CROISEMENTS
Nous définirons avec M. Baudement, le croisement : Topération par laquelle on améliore une race quelconque, en y versant le sang d'une race différente, en vue de perfectionner la première, et qui a pour but de substituer plus ou moins rapidement la race amélioratrice à la race à améliorer, s'arrêtant au point où. l'on a presque atteint le pur sang.
Pour mieux faire comprendre la distinction à faire entre le
métissage et le croisement, nous avons indiqué au § précédent la marche que l'on pouvait suivre pour substituer le plus promptement possible une race à une autre : savoir détruire la constance dans la souche, puis y verser alors le sang améhorateur toujours pur 5 interrompue, cette opération Revient le métissage qui produit une race ou si mieux on aime, une sous-race ayant des caractères particuliers ; poussée jusqu'à ces limites, c'est le croisement qui substitue la race amélioratrice à la race à améliorer.
Le croisement est donc une opération analogue à ce que l'horticulteur appelle la greffe. De même que les horticulteurs insèrent le bourgeon d'une plante faible et délicate sur une tige plus robuste ou mieux acclimatée, d'une végétation plus rapide ou plus vigoureuse, afin d'obtenir des produits plus assurés ou plus économiques, de même aussi pour acclimater certaines races d'animaux, ou pour les substituer sans de brusques changements de culture et de formes à d'autres races acclimatées depuis longtemps, mais dégénérées ou défectueuses, on greffe les premiers sur les seconds, on mélange la séve, le sang des races. C'est ainsi qu'on greffe le pin silvestre sur le pin maritime, le riz sur le panicum crus-galli, la race de Durham sur la charolaise, la sçhwitz sur la comtoise j le cheval de pur sang anglais sur la jument normande, le mérinos sur le southdown, le verrat newleicester sur la truie chinoise, le faisan sur la poule commune, etc.
On est loin d'être d'accord, en France, sur l'opportunité du croisement ou du métissage ; cela tient à ce que la plupart de nos races possèdent des aptitudes multiples qui nous les rendent précieuses et que nous craignons de leur voir perdre. L'économie de notre sol, les circonstances de notre culture de-
mandent jusqu'à un certain point cette simultanéité de produits dans une même race. Comment, par exemple, remplacer dans les montagnes de l'Auvergne, la race de Salers si utile par son travail, son laitage, et la qualité de sa viande ? Quelle race substituerez-vous à celle du Limousin ? Par quelle autre améliorerez-vous la flamande ? La spécialisation qu'on réclame et qu'on conseille, serait certes une œuvre économique, mais, pour y parvenir, il faudrait, dans la plupart des cas, bouleverser l'économie de la contrée ; remplacer partout et toujours le bœuf de travail par le cheval, et n'avoir plus qu'un type pour la boucherie et deux types différents de stature pour le lait. Aussi, la question, dans les circonstances actuelles, nous paraît-elle devoir être ainsi appréciée :
1° Dans les contrées riches, de bonne culture, oii la race bovine se rapproche par ses formes et ses aptitudes du type amélioré pour la graisse, dans le Cotentin, le Maine, le Charollais, procéder par croisement au moyen des races anglaises de Durham, Devon ou Hereford ;
2° Dans les contrées médiocres, oii l'on est contraint de demander des aptitudes mixtes à l'espèce bovine, procéder par métissage^ pour obtenir une sous-race mixte ; dans l'Auvergne, le Limousin, le Poitou, la Franche-Comté, par exemple, en développant plus ou moins l'aptitude la plus essentielle aux dépens de l'autre ou des autres. Ajoutons que le métissage, au milieu des circonstances qui régissent en ce moment notre agriculture et nos races, nous semble être dans la majorité des cas, une transition forcée avant d'arriver au croisement dont il assurera les résultats économiques.
Les règles qui doivent présider au croisement nous paraissent devoir être ainsi posées :
1» Bien déterminer à l'avance le but qu'on veut atteindre, combiné avec les moyens économiques et hygiéniques dont on dispose.
2** Choisir la race amélioratrice suivant ce but déterminé, en procédant par l'importation soit des mâles, soit des femelles.
S*" Tenir compte de l'influence relative des reproducteurs dans l'acte de la génération; et les choisir avec les soins les plus rigoureux.
