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RACES A OREILLES COURTES ET DROITES

11" La race normande d'Auge (France) a la tête petite et pointue, les oreilles étroites, le corps allongé, les pattes courtes et assez fines, les reins presque droits, les jambons bien musclés. Elle est de couleur blanche et de taille moyenne. Elle est un peu plus précoce et plus facile à mettre en chair que la race normande commune ou de Nouant. Elle semble avoir été quelque peu améliorée par du sang anglais. Elle peut atteindre, grasse, au poids vif de 300 kilogr., tandis que celle de Nouant arrive fréquemment à celui de 350 à 400 kilogr.

12** La race charollaise (France) est de couleur pie noir et ressemble un peu à celle bressane, mais elle est plus petite, a le corps «noins long, la côte plus plate et les membres plus courts. Elle est d'un engraissement assez prompt et donne une excellente viande. C'est une des bonnes races françaises, mais qu'il serait facile d'améliorer encore soit par elle-même, soit par le croisement.

13° La race limousine (France) est de taille moyenne, de couleur pie jaune et noir ou blanc et noir ; elle a la tête assez légère avec le museau pointu , la poitrine assez large ainsi que le dos et les reins qui sont presque droits 5 la côte est bien tournée, et les membres courts quoique assez gros.

14'' La race du Quercy (France) se rapproche beaucoup de celle du Limousin par sa couleur et sa conformation ; mais elle a la tête plus courte et plus large et porte comme la race craonnaise de la vallée, deux sortes de pendeloques sous la ganache. Son dos et ses reins sont un peu voûtés; sa couleur est pie noir.

quelquefois entièrement noire. Ces deux races paraissent avoir reçu du sang italien, ou chinois.

15° La race westphalienne (Allemagne) a les soies de couleur rougeâtre, le dos arqué, le ventre levrette, la tête grosse et longue. Elle est sobre, mais médiocrement féconde; c'est une race de forêt , dure à engraisser, mais donnant une viande succulente et très-estimée, surtout pour les jambons. On la trouve dans l'est de la France, les Vosges et les Ardennes.

16° La race turque ou de Mongolitz (Turquie), a le corps court et arrondi , les membres courts et fins , les soies rares, frisées, noirâtres et d'un rouge brun (Magne). Elle est assez précoce et facile à mettre en chair. Elle présente une certaine similitude avec les races chinoises.

17° La race napolitaine (Italie) est de petite taille, noire et dépourvue de soies ; mais celles-ci reparaissent après quelques générations quand on l'importe dans des climats plus septentrionaux. Elle produit une viande très-savoureuse qui la fait employer par les Anglais à l'amélioration de quelques-unes de leurs races. Les sous -races de Parme et de Malte jouissent des mêmes qualités et en diffèrent à peine dans la conformation.

18° La race chinoise (Chine) présente une grande variété de taille et de couleur, tout en conservant à peu près la même conformation ; la* race siamoise qu'on trouve dans le Birman et le Cambodge est de couleur noire, de petite taille avec le corps cylindrique , et les reins un peu ensellés ; les soies sont rares, fines et très -douces ; les femelles sont moins prolifiques et moins laitières que celles de nos races européennes , mais les jeunes animaux sont très-précoces et engraissent avec une merveilleuse facilité. La race de Canton présente à peu de chose près les mêmes caractères, mais elle est blanche. Toutes deux ont été employées en Angleterre à l'amélioration des races indigènes.

19'' La race du Berkshire (Angleterre) est de taille et de poids moyens; sa couleur est brun rougeâtre avec des taches brunes ou noires, quelquefois piet)lanc et noir, d'autres fois entièrement noire. Elle a la tête large, mais courte avec le groin effilé; les membres courts et fins, toutes les formes arrondies et les reins droits. David Low la regarde comme une race indigène améliorée tour à tour par le sanglier et la race chinoise de Siam, par les soins de sir Richard Astley, de Ordstone-Hall. Elle est assez précoce , d'un engraissement aisé et peut atteindre jusqu'à 600 kilog. vif.

20° La race du Hampshire (Angleterre) qui présente assez de rapports avec celle du Berkshire est comme elle de taille moyenne ; elle est pie noir, quelquefois jaune roussâtre avec des taches noires. Elle a été comme celle du Berkshire obtenue par des croisements siamois et améliorée par le sang du sanglier sauvage. Elle est aussi estimée pour son aptitude à la graisse, sa précocité et la qualité de sa viande, que le berkshire.

