NUMÉRO
Vaches. du Herd-Book français.
Pétronille 614 5 »
Fanny-Fisher 515 7 2
Jaue-Fisher 543 6 3
Follette 524 5 1
Flame 520 4 2
Thillon 662 3
Tulip 1366 3 »
HopefuU 536 » 7
Magdeleine 569 2 7
Red-Rose 626 2 8
Thalie 1353 » 3
Verity 688 » 3
Mary 581 2 4
Fashion 516 1 4
Totaux 40 44 ou 110 femelles pour
100 mâles.
Il est à remarquer que dans les parts doubles, pour l'espèce bovine, sur 23 partsdoubles, quatorze fois, les sexes des jumeaux
étaient identiques. D'après Villeroy et M. Jamet, les génisses jumelles sont stériles. Il serait curieux de constater la fécondité de deux génisses jumelles provenant d'un même part. — Voir p. 86.
Dans les unions illégitimes (adultère, viol, libertinage), le nombre des garçons est moins élevé que dans les naissances légales, et ce sont les filles qui l'emportent dans la proportion. Ainsi nous trouvons :
Naissances légitimes. Naissances illégitimes.
Garçons,
Filles.
Garçons .
Fillts
A Paris, de 1815 à 1822...
Tout ceci revient à dire que la crainte, Tabus de l'acte de la génération enlèvent à l'homme une grande partie de la supériorité physique et morale qui pouvait déterminer son sexe dans le produit. « Or, il arriva qu'Adam s'étant livré à la dis- <c solution, dans l'acte de multiplier sur la terre, des filles furent « abondamment engendrées à lui. » (Genèse^ cap. VI, vers I, version de P. Leroux.)
Tandis que nous sommes sur ce sujet, nous ferons remarquer qu'ùn assez grand nombre de bâtards se sont rendus célèbres; outre Delille, d'Alembert, Savage, dont nous avons déjà parlé, nous pourrions encore citer Thésée, Hercule, Castor et Pollux, Homère, Romulus, Wishnou, Confucius, Zoroastre, Mahomet, Galilée, Erasme, Cardon, Dunois, etc., et tant d'autres dans les temps anciens et modernes.
Vâge des parents n'est pas non plus sans influence, et Ton
sait que les pucerons engendrent dans leur jeunesse des femelles, dans leur âge mûr des femelles et des mâles, et plus tard des femelles seulement. Huber s'est assuré aussi que la reine abeille pond d'abord des œufs femelles seulement, puis des œufs mâles. Tout le monde sait que la pigeonne donne à chaque ponte, à un ou deux jours d'intervalle, au plus, deux œufs qui produisent toujours un mâle et une femelle ; en suivant le sexe du premier mâle pondu, on trouverait sans doute un ordre presque constant, et on peut, avec quelques chances, prédire que le plus souvent, le premier œuf pondu produira la femelle, et le second le mâle. Voici du reste, emprunté, comme plusieurs des précédents, à Burdach, un tableau qui démontrera clairement l'influence de l'âge dans l'espèce humaine :
A Tubingen.
En
Angleterre.
Filles.
Garçons.
Filles.
Garçons.
Père plus jeune que la mère. . .
Père plus âg
é de 1 à 3 ans
de 3 à 6 ans
de 6 à 9 ans
de 9 à 12 ans....
A Grignon, à Hohenheim, à Buzareingues, on a observé les mêmes faits dans l'espèce bovine, à savoir qu'une femelle trèsjeune ou très-vieille produit plus de mâles que de femelles ; qu'un mâle jeune ou très-vieux produit plus de femelles que de mâles, et que l'équilibre du sexe dans les naissances s'établit dans un âge égal des parents arrivés à l'état adulte, mais sans l'avoir dépassé. Ainsi :
A Grignon, 46 parts de jeunes vaches donnèrent.
— 28 parts de vaches adultes —
A Hohenheim, 140 parts de jeunes vaches — — 74 parts de vaches adultes —
A Buzareingues , 167 parts de jeunes brebis —
— 204 parts de brebis adultes —
Mâles. Femelles.
