‹ Traité de l'économie du bétailChapitre 3 sur 64 · XL VII · texte numérisé non relu

XL VII

profit de la production, et que la ration d'entretien augmentait proportionnellement et en raison directe de l'âge des animaux; qu'en outre la ration de production était presque toujours d'autant plus économique quelle était plus abondante.

5** On a jusqu'à présent conseillé l'amélioration des races françaises par elles-mêmes au moyen du régime de la sélection : l'exemple des succès obtenus tant en Angleterre qu'en France fait gravement soupçonner que l'amélioration des races par elles-mêmes n'e^ presque toujours qu'un faux calcul et qu'une duperie.

La reproduction n'est rien sans le régime, et réciproquement; dans la reproduction il faut non-seulement tenir le plus grand compte de la constance des races, mais encore de la généalogie des individus. Le semblable ne produit le semblable qu'à condition de descendre d'une longue suite d'ancêtres semblables.

T"" La consanguinité est une conséquence forcée de toute amélioration dans les races; on peut sans danger la pousser jusqu'au point où l'on aura atteint le but proposé ; elle ne commence à devenir dangereuse que lorsqu'on le dépasse. Savoir s'arrêter à temps dans le mélange du sang et des familles , là est la grande difficulté.

8° La production économique du travail, de la viande, du lait ne s'obtient que par une exploitation intensive des animaux. « Peu donne peu, » disait Backwell. «Beaucoup est ce qui coûte le moins cher, » disent les Allemands.

Tels sont, croyons-nous, les principaux faits acquis à la science en ce moment; telles sont les bases sur lesquelles reposera l'édifice à venir. Ce serait être ingrat que de méconnaître la part qu'a prise l'administration de l'agriculture en France à ces progrès, par l'institution

des concours de boucherie et de reproducteurs, régionaux, généraux et universels. C'est à elle que nous devons d'avoir pu comparer les diverses races de l'Europe, et de pouvoir les étudier dans l'intéressant ouvrage qu'elle a demandé à la science profonde de M. Baudement : c'est à elle que nous devons les études de M. Lefèvre Sainte- Marie sur la race de Durham et de M. Lefour sur la race flamande; l'étude économique de la production animale, en Allemagne, par M. MoU; la propagation, en France, des races courtes-cornes améliorées, devon et ayrshire , dishley et southdown.

Grâce sans doute aussi à une noble et haute impulsion , il semble que l'agriculture touche vraiment cette fois à une réhabilitation justement méritée , mais longtemps attendue. Les primes d'honneur, les décorations même , vont chercher les simples mais habiles cultivateurs ; Parmentier , Mathieu de Dombasle , OUvier de Serres, etc., obtiennent des statues. Les domaines impériaux donnent l'exemple d'une culture judicieuse et d'une bonne exploitation du bétail ; la Société impériale d'acchmatation, par son exemple et ses encouragements, favorise l'introduction et l'amélioration des races; enfin, son jardin et celui du muséum s'enrichissent chaque jour d'animaux curieux à plusieurs titres et qui finiront par constituer dans la capitale même une collection précieuse des principales races agricoles de l'Europe.

Marchons donc désormais à la fois avec hardiesse et prudence ; profitons de l'expérience de tous les peuples et de tous nos voisins ; unissons en même temps la science et la pratique, et bientôt nous n'aurons plus lieu d'envier l'Angleterre, notre habile rivale et jusqu'ici notre rivale heureuse.

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