4'' Adopter aussi complètement que possible le régime au but qu'on veut atteindre, et le seconder par les précautions hygiéniques.
Reprenons successivement, avec quelques commentaires, ces diverses considérations :
1° En thèse générale, le travail du bœuf est plus économique que celui du cheval, surtout dans les contrées montagneuses ; dans les pays à sols ingrats, la Bretagne, par exemple, le bœuf sera longtemps encore le seul animal de travail possible ; il n'en est plus de même dans les plaines riches oij la culture doit être active; là, le cheval reprend la supériorité. Il est même certaines contrées dans lesquelles la vache peutêtre économiquement attelée. Quelques-unes de ces races de travail, d'un développement tardif, d'un tempérament robuste, d'une conformation assez ample, ne sauraient être engraissées qu'alors qu'elles ont atteint leur maturité, c'est-àdire qu'après avoir travaillé de 3 à 7, 8 ou 9 ans, et fournissent alors une chair savoureuse et recherchée. Leurs femelles rachètent en outre le défaut de quantité du laitage par la qualité, produisent des veaux pour l'élevage , et un fromage estimé pour la consommation. Le salers est dans ce cas de triple aptitude. Il s'agit donc de savoir jusqu'à quel point les diverses
aptitudes peuvent se concilier dans une même race, et de déterminer dans quelle proportion les circonstances culturales demandent ou permettent leur développement relatif. On a fait des croisements durhams-bretons, durhams-salers, durhamshollandais, que nous avons vus briller dans nos concours de boucherie ; mais qui oserait conseiller à la Bretagne, à l'Auvergne, à la Flandre française d'améliorer leurs races par le durham? On a pu comprendre le mérinos dans la Beauce et la Brie, alors que son lainage atteignait une valeur d'enthousiasme ; on comprend que son aptitude spéciale pour le parcage, que sa placidité au pâturage au milieu de terres morcelées, richement cultivées, aient pu le faire conserver jusqu'ici ; mais les cultivateurs les plus intelligents de ces contrées commencent à s'apercevoir que le temps du mérinos est passé, que la laine doit céder le pas à la viande, et qu'il faut adopter des croisements qui remplissent ce but. Nous ne répétons pas ici ce que nous avons dit au § 1" de l'influence du sol par sa nature et sa fertilité, influence qui règle l'aptitude qu'il sera permis au cultivateur de développer.
2** Le but étant déterminé, il restera à choisir la race. Celleci devra avoir avec celle à améliorer, certaines similitudes de taille, de formes, d'aptitudes, de pelage même, dans certains cas. Ce n'est pas le croisement, on le sait, qui doit servir à élever la taille, mais bien le régime, et l'accouplement d'animaux disproportionnés ne donne que des produits décousus. Les aptitudes, nous l'avons souvent répété déjà, sont, dans une race, héréditaires à divers degrés, mais résultent de la conformation. On éprouverait bien des mécomptes à coup sûr, du croisement, j'entends du croisement poussé un peu loin, de la race de Durham avec la hollandaise, du mérinosavec la race duTexel,du cheval boulonnais avec le pur sang de course, etc. La couleur du
pelage, nous en avons cité quelques exemples, apporte souvent des obstacles à l'adoption d'un croisement parfaitement convenable par ailleurs ; à mesure que la connaissance du bétail s'étendra, espérons que ces absurdes préjugés disparaîtront.