29 et 17 10 et 18 90 et 50 31 et 43 67 et 100 104 et 100
En 1853, dit M. Martegoute, à la bergerie du Blanc (Haute- Garonne) les naissances issues de jeunes antenaises saillies par un bélier dishley-mauchamp-mérinos d'une extrême \igueur et très-fortement nourri, fournirent 25 mâles et 9 femelles soit 71.73 mâles pour 100, et 28.27 femelles pour 100 seulement. Plus tard, le même bélier encore en pleine vigueur, ayant été donné à certaines brebis qui finissaient d'allaiter leurs agneaux, moment oii la brebis se trouve fort épuisée, il en est résulté en 1853, 8 naissances mâles contre 4 femelles, et une autre fois, en 1854, 17 naissances mâles contre 9 naissances femelles; soit pour les deux années réunies 65.78 mâles pour 100, et 34.22 femelles pour 100. Le même auteur pense avoir remarqué que les brebis qui ont donné des femelles sont en moyenne d'un poids supérieur à celles qui ont donné des mâles, et qu'elles perdent sensiblement plus en poids que ces dernières pendant l'allaitement; que les brebis qui ont donné des mâles pèsent moins, et ne perdent pas autant, en allaitant. [Journal d'agriculture pratique, numéro du 5 janvier 1858.)
Le régime^ abondant et nutritif, retarde les chaleurs, et quelquefois les empêche de se produire : ce n'est que dans les fermes où le jeune bétail est bien nourri, qu'on rencontre des vaches taurelières. La difficulté qu'on éprouve à faire reproduire les
vaches de Durham pures, tient à la fois au régime nourrissant qu'on leur fait suivre pendant leur jeunesse et à leur tempérament si éminemment lymphatique qui les prédispose à un embonpoint précoce et excessif. La nourriture avare et peu nutritive, ou bien les aliments excitants déterminent de bonne heure les chaleurs chez la femelle et le rut chez le mâle ; aussi nos races indigènes, bretonne, solognote, landaise, sont-elles plus précoces sous ce rapport, que celles cotentine et surtout durham. Les femelles bien nourries, bien soignées, non soumises au travail, donnent surtout des femelles; les mâles entretenus à un régime convenable et pouvant prendre un certain exercice, donneront surtout des mâles. Le régime débilitant chez la femelle et excitant chez le mâle donnera la supériorité physique à celui-ci, et le produit sera sans doute un mâle. On a également remarqué que les brebis qui entrent les premières en chaleur donnent plus de femelles, et les dernières, plus de mâles.
La mulsion des vaches, selon les Allemands, pourrait également influencer le sexe du produit. « Depuis une couple d'an- « nées, rapporte M. Conrad de Gourcy, MM. Durand avaient « remarqué que leurs vaches ne leur donnaient pas de veaux a mâles; ils eurent l'idée d'essayer du procédé qu'emploie de- « puis une douzaine d'années, M. Peers, membre de la cham- « bre des représentants de Belgique, pour avoir à volonté des « veaux mâles ou femelles. Ce procédé consiste, pour avoir des tt mâles, à traire la vache au moment de la faire saillir; à lui « laisser le pis aussi plein que possible, dans la même circona stance, si l'on préfère obtenir une génisse. Ces messieurs « n'ont pas fait faire cette expérience en leur présence, mais « ils ont recommandé à leurs vachers d'en agir ainsi qu'il vient ft d'être dit, pour obtenir des veaux mâles. Cette recomman-
« dation aura sans cloute été plus d'une fois oubliée ; néanmoins, « depuis qu'ils l'ont faite, leurs vaches ont donné plus de deux a tiers de veaux mâles, au lieu de produire toutes des génisses « comme les années précédentes. Ce résultat, à moins d'être a un jeu de hasard, semblerait confirmer l'efficacité du pro- « cédé que M. Peers avait puisé dans la lecture d'un ouvrage « d'agriculture hollandais.» [Annales de V agriculture française^ V* série , T. V , p. 67.) Nous regrettons que M. de Gourcy n'ait point fourni les chiffres des naissances dans les deux cas, et surtout n'ait donné aucun renseignement sur le taureau employé dans l'étable, ni dit même si ce taureau fut conservé pendant tout ou partie de l'expérience.
Vétat de santé agit non-seulement en donnant à l'un des reproducteurs la prédominance sur l'autre, mais encore d'une manière directe. Fortes creantur fortihus et bonis (Horace). On a remarqué, par exemple, que les vaches atteintes de phthisie calcaire ou tuberculeuse , donnaient naissance surtout à des femelles. M. Girou de Buzareingues assure que sous l'influence d'une maladie du foie , les femelles produisent surtout des mâles ; il ajoute que c'est le contraire chez les mâles, du moins dans quelques espèces. Les médecins ont en effet remarqué que les femmes atteintes d'affections latentes de la poitrine donnent le plus souvent naissance à des filles, et celles atteintes d'une maladie du foie, plus souvent naissance à des garçons. Nous rappellerons encore ici l'observation faite par M. Martegoute sur l'influence de l'allaitement.
