‹ Traité de l'économie du bétailChapitre 10 sur 64 · CARROSSIERS OU CHEVAUX DE GROSSE CAVALERIE · texte numérisé non relu

CARROSSIERS OU CHEVAUX DE GROSSE CAVALERIE

19** La race mecklenhourgeoise a longtemps seule fourni à la France ses chevaux de carrosse, et contribué dans une forte proportion à la remonte de la grosse cavalerie. Sa taille est en moyenne de 1™.60 à l'".65; sa robe est presque toujours bai brun, quelquefois noire ; la tête est carrée avec le chanfrein droit, les yeux grands et les oreilles longues. Les avant-bras et les jambes sont courts et grêles, les canons longs, forts et larges 5 les hanches saillantes, Tencolure droite; la croupe horizontale; les jarrets larges et coudés; le sabot large mais bon. Depuis quelques années on croise cette race avec l'étalon anglais.

20" La race danoise a joui pendant longtemps en France d'une grande réputation; sa taille est en moyenne de 1".60; sa robe est noir pommelé ou tigré, quelquefois pie noir; sa tê(e carrée est fortement busquée; son encolure est rouée et mince; sa croupe est droite et un peu saillante aux hanches; ses jambes fines et assez bonnes. Sa qualité la plus remarquable était le brillant de son allure au trot. La race du Holstein, qui descend de celle-ci, en diffère par sa croupe avalée, ses membres faibles et ses mauvais pieds.

21° La race normande^ améhorée ou plutôt détériorée au XVI® siècle par les étalons danois, est devenue très-rare aujourd'hui, ou plutôt les animaux qui la composent n'offrent aucun caractère fixe. On distinguait la race du Merlerault qui avait été améhorée par le sang oriental, et la race du Cotentin que modifia le sang danois. Toutes deux ont disparu sous le croisement anglais employé depuis le commencement de ce siècle,

et qui fournit aujourd'hui nos meilleurs chevaux de carrosse et de grosse cavalerie.

22" La race cléveland a été obtenue par métissage, au moyen de rétalon de race noble avec la jument du pays 5 mais elle est aujourd'hui à peu près uniforme et fixée, et fournit des chevaux pour les attelages de luxe et pour la cavalerie pesante. Sa robe ordinaire est le bai, quelquefois le gris, et même le blanc. Sa taille est de 1".55 à 1"*.60. Sa tête est fine mais un peu longue; l'encolure courte et musclée est arrondie en cou de cygne; le garrot est suffisamment élevé; le dos un peu ensellé; les reins droits, la croupe assez horizontale; l'épaule est oblique, les membres un peu communs, mais solides et bien d'aplomb. Cette race fournit quelques bons hunters ( chevaux de chasse ).

4. CHEVAUX DE TRAIT KOYEN , DE TRAIN, D'ARTILLERIE, DE POSTE OU DE CAVALERIE DE LIGNE.

23° La race percheronne est une des meilleures du monde pour le trait moyen et les diligences. « Le vrai percheron, dit « Villeroy, n'est pas cheval de gros trait, il est cheval de trait « léger. Sa tête est légèrement busquée; il a l'encolure haute, « sans être trop forte. Sa croupe, quoiqu'un peu courte et « abaissée, n'est pas sans distinction, et son ensemble rap- « pelle le cheval espagnol. Je ne doute pas qu'il y ait dans « ces chevaux du sang oriental. J'en trouve les indices d'abord ce dans leur robe grise, souvent truitée, qui devient blanche « avec l'âge, dans leur peau comparativement fine, leur poil « fin, leur belle crinière soyeuse, l'expression de leur physio- « nomie et tout l'ensemble de leurs formes. Le percheron est a doux de caractère, docile, franc du collier; il a une grande

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« force musculaire, beaucoup de fond, et ses allures sont « aussi vîtes qu'on puisse les exiger d'un cheval de trait. On « peut reprocher aux percherons des mouvements trop relevés « qui les fatiguent en embrassant peu d'espace. » {Manuel de V éleveur de chevaux^ t. I", p. 211-213.) La taille moyenne dans cette race est de l^'.SS.

2k° La race bretonne du Finistère ou race léonnaise, présente avec la percheronne une certaine similitude de taille et de conformation, mais elle a beaucoup moins de distinction ; la tête est plus longue et plus lourde, l'encolure plus longue, les reins moins droits^ le ventre plus descendu, les membres moins d'aplomb et moins solides; la croupe est plus avalée; les allures sont plus lourdes et moins soutenues, les crins plus abondants et plus grossiers. Une autre race de ce pays, celle du Conquet, fournit quelques carrossiers, ou au moins quelques bons chevaux de service moins lourds que les léonnais.

25° La race boulonnaise appartient pour sa masse corpulente aux races de gros trait, mais à celles de trait moyen par ses services, beaucoup plus actifs qu'on ne l'attendrait de sa conformation. Sa taille est plus élevée que celle des percherons (1".60 en moyenne), ses formes sont plus massives, sa vitesse et son fond ne sont pas moindres. Le cheval boulonnais a la tête grosse et longue, le chanfrein droit, les yeux petits, l'encolure courte et très-musclée 5 le poitrail large, le garrot un peu bas, la crinière double et grossière, la croupe double; la côte bien arrondie, mais le dos et les reins un peu ensellés; la peau épaisse, les membres robustes et chargés de crins. Ceux de ces animaux employés il y a quinze ans au service du transport de la marée du Havre et de Dieppe à Paris, faisaient 25 à 30 lieues par jour, à raison de 3 à 4 lieues à l'heure, lourdement chargés, et recommençaient le lendemain. Cette race fournissait

autrefois des chevaux de guerre à toute la noblesse ; elle portait alors le nom de race morine, et Henri IV l'estimait par-dessus* toute autre. C'est à tort que M. Mario t-Didieux donne cette race pour ancêtre à celle du Perche.

. 26** La race bourhourieme ne paraît être qu'une variété de celle boulonnaise. Sa taille varie entre 1°^.^^ et l^.ôS; ses formes sont un peu plus massives, et sa vitesse et son fond ont bien diminué. C'est presque exclusivement un cheval de roulage, d'artillerie et de train ; les plus forts sont destinés au gros trait.

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