Par motif d'économie, on améliore toujours au moyen de mâles choisis dans la race amélioratrice, et importés parmi la race à améliorer ; c'est souvent un calcul erroné, et une économie mal entendue. On le comprendra en se reportant à ce que nous avons dit de l'influence relative des reproducteurs. Des preuves nouvelles nous tombent sous la main : « On a con- « stalé, dit le docteur Llubeck, dans les Notes sur V élevage du « hétail de l'empire d'Autriche, que les métis, provenant du « croisement de vaches hongroises avec des taureaux deMûrz- « lhall, formaient d'excellents sujets pour le travail et l'en- « graissement, mais leur rendement en lait n'a pas considé- « rablement augmenté. Les bœufs travaillent du matin au soir, « tandis qu'on est obligé de faire reposer les bœufs de Miirz- « thall pendant une partie de la journée : le croisement de a taureaux hongrois avec des vaches de Miirzthall donne des « résultats étonnants. Les métis atteignent une stature colos- « sale; le sang hongrois laisse des traces profondes dans la « conformation de ces produits ; les cornes et les jambes sont « cependant un peu plus courtes; toute la structure du corps « est bien symétrique; la croupe est plus large; le rendement « en lait et la disposition à l'engraissement sont accrus, mais « les bêtes sont moins aptes au travail que les métis dont il a « été question en premier lieu. » Voici, ce nous semble, un exemple bien frappant de cette influence relative du père et de la mère ; dans le croisement de deux races diverses ce^ pendant par leur constance. En effet, la race hongroise, une des plus anciennes, est haute sur jambes, bonne tra- I. 19
vailleuse, mauvaise laitière, et si sa viande est bonne, elle est au moins fort coûteuse à produire.
Lullin de Châteauvieux rapporte que l'archevêque de Malines ayant introduit dans le Cantal vingt-sept vaches et trois taureaux de race suisse, du plus beau choix, sous poil rouge et sans aucune balzane, probablement celle de Berne, on a observé que les produits du croisement des vaches suisses avec les taureaux indigènes étaient très-supérieurs à ceux provenant des vaches indigènes avec les taureaux suisses, quoique ceux-ci fussent plus distingués par la taille et par les formes. (Voyage agronomique, t. II, p. 371.) L'expérience faite sur une petite échelle devrait donc prudemment précéder toute tentative de croisement nouveau , afin de décider si l'on agira par les mâles ou les femelles; les Anglais dans ce moment, et après avoir procédé jusqu'ici par l'importation des mâles, reviennent pour leur race de pur sang à l'achat de juments orientales. Depuis cinquante ans, en France on a tant usé et abusé du croisement, sans prudence, sans réflexion, qu'après avoir détruit plusieurs races recommandables, on a abâtardi la plupart des autres. Et cette manie aussi malheureuse qu'insensée remonte sans doute, plus haut encore, car au commencement de ce siècle, Bosc faisait déjà entendre des plaintes à ce sujet. [Dictionnaire d agriculture, Doterville, t. IV, p. 392.)
3° La sélection des reproducteurs en vue de corriger les défauts de la race dégénérée, est une opération délicate, difficile et que par cela même, peut-être, on néglige en général complètement. On se contente d'importer quelques étalons, quelques taureaux ou quelques béliers, et on leur livre les femelles, se bornant à les appareiller au point de vue de la taille. Mais les hippologues pourraient nous dire avec quelle jiromptilude
les étnlons danois communiquèrent à la race normande la conformation busquée du chanfrein et la disposition au cornage, et quels soins, quel temps, quelles dépenses, il fallut au contraire aux éleveurs pour faire disparaître à peu près complètement ce défaut. Dans la race de pur sang anglais de course, il existe des étalons aussi amples, aussi étofTés que des carrossiers, et d'autres à formes et à membres fins et déliés ; les uns pouvant convenir aux croisements normands, percherons, boulonnais; les autres à ceux ardennais, navarrins et auvergnats. Dans la race de Durham, on connaît des familles plus aptes au lait, d'autres plus précoces à la graisse. Dans la race mérinos, enfin, on peut choisir entre trois familles, l'une de haute taille, mal conformée pour l'engraissement, mais produisant une assez grande quantité de laine surfine, celle de Rambouillet; l'autre très-petite de poids, plus rustique, et au moins égale en finesse de la toison, celle de Naz; enfin celle à laine lisse et longue, aussi pesante que la première, mais mieux conformée pour la graisse, celle de Mauchamp. Il est donc important de savoir choisir dans la race amélioratrice, le type dont la conformation révèle les moyens de corriger tel ou tel défaut, de communiquer telles ou telles qualités.
4° Nous ne reviendrons ici qu'en passant, sur l'influence du régime, question que nous aurons occasion plus loin de développer plus longuement, et dont nous avons déjà parlé, ainsi que des soins hygiéniques, au § 1"-, nous y renvoyons donc pour l'étude de ce point important dont on ne tient pas toujours assez de compte.