La température et la saison ne sont pas non plus sans influence sur le sexe du produit qui résultera de la conception. C'est au printemps, mars, avril et mai, que la conception est le plus assurée, d'après Delavergne et Messance, et c'est aux mois d'octobre et de novembre qu'elle l'est le moins, à en juger par
l'époque des naissances humaines qui ont surtout lieu en décembre, janvier et février. Ce sont aussi les mois oii les naissances masculines sont les plus nombreuses, tandis que celles féminines sont surtout considérables en mars, avril et mai, ce qui correspond à la conception en juin, juillet et août. Voici du reste le relevé des naissances dans la ville d'Orléans en 1848 :
Naissances
Saisons.
Automne.
aissances.
Époque de la conception .
masculines.
féminines.
Mars.
Avril.
Mai.
Juin.
Juillet.
Août.
Décembre
/ Septembre.
Octobre.
[ Novembre.
1 Décembre.
} Janvier.
( Février.
Totaux .
C'est en été et en hiver que se produit surtout le sexe masculin-, au printemps et à l'automne, au contraire, c'est le sexe féminin qui domine. Le tableau des naissances dans le département d'Eure-et-Loir (en 1857) nous fournira quant aux totaux des résultats un peu différents, mais dus à l'augmentation de la population.
Mars, avril, mai 1681 naissances.
Juin , j uillet , août 1 739 —
Septembre, octobre, novembre 1815 —
Décembre , janvier, février 1 856 —
Soit en somme 7.091 naissances, dont 5.714 masculines, et 3.377 féminines, se subdivisant encore ainsi : naissances légitimes 3.528 garçons et 3.188 filles, ensemble : 6.716. Enfants naturels : 186 garçons et 189 filles, ensemble 375; total égal 7 091.
Sprengel prétend que le sexe féminin prédomine dans les plantes, au milieu de l'hiver.
Beaucoup de cultivateurs habiles, qui ont Intérêt à obtenir des agneaux plutôt que des agnelles, ne mettent le bélier dans le troupeau que lorsque souffle le vent du nord, et presque toujours alors, le nombre des mâles, à la naissance, surpasse celui des femelles. Il est probable qu'un vent sec et un peu froid, en arrêtant la transpiration cutanée du bélier qui sécrète davantage à la peau que les femelles, excite davantage alors la sécrétion génitale, et accroît l'influence du mâle.
En parlant de la taille^ M. Girou de Buzareingues dit : De l'accouplement d'une petite femelle avec un grand mâle, résultent probablement des mâles semblables au père; et de celui d'une grande femelle avec un petit étalon, naissent probablement des femelles semblables à la mère. Nous rapportons son opinion sans l'appuyer ni la combattre faute d'observations.
L'état moral des reproducteurs au moment de l'acte de la génération, a la plus grande influence sur les qualités morales et la conformation physique, aussi bien que sur le sexe des produits. Sans rapporter ici la cause que Sterne attribue à la difl'ormité de Tristam Shandy, nous dirons que la crainte diminue la supériorité morale de la femme, et nous en avons la preuve dans le nombre des naissances féminines naturelles, plus élevé que celles légitimes correspondantes, en 1814 ; l'armée alliée s'empare de Paris et l'occupe militairement. La capitale, abandonnée de ses défenseurs, est livrée à la crainte, à
la terreur, au désordre : il naît en 1815, 10.814 garçons et 10.433 filles, soit une proportion des premiers aux secondes, de 103,5 à 100, tandis qu'en 1816, elle devient : : 104,3 : 100; et de 1816 à 1822 : : 105,9 : 100; enfin, en 1844, pour la France entière : : 106 : 100. On a pu remarquer à quelles nombreuses réformes donna lieu la classe appelée sous les drapeaux en 1853, c'est-à-dire, la levée des hommes conçus pendant le terrible choléra de 1832-33.
Nous avons déjà dit que quand la femelle n'éprouve aucune sensation dans l'acte de la génération , le produit ressemblera probablement au père, dont le plus souvent aussi il prendra le sexe. Si c'est par l'imagination plutôt que par le besoin physique que le mâle est porté à l'accouplement, le produit lui ressemblera par les formes et le sexe, à moins que la femelle n'y soit portée par la même cause. Tous les garde-étalon savent que, pendant la saillie, il faut éloigner soigneusement la foule, éviter tout bruit inquiétant ou étranger, et surtout le voisinage des femelles de même espèce.
