‹ Traité de l'économie du bétailChapitre 18 sur 64 · TYPE DES LANDES OD DES COLLINES, A LAINE LONGUE ET GROSSIÈRE · texte numérisé non relu

TYPE DES LANDES OD DES COLLINES, A LAINE LONGUE ET GROSSIÈRE

13° La race bretonne (France) est de petite taille ; les cornes manquent fréquemment chez les deux sexes ou bien n'existent qu'à l'état rudimentaire 5 la tête est courte et large au front; le lainage long, jarreux, grossier et blanc, rarement noir. C'est une race rustique et assez laitière, vivant en troupeaux sur les bruyères pendant toute l'année. Elle est lente à prendre la graisse, mais fournit une viande très-délicate.

14° La race solognote (France) appartient évidemment au type précédent dont elle ne se distingue que par la tête un peu plus longue, et recouverte comme les pattes d'un poil assez fin et de couleur jaunâtre. La toison est à peu près de même poids et de même qualité; la taille, les aptitudes, le régime sont également semblables.

15° La race des landes de V Allemagne (Landschaft) se rapproche considérablement des précédentes ; elle est de petite taille, et toujours armée de cornes grises, brunes, ou noires, et couverte d'une toison longue, grossière, de couleur blanche, et propre seulement à la fabrication des chapeaux grossiers. Sa viande est très-estimée pour sa saveur. Cette race est très-rustique.

16° La race des ravats bourbonnais (France) se rapproche également des races bretonne et solognote; même taille, même toison longue et rude, peut-être plus jarreuse encore. Transportés dans un pays plus riche, ils engraissent assez

promptement et produisent une excellente viande. On en engraisse beaucoup dans le Berry.

17° La race landaise de la Gascogne (France) forme un second démembrement de ce type que son chanfrein busqué semblerait indiquer comme ayant reçu quelque peu de sang mérinos; néanmoins, son oreille est longue, large et tombante, la toison droite, longue et jarreuse, ses gigots grêles, et le fanon presque absent ; mais elle est sobre et parfaitement appropriée au triste régime auquel on la soumet.

18° La race auvergnate (France) a également le chanfrein busqué, la toison blanche, longue et méchue^ elle se subdivise en deux sous-races : celle d'Aubrac, de petite taille, à laine jarreuse et à toison fournie j celle des Causses, un peu plus grande, à laine plus longue et toujours vrillée; toutes deux rustiques et sobres, surtout la première. La sous-race dauphinoise paraît issue de la race précédente, ou peut-être du mélange des deux sous-races.

3. TYPE DES PLAINES ET COLLINES CALCAIRES OU GRANITIQUES, A LAINE UI-LONGUE ET MI-FINE.

19° Race à laine douce du pays de Galles (Angleterre). Cette race est de petite taille ; à cornes minces, légèrement courbées et renversées en arrière, manquant souvent chez le mouton et la brebis; leur nez est jaune ou blanc, leur toison blanche d'ordinaire mais quelquefois brune ou noire; la laine est mélangée de jarre, mais très-douce, mi-fine et particulièrement propre à la fabrication des flanelles. Ils portent comme la chèvre une sorte de barbe sous la gorge. Elle a donné naissance à la sous-race d' Anglesea qui n'en diffère que par sa taille

un peu plus élevée. Elle semble avoir également produit par son croisement avec la race des montagnes du Galles, la sousrace du Radnor, d'assez haut poids, à laine de peigne pour les flanelles et bien conformée pour prendre la'graisse.

20'' La race ryeland (Angleterre) se rapproche aussi de la précédente; elle est de petite taille, de formes compactes, gracieuse et bien conformée. Les deux sexes sont privés de cornes; leur toison est très-fine, très-tassée, et vient en Angleterre, au second rang sous ce rapport, c'est-à-dire après le mérinos. Cette race est en même temps robuste, rustique et assez propre à la boucherie. Il est probable que cette race reçut autrefois quelque peu de sang espagnol, quoique les seules traces restées soient dans le lainage.

La race cheviot (Angleterre) à laine mi-courte et assez fine, provient de la race sauvage des bruyères, croisée par quelque race à laine plus fine ; ils ont le plus ordinairement la tête et les pattes brunes ; ils sont de taille et de poids moyens ; leur toison est mi-courte et rai-fine, propre à la fabrication de certains draps. Ils engraissent assez bien et produisent une viande assez estimée. On la croise beaucoup avec le dishley ou newleicester.

22^* La race berrychonne (France) ne se rapproche des précédentes que par les qualités de la toison mi-courte, mi-fine, et la plus estimée parmi celles françaises, jusqu'à l'introduction des mérinos. Cette race est de taille et de poids moyens; elle a l'encolure longue et grêle; la tête fine et allongée, rarement garnie de cornes, mais munie d'un toupet laineux ; pas de fanon ; le ventre bien garni de laine, les. membres assez fins ; elle marche assez bien, engraisse avec assez de promptitude et fournit une bonne viande. Les toisons noires ne sont pas trèsrares. On l'a divisée à tort, je crois, en deux sous-races : de

Crevant, qui est la race pure, encore appelée bocagère, et de Brion, qui est la race plus ou moins mélangée de solognot ou d'autre race.

23° La race du Larzac (France-Aveyron) nous semble appartenir à la race précédente, modifiée par un peu de sang mérinos, dont on retrouve la trace dans le chanfrein busqué et le lainage, et du croisement duquel on a des preuves certaines. La taille est moyenne, le corps plus long, les gigots mieux garnis, la toison plus tassée et plus fine que dans la race berrychonne ; les femelles sont très-laitières, et leur produit est employé à la confection du fromage de Roquefort. Les mâles sont très-aptes à Tengraissement , et leur viande est très-délicate.

24° La race agénaise (France) se rapproche assez du type berrychon pur j sa tête est cependant un peu plus courte et sa toison moins fine et moins tassée; mais elle est mieux culottée et plus large du devant.

25° La race des falaises de la Bretagne et de la Normandie (France) est de petite taille, de formes sveltes et fines; elle a souvent les pattes et le museau bruns; sa toison est tassée courte et assez fine; elle vit sur les rochers qui bordent les côtes et produit une viande très-estimée sous le nom de prés salés. A part la taille, cette race ne manque pas de rapports avec les southdowns; mais mélangée sans cesse avec les races fimitrophes , elle n'est pas très-constante ; c'est aux environs de Granville qu'on la rencontre la plus pure.

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