21" La race d*Essex (Angleterre) a été obtenue par un croisement napolitain; elle est noire, de taille un peu au-dessous de la moyenne, de conformation un peu plus fine que le berkshire, et plus estimée pour la quahté de sa viande.

22° La race du Yorkshire (Angleterre) présente la même origine, les mêmes aptitudes et la même conformation. La seule particularité qui l'en distingue en quelque sorte , est la rareté des poils fins et noirs qui recouvrent sa peau noire.

23" La race de Newleicester (Angleterre) a été obtenue au moyen de la race chinoise blanche de Canton. Elle est de petite taille, avec la tête très-courte et le chanfrein fortement camus, les joues pendantes, le ventre bas et traînant par terre, les membres courts et fins , le dos et les reins presque droits , la queue courte, fine et contournée en tire-bouchon. Elle est

extrêmement précoce et merveilleusement disposée à prendre la graisse.

24*' La race coleshill (Angleterre) ressemble beaucoup au newleicester et paraît avoir avec lui unep commune origine; cependant elle est plus fixe , plus constante dans ses caractères, et un peu moins précoce. Elle est également blanche, mais a la tête plus courte et le chanfrein plus camus encore, les soies plus rares et plus fines, la peau plus rose. Sa viande est un peu moins estimée.

On peut évaluer à près de 38 millions de îêtôs la population des porcs domestiques de l'Europe, population précieuse par les services qu'elle rend surtout aux pauvres, et qui fournit aux marins une viande de conservation facile et tissurée. Elle se répartit ainsi qu'il suit :

Têles

Russie 9,000,000

Empire d'Autriche 9,000,000

Angleterre 8,000,000

France 5,000,000

Allemagne 2,312,000

Prusse 2,152,000

Italie 715,000

Espagne 506,000

Belgique 500,000

Hollande 380,000

Suède et Norvège 235,000

Portugal 85,000

Suisse , 33,000

Empire turc 12,000

La France importe un nombre de porcs assez important, de la Belgique et de l'Allemagne; mais elle exporte aussi pour l'An-

glelerre qui préfère, pour les salaisons de sa marine, nos races tardives mais entrelardées, à ses races précoces mais tout en graisse. Dans l'amélioration de nos races françaises, on devrait se garder avec soin de la faute dans laquelle sont tombés les Anglais en diminuant trop le poids et la taille de leurs races, et en ne tenant pas assez compte de la qualité de la viande ; aussi nos maîtres ès bétail sont-ils maintenant fort disposés à recourir au sang sauvage ou à celui des races communes.

E. Races de la basse«coar.

Nous ne pouvons, dans cette étude succincte, négliger les races diverses qui peuplent nos basses-cours, et qui, par leurs produits, nous rendent de si précieux services. Seulement nous serons bref à leur égard , nous bornant à citer dans chaque espèce les races les plus connues.

I. Le coq. — Ce serait une erreur que d'assigner à nos races domestiques un type primitif unique ; évidemment , elles proviennent du mélange d'un grand nombre de races sauvages exotiques. Le coq indien de Bankiva est celui qui se rapproche le plus de nos espèces domestiques, il est vrai, mais il ne saurait avoir donné seul naissance à tant de races si diverses de plumage, de formes et de qualités. D'autres prennent pour type le coq de Java, quelques-uns, celui de Bentam, etc. On a été jusqu'à placer en Amérique l'origine de notre coq commun. Nous nous contenterons de le considérer comme issu de plusieurs types sauvages, sans doute provenant de l'Asie, berceau de toutes nos races animales, aussi bien que des races humaines.

1« Race de Bantam ou Bentam ou Bankiva, Elle se trouve à

l'état sauvage dans l'île de Java, d'où elle fut en 1602 introduite en Angleterre. M. Malézieux la regarde comme ayant un peu du sang hollandais, dû à un établissement formé en 1595 par des négociants de cette nation à Batavia. Elle est de très-petite taille, très-féconde, et bonne couveuse. Le pelage du coq est d'un rouge jaunâtre riche , vif et doré ; le plumage de la poule est souvent blanc.

2° Le coq frisé est commun à Java et dans toute l'Inde ; ses plumes, excepté aux ailes et à la queue, sont plantées à contresens. C'est un objet de curiosité et nullement d'utilité.

