‹ Traité de l'économie du bétailChapitre 12 sur 64 · sur8,000ou 1 sur · texte numérisé non relu

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Quoique la population chevaline de la France se soit très-

sensiblement accrue depuis le commencement de ce siècle (1), la production ne suffit point encore à la consommation , et en 1851, d'après le compte rendu de l'administration des haras, on importait 13,985 chevaux dont la provenance suit, tandis qu'on n'en exportait que 9,014. En 1848, l'importation s'élevait à 16,594 têtes, et l'exportation à 5,836 seulement.

On remarquera que si nous sommes tributaires des îles Britanniques pour nos chevaux de courses, elles sont obligées d'avoir recours à nous pour nos étalons flamands, bretons et surtout percherons, dont elles se servent pour améliorer leurs races de gros trait. Car les Anglais ont spécialisé chacune des aptitudes de leurs races d'animaux domestiques dans l'espèce chevaline comme dans celles bovine, ovine et porcine. C'est ainsi qu'ils ont le cheval de course (tJioroughhred); le cheval de chasse [himter] 5 le cheval de dames {hackney) ; le cheval de voyage [roadster] oule cheval d'amble [pad) ou le double poney [coh.)\ le cheval de voiture ( coach-horse ) ; le cheval de cavalerie [military-charger) ; le cheval de charrette (cart-horse) ; le cheval de baquet (dray-horse), et enfin, le cheval de culture

(1} Lavoisier l'estimait en 1791 à 1,781,500 têtes.

La statistique ofticielie indiquait en 1822 2,220,000 —

Provenance des importations de 1851. Têtes.

Association allemande . . 2,325

Belgique 9,742

Angleterre 950

Espagne 46

États sardes 171

Suisse 567

Algérie 170

Autres pays 14

Destination des exportations de 1851. Têtes,

Association allemande. . 443

Belgique 518

Angleterre 1,444

Espagne 1,615

États sardes 2,677

Suisse 2,086

Algérie et colonie 196

Autres pays 35

en 1841

Elle est aujourd'hui de plus de

[farmer s-horsé) . En France nous ne distinguons guère que le cheval de gros trait ou de roulage , le cheval de diligences , le cheval de carrosse, et le cheval de selle. Parmi les animaux de ces quatre catégories, le luxe, l'armée et Tagriculture doivent trouver chacun ce qui leur convient, ou plutôt l'agriculture fait son service avec les animaux qu'elle livrera de 4 à 6 ans au luxe et à l'armée , conservant jusqu'à la fin ceux qui sont impropres aux attelages de villes ou à la cavalerie nationale. Aussi voyons-nous que les remontes doivent souvent s'approvisionner à l'étranger; or on comprend quelle importance prend la question lorsqu'une guerre vient nous fermer les marchés du dehors. Notre colonie d'Afrique va nous fournir un précieux concours pour la remonte de nos troupes légères; reste à savoir quelle sera l'influence du climat sur ces animaux, comme énergie , vigueur, rusticité , et surtout longévité. C'est ce que le temps seul et l'expérience pourront nous enseigner.

La population chevaline de l'Europe s'élève à près de 39 inillions de têtes, et se divise ainsi :

Empire russe 17,000,000 têtes.

MoDarchie autrichienne 3,106,000 —

France 2,818,000 —

Angleterre , 2,600,000 —

Confédération allemande 2,277,000 —

Turquie d'Europe 1,950,000 —

Monarchie prussienne 1,800,000 —

Portugal 1,613,000 —

Belgique 1,200,000 —

Suède, Norwége, Danemark : 700,000 —

Italie 700,000 —

Espagne 650,000 —

Suisse 350,000 —

Hollande 300,000 —

Total 38,536,000 têtes.

— lis —

Les chemins de fer, en remplaçant une partie des voitures publiques, tendront à multiplier le nombre des chevaux, loin de le diminuer ; seulement ils changeront la nature des services qu'on leur demandera. C'est ainsi que l'espèce des chevaux de diligences lourdes, du Iransport delà marée, de voyage à selle, de roulage, a déjà à peu près disparu dans la plus grande partie de la France; tandis qu'on demande davantage d'animaux pour les voitures légères , pour le cabriolet , pour le ca- ^nionnage , et le factage des villes; on exige moins de force, plus de vitesse et de fond. L'amélioration doit donc être dirigée dans un autre sens.

