‹ Traité de l'eclairageChapitre 76 sur 127 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

pirer continuellement le gaz des cornues au moyen de pompes qui le refoulent ensuite dans des vases ^ dont les uns renferment de Teau de chaux et les autres de Tacide sulfurique. M. Darcet a le premier construit cet appareil pour Téclairage de Thôpital Saint-Louis : l'usine française l'emploie déjà. Les pompes y sont rem^ placées par une vis d'Archimède (fig. 107 ), qui est mise en mouvement par une machine à vapeur de la force de deux chevaux.

317. Des gazomètres. On désigne ainsi de grandes cloches en tôle qui reposent sur Veau , et qui sont destinées à recueillir le gaz épuré, et à le verser dans les canaux qui le dirigent au lieu de sa consommation. Le mot gazomètre est impropre , car leur objet est moins de mesurer le gaz. que de l'emmagasiner » Las Anglais le désignent sous le nom de gazholder^ qui signifie ma* gasin de gaz , et réservent le nom de gazomètre pour un appareil très-ingénieux qui est uniquement employé pour mesurer le gaz , et que nous ferons connaître plus tard.

318. Les gazomètres sont tous formés d'un grand réservoir plein d'eau ^ et d'une cloche, fermée par la pai tie supérieure , qui plonge dans Teau par ses bords inférieurs , et qui est soutenue par un contre-poids : le gaz arrive sous la cloche, et la soulève pour s'y loger.

319. Les réservoirs d'eau et les cloches sont toujours circulaires, parce que c'est la forme qui, avec la même dépense, contient le plus de volume. Les parois des réservoirs sont ordinairement en maçonnerie ou en fonle. On avait essayé de les construire

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en bois ; mais la pression qui se manifeste snr to«.jH« les points del a circonférence exige une trop pesan. armure en fer; car. la pression exercée contre l^ cercles de fer qui en forment la ceinture est pr^> portionnelle y non-seulelnen( à la hauteur dn liquide aordessus de ces cercles ,• mais encore à la circosfirence du Tase, Par conséquent, pour que. ces^ ir^ ' seryoirs puissent résister, il faut^ quand ik ont de grandes dimensions, que les cercles qui les ceignent soient épais et multipliés ; alors ils deviennent plus çhers que les autres , plus altérables , et sujets à cie trop fréquentes réparations. Une cuve de ce genre-.éc^ blie à Paris, dont la. ceinture. n'était pas as^ forb^» creva sous la priession de Teau qu'elle renferinamt, inonda Tatelier, plusieurs maisbns voisines, et répaLiti- I dit. une odeur infecte dans les environs.

320. Les réservoirs en maçonnerie sont pres({^c tiniquement employés dans les usines françaises , et I^ r.éservoirs en fonte sont au contraire très-multipliés ^^ Angleterre. La construction des premiers ne difffejre pas de celle des réservoirs ordinaires qui sont destin ^^ à contenir de l'eau; souvent le réservoir est entière' ment libre, et quelquefois pour diminuer la quanti^® d'eau , il renferme un massif central dont le diamèt^^ est plus petit que celui du gazomètre. Les dernic^^ sont formés de plaques de fonte réunies par des bo«-^' Ions , et dont les jointures sont bouchées par un mast^-^ formé de ceruse, de minium et d'huile de lin ; ou de L ^' maille de fer, de soufre et d'ammoniac. Les réservoî^^ en fonte sont moins coûteux de premier établissemer^^^

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ue les réservoirs en maçonnerie; ils sont facilement *ansportables et il est plus £icile de reconnaître les ertes et de les arrêter , enfin ils conservent une plus rande valeur dans un changement de destination. lais ces réservoirs présentent beaucoup plus d'avaniges en Angleterre qu'en France, attendu que la 3nte y est moins chère et ordinairement de meilleure [ualité.

Les figures 107 et 108 représentent ces deux derlières espèces de réservoirs.

321. Les cloches sont toujours formées de plaques le tôle d'environ une ligne d'épaisseur , assemblées à *aide d'une clouure forte et serrée. Pour les préserver le la rouille , on les enduit d'une couche de goudron le houille, que l'on renouvelle une fois chaque année. 2es cloches ont ordinairement de très-grandes dimen* dons : la plus considérable qui existe, est celle de l'usine rançaise à Paris ; elle a 100 pieds de diamètre et 50 de profondeur ; sa capacité est par conséquent de 392,650 ;>ieds cubes.

322. Ces cloches ayant un très-grand poids , il est nécessaire de les soutenir , afin que le gaz ne soit pas obligés d'exercer une trop grande pression pour s'y introduire ; car cette pression existerait dans les cornues, dans tous les tuyaux et les vases intermédiaires, et il en résulterait nécessairement que les cornues se détérioreraient promptement et qu'il se manifesterait souvent des pertes. D'ailleurs , lorsque les cloches sont soutenues, on est maître de régler la pression exercée sur le gaz en diminuant le contre-poids.