3° Le coq soyeux originaire du Japon et de la Chine a la peau rouge ou noirâtre, recouverte d'un duvet blanc et soyeux. La poule est bonne pondeuse, mais ses œufs sont très-petits.

4° La race persane n'est remarquable que par l'absence des vertèbres caudales, ce qui fait qu'elle n'a ni queue ni croupion.

5° La race hollandaise de Breda provient suivant M. Letronne du métissage d'une race indienne avec une race indigène. Elle est remarquable par l'absence de la crête, remplacée par des plumes noires et fines réunies en une mèche pointue, par ses pattes couvertes d'un duvet assez fourni. Le coq a le plumage noir à reflets brillants, de même que la poule, qui porte aussi sur la tête, une petite aigrette. Elle est bonne pondeuse, engraisse assez aisément, mais ne couve pas.

6° La race hollandaise de Gueldre descend de la précédente dont elle diffère peu par les caractères essentiels ; elle possède comme le breda des pattes courtes et emplumées, et une aigrette sur la tête ; le plumage du coq est gris foncé avec des taches roussâtres sur le cou, le dos et la queue 5 la poule présente les mêmes caractères; les mêmes qualités de poids, d'engraissement et de chair réunissent cette race à la précédente. I. 13

7° La racéf russe, polonaise noire, race de Padoue^ ou américaine, est un peu plus forte que les deux précédentes; elle pourrait fort bien avoir son origine dans la race de Breda dont elle a le plumage noir et l'aigrette; seulement celle-ci est formée de plumes blanches, et ses pattes sont dégarnies de duvet. Les poules sont bonnes pondeuses. Cette race est d'un développement un peu lent et d'un engraissement un peu tardif.

8° race polonaise blanche n'est autre que la précédente dont le plumage est bizarrement modifié; il est blanc avec l'aigrette noire; ses formes et ses qualités sont les mêmes que pour la race noire.

9" La race polonaise mouchetée, celle hollandaise mouchetée, et enfin la hambourgeoise mouchetée, ne sont à proprement dire que des sous-races obtenues par croisement de celles polonaise noire et blanche, pour la première; de Breda et Dôrking, pour la seconde, et probablement aussi pour la troisième. Toutes trois sont de très - bonnes pondeuses , mais couvent mal et n'engraissent que lentement.

10® La race belge de Bruges, ou race de combat du Nord paraît prendre son origine dans celle russe ou polonaise noire. Elle a le corps rond et bien proportionné , les jambes longues, nerveuses et noirâtres, le bec long et recourbé en bas, vers le bout. Le coq a le plumage noir terne avec quelques taches de feu sur le corps et les ailes, et le cou jaune orangé avec des raies brunes. La poule a également le plumage noir marqué de feu sur les ailes, mais le cou est alterné par raies de noir et de jaune terreux. Cette race est de grande taille et pèse jusqu'à 3 kilogr. 500. Elle est excellente pondeuse, assez facile à engraisser et donne une chair estimée.

11« La race belge ardoisée de Bruges paraît n'être qu'une

variété de la précédente; son pelage seul Ten distingue : il est gris bleu , pour le coq , avec le cou , le dos et le croupion jaune clair et quelques taches de feu sur les ailes; pour la poule il est entremêlé de bleu et de roux fondus ensemble. Mêmes aptitudes que dans la race noire de Bruges.

12° La race espagnole andaïouse ressemble, moins l'aigrette remplacée par une crête, à la race russe ou polonaise noire; son plumage est d'un noir luisant avec la peau blanche ; sa crête est simple mais très-développée et très-rouge. Cette race atteint le poids de 3 kilogr., à l'âge adulte; son engraissement est assez facile et sa chair assez estimée. La poule est bonne pondeuse, et ses œufs sont très-gros.

