CHEVAUX DE TB&IT LÉGER, DE SELLE OD DE CAVALERIE LÉGÈRE
10° L'ancienne race limousine^ qui fournissait des animaux d'une grande réputation pour le manège et la cavalerie légère, est à peu près complètement éteinte aujourd'hui. Elle était de taille plutôt petite que moyenne (l'^.SS à l'^.iâ); elle avait la tête fine quoiqu'un peu longue, et légèrement busquée, l'encolure grêle, rouée, avec le coup de hache, la poitrine plus haute que large, les hanches arrondies, le corps un peu long, les membres fins, nels et assez près de terre; elle avait plus de sûreté 'et de grâce dans les allures que de vitesse ^ mais elle ne manquait pas de fond. On fait remonter son origine aux croisades (xii^ et XIII® siècles). La race actuelle a pris plus de taille {V^M à 1"'.50), les membres se sont allongés, le garrot est devenu plus saillant, les membres plus longs; les hanches sont plus saillantes; on a gagné en vitesse d'allures, mais perdu en harmonie des formes. La robe de l'ancienne race était le plus souvent noire; celle de la race actuelle est baie ou alezane.
11** La race auvergnate, qui offre la même origine que la précédente, est cependant beaucoup moins pure^ sa taille est de 1".50 en moyenne. La tête est assez longue et un peu épaisse, le poitrail est resserré, le garrot bas, le dos et les reins droits avec la croupe de mulet ; les membres sont fins avec les jarrets souvent clos. Les allures de cette race sont très-sûres, douces et assez vites; elle est intelligente , vigoureuse et sobre. Peut-être
provient-elle de croisements de la race limousine avec une race indigène. Elle ne fournit guère qu'à la cavalerie légère.
là"* La race Camargue remonte probablement au yiip siècle et à la domination des Maures ou Sarrasins sur les rivages de la Méditerranée française. On reconnaît encore, dans cette race qui vit à l'état demi-sauvage, tous les caractères d'une race orientale, bien peu modifiée par le régime auquel elle est depuis si longtemps soumise. Sa taille est de l'^.^S à l'^.Sâ; sn robe est le blanc de diverses nuances et quelquefois le gris-fer; la plus commune est le blanc truité, robe assez commune dans la race arabe pure. La tête est carrée, sèche, avec l'œil saillant et grand; l'encolure est droite ou quelquefois rouée; le garrot saillant et la poitrine étroite; les hanches proéminentes j les membres longs, secs et nerveux. Cette race vivant en liberté est sobre et rustique, mais difficile à dompter; elle n'est pas douée d'une grande vitesse, mais possède un grand fond. Elle n'est soumise à aucun autre travail qu'au dépiquage des grains, en été, au trot, sur une aire découverte. Nous croyons que c'est à tort que David Low donne pour ancêtres à cette race, la race barbe, dont ses caractères la rapprochent beaucoup moins que de la race arabe.
IS** La race ardemaise est encore une race française possédant du sang oriental , probablement tartare, due au passage des Huns qui .envahirent la France septentrionale vers la moitié du v® siècle ap. J. C. « Les chevaux ardennais, dit Villeroy, <c ont la tête carrée, de beaux yeux, les jambes sèches, quoique a les boulets soient garnis de longs poils, et de bons pieds. Ils « ont de la vivacité, ils sont pleins de nerf et de cœur, bons a travailleurs, faciles à nourrir, robustes, infatigables. » L'Ardenne élève et exporte une grande quantité de chevaux {Manuel de Véleveur de chevaux^t ï, p. 207). Taille de i"',40 à l'".45.
Les croisements percherons et anglais l'ont désavantageusement modifiée dans ces dernières années.
14^* La race lorraine, paraît provenir de la même source que la précédente, mais elle reçut en outre, vers le milieu du XYiii^ siècle, une nouvelle infusion de sang arabe par les étalons polonais amenés par le roi Stanislas. « Ils sont petits, laids, « mais durs, infatigables et vivant de presque rien. » (Villeroy, ut supra ^ p. 205.)
15° La race bretonne du Morbihan possède certainement aussi du sang oriental, qui remonte soit aux croisades, soit aux étalons tartares, turcs et barbes achetés et introduits par les anciens États de Bretagne dans le dernier siècle (Eléouet). Cette petite race (l".3o à 1™.40) a la tête carrée et un peu forte, mais sèche avec les yeux grands et proéminents; l'encolure droite et mince-, les épaules droites et maigres, le garrot assez sorti; le dos et les reins souvent ensellés, la croupe avalée j les membres fins et secs avec les genoux larges, les jarrets droits et souvent clos. La robe est baie, noire, ou pêcbard, avec le poil long et fourni. Elle jouit d'un grand fond et d'allures douces et solides. Quatre autres races françaises présentent avec elle de grandes similitudes, quoique possédant ces qualités à un degré un peu inférieur; ce sont celles des Landes, de la Gascogne, du Morvan , de la Sologne et de la Hague (Normandie).
16° La race tartare est une des races orientales pures, mais variant en taille et en qualités suivant les contrées qu'elle habite, dans laTartarie et la Russie d'Asie, Elle forme en grande partie la cavalerie irrégulière de la Russie et se distingue par sa vitesse et sa rusticité, bien plus que par la beauté de ses formes. Sa taille moyenne est de l'".45 à 1".50. Sa tête est forte et carrée, son encolure longue et droite, son ventre levretté, sa croupe avalée, son dos tranchant, ses hanches saillantes, sa queue attachée bas.
Sa robe est baie ou noire avec le poil long, fourni et grossier. Elle est infatigable, d'une rusticité et d'un fond extraordinaires. La race cosaque qui en est is'sue a un peu plus de taille, avec les mêmes qualités.
IT** La race suédoise est de petite taille (1".30 environ). « Elle « ressemble presque aux galloways d'Ecosse; de conformation « robuste, élégante, distinguée; intrépides et de petite taille, c< parfaitement harmonieux dans leurs proportions, ils sont « plus propres à la course qu'au trait. Leur robe est grise ou « châtain foncé, le plus souvent accompagnée de belles pom- « melures. Les bruns ont toujours une crinière noire ainsi « que la queue, et une raie noire sur le dos. Outre celui-ci, il « y a encore le cheval de traîneau , de plus forte taille et de (c conformation plus légère; la vitesse avec laquelle ils trottent a est remarquable; ils parcourent souvent en une heure un « trajet de 8 milles (10,500 mètres). Les plus vites de ces « trotteurs se vendent souvent 2,600 francs chaque. » (Youatt et Cécil, ut supra, p. 13.)
18° La race du Galloway est le poney anglais par excellence. Sa taille est de 1"'.40 environ ; son poil est bai clair ou brun; la tête et Tencolure fines , les membres déliés et secs; ses qualités sont la vitesse, la vigueur et la sûreté des allures; l'un d'eux accompht en 1,000 heures l'étonnant trajet de 1,360 kilomètres. Cette précieuse race est presque complètement disparue aujourd'hui. Il existe en Angleterre plusieurs autres races de poneys, celles du Wales, du New-Forest, d'Exmor et de Dartmor,des Highlands et des Shetlands, mais généralement plus petits, plus lourds, moins bien conformés, moins vites et moins solides que le galloway.