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DES 6RAIHS ET ISSUES

Les grains, pendant la mastication et la déglutition absorbent un peu plus que leur poids de salive et de mucus. (Lassaigne et Bernard.) Ils renferment en proportions variables de l'amidon, du sucre, des huiles essentielles, des principes gras, de la gomme, de la cellulose, enfin de l'albumine ou légumine, de la caséine et du gluten.

1** Le grain de froment, quoique doué d'une grande valeur nutritive, atteint le plus souvent une valeur trop élevée pour

qu'on puisse le faire consommer au bétail. Lorsque les circonstances le permettent, cependant, c'est sous forme de pain qu'on doit le donner. 11 produit une belle viande, et du suif ferme et d'une belle couleur; la volaille se trouve fort bien d'une pâtée faite avec sa farine et du lait ou de l'eau ; la plupart des chapons et poulardes qui nous viennent de la Normandie et de la Bresse ont été engraissés ainsi 5 dans le Maine, on préfère le maïs. La faible proportion de sels de chaux et de magnésie que renferme le froment le rend peu convenable pour l'élevage des jeunes animaux.

2** Le grain de l'avoine diffère en qualité suivant la variété d'hiver ou de printemps à laquelle il appartient, suivant la variété naturelle, grise, blanche ou noire; enfin, selon la nature du sol qui la produit, Brie, Beauce ou Bretagne. Les trois analyses suivantes permettront de se rendre compte de ces différences; les unes portent sur de l'avoine du Northumberland et du Ayrshire, l'autre sur celle de Bechelbronn; les deux premières sont dues à Norton, la troisième à M. Boussingauli :

AVOIMi:

du Ayrshire

du Northumberland.

de Bechelbronn.

Huile essentielle, matières grasses

Berzélius nous apprend que Vogel avait trouvé dans ce grain une huile grasse, jaune verdâtre, dans laquelle il pensait que résidaient les principes excitants de ce grain (Traité de cliimie, VI, page 301). Enveloppée dans un périsperme assez dur, l'avoine passe souvent à travers les intestins sans avoir été

digérée aucunement; aussi pour les vieux chevaux , doit-on la concasser grossièrement. Par une semblable raison , elle convient peu au bétail à cornes; mais les moutons en tirent un parti complet. Quand ce grain a été crevé ou concassé, son assimilation est rendue plus facile, mais il est devenu beaucoup moins excitant et convient bien plutôt alors au cheval de gros trait, au bœuf à l'engrais pendant la dernière période, qu'au cheval faisant un service de vitesse ou au bétail à laine. La viande obtenue de ce grain est d'excellente qualité et la graisse est très-ferme et d'une magnifique couleur. Il est précieux aussi pour les volailles dont il excite la ponte, et pour tous les reproducteurs mâles qu'il dispose à la reproduction.

3° Le grain de l'orge ou mieux encore sa farine, convient surtout aux jeunes animaux auxquels il fournit un aliment trèsrapproché du lait par sa composition, et du lait de vache surtout. Nous avons vu qu'il était très-riche en sels de chaux et de magnésie. On en fait un fréquent emploi aussi pour l'engraissement des bœufs pendant sa première période , à cause de sa valeur vénale d'ordinaire peu élevée. Plus tard, on lui substitue les farines de maïs ou de féveroles. Ce grain a le défaut de produire de la graisse un peu molle, quoique la viande soit belle et de bonne quahté. 11 est donné aussi aux porcs et produit un lard estimé. Rarement on le donne entier même après l'avoir fait crever; le concassage ou la mouture sont les moyens les plus employés pour sa préparation. Cette farine est légèrement laxative et ne doit point être donnée en trop grande quantité. M. de Béhague, cependant, ne craint pas d'en donner de 8 à 1 1 litres à des bœufs de concours du poids de 800 à 850 kilogr. vif. M. de Torcy ne fait entrer l'orge que pour 1/6 dans les farines de ses animaux d'élevage ; les 5/6 restants se composent ainsi : avoine 50 7o» seigle 16»5, sarrasin 16.5.

4® Le grain de seigle crevé ou réduit en farine est réservé plus spécialement pour les derniers jours de l'engraissement, à cause de la propriété qu'il possède de fleurir le poil et de faire sortir la graisse. Ce grain est plus laxatif encore que celui de l'orge. On lui reproche à tort de prédisposer les chevaux à la fourbure-, ceci pourrait à peine être vrai pour ceux qui font un service de grande vitesse; mais nous avons vu en 1856-57, un grand nombre de chevaux de labour nourris de seigle crevé au lieu d'avoine, sans qu'il en résultât aucun inconvénient. Peutêtre aussi, vaudrait-il mieux le donner aux chevaux sous forme de pain, et produirait-il ainsi un efl^et moins débilitant. Quand sa valeur vénale le permet , le seigle est souvent aussi consacré à l'engraissement des porcs; mais le mieux est de le mêler à d'autres grains, ceux d'orge et de sarrasin, par exemple.

5" La farine de sarrasin n'est guère employée que pour les porcs et la volaille; elle convient très-bien cependant pour remplacer celle d'orge dans l'engraissement des bœufs. On lui reproche de produire surtout du suif extérieur blanc et mou, mais alors c'est qu'on ne lui a point assez tôt substitué l'orge, le seigle et l'avoine. Le grain de sarrasin renferme moins de chaux, mais plus de magnésie que celui de froment, soit ensemble, 3.12 Vo- Aussi convient-il peu pour l'élevage. En revanche, il contient presque autant de matières grasses que le blé, et davantage que l'orge.

6* Le grain de la féverole est fréquemment employé en Normandie et surtout dans le Cotentin pour l'élevage et l'engraissement du bétail à cornes. C'est peut-être le plus nutritif des grains et celui qui produit la meilleure viande et le suif le plus estimé; malheureusement, sa valeur vénale iest très-élevée. Concassée ou trempée , elle convient parfaitement aux

chevaux, et peut remplacer l'avoine pour ceux de gros trait et de trait moyen.

7o Les sons, en général, sont rafraîchissants et de facile digestion, surtout celui de froment; celui d'orge est beaucoup moins nutritif et plus relâchant 5 pour les animaux de travail, ce n'est qu'à ce dernier point de vue qu'ils doivent être adjoints à la ration pendant les époques de grands travaux et des fortes chaleurs. Leur usage habituel rend ces animaux mous et lymphatiques. Le son de blé obtenu par la mouture perfectionnée ne renferme plus que 10 7o de farine 5 les recoupettes, qui en contiennent 20 à 25 7o, conviennent mieux aux jeunes animaux et aux vaches laitières; mais elles sont en général laxatives; les sons d'orge et de sarrasin sont de qualités trèsinférieures.

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