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TTPE PRIMITIF OU HONGROIS

V La race hongroise dont celles de la Podolie et de l'Ukraine sont des variétés, ou des races peu distinctes, a le pelage blanc; assez haute taille, cornage démesuré d'un mètre au moins, tête massive, poitrine assez resserrée, membres longs, squelette développé, formes saillantes, voilà le bœuf hongrois dont on ne tire parti qu'en le consacrant à la boucherie au moment où l'abondance du pâturage Ta mis un peu en chair; sa femelle est fort mauvaise laitière. Dans la race de l'Ukraine ou des steppes , le pelage des animaux , rouge dans la jeunesse, devient avec l'âge gris clair ou blanc, quelquefois avec raie de mulet, et les yeux cerclés de gris foncé. Cette race est un peu plus petite que celle hongroise, mais un peu plus disposée à prendre la graisse. La podolienne varie en taille

suivant la richesse du sol, ici plus grande que celle de Hongrie, là plus petite que celle des steppes, mais ses caractères de conformation conservent à peu près la même similitude. Cependant , elle est celle des trois qui montre peut-être le plus de dispositions à s'engraisser. Enfin la race sauvage blanche des forêts de l'Angleterre se rapporte encore bien évidemment à ce type. Elle n'est conservée qu'à titre de curiosité dans les parcs enclos de quelques riches lords. Sa conformation est à peu près la même que celle de la race hongroise , moins la taille et le cornage qui ont un peu diminué. Mais la robe est restée blanche, avec le mufle gris et l'intérieur des oreilles noir, le poil plus long et plus épais, et une sorte de crinière sur le garrot des mâles. Ces troupeaux vivent complètement à l'état sauvage , -cependant, un ou deux seulement sont restés parfaitement purs. Un des caractères les plus distinctifs de cette pureté, c'est une peau souple, onctueuse et de couleur Jaune foncé.

â° La race west-highland pure, est bien évidemment issue de l'ancienne race blanche des forêts d'Angleterre ; le pelage a changé : il est noir ou brun, ou encore mélangé de noir et do brun, mais il naît assez fréquemment des animaux blancs parfaitement semblables à la race sauvage, et qui présentent jusqu'aux déchirures des oreilles. Dans les Hébrides extérieures mêmes, la couleur du bétail, dit David Low, est assez généralement d'un brun blanchâtre analogue à celle du bétail du parc d'Hamilton. Les membres sont courts, bien musclés, la poitrine large et profonde, les côtes bien arrondies, le dos et les reins • droits. Les bœufs sont rustiques et montrent une certaine disposition à l'engraissement; les femelles sont mauvaises laitières. Cette race a été dans ces derniers temps améUorée pour la graisse.

3" La race de Pemhroke, ne diffère d'après David Low, de la race blanche des forêts que par son pelage. Elle a les cornes distinctives de la race sauvage, ainsi que la peau jaune et onctueuse qui la caractérise. Les cornes sont fines, coniques, contournées et noires vers la pointe; la peau souple et bien couverte de poils est d'un jaune foncé. Le pelage le plus ordinaire et le plus estimé est le noir. La taille est assez élevée, et les quartiers sont maigres. Les bœufs sont rustiques, bons mangeurs et engraissent assez promptement; leur chair est excellente et ils font beaucoup de suif. Les femelles sont bonnes laitières. Cette race convient peu pour le travail. Elle a donné naissance aux sous-races de Caërnarvon, Mérioneth et Anglesea.

4** La race de Glamorgan (Angleterre) possède la même couleur orange qui distingue les pembrokes et les races voisines, et semble dit David Low, indiquer ainsi l'origine de toutes ces races. Le pelage des glamorgans est brun foncé, ordinairement mêlé de blanc , lequel est disposé généralement sous le ventre, et en ligne sur les reins, et nous retrouvons cette particularité dans la race de Hereford. La poitrine est moyennement développée. Les bœufs sont assez aptes à prendre la graisse et les femelles sont bonnes laitières. Quelques personnes prétendent que cette race reçut du sang étranger, sous Guillaume le Roux (1087-1100). Quoique David Low paraisse repousser cette opinion, il nous semble reconnaître dans la conformation et les aptitudes de cette race des traces du sang hollandais.