13° La race anglaise de combat descend suivant les uns, de relie de Padoue ; suivant les autres, de la grande race malaise. En tout cas, elle a bien perdu de sa taille, car à peine pèse-t-elle 4 kilogr. 600. Son pelage varie du blanc au rouge très-foncé ou même au noir. La plus estimée a le plumage rouge doré avec la poitrine d'un brun très-foncé. La chair de ces animaux est très-délicate; la poule est assez bonne pondeuse, mais ses œufs sont très-petits, et elle couve mal.

ik^ La race anglaise de Dorking^ obtenue sans doute de divers croisements , présente cette particularité exceptionnelle, d'avoir cinq doigts dont deux en arrière. Il est à remarquer que Columelle parlait déjà d'une race présentant la même bizarrerie, mais dont il n'indiquait point l'origine. M. Fisher- Hobbs a recommandé cette race et créé sa vogue, mais elle appartient évidemment à un type fort ancien. Elle a les pattes un peu courtes, le corps rond avec des pectoraux très- développés et la queue un peu inclinée comme le faisan; sa taille est assez forte, elle pèse souvent jusqu'à 3 kilog.; sa crête est simple, droite avec des dents profondes. Son plumage est noir aux

cuisses et à la poitrine, gris sombre à l'abdomen, jaune clair rajé longitudinalement de noir au cou; blanc, vert et noir aux ailes; enfin d'un noir verdâtre métallique aux plumes de la queue qui sont longues et bien arquées. La poule est d'un roux clair ou gris, moucheté de gris ou de roux. Elle est bonne pondeuse, estimée pour la table, et assez bonne couveuse. Elle est surtout précoce.

15° La race française de Crèvecœur est fort ancienne et on ignore son origine. Son corps est très-long et placé sur des pattes relativement courtes; sa tête est surmontée d'une forte huppe de plumes retombantes; les joues et le dessous du bec sont également accompagnés de plumes fines et longues. En avant de la huppe, le bec est garni d'une crête épaisse et bifurquée en forme de corne; le bec est gros et recourbé; les yeux grands, ronds et ardents; le dessous du bec est accompagné de deux barbillons courts et contournés. Le coq a le plumage noir avec la huppe et le dos d'un jaune sale et roussâtre; les plus estimés et les plus rares sont entièrement noirs. La poule porte uniformément cette unique couleur. Bonne pondeuse, bonne couveuse, précoce dans son développement et son engraissement, fournissant enfin une chair délicate, cette race est à juste titre une des plus estimées parmi nos races indigènes.

1 6° La race française de Houdan provient suivant M. Letronne du croisement de la race de Crèvecœur avec celle de Dorking. Comme la dernière, elle a cinq doigts, et le plumage noir, vert, jaune et blanc; seulement ces couleurs sont disposées par taches et non plus par bandes longitudinales. L'abdomen est ^ d'un gris sale, le dos tacheté de plusieurs couleurs, la poitrine noire avec des taches brunes et blanches, les ailes noires, vertes et blanches; enfin, les plumes de la queue, noires et vertes et

tachetées de bordures blanches. La huppe ressemble à celle du crèvecœur et mélangée de toutes les nuances du plumage. La poule, un peu plus haute sur jambes que celle de Crèvecœur, lui ressemble à peu près complètement du reste sous le rapport cle la coloration aussi bien que des formes. Bonne pondeuse, elle est en même temps bonne couveuse, mais moins apte à prendre la graisse.

17** La race française de Caux est un croisement de celles de Crèvecœur et de la Flèche; ses caractères sont assez variables, comme celui des races métisses. En général, elle porte une demi -huppe plus ou moins garnie de plumes et une crête plus ou moins double et développée. Le plumage du coq est noir à reflets verts et violets ; celui de la poule est cailleté de noir, de jaune, de brun et de blanc. Tantôt, les pattes sont plus longues que dans la race de Crèvecœur, et tantôt plus courtes que dans celle de la Flèche. La poule n'est que médiocre pondeuse, mais ses œufs sont très-gros; elle couve mal et rarement, mais son développement est précoce, et la viande de ses produits est fine, déhcate et savoureuse. Elle présente une grande aptitude à l'engraissement.

18° La race française du Mans ou de la Flèche descend de celle de Crèvecœur par un croisement quelconque , mais assez difficile à déterminer. Cette race offre une crête double composée de barbillons ou bourgeons assez développés; elle est montée sur d'assez hautes jambes, et a le bec moins recourbé que celle de Crèvecœur. Le plumage du coq est noir avec reflets verdâtres métalhques , quelquefois d'un rouge brun vif sur le cou, et vert doré à la poitrine 5 celui de la poule est cailleté de blanc et de noir. Cette race qui nous fournit les chapons et poulardes si estimés du Mans , est une de nos plus précieuses races indigènes, moins par le nombre de ses œufs cependant,

que par sa grande facilité à prendre un excès d'embonpoint. Mélangée avec celle de Crèvecœur, elle paraît avoir produit les races de Biot, de Thorigny, de Caumont, de la Bresse, etc.