Mais il est d'autres conditions accessoires qui doivent être développées et discutées ici, dans leurs rapports avec le croisement.
M. de Buffon soutenait l'indispensable nécessité du croise-
ment des races du Nord par celles du Midi, pour empêcher leur dégénérescence, mais en prescrivant pour la France, d'importer des races du Nord. Bourgelal professa aussi celte opinion. M. Huzard père, à son tour, développa la thèse opposée, c'està-dire que les races du Nord, pour l'engraissement, doivent servir à l'amélioralion des races méridionales. Ces deux opinions, dont la première a le tort d'être exclusive, sont à la fois parfaitement fondées, quoique contradictoires.
En effet, c'est par les races méridionales de l'Orient, que furent améliorées nos races de chevaux fins et légers; c'est par les races septentrionales qu'on améliore et qu'on doit améliorer nos races chevalines de gros trait, si l'on veut augmenter leur musculature. D'un côté, les mérinos espagnols ont accru la finesse de nos laines indigènes et se sont acclimatés désormais jusqu'en Suède et en Russie; de l'autre, lesdishleys, les southdowns, les newkents de l'Angleterre communiquent à nos races communes une merveilleuse précocité et une remarquable aptitude à prendre la graisse. Quant à Tespèce bovine, chacun sait que les races méridionales sont rustiques au travail, énergiques, peu laitières, et dures à l'engraissement, tandis que celles des climats septentrionaux ont surtout en partage le lait et la viande. Or, nous ne voyons aucune race améliorée, dans celte espèce, par une importation du sud au nord, ce qui serait tout simplement un contre-sens ; nous voyons au contraire les races hollandaise, flamande, cotentine, bretonne, et celles de Durhaoa, de Devon, d'Ayrshire, descendre du nord vers le sud. Ceci cependant, ne doit pas être poussé jusqu'à l'extrême, et ce serait une folie que de prétendre acclimater économiquement par le croisement, la race de Durham en Provence. Mais ce qui manque au Midi, c'est le lait et la viande, produits auxquels les races du Nord sont plus aptes
que celles de ces contrées. Nous rappellerons à l'égard des importations de reproducteurs, que pour les mâles il faut s'enquérir soigneusement de la généalogie, et qu'à cette considération, il faut, pour les femelles, joindre des renseignements exacts sur les fécondations qu'elles ont précédemment subies.
Dans l'œuvre de l'amélioration par croisement, il ne faudra pas se laisser tromper par la première génération, car il est aujourd'hui reconnu : 1" que le premier croisement d'une race améliorée avec une race abâtardie donne, en général, à la première génération, des animaux remarquables par la régularité et la finesse de leur conformation. 2" Que ces premiers croisements sont en général, doués d'une plus grande aptitude au lait que les deux races mères elles-mêmes. 3° Mais que la seconde génération est souvent inférieure en formes et en produits à la race abâtardie. Il semble y avoir un phénomène physiologique aussi curieux qu'important, qui régisse la reproduction des croisements, en dehors de celle des races, phénomène qui n'a encore été ni étudié, ni expliqué. La constance de la race abâtardie semble disparaître à la première génération, pour reprendre sa puissance à la seconde. Ces faits se présentent presque chaque jour dans les croisements par la race durham, qui ne date guère pourtant, que de 80 ans et est certainement inférieure en constance au plus grand nombre de nos races françaises. Lord Spencer a cherché à expliquer ces deux faits, mais son opinion ne nous semble pas heureuse. Après avoir expliqué la réussite du premier croisement par la constance dans le produit d'un animal bien né, de race pure et noble, avec un animal commun, et reconnu que ce produit ressemblera probablement plus au parent de la famille noble qu'à l'autre, il ajoute : « Ce résultat presque constant a donné « lieu à une opinion vulgaire que nous croyons fausse. On dit
« que le produit d'un premier croisement est meilleur que ce- (( lui des croisements subséquents; cette assertion dans un « sens absolu est inadmissible. L'erreur en ce cas, provient de « ce que Ton est plus frappé de l'amélioration qui se mani- « fesle dans le produit d'un premier croisement fait dans les « conditions exposées plus haut, qu'on ne l'est du produit des c( croisements subséquents opérés entre des animaux déjà « améliorés. » Les éleveurs seront sans doute peu disposés à accepter cette explication par une erreur des sens.
