CHEVAUX DE GROS TRAIT
27** La race flamande ou hollandaise^ la plus grosse et la plus grandedesraces chevalines connues, atteint jusqu'à l^.TOaugarrot. Sa robe est généralement noire, rarement baie ou rouanne. Sa tête est volumineuse ; son encolure massive; son poitrail très-large; son dos, ses reins et sa croupe sont doubles; les membres sont longs et assez fins, les pieds sont gros avec la corne tendre ; les jarrets sont un peu étroits. C'est le cheval du gros roulage ou des transports au camion. Il est mangeur insatiable, vigoureux pour des efforts non persistants, et lent dans son allure.
28. La race clydesdale n'est autre que le cheval flamand importé par le duc d'Hamilton, et croisé par lui avec les jumenls du Lanarck. La robe est restée noire; la taille est de i'".62-, les formes sont un peu plus légères que celles du flamand, mais il a plus d'énergie et un peu plus de vitesse dans l'allure.
29° L'ancienne race noire d'Angleterre appartenait comme la flamande à ce type originaire qui vivait dans les marais et forêts au nord du Pont-Euxin, qui passa en Italie, en Espagne,
en Afrique et dans le Nord, où la Hollande nous l'a conservé presque pur. Cette race anglaise à robe noire a la tête grossière, les oreilles grandes et les lèvres épaisses, largement garnies de poils; l'épaule lourde, mal faite; les membres robustes et velus, les sabots larges et les paturons courts et droits. Ils sont forts, mais mous et sans ardeur. Cette race fut améliorée par Backwell (1760).
30^* La race suffolk-pmch appartient d'après David Low, à un type du nord de l'Europe et de l'Asie, de couleur brun clair avec une raie noire sur le dos, et qui fut importé en Angleterre et en Normandie oii il aurait peut-être formé la race du Merlerault. La robe du sufîolk-punch est le brun clair, presque alezan; sa taille est de l^'.SS environ; sa tête longue et grosse, son encolure assez longue et massive; ses épaules et ses cuisses bien musclées ; le corps un peu court, la croupe avalée, les membres bas, solides et bien d'aplomb. Il est plus énergique que le cheval noir et que le clydesdale, et sert au roulage et au camionnage; c'est la meilleure race de gros trait de l'Angleterre.
SI» La race suisse noire pourrait bien avoir la même origine que la grande race noire anglaise. Sa taille moyenne est de 1"".55 à l'^.eo. Sa tête est grosse et un peu camuse ; son encolure est courte et bien musclée; sa croupe plate, avalée 5 son ventre tombant 5 le garrot bas avec le dos ensellé ; les membres grêles, avec des articulations étroites. Cette race est puissante mais peu énergique ; son emploi est le roulage et les transports. '
32'' La race comtoise paraît descendre de la précédente ; elle présente avec elle les plus frappantes similitudes de conformation. Ce sont de bons animaux de roulage , mais on leur reproche de ne pas savoir trotter, et de manquer de nerf et de vigueur.
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33*' La race poitevine^ dont on ignore l'origine, est de haute taille (1™.60 en moyenne). Elle a la tête carrée, et grosse ; les yeux petils; Tencolure épaisse; la poitrine large , les épaules charnues, le garrot bas; le ventre tombant ; la croupe plate et courte; les flancs longs; la côte plate; les membres courts, forts, velus et les pieds plats et faibles. La peau est exlraordinairement épaisse. La robe est tantôt blanche, tantôt baie, quelquefois noire. Ce sont de bons animaux degrés trait, mais plus recherchés encore pour leur aptitude spéciale à la production mulassière.
S?!'" La race bretonne des Côtes-du-Nord est un peu moins grande que la précédente (l^.SO à l^.SS). Sa robe la plus ordinaire est le gris pommelé , quelquefois truité , ou encore le rouan vineux clair. Les meilleurs animaux sont élevés aux environs de Tréguier et surtout de Lannion . Ils ont la tête courte et carrée avec le chanfrein droit et quelquefois camus ; l'encolure est droite, courte et épaisse ; la crinière courte et grossière ; le garrot est bas et gras; les épaules sont charnues ; la poitrine large ainsi que les reins et la croupe qui est double et avalée. Les membres sont forts, chargés de crins avec les paturons courts et les sabots médiocrement larges. Ces animaux sont durs à la fatigue, assez rustiques et assez vites danjs leur allure.
Nous n'avons point la prétention d'avoir cité ici toutes les races chevahnes de l'Europe, mais seulement les principales ou celles qui offrent les caractères les mieux déterminés. Celles de la Russie, de l'Autriche , de l'Allemagne enfin, sont encore peu connues, sinon par leurs noms : polonais, hongrois, prussiens, wartembergeois, bavarois, transylvains, moldaves , etc. D'autres ont disparu complètement , telle est celle des Deux- Ponts créée par métissage, au moyen de juments anglaises et
d'étalons arabes et qui jouissait, au commencement de ce siècle, d'une réputation méritée. Il est bon de faire remarquer ici, que c'est à l'anglomanie, à l'introduction partout et toujours du pur sang anglais , que la France doit la perte de deux races fort estimées, celles navarrine et limousine. La première, qui n'était autre que celle andalouse, vit commencer sa détérioration en 1779 par l'introduction d'étalons arabes; le comble fut mis à sa ruine par le mélange du pur sang anglais en 1804. La seconde, qui s'était améliorée de 1761 à 1791 par le sang barbe, reçut en 1803 le sang arabe, et disparut avec l'introduction du sang anglais vers 1825. D'un autre côté, cette même race anglaise a sensiblement contribué à l'amélioration des races mecklenbourgeoise , holsteinoise et normande. On ne doit donc procéder qu'avec une grande prudence dans toute amélioration par croisement.
Le tableau officiel suivant nous fournira un intéressant sujet d'études sur l'application des diverses races françaises au service de Parmée. Il a trait à la mortalité des chevaux de troupes en France en 1845.
Races et provenances. EfFectif. Mortalité sur 1000. Moyenne proportionnelle.
ou 1 sur 15
Limousine et auvergnate
ou 1 — 14
ou 1 — 13
ou 1 — 13
Normande et anglo-normande.
ou 1 — 13
ou 1 — 12
ou 1 — 11
ou 1 — 11