19° Il nous faut parler ici, hors rang, de la race ou plutôt des races cochinchinoises, dont l'importation en France remonte à une douzaine d'années et est due à l'amiral Cécille. Ces premiers animaux introduits appartenaient à la race brune ou rouge fauve. Nous distinguerons avec M. Letronne sept races dans le type cochinchinois, qui paraît remonter à la malaise divisée en deux races. La première dont la forme est la même que celle des races suivantes, leur ressemble également par son plumage qui cependant est formé de fils soyeux, longs et épais. Sa peau est d'un beau jaune citron dont la teinte se retrouve au bec, aux pattes et jusqu'à la crête. Sa taille et son poids sont moyens; la poule est bonne pondeuse en toutes saisons et ses œufs sont colorés de jaune ou même de rouge; elle couve avec une grande assiduité mais refuse d'élever ses poulets. Une autre race malaise, le type probable du cochinchinois, est de trèsgrande taille et pèse de 4 à 5 kilogr. Sa tête est petite et allongée, ses membres très-longs et très-musclés, sa crête double et médiocrement développée. Elle fournit des chapons d'un trèshaut poids, mais coûteux à produire et d'une chair peu estimée. Son plumage le plus ordinaire est brun foncé rayé de jaune.

20" La race cochinchinois e proprement dite, se dédouble en trois sous- races : l*" la race brun fauve, la plus répandue en Europe , et celle que nous connaissons presque exclusivement. 2" La race noire, peut-être formée par croisement, depuis l'importation sur notre continent. 3° La race panachée ou perdrix, tachetée au plumage de fauve, de rouge et de noir ; elle pro^ vient de la première. 4° Enfin la race blanche qui remonte à une origine semblable. Obtenues par sélection ces quatre races

ne diffèrent entre elles que par la coloration. Montées sur de très-hautes jambes, avec des cuisses volumineuses, un corps moins gros qu'on ne le penserait, et un plumage fin, serré et abondant, elles sont très-bonnes pondeuses, bien que leurs œufs soient de grosseur ordinaire; mais si elles sont bonnes conductrices elles ne forment en revanche que des couveuses maladroites; leur élevage est difficile à cause de leur peu de rusticité, leur développement lent et tardif, leur engraissement difficile et leur viande sèche, dure et peu savoureuse. Après avoir joui en France et surtout en Angleterre d'une vogue d'enthousiasme extraordinaire, cette race est bien déchue dans l'opinion générale.

21° La race de Brahma-Pootra, originaire du royaume indien d'Assam, a été importée en Angleterre, il y a une dizaine d'années seulement. M. Letronne la croit issue de la race malaise. Le plumage du coq est blanc, avec les plumes de la queue et du cou plus jaunâtres, celles du dos sont rayées de noir; celles des ailes, blanches, noires et vertes; celles de la queue très-courtes, blanches, grises et noires. La poule présente à peu de chose près les mêmes couleurs. Elle pond beaucoup d'œufs de moyenne grosseur et colorés en jaune nankin ; elle couve bien et engraisse un peu plus facilement que les cochinchinoises. Mais elle est peu rustique comme elles, d'un développement lent et d'un engraissement coûteux.

II. Canards. — Notre canard domestique est considéré par tous les naturalistes, comme descendant du canard sauvage. Ouire la race commune de nos basses-cours, il présente quelques variétés obtenues par sélection, puis par croisements. Nous n'en citerons que les quatre plus importantes.

1° Le canard musqué ou canard de Barbarie, ainsi nommé improprement, puisqu'il est originaire d'Amérique, est d'une

taille beaucoup plus forte que notre canard domestique. Il porte aux joues et au bec des caroncules très-développées ^ son plumage est d'un noir cuivré avec quelques plumes verdâtres à reflets métalliques et n'a point, dans le mâle, de plumes relevées à la queue. La cane est bonne pondeuse et bonne couveuse ; les œufs sont très-gros. Il engraisse bien et sa chair est assez estimée lorsque pour le tuer on lui a tranché la tête et qu'on a de suite séparé le croupion, sans quoi, la viande prend un goût de musc désagréable. Cette race produit avec le canard domestique des métis très-estimés pour leur disposition à la graisse et la qualité de leur chair. En Provence, on rencontre une sous-race appelée muette, intermédiaire pour la grosseur entre le canard domestique et le précédent , et très-estimée. Elle provient sans doute d'un métissage.