5" La race de Hereford (Angleterre) eut sans doute pour origine celle du Glamorgan croisée, suivant l'opinion de David Low, avec l'ancien ne race grossière du Devon. La taille des he- * refords est élevée ; leur pelage est rouge sombre ou brun rougeâtre avec la tête, le ventre et les reins le plus ordinairement blancs, et la peau d'un jaune orangé. Les cornes sont de

moyenne longueur comme celles des pembrokes et des glamorgans; la poitrine est large et profonde. Les bœufs sont trèspropres au travail, s'engraissent facilement et donnent d'assez bonne viande; les femelles sont beaucoup plus petites et sont médiocres laitières. Cette race a été améliorée par Benjamin Tomkins vers 1769.

6° La race du Devon (Angleterre) a également la peau jaune orangé-, son pelage est le rouge brillant, avec les yeux entourés d'un cercle de même couleur que la peau, de même que le nez et l'intérieur des oreilles. Les devons sont inférieurs en taille aux herefords; les femelles, également plus petites que les mâles; le cornage de moyenne longueur; le cou est long et la poitrine médiocrement développée ; les épaules obliques, les membres minces et longs 5 le corps long aussi. Les bœufs sont très-bons et très-vifs au travail, engraissent assez bien et donnent de très-bonne viande; les vaches sont médiocrement laitières; mais leur lait est très-riche. Elle a dans ces derniers temps été bien améliorée pour la boucherie.

M. François Bella assigne à la race du Devon une origine allemande : « D'après les bêtes à cornes que j'ai vues en Saxe « et dans une partie de la Bohême , dit-il , je suis convaincu « que les devons sont venus en Angleterre avec l'invasion des a Saxons; c'est évidemment le même type. » (Annales de Grignon, t. XIL)

7** La race du Sussex (Angleterre) ne présente pas toujours ce toucher onctueux et cette couleur jaune de la peau qui caractérisent les précédentes; néanmoins, elle semble remonter au même type, croisé sans doute avec diverses races et particulièrement avec celle du Southdown, plus haute de taille que le northdown. Les sussex ont les cornes plus longues que les races précédentes, les épaules et les jambes grosses , et assez

longues. Ils sont plus courts de corps que les devons, et moins rapides au travail quoique presque aussi résistants. Leur robe est rouge clair avec des taches blanches sur la face et le corps. Les vaches sont de très-médiocres laitières.

8° La race du Kerry (Angleterre) nous offre les lignes d'une descendance plus directe; son pelage est ordinairement noir avec un sillon blanc le long de Téchine, et souvent aussi, le ventre blanc. La peau est molle, onctueuse et de couleur jaune orange, visible autour des yeux, du mufle et dans les oreilles. Leur taille est moyenne ou même petite, leurs cornes fines et de longueur moyenne 5 leur conformation est assez bonne, et ils sont rustiques. Les bœufs engraissent bien et donnent de bonne viande, mais ils sont peu aptes au travail; les vaches sont excellentes laitières. Une sous-race a été créée par les soins améliorateurs de M. Dexter dont elle porte le nom. Elle a les formes plus cylindriques, les membres plus courts 5 elle présente plus d'aptitude à la graisse, sans avoir perdu de ses facultés laitières.

9" La race de Canley-Dishley ou à longues cornes, telle que nous la connaissons aujourd'hui, a été obtenue vers 1760 par les soins de Robert Backwell. Mais si nous nous rapportons à l'ancien type de la race, décrit par David Low, il sera facile de retrouver Forigine primitive de cette race. « La couleur domi- « nante des animaux, dit-il, était le brun ou le noir, avec plus a ou moins de blanc sur le corps, une bande de cette couleur « s'étendant toujours sur Tépine dorsale. Ils avaient un cuir « brun, épais, et le poil abondant. Leurs cornes étaient lon- « gues et dirigées en bas. Leur corps était long, leur côte plate « et leurs épaules pesantes. Ils se mélangeaient difficilement « avec d'autres variétés , et conservaient leurs caractères dis- « tinctifs avec une ténacité plus grande qu'aucune autre

« race. » La race actuelle a conservé le même cornage et la même robe; mais la taille s'est un peu abaissée, le squelette a diminué; les formes se sont arrondies; l'aptitude à la graisse s'est développée 5 la viande a gagné en couleur et en qualités, mais les facultés laitières ont presque complètement disparu.

