couteau , on coupe les autres fils , on donne à la mèche âne légère torsion, et on continue à en couper de nouvelles.
• 125; Quelques fabricans font bouillir dans du vinaigre les écheveaux de coton destinés à faire les mèches , et lés fout ensuite sécher. Probablement cette opération ne s'effectue que sur les cotons qui proviennent dies debourrutcs de cardes , et que Ton ne peut filer qu'en lès imprèignànt d'une eau savonneuse. Le vinaigre a alors pour objet de décomposer là petite quantité do isi«t<nrqtri ir&tef dans lé cotdn ; Talcali est enlevé , etil