CHAPITRE VI. 2M
dans les chandelle , puisque la matière grasse est Tolatilisée prçsqu'à Torigine de la flamme. D'où il suit que Ton ne pourra jamais fabriquer avec le suif des chan* délies dont la combustion présente les même phénomènes que les bougies, parce que le suif se décompose bien plus facilement , et a une température beaucoup plus basse que la cire.
COMPARAISON DES DIFFERENS UODES d'eCLAIRAGB A l'hUILX.
429. L'intensité de la lumière fournie par les lampes, ainsi que sa permanence , indépendamment de 1^ qualité des huiles et des mèches, dépendent d*un très? grand nombre de circonstances particulières. Jusqu'ici on a donné, une importance trop exclusive au mode d'alimentation, et on a trop négligé la foroie.et la disposition des bçcs.
430.) Nous ex.amin,ero]3^s succc^ssivçment les circoikstances qui influent sur l'intensité de la lumière et sur sa permanence.
431. Les dispositions qui modifient l'intensité de la lumière et l'emploi plus ou moins avantageux de l'huile sont: 1** le diamètre intérieur du bec; 2* le.rapport des deux courans d'air j 3^ la hauteur du coude de la cheminée ; 4^ le diamètre de la cheminée au-dessus du coude; S** la hauteur de la cheminée; 6^ la hauteur du réservoir d'huile; 7^ la hauteur de la mèche audessus du bec.
432. Influence du diamètre intérieur du bec. Jusqu'ici on a beaucoup fait varier les diamètres des becs , sui-
284 TRAITA DE L'^CLAlRàGE.
Tant qu'on a voulu obtenir pins ou moins de lumière ; mais il est facile de voir que toutes les dimensions ne aont pas également bonnes pour obtenir de la combustitm de la même quantité d*fauile le plas de lumière t>ossrble. En effet, réchauffement mutuel des diffét*entes parties de la flamme est ime circonstance qui a une grande influence sur la lumière qu'elle produit , et cette influence doit diminuer à mesure que le diamètre du bec augmente; de plus, à mesure que ie diamètre du bec s'agrandit , le courant d'air intérieur au^en te aussi d'épaisseur, sa partie centrale se trouve plus éloignée de la flamme, et par conséquent une phis grande portion d'air s'écoule sans servir à la tombustion, et en s'échauffant inutilement. D'un autre côté , lorsque le bec est trop petit , le courant d'air central devient trop feible , ou bien il faut une trop grande hauteur de cheminée pour le rendre suffisant. Cfétait donc un objet très-important que de déterminer par âes expériences précises , en mesurant exactement l'intensité de la lumière produite, et la quahtité d'heite tonsoinmée , c(aâ. est le diamètre des 'becs les plus avantageux.
4SS. J'^ai fait ii ce sujet quelques expériences : quatre l>ècs de calibres différens , semblables ^/alimentés pMT laïnèiné manière, ih'ont donné les résultats snivsQis*
CBAPITHS TI.
DUMÈTBE
DC COOBAXT D'iim ntiKIllIK.
miUimètret.
iinBwri M LA Lcaiiii.
ooKMnuTio» M» aivn.
434. Il résulte de ces expérieaces que la quantité de lumière donnée par la même quantité d'huile est d'autant plus grande que le calibre du bec est plus petit; car
100 parties d'huile dans le 1** bec donnent ai5 de lumière.
'*; dans le a"" ai8.
f dans le S" à55.
dans le 4* 260.
Je dois dire cependant que les becs d'an très-petit calibre ne produisent xm bon effet qu'autant quW renforce le courant cwitrai en dkninuant les ouTCft^ iures du courant extérieur.
4S5. Ifjfimnce du râfpùri Jks deux courons. Le rapport îet la grandeur absolue des deux conrans d*air ont une grande influence sur la forme , la blancheur et i'înt^isilé de la flamm«« Quand le courant extérieur est tr<)p considérable , la flamme s'éfile , s'allonge , et si la difTérence des deux courans est trop considérable^ la combustion n'est pas complète. Quand , au contraire, c'e^t le courant intérieur <)ui est dominant , la flamme
236 TRAITK DE L ECLAIRAGE.
se renfle, augmente de hauteur, et si le courant extérieur est trop faible , il se dégage de la fumée.
