CHAPITRE IV
ÉGLAlilAGE PAJt LES MJlTJÈMS LIQUIDES.
177. PooR suivre la même marche que daitt rédairage au moyen des matières solides, nous commencerons par examiner les différentes espèces d'huiles, et les moyens de les purifier pour les rendre propres à k combustion.
178. On distingue trois espèces d'huiles , lés huilea grasses, les huiles siccatives, et les huiles essentielles. Les premières sont caractérisées par la propriété de n'être point volatiles et de rester grasses par l'action de l'air, quelque prolongée qu'ellesoit; les secondes 9e durcissent à l'air, et prennent la consistance d'une résine ;. les dernières se dissipent à toutes les températures. -
179. De toutes ces différentes espèces d'huiles , les premières sont les plus propres à être employées dans l'éclairage; aussi elles* le sont presque exclusivement. Les huiles siccatives peuvent fournir une assez belle lumière; mais leur épaississement dans les lampes i par l'action de Tair, présenterait de graves inconvéniens. Les huiles volatiles se dégagent des mèches en trop grande abondance ^t produisent beaucoup de fumée; elles ont d'ailleurs, du moins, celles qu'on pourrait employer dans l'éclairage, une odeur fort désagréable.
...l&O. Les huiles communément employées dam » l'éclairage sont celles d'olive , de colza , de navette et d'oeillet. Ces huiles renferment ordinairement des matières étrangères, telles que du parenchime, du mucilage , etc. , dont il est impartant de les débarrasser, car la combustion de ces matières n'étant pas complète , elles encrasseraient rapidement les mèches, les flammes deviendraient moins brillantes, et souvent laisseraient dégager de la fumée.
181; Le meilleur moyen connu pour purifier les huiles destinées à l'éclairage est le suivant. On verse dans l'huile 2 pour 100 d'acide sulfurique concentré, et on brasse fortement le mélange; ensuite on ajoute deux fois sort volume d'eau , que l'on agite long-temps, et oh laisse la matière en repos. L'huile gagne la partie supérieure, et Teau entraîne les matières étrangères qui ont été altérées par l'acide ; il ne reste plus qui filtrer l'huile pour l'avoir parfaitement limpide. Cette dernière opération doit être faite à une température de SO à êO"" , afin'-d'augmenter la fluidité de l'huile et d'accélérer la filtration ; on se sert ordinairement d'un vase de bois ou de métal percé de trous , dans lesquels on passe des mèches de coton. Pour maintenir l'huile à iine température élevée , la disposition la plus commode et la plus économique consisté à environner le vase d'un cylindre d'un plus grand diamètre , et à faire circuler de la vapeur d'eau entre ces deux enveloppes. 182. Tous les appareils d éclairage à l'huile sont f(Érmés 4'un réservoir dans lequel on met la matière grasse , et d'un appendice où se fidt la combustiôa à
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Taide d'une mèche, ordinairement en coton. Les phénomènes qui se passent dans la décomposition de l'huile sont exactement les mêmes que ceux que noua avons décrits (1 et suiyans). 11 ne nous reste donc qu'à examiner les différentes dispositions des appareils de combustion et des réservoirs.
ni^S B«ÇS ou DES APPAREILS DE COMBUSTION.
183. On a employé uniquement pendant long-temps j et on emploie encore souvent aujourd'hui , des mèches formées en faisceau de fils parallèles semblables à celles des chandelles , Qt plongées dans le réservoir d*huilé lui-même (fig. 57 et 58 ). Ce mode de combustion présente un grand inconvénient , surtout lorsque les
mèches sont volumineuses et que le r&ervoir d'huile a un grand diamètre; car la flamme laisse presque toujours dégager au centre un filet . de fumée qui échappe à la combustion , et qui est d'autant plus considérable .que la mèche et le réservoir ont un plus grand diamètre; d'ailleurs la flamme est peu brillante et toujours accompagnée d'une teinte rougeâtre.
184. La cause de ce phàibnicneest facile à expliquer. En effet nous. avons vu (106) que la flamme est d'autant plus allongée que le cylindre de vapeurs combustibles qui se dé[;age de la mèche a un plus grand diamètre : or , on conçoit très-bien ijue quand, la partie centrale de ce cylindre se trouvera , par suite Je la combustion des couches de gaz environnantes, en contact avec, l'air pur, elle peut .être à une assez grande hauteur
S6 TBAITE DB L KCLAIEAGK ,
pour que sa température ne soit plus suffisante à sen ignition ; et ^ d'un autre càté , il est évident que les réservoirs étant placés immédiatement sous les flammes, ils doivent gêner le mouvement de l'air.