10° La race de Mûrzthall (Autriche) nous ramène au type original, à la race hongroise. Son pelage est gris blaireau; c'est une race mixte de lait et de graisse. Les bœufs rendent de 60 à 65 0/0 de poids vif en viande nette, et produisent 1 kilog. de viande par 30S240 de foin ou l'équivalent; les vaches produisent en moyenne 2,000 litres de lait par an. Elle présente quelques similitudes de conformation avec la race de TAIIgaù.

ir La race de Ifana/io/f (Styrie- Autriche) a le pelage gris, quelquefois pie rouge, souvent blanc 5 elle a les cornes plus courtes que les mùrzthalls, est plus haute sur jambes, moins laitière et moins apte à l'engraissement.

12° La race de V Oberrinnthall (Tyrol- Autriche) porte la robe grise ou jaunâtre; elle est haute sur jambes et a la poitrine resserrée; néanmoins son développement est précoce et son aptitude assez grande à la graisse, mais surtout au lait.

13° La 7'ace styrienne (Sty rie- Autriche) , est une race des montagnes, plus petite que la précédente; de robe blanc jaunâtre; elle est haute sur jambes, et malgré cela, de formes assez arrondies. Peu difficile sur la qualité des fourrages, elle donne à la fois de la viande et du lait; elle est sobre et rustique.

14° La race bohémienne est de même taille que la styrienne; c'est aussi une race de montagnes ; son pelage varie du blanc jaunâtre au rouge clair j elle est rustique, mais peu laitière et médiocre à l'étable. Une autre race très-voisine, celle silésienne ou morave, a presque disparu sous les croisements.

IS** Les races romagnole et sicilienne appartiennent bien évidemment encore au type podolien, ou mieux hongrois. La première est d'ane taille élevée; la seconde, d'une stature moyenne. Toutes deux ont de longues cornes étalées sur les côtés de la tête, et relevées au bout ; leur robe varie du blanc au blanc sale et au gris; elles sont très-aptes au travail, mais nullement au lait ni à la graisse. Les veaux naissent avec la robe rousse et changent peu à peu de couleur. La race de Sicile surtout, présente fréquemment des cornes de 1 mètre de longueur chaque.

Telles sont les races qui nous ont paru pouvoir être plus directement rapportées au type primitif, soit par les caractères de conformation qu'elles ont conservés, soit par les distinctions de pelage, de peau et de cornage, qu'elles reproduisent avec une certaine constance. Il nous semble qu'on n'a point assez tenu compte de ces divers points en recherchant la filiation dans l'espèce bovine, et David Low nous a toujours semblé trop négliger les indices fournis par la robe, quoiqu'il ait remarqué la constance de l'ancienne race du Hereford, à ce point de vue. Il est bien vrai que l'homme peut changer la couleur d'une race, en éliminant de la reproduction tous les animaux qui n'offrent point les particularités qu'il désire; les races anglaises nous en fournissent de nombreux exemples. Mais il n'en est pas moins vrai que le croisement de deux animaux de races dififérentes et ayant chacune un type de pelage, nous révélera presque à coup sûr le degré d'ancienneté de chacune de ces deux races. Ainsi, deux vaches croisées hollandais et flamand , présentées aux concours de Lille en 1849 et 1850, étaient pie noir, quoique cette robe soit fort rare dans la race flamande, descendue comme nous le verrons, de la race hollandaise. La race de Hall ou d'Anspach est rouge à face blanche; or, les

croisements halls-hollandais tentés depuis 1775 à Triesdorf (Bavière), sont généralement de robe pie rouge et surtout pie noir. Dans les croisements herefords-hoUandais de M . Mertens d'Ostin , près de Namur, les produits sont de robe pie noir. Un croisement durham-west-highland obtenu à Grand-Jouan, hérita de son père des Highlands, son pelage rude, grossier et fourni. Nous rapporterons du reste successivement des faits se rapportant à chaque tjpe.

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