Entre ces limites extrêmes il y a , pour chacun de ces courans, des dimensions qui sont plus avantageuses que toutes les autres pour produire une belle flamme, pour produire le plus de lumière avec la même consommation d'huile , et enfin pour obtenir la flamme la plus permanente, c'est-à-dire dont Tintensité diminue le moins possible.
L'influence de l'étendue des deux courans sar la forme de la flamme est facile à concevoir. Il en est de même de l'influence de ces courans sur la quantité de lumière produite ; car il est évident qu'il faut , pour obtenir le maximum de la lumière, que la quantité d'air qui afflue sur la flamme excède peu celle qui est nécessaire pour la combustion. #
436. Influence du coude de la cheminée. Le coude de la cheminée , comme nous l'avons déjà dit , rétrécit le courant d'air , le dirige sur la flamme , et rend la combustion plus complète. Mais l'influence du coude delà cheminée n'est favorable qu'autant qu'il esta une distance convenable de la mèche; placé trop haut on trop bas , il fait fumer. La distance la plus convenable ^arie avec la nature de l'huile et l'état de l'air. 11 était important de pouvoir la faire varier à volonté, aussi, 'dans les appareils de combustion faits avec soin, comme ?les lampes à mouvement de pendule, la robe du bec dans laquelle s'emboite la cheminée, peut monter ou descendre; et dans les becs sinombres, la cheminée entre à frottement dans la galerie, et peut en*
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core être facilement placée à la hauteur convenable» , 437. Influence du, diamilre supérieur de la cheminée . Le diamètre de la cheminée au-dessus du coude est en général beaucoup plus grand qu'il ne devait être ; car en le rétrécissant on obtient beaucoup plus de blancheur dans la flamme et un plus grand effet utile de rhuile. Mais les cheminées étroites s'échauffent beaucoup et cassent souvent ; cet inconvénient y a fait renoncer. On pourrait obtenir l'effet des cheminées étroites en évitant l'inconvénient dont nous venons de parler. 11 faudrait pour cela placer au sommet de la cheminée un obturateur circulaire semblable à une clef de poêle, mais dont le diamètre ne serait que le tiers de celui du tuyau (fig. 48); cet obturateur , formé d'une feuille mince de platine , serait fixé à un axe qui pourrait tourner à frottement dur entre deux tourillons et pourrait être amené et fixé dans la position convenable à l'aide d'un bouton qui terminerait l'axe.
438. Influence de la hauteur de la cheminée • Nous ayons déjà dit que la cheminée augmentait la rapidité du courant d'air. Mais cette rapidité n'est avantageuse que jusqu'à une certaine hmite, au-delà de laquelle elle est nuisible; car l'accroissement de vitesse du courant d'air augmente l'énergie de la combustion ^ et par conaéquent.la vivacité de la lumière produite, tant que l'air n'arrive pas en excès ; alors la flamme , de rougeâtre et fuligineuse qu'elle était d'abord , prend une teinte de plus en plus blanche ; ipais quand l'air arrive en excès, elle devient à la yérité.plus brillante, mais
d^ln moindre yolume, de sorte qu'elle perdtme grande partie de son intensité. Ainsi il y a une haateur de cheminée qu'il faut atteindre , mais qu'il ne faut pas dépasser. Cette hauteur doit Tarier suivant la qtialieé des huiles et la température de l'air. It serait donc avantageux que les lampes d' Argand fussent disposées de manière à ce que l'on puisse à volonté augmenter ou diminuer la hauteur de la cheminée. Lorsqu'on ne craint pas de porter une ombre dans fat partie supérieure de l'espace éclairé, on peut fixer sur la cheminée de verre un ou plusieurs tuyaux de tàte, susceptibles de se rallonger ou de se raccourcir au moyen d'un pignon et d'une crémaillère (fig. 46). Cette disposition est employée uniquement dans les lampes à becs multiples, elle ne serait pas d'une bien grande importance dans les autres*
439. Inftnence de la hauteur du niveau de F huile dam le réservoir. Nous avons déjà vu que la haruteur du niveau était extrêmement importante, et que, toutes choses égales d'ailleurs , l'efTèt utile de la combustion était dl'autant plus grand que le niveau de Thuile était plus élevé , et que le cas le plus ftivorable avait lien quand une partie de Fhuile dégorgeait par le sommet du bec.