323. Jusqu'ici on a employé deux modes différens de suspension des cloches. Le premier, qui est le plus généralement usité , est représenté figure 107 ; il consiste en une chaîne qui passe sur deux poulies de renvoi , dont une extrémité est fixée au point de réunion de plusieurs tringles ou chaînons qui partent de différens points de la surface supérieure de la cloche , et dont l'autre extrémité soutient le contre-poids ; cette disposition exige une charpente très-forte.

324. Le second mode de suspension n'exerce de pression que sur les fondations même du bassin : la figure 108 le représente. Cette disposition consiste en un tube de fonte creux solidement fixé sur le fond et au centre du bassin y et qui s'élève à une hauteur plus considérable que celle que peut atteindre la cloche ; il passe à travers un tuyau de tôle fixé à la partie supérieure de la cloche. Des poulies de renvoi , placées sur les bords supérieurs du cylindre , reçoivent les quatre chaînes de suspension des gazomètres ; elles sont attachées d'un côté à un des anneaux où se réunissent les chaînons qui sont fixés sur le fond de la cloche près de sa circonférence, et de l'autre au contre-poids qui descend dans la colonne de fonte centrale. La colonne de suspension pourrait ne s'élever qu'au niveau du réservoir et se trouver sous la cloche ; il faudrait pour cela qu'elle s'étendît en profondeur , et que les chaînes fussent attachées à son bord inférieur.

325. Dans ces différentes dispositions , la cloche et son contre-poids n'ont pas exactement le même poids

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aux difiPérentes hauteurs de la cloche ; car le poids de cette dernière est toujours égal au poids de son enveloppe t plus celle de la portion de la chaîne de suspen« sion jusqu'à la poulie y moins le poids du volume d'eau déplacé par la portion de la cloche qui pion ge dans ce li- ^ quide ; et l'effort du contre-poids est toujours égal à son poids ,plus celui de la chaîne qui est au-dessus. Mais il est facile , dans le mode de suspension de la figure 107 , de donner à la chaîne le poids nécessaire pour que l'équilibre existe dans toutes les positions de la cloche. En effet ^ lorsque la cloche monte d*un pied , le contrepoids descend d'autant : son effort est donc augmenté du poids d'un pied de la chaîne ; et le poids du gazomètre est diminué du poids d'un pied de chaîne , et il est augmenté du poids d'un volume d'eau égal au volume de son enveloppe qui est sorti de l'eau. C'est comme si le contre-poids était augmenté de deux pieds de chaîne , et si le gazomètre n'avait gagné que le poids d'un volume d'eaU égal au volume du métal qui est sorti de l'eau; il est évident, d'après cela, que si un pied de la chaîne pèse autant qu'un volume d'eau égal à celui du métal de la cloche , renfermé dans une zone d'un demi-pied de hauteur , l'équilibre existera constamment.

326. Mais la permanence de l'équilibre est beaucoup plus difficile à établir dans le second mode de suspension de la fig. 108 , parce que la chalue de suspension < du gazomètre étant inclinée et l'étant inégalement suivant la hauteur du gazomètre, l'espace parcoui-u par le gazomètre n'est jamais égal à celui qui est parcouru par

le contre-poids , et la difiPérence va en croissant à mesure que le gazomètre s'élève davantage. On pourrait cependant établir encore la permanence d'équilibre en déterminant convenablement le poids de la chaîne; mais ce poids ne serait pas uniforme dans toute sa longueur; il devrait aller en diminuant à partir da contre-poids. Nous ne chercherons pas à déterminer la forme et le poids de la chaîne en ses différens points, parce que nous serions conduits à des considérations mathématiques trop étrangères à notre objet.

327. La figure 107 représente Tensemble des appareils destinés à la fabrication du gaz de la houille. A est une cornue placée dans un fourneau simple ; Y, un tuyau horizontal qui conduit les fumées de tous les foyers dans la cheminée commune Z. Les gaz qui proviennent de la distillation du charbon se dégagent par le tuyau B 6 , et arrivent dans de vastes tuyaux C en partie pleins de liquide, dans lequel le tube B plonge de 1 ou 2 pouces; les gaz se promènent dans ces tuyaux, qui ont une très-grande étendue, y déposent de Teau , une liqueur ammoniacale et du goudron. Ces produits s'écoulent par les tubes aaa^ se rendent dans le canal incliné bb^ et de là dans la citerne T. Les gaz s'élèvent par le tuyau D et arrivent dans la première chambre £ d'une vaste caisse en bois contenant du lait de chaux , qui renferme une vis d'Archimède mise en mouvement par une machine à vapeur; le mouvement de la vis, dirigé en sens couLraire de celui qui élèverait leau , force le gaz à descendre; il se dég;age à Textrémité inférieure n de la vis , et

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