Néanmoins il est maintenant passé en principe que les animaux métis doivent être rejetés comme reproducteurs, et on ne peut qu'applaudir à la justesse de ce principe. En effet, ces animaux manquent de constance et ne donneront que des produits incertains, dont les uns appartiendront bien à la race amélioratrice, mais dont la plupart se rapprocheront de la race abâtardie. Cependant l'emploi des métis qui doit être absolument condamné dans le croisement, fait nécessairement partie intégrante de l'œuvre du métissage. Aussi, la discussion de ce point nous semble-l-elle médiocrement importante.
Nous avons dit en parlant de la sélection, que les races anglaises améliorées, l'avaient toutes été, soit par croisement, soit par métissage, avoués ou cachés sous le secret, depuis le pur sang de course, jusqu'aux races de Durham, de Southdown, de Leicester, etc. Les divers mélanges de sang versésdans la souche du pur sang semblent difficiles à nier, en présence des faits historiques; David Lowd'un autre côté avoue celui opéré au principe dans la race de Durham. Les Colling, selon lui, un autre éleveur, d'après M. Lefèvre Sainte-Marie, auraient versé dans la race le sang galloway et celui de la race desHighlands. Nous rapporterons ici, d'après le Herd-Book anglais et M. Sainte- Marie, la généalogie de Lady, une vache appartenant à Ch. Col-
ling, et qui fut vendue à 14 ans, la somme énorme de 5.150 fr.
s. P. Grand son of Boliwgbroke. S. M. Old Phœoix. S. G. P. O'Callaghan son of Boling- S. G. M. Old Johanna par C. Colling's broke. lame buU.
S. G. G. P. Boliugbroke. S. G. G. M. Johanna ( galloway rouge
sans cornes).
Lady produisit à son tour, avec des taureaux de pur sang : Washington par Favourite; Countess par Cupid , vendue à neuf ans 10,500 fr. à la vente de Ch. Colling^ Laura par Favourite, 5,512 fr. 50 c, à Tâge de quatre ans à la même vente j Major par Cornet, 5,250 fr. à trois ans; George par Comet, 3,412 fr. 50c. à un an; et enfin, sir Charles par Comet. Cette famille qui par l'impureté de son sang mérita le surnom de mélangée [the alloy) n'en est pas moins très-eslimée, encore de nos jours.
Old Phœnix, mère de Lady, fut mère aussi par Bolingbroke, du fameux taureau Favourite, qui donna lui-même naissance avec sa propre mère, à Comet, l'un des plus remarquables anioiaux de la race durham ; Comet fut vendu 26,250 fr. à la vente de Ch. Colling en 1810. D'un autre côté, Grand son of Bolingbroke, le père de Lady, ne produisit aucun autre animal estimé ^ il était de second croisement par son père seulement. M. Sainte- Marie nous paraît donc fondé à se demander si Lady n'a pas plus rappelé de ses ancêtres de race pure, Phœnix et Bolingbroke, que de la race de sa deuxième grand'mère, Johanna-Galloway. David Low conclut dans le même sens : « Ainsi, dit-il, il pa- « raît que par un simple croisement avec une autre race et le « retour immédiat à la race supérieure, on ne produisit aucune « détérioration de la souche reproductrice, et qu'on lui inocula
« vraisemblablement une vigueur nouvelle. De semblables ré> « sultals sont communs dans l'éducation des chevaux, des ce chiens et d'autres animaux. » Peut-être cependant ce mélange de deux sangs étrangers dans la souche eut-il une plus grande importance physiologique qu'on ne veut bien lui en attribuer. Mais qu'importe après tout le degré de pureté dans l'origine d'une race, si elle remplit complètement le but pour lequel on l'a formée, et si on a la bonne foi de dévoiler les moyens mis en œuvre pour sa création? Nous regrettons de le dire, mais les éleveurs anglais ont pour la plupart cherché à s'entourer d'un mystère que les écrivains de la même nation ne semblent pas mettre une grande persévérance à pénétrer.