185. On avait un peu remédié à l'inconvénient ds la fumée en employant des mèches plates placées daus des becs minces; ces lampes fumaient moins, mais elles fumaient encore , surtout par les conrans d*air , et la teinte de la flamme était toujours la même.
186. En 1784 , Ami Ârgand imagina unç nouvelle forme de mèche , et une nouvelle disposition de l'appareil de combustion, qui fit une grande révolution dans le système de l'éclairage par les huiles. Le bec d' Argand n*a éprouvé depuis sa découverte que de lëgèrçs modifications. Nous le décrirons d'abor^ tel qu'il fut présentée par son auteur ; nous indiquerons Ijss modifications et les perfectionnemens qui y ont été faits ; après quoi il ne nous restera plus , pour terminer ce qui regarde les appareils de combustion , qu'à indiquer quelques autres dispositions qui sont quelquefois employées*
Béç JtArgetnd.
187. Le bec d' Argand tel qu*il fut dëbouveri du perfectionné par lui, est formé de deux tuyaux concentriques a bc d et db'cd (fig. 33 et 34). L'inter- Talle qui sépare les deux cylindres est fermé inférieuremént , et communique par un tuyau g h avec le réservoir d'huile, dont le niveau doit être un peu au-dessous dés bords supérieurs des cylindres. Dans
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cet espace se place une mèche cylindrique formëe d'un tissu lâche en coton; la circonférence inférieure est fixée dans un anneau de métal ik , attaché à une tig6 ilmny qui s'élève à une hauteur plus grande que celld du bec, descend, et se termine par un crochet; <Hîtte tige est destinée à faire monter ou deiscendre la mèche; la partie il se loge dans l'appendice p q d\jt cylindre extérieur. Un cylindre de verre xy (fig. 35.) dont le diamètre est plus grand que celui de l'enveloppe extérieure de la mèche , est soutenu par le cylindre zi fixé au bec. Le tube de verre et son support doivent être disposés verticalement et de manière à ce qn« leurs axes soient le même que celnî dû cylindre abcd^ Dans la figure, l'appendice /> jr et la tige tiui sertie faire mouvoir la mèche sont supposés derrière, et par conséquent ne sont point visibles. La .'figure S6: représente la coupe du même bée.
188. Examinons l'eDet de cette dispoisition. D'aprèr la forme et la position der la mèche , la flamAie est ter*'' minée par deux surfaces coniques > ayant leur aie commun. Dans tous les points de la circonférence , la flâinme n'a qu'une très«petite épaisseur. Lès deux surfaces , intérieure et extérieure , de la flamme reçoivent chacune un courant d'air. Les différentes parties de' la flaittme, en rayonnant mutuellement les unes sûr les antres, s'échauffent plus que dans toute autre dis^' position. Enfin , la cheminée de verre étant prolongée au-delà dé la flamme , augmente la rapidité des deiitcourans d'air'. Toutes ces circonstances sont , comme ninis Tavons déjà vu , très-fevorables à là combustion >'
et à un grand dëveloppement de lumière. Aussi on obtient , au moyen de ces becs , beaucoup pius^ de lumière et une lumière beaucoup plus blanche que par tous les appareils précédemment employés.
•La cheminée employée d'abord par Argand était en ^èle , sa partie inférieure élait placée au-dessus de la 4amme,elleétaitmaintenuepar un collier fixéà une tige. 189. Peu de temps après la découverte d' Argand , L^nge fit aux cheminées un perfectionnement important ; il les rétrécit un peu au-dessus de la mèche (fig^ 37). -Par cette disposition Tair est rejeté sur la flamme, la combustion est plus parfaite et donne plus ()e lumière ; le coude de la cheminée agit probable- «lentçiHîoreen réfléchissant de la chaleur sur la mèche. \ .tdQp Méfi^nisme .paur Jaire mouvoir la mèche. Tous les autres perfectionn^mens qui ont été faits aux bec^ depuis cette époque consistent dans le mécanisme «mpto'yé pour faire mouvoir la mèche. Le premier qui awt él/éiqaaginç.par: Argand était peu commode; ceux qq'pn luii^ sub^litué^.sont beaucoup plus avantageux. I^us les d^rirpn^ successivement.
,'4j9 L. La première disposition est représentée fig. 38.» Ija.jMge recourbée qulsert à monter ou à.descendre la* mèche est- garpie d^une crémaillère qui engrène dans uftipignon ; en faisant tourner le bouton qui le termine', on fait monter .ou descendre la mèche ^ar un mouvement doux et continu. Cette disposition., qui es( beaucoup plus avantageuse que celle d' Argand^ avait cependant encore un inconvénient très-gr^ye. A. m^ure qijLe la mèche s'élevait, une partie.de la ti^^.