‹ Traité de l'économie du bétailChapitre 42 sur 64 · NATURE · texte numérisé non relu

NATURE

DES ALIUENTS DONNÉS ET AMàLTSES.

Kilog.

Kilog.

K 'tintx

Kilog

IVllOg.

— eu son de seigle. . .

— en sciure de peu-

— en sciure de pin sil-

— eu papier ( trempé

en bouillie)

ed

— en sciure de pin-

Cellulose contenue dans la ration

ed

de sciure de peuplier.

co

de sciure de pin sil-

co a

ea

de papier en bouillie.

en

de sciure d'épicéa.. ..

en

Cellulose

du fumier provenant

ed

vu

de sciure de peuplier.

cd tn

de sciure de pin sil-

de papier en bouillie.

en

de sciure d'épicéa. . . .

Cellulose totale dissoute pendant

la digestion, et provenant de

Cellulose dissoute pour 100 par-

45 Vo

40 Vo

Augmentation ou perte en poids

vivant.

A cette expérience, nous objecterons d'abord l'état de santé dans lequel se trouvaient les animaux; mais la chlorose qui a dû amener une certaine débilité de l'estomac ferait ressortir d'autant plus les résultats obtenus. Les périodes d'expérimentation de sept jours ayant été séparées par des intervalles assez longs pendant lesquels les animaux étaient remis à un régime normal, nous semblent mal calculées. Ainsi, après avoir été mis à une ration de 17 kilog. de foin, les animaux sont soumis à celle de 7 kilog. de foin et de 5^.500 de paille, qui est loin d'être équivalente à la première, aussi, perdent-ils 6^.300. Mais passant de la ration normale à celle des 3°, 4* et 5* expériences, ils ont augmenté en poids, surtout parce que les intestins se sont remplis outre mesure de ces substances peu assimilables et d'une digestion lente et difficile. Ce n'est donc là qu'un résultat fictif en grande partie. Il ne faut point nier pour cela qu'une partie de la cellulose ait été assimilée, quoique dans une proportion bien inférieure à celle indiquée ci-dessus. Et nous appliquerions volontiers à ce principe ce que présumait M. Chevreul, « qu'une matière introduite dans le corps d'un animal pour- « rait, sans s'y assimiler, en produisant de la chaleur, y main- « tenir la vie pendant un temps où elle se serait éteinte sans « la présence de cette matière. »

Les résines données seules sont, à la fois, astringentes et diurétiques. Elles sont, dans les végétaux, presque toujours réunies à un principe qui leur donne une odeur particulière. Communes surtout dans la famille des conifères, les résines sont plus rares dans les végétaux alimentaires; cependant, le trèfle, la vesce, la carotte, le panais, l'avoine en renferment en doses appréciables. L'ajonc (iilex europœus) doit sans doute à une résine particulière ce principe excitant qui le rend si convenable pour l'alimentation des chevaux en

hiver, et lui permet de remplacer l'avoine en grande partie.

Les huiles essentielles qui possèdent dans chaque végétal une odeur particulière, se rencontrent surtout dans les plantes appartenant aux familles des labiées et des ombellifères. Elles y sont ordinairement unies à un principe aromatique , et se montrent surtout dans l'épisperme des graines. Le grain des céréales, orge, maïs et surtout avoine, en renferme aussi en assez grande quantité. Elles sont excitantes à divers degrés ; mais dans l'avoine, elle paraît tellement volatile que la mouture la fait presque entièrement disparaître. Les huiles fixées ne se montrent dans les graines qu'après leur complète maturation et y sont tantôt jointes à un mucilage, comme dans le lin, tantôt à un principe âcre comme dans le colza et la moutarde. Les graines oléifères sont rarement données comme ali ments, dans leur état normal ; ce n'est qu'après en avoir extrait l'huile, qu'on abandonne au bétail les tourteaux plus ou moins épuisés qui constituent le résidu de la fabrication. Ceux-ci ne renferment plus alors que le périsperme de la graine, une quantité variable d'huile et du mucilage ou le principe âcre. L'huile de lin est souvent employée en Angleterre pour l'engraissement des animaux selon le procédé de M. Curtis de Rougham (Norfolk) ; la paille et le foin hachés sont arrosés d'huile de lin et brassés complètement; on les laisse ensuite, bien tassés, fermenter pendant dix-huit à vingt-quatre heures. L'huile est donnée à raison de 0^649 par tête et par jour, soit une dépense de 0^50 par jour. Les résultats économiques ont paru très-satisfaisants. M. Warnes emploie la graine de lin réduite en farine et cuite dans l'eau , de manière à former un mucilage auquel on ajoute des farines de pois ou de fèves et des racines même. Nous rapporterons, en parlant de l'engraissement, quelquesunes des expériences faites sur ce système. Enfin, le docteur

Pollock a expérimenté avec succès l'huile de foie de morue pour l'engraissement des veaux, moutons et porcs. Nous aurons également occasion d'en reparier.

Les substances grasses des végétaux ou des animaux, mucilage, huiles, etc., enfin tous les principes solubles dans Téther, peuvent quand ils se trouvent introduits en excès dans l'économie, former dans divers endroits du corps des dépôts graisseux, sortes de réserves de l'avenir pour l'organisme. Les aliments en général , conviennent d'autant mieux pour l'engraissement , qu'ils en renferment une proportion plus élevée. Les expériences de MM. Dumas, Payen et Boussingault ont parfaitement élucidé ce point déjà bien connu de la pratique. Dans une expérience de ce dernier chimiste , une vache laitière qui reçut en trente jours dans le foin, les betteraves et la paille, i^Sik- de matières grasses, en rendit pendant le même temps dans le lait et les excréments I^'.^IS ; elle en avait donc brûlé ou fixé 0^.201 . Données seules, les substances grasses, sont aussi bien que les principes tertiaires, impropres à entretenir pendant longtemps l'existence ; deux chiens nourris exclusivement d'huile d'olive et d'eau distillée ne vécurent que trente-six jours et l'un d'eux fut atteint d'ulcération de la cornée. (Magendie.)

$ 2. Étude physiologique des aliments.

Les divers aliments selon qu'ils sont verts ou secs , suivant qu'on les fait consommer par le cheval , le bœuf d'engrais, la vache laitière, le mouton à laine fine ou d'engrais, le porc ou la volaille, dans le but de les convertir. en travail, en lait, en

graisse ou en laine, possèdent des propriétés spéciales que tout agriculteur doit connaître. Aussi pour établir un tableau des équivalents nutritifs, faudrait-il tenir compte des facultés particulières à chaque espèce. Ajoutons que le sol même qui a produit ces végétaux influe sensiblement sur leurs qualités chimiques et par conséquent aussi sur leur valeur physiologique et nutritive. Ainsi, nous savons que l'estomac du cheval, du mouton et du porc est, comme on le dit vulgairement, plus chaud que celui du bœuf et de la vache ; que les plantes venues sur un terrain calcaire renferment une proportion d'eau moins élevée et sont plus nourrissantes que celles crues sur un sol argileux;, que les premières conviennent davantage pour l'engraissement et les secondes pour la production du lait. Enfin nous savons encore que le climat n'influe pas moins que le sol sur les qualités nutritives des végétaux. Aussi nous bornerons-nous ici, à parler en thèse générale et pour la France seulement, laissant à chaque cultivateur l'appréciation morale des conditions modificatrices sous l'influence desquelles il peut se trouver placé.

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