L'obscurité favorise la conception, de même que le repos après la saillie, tandis qu'un exercice assez violent de la femelle avant cet acte, assure la fécondation. Un exercice régulier et modéré entretient la fécondité des mâles. Les étalons qui saillissent fréquemment font plus de femelles; ceux qu'on n'affaiblit ni par des saillies répétées, ni par un repos trop absolu, ni par un travail excessif, font plus de mâles. Les juments dont on a provoqué les chaleurs en dehors de leur époque naturelle, font plus de femelles, que celles qui sont saillies dans leur saison. A ce sujet, je dirai qu'un moyen très-simple d'arriver à changer l'époque de la lutte dans un troupeau, et par suite l'agnelage, c'est celui qui consiste à avancer, relarder ou répéter la tonte peu de temps avant le moment où on veut déterminer
les chaleurs. On sait les étroites relations fonctionnelles qui unissent les sécrétions de la peau aux organes de la génération.
La durée de la gestation nous fournit un moyen de prévoir pendant la gestation et avant le part, le sexe du produit. Disons d'abord que les femelles adultes, bien portantes, vigoureuses et bien nourries, portent plus longtemps que les jeunes, les vieilles, les faibles ou celles qui sont nourries parcimonieusement. Plus la gestation se prolonge au delà du terme moyen, et plus il y a probabilité qu'il en résultera un mâle.
En Angleterre, lord Spencer a trouvé que sur 764 vaches, les 380- qui ont vêlé avant le 285^ jour ont donné 1 52 mâles ; et les 384 qui ont vêlé après le 286^ jour ont donné 234 mâles, soit ensemble 386 mâles pour 378 femelles, proportion égale à celle que nous avons déjà rencontrée dans l'espèce bovine. Les mêmes faits s'observent, au reste, dans l'espèce humaine. A Martinvast parmi les geslationsde 37 vaches, nous avons observé : avant le 285^ jour, 6 mâles et 6 femelles; du 286^ au 305% 16 mâles et 9 femelles. Une seconde série de 24 vêlages nous a fourni les chiffres suivants : avant le 285® jour 5 mâles et 11 femelles; après le 285^ jour 5 mâles et 3 femelles; soit en réunissant les deux séries : avant le 285® jour, 11 mâles, 17 femelles -, au delà du 285® jour, 21 mâles et 12 femelles. Ajoutons ici que, s'il faut en croire Villeroy, les vaches bonnes laitières donnent beaucoup plus de veaux mâles que de femelles. Nous avons pu vérifier ce fait dans la vacherie de Martinvast ; sur 43 vêlages produits par 12 vaches, dont les 6 meilleures et 6 des moins bonnes ont offert : les 6 premières 11 mâles et 6 femelles-, les 6 secondes 9 mâles et 17 femelles, ou encore, ensemble, 20 mâles et 23 femelles.
Tels sont les faits plus ou moios constants d'observation aux-
quels a donné lieu l'étude de la reproduction. Les explications physiologiques, chimiques ou philosophiques n'ont point rrianqué sans qu'on soit pour cela beaucoup plus avancé. Ainsi :
Suivant Akerman, le mâle étant oxygéné, et la femelle hydrocarbonée, l'abondance de l'embryotrophe qui ne trouve plus assez d'oxygène pour se coaguler promptement, détermine le sexe féminin, et les sexes ne seraient établis que longtemps déjà après la fécondation. M. Girou de Buzareingues incline vers celte dernière partie de l'opinion d'Akerman, mais il dit que le mâle provient de ce que le fœtus est mieux pourvu de système nerveux, et la femelle, de ce qu'il est mieux pourvu de système nutritif.
Knox pensait que l'embryon contient les éléments des deux sexes dont la prédominance est déterminée par l'influence plus forte de l'un des deux parents. Kohi dit que les femmes chez lesquelles prédomine le système artériel procréent des garçons, et (|ue celles à sysième veineux produisent des filles.
Un médecin instruit, enfin, m'a assuré avoir plusieurs fois remarqué que d'un nombre égal de graines de chènevis semées, les unes en terre calcaire (alcali) les autres en terre tourbeuse (acide), les premières donnaient plus de pieds femelles, et les secondes plus de pieds mâles. Peut-être cette observation simple et facile, répétée et étudiée, jetterait-elle quelque jour sur cette branche de l'arbre de la science que Dieu semble avoir en quelques points interdite à l'homme.
§ 3. neutralisation des sexes, ou castration.
La castration, c'est-à-dire la neutralisation des sexes est employée par l'homme sur les animaux domestiques, tantôt pour
adoucir leur caractère sauvage et indomptable qui ne permettrait pas de les employer sans danger à certains services ; tantôt pour leur donner plus d'aptitude à convertir les aliments en certains produits, en certaines sécrétions auxquelles l'homme attache un grand prix 5 tantôt enfin, pour améliorer le goût et la saveur de leur chair. Ce sont ces modifications physiologiques que nous allons étudier au point de vue des conséquences pratiques qu'en peut tirer l'éleveur.
On castre les mâles et les femelles ; nous nous occuperons des premiers d'abord.