B. Races bovines.

David Low, avec son talent ordinaire, a savamment discuté, dans son Histoire naturelle agricole des animaux domestiques de la Grande-Bretagne , l'origine présumable du bœuf domestique. Après avoir examiné successivement les différents groupes du genre taurus, bison, yack, bœuf musqué, buffle, gyall, zébu, etc., Low pense que le bœuf domestique doit être rapporté à un type sauvage qui , sans doute , a cessé d'exister. « On peut diviser, ajoute-t-il, l'espèce bovine en deux types a distincts, celui du Caucase et celui des Indes, auquel nous «t pourrions en ajouter un troisième, originaire d'Afrique, « probablement , si nous connaissions mieux les races de ce « pays. » L'histoire des peuples nous enseigne en effet , que les migrations se sont toujours effectuées de l'orient à l'occident et du nord au sud. Pour nous , nous inclinerions assez à considérer la race hongroise actuelle, comme le type de l'espèce bovine en Europe, et nous rencontrons de nouvelles présomp-

lions dans les noies publiées à propos de l'exposition universelle agricole de 1856 par le gouvernement autrichien. « La race a blanche, de grosseur moyenne, et à longues cornes du a Highland écossais, dit dans ces notes le docleur Hlubek, la « race blanche, dont il ne reste par malheur que des ossements « fossiles et des spécimens empaillés que Ton peut voir au « musée britannique, à Londres, a une telle ressemblance avec « la race hongroise, qu'à la première vue, on est toul étonné « d'y renconlrer le type identique du bœuf hongrois ordinaire. « Une autre circonstance qui contribue à faire considérer la (( race hongroise comme race mère de l'espèce bovine, c'est « que l'on rencontre dans la campagne de Rome, au centre de « l'ancien empire romain, des bestiaux qui, par la conforma - « tion de leur tête, offrent une grande similitude avec la race « hongroise. » Il serait puéril d'objecter que, suivant Hérodote et Hippocrate, les bœufs de la Scythie n'avaient point de cornes à cause de la rigueur du climat. Seulement le docteur Hlubeck se trompe en croyant l'ancien type perdu en Angleterre; David Low cite le troupeau d'environ 180 animaux de la race sauvage blanche des forêts, conservé dans le parc antique de Chillingliam, propriété du comte de Tankerville. Ainsi, nous prendrons donc la race hongroise pour type primitif. Ce point, du reste, n'a pas une très-grande importance.

M. Villeroy rapporte à deux types les bêtes à cornes du conlinent européen, formant ainsi deux grandes divisions :

a 1° La race hollandaise qui a peuplé les riches pâturages « des bords de la mer jusqu'au Danemark, et qui est aussi la « souche de la race flamande , selon toute probabilité, et des « races normande et anglaise.

a 2° La race suisse qui , des Alpes comme point central , « s'étend tout autour dans un rayon plus ou moins étendu.

« C'est cette race qui peuple le Jura , une partie des Vosges, « le bassin du Rhin jusqu'à Manheim, le duché de Bade, le « Wurtemberg , la Bavière , l'Autriche , l'Italie, et toutes les « provinces allemandes qui avoisinent la Suisse. » (Manuel, de l'éleveur des bêtes à cornes, p. 77.) Nous croyons que pour la France , il est indispensable d'adjoindre à ces deux types un troisième, celui de Salers , qui ne saurait rentrer dans aucun des autres , qui se distingue par des caractères et des aptitudes spéciales, et dont la descendance est nombreuse et facile à suivre. Ainsi nous dédoublerons le type primitif en trois types secondaires : hollandais , salers et suisse. Et comme dans l'espèce bovine les aptitudes sont multiples et quelquefois réunies à certains degrés dans une race, nous prendrons dans cette étude , la voie de classification par origines , à rencontre de ce que nous avons dû faire pour l'espèce chevaline.

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