440. Elévation de la mèche aurdessus du èeo. A me sure qu'on élève davantage la mèche et qu\)n règte convenablement le coude de la cheminée , oti obtient un plus grand volume de lumière ; et , d'après des expériences multipliées que j'ai faites à ce sujet , la quantité d'huile consommée n'augmente pas , à beaucoup
CHàÇITRf. n. iA9
de sorte que., dsats tous les apfMup^Ui il e^ toiiJQars HTantag^eux. d^ doimor à U flauuna le pliia g^iMQ^4é¥ih loppeme^x possible.
441. VcÂci kkrésvdtaii des expéirieiieiss f ^itseï^ /sur uan kwipe à mèche: pbie et à cheiftitiée y^ une lampe kiydiro» statique et une petk« lampe à bec aiuorabrey alim^lUéie par \m. réservoir intermittent; elles oax brûlé sneoea* sivement pendant 3 heures; j'ayais d'abord àomm alis ftammes le piua gyand dételoppemeiit sans pquruat produire de fonkée , je ka tin» ensake à une hiBi* tear noyenae ^ et enfisa anss» basses que posaiMe.
fmapûntun dbfla«i««B jaq 4!h|ula doMwt tjX flamme moyeime. . <oo d'hiule donnc^nt iiS.
minimum de flamme loo d'huile donnent 76.
4 m43Mmuiik de flamme 100 d*hmle donnent 3i3k Lampe, hydrostatique: ! flamme moyenne. . toc d*huile donnent a34-
f minimum de flamme xoo d'huiKsf donnent So.
. , 1 / maximum de flamme 100 d*)àuile donnent 24^
« bec sinoialire-l «• ^ •
-, - . . •** * ; flamme moyenne. . 100 cTnuué donnent «27. et a BiTeau mtennittent: 1 .
( minîmom de flaiauiie' 100 d^ufle dioment t xs.
442*. Qn Yoiti d'aq^rès les résuUata préeédens ^ coxnbien la grandeur de la flamme ai d'influence sm k quantité de lumière fournie par une même quantité d'huile brûlée dans le même appareil. Nous devons cependant £BÛre remarquer que le grand développement dç flamme que nous avons en^plo]ié dans les premières expériences de ce;s trois séries^ et qui est très-îavanta ^ geux j^ ne le serait pas pour unelQng;ae durée de com-
bnstiôti; la mèche se chàrbonneraît plus rapidement , et la lumière diminuerait plus rapidement» D'ailleurs ces longues flammes ont le grand inconvénient d'être très-vacillantes. 11 y a dans chaque espèce de lampes une grandeur de flamme qu'il ne faut pas dépasser pout^.les longues combustions, surtout si on ne veut pas toucher à la mèche pour la remonter à mesure que la flamme baisse , et si on veut lui conserver de Thnmobilité.
443. La cause du phénomène que nous venons de décrire provient de ce que la quantité d'air qui passe par la flamme n'augmente pas dans un aussi grand rapport que son intensité. Par conséquent, pour les petites flammes, il y a un excès d'air inutile à la combustion beaucoup plus grand que pour les grandes flammes, et comme cet excédant s'échauflfe aux dépens de la chaleur et de la lumière de la flamme , on voit qu'une même quantité d'huile doit donner beaucoup plus de lumière dans les grandes flammes que dans les petites. Il y a cependant encore une autre cause qui concourt avec celle-là à augmenter l'effet dont il est question; c'est le chauffement mutuel des différentes parties delà 'flamme , qui est beaucoup plus grand dans les grandes Gammes que dans les petites.
' 444. £n résumé , il faut , pour obtenir le plus grand eflet lumineux , 1® que les courans extérieurs et intérieurs soient proportionnés; 2^ qu'ils aient une vitesse seulement suffisante pour amener sur la flamme la quantité d'air nécessaire à la combustion; son excès diminue la lumière. La quantité d'air qui afflue sur la