2° Le canard barboteiir ou canard ordinaire a formé la sousrace dite de Rouen, qui n'en diffère que par son plumage tirant davantage sur le blanc, sa taille un peu plus forte, et sa plus grande disposition à prendre la graisse. Mais la femelle est moins bonne pondeuse et les canetons sont un peu moins rustiques.

3° Le canard d'AyJesbury est très-estimé en Angleterre; il a les pattes jaunes, le bec couleur de chair et le plumage complètement blanc. La cane est très-féconde, bonne couveuse et bonne mère. Cette race engraisse bien et donne une chair estimée.

Le canard noir ou de Buenos-Ayres n'est remarquable que par son plumage d'un beau noir; il est moins rustique que les autres variétés et n'est guère estimé que comme oiseau d'agrément, pour les pièces d'eau.

IIÏ. Oies. — L'oie domestique, issue de l'oie sauvage, ne nous présente guère qu'une variété importante, celle dite de

Toulouse, Un peu plus forte de taille que la variété commune, elle a aussi le plumage plus gris; elle est plus féconde aussi et d'un engraissement plus prorapt. Mais son duvet moins fin est aussi moins recherché.

IV. — Introduit en France vers 1570, le dindon est originaire d'Amérique d'où il fut introduit en Espagne vers 1500, et de là en Angleterre en 1552. Les jésuites le transportèrent directement d'Amérique en France. Il n'y présente que deux variétés, l'une noire la plus commune 5 la seconde, blanche et ne différant qu'en ce point. En Angleterre , on distingue la variété irlandaise et celle du Norfolk ; toutes deux proviennent de croisements de l'espèce domestique avec celle sauvage d'Amérique. Celle du Norfolk se distingue par son poids élevé et son aptitude à recevoir un grand fini de graisse ; elle peut peser jusqu'à 15 kilog. et plus.

Y.-— Ldi pintade nous est venue d'Afrique ; elle n'occupe qu'un rang bien inférieur dans nos basses-cours, à cause de son humeur sauvage et de son cri déaagréable. On n'en connaît qu'une espèce.

VI. — Le pigeon, depuis la révolution française est revenu au rôle d'oiseau d'agrément bien plus que de produit. Descendu du pigeon sauvage ou ramier, il a formé un nombre immense de races et sous-races. Nous ne parlerons que du colombin et du pigeon de volière. Le second est plus fécond et plus rustique; le premier est plus gros, mais beaucoup plus déHcat. Mais on distingue une foule de sous-races : biset, fuyard, mondain, nonnain, grosse gorge, polonais, romain, etc.

VII. — Il serait d'un intérêt peu général de nous arrêter longtemps aux races fournies par le lapin domestique : nous nous contenterons de citer quelques-unes des principales : le lapin angora à poil long et soyeux est aujourd'hui à peu près

abandonné en France , à cause de son peu de rusticité et de l'importance qu'a perdue sa fourrure. Le lapin rouennais, de forte taille, est gris argenté, avec les oreilles longues et la tête effilée. Le lapin Nicard de la Provence pèse de 5 à 6 kilog.; il a la fourrure fauve et la tête longue. Le lapin domestique descend du lapin sauvage qu'on croit originaire d'Espagne. Du moins y était-il si nombreux à Tépoque de la conquête romaine, que les habitants des îles Baléares durent s'adresser au sénat pour arriver à la destruction de ces animaux.

— On considère souvent à tort comme trop insignifiant le produit de nos basses-cours : Royer évalue à 218,892,300 francs la valeur des animaux qui les peuplent; M. de Gasparin estime que nos volailles produisent par année 1,920,000,000 œufs. Enfin l'importation seule pour l'Angleterre s'élève annuellement et en moyenne à 150,000,000 d'œufs représentant une valeur de plus de 6,000,000 de francs. Or, une forte partie de ce chiffre provient de la Normandie et aussi de la Bretagne. Enfin Paris seul consommait en 1845 :

20,000,000 d'œufs, 900,000 pigeons, 170,000 canards, 1,130,000 poulets, 250,000 chapons, 550,000 dindons, 328,000 oies, 177,000 lapins,

représentant ensemble une valeur de plus de 5,800,000 fr. Ces valeurs sont aujourd'hui presque doublées.

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