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DES LIQUIDES

C'est en général l'eau qui forme la base de la boisson de tous nos animaux domestiques, tnais on la corrige souvent par d'autres liquides ou par l'addition d'aliments divisés, son, tourteaux, farines, etc., et plus ou moins nutritifs. L'eau donnée au bétail doit être aérée et pure, en rapport avec la température de l'air; elle ne doit point contenir de sélénite (sulfate de chaux) ni une trop notable proportion d'oxyde de fer. ^

L'eau a une influence bien différente sur la conformation du bétail, selon qu'elle contient ou non du calcaire; si oui, le tissu osseux est dense et mince; si non, il est grossier et poreux. Ce fait est facile à vérifier sur les animaux appartenant à une race des terrains calcaires et qu'on transporte jeunes dans une contrée argileuse et assez riche, et vice versa. Toutes les eaux acides provenant de terrains tourbeux doivent même être modifiées au point de vue de la simple hygiène par l'addition de marne, chaux, etc., qu'on leur fait traverser avant le point où elles seront livrées aux animaux. Enfin pour le jeune bétail dont on veut faire des animaux fins , précoces et disposés à prendre la graisse, il est avantageux d'introduire artificiellement le principe calcaire dans leur régime, quand le sol ne le leur fournit

pas naturellement en proporlion suffisante. Un fait assez singulier, quoique non complètement éclairci, indiquerait une bizarre influence de certaines eaux sur la robe même des animaux; M. Clerjeon, vice-président de la Société d'agriculture de Roanne, y rapportait en 1857, avoir vu en Espagne en 1824 un cheval « très-beau , mais plus extraordinaire encore par sa a robe que par sa conformation ; il était vert , de ce vert jau- « nâtre que l'on nomme réséda. C'était sur les confins de l'An- « dalousie, dans le district de Cordoue. Dix ans après, con- « tinue-t-il, un de mes amis, devenu intendant général des « salines et autres possessions de la reine Christine, rencontra « à Cordoue, non pas mon cheval vert, mais un frère à celui-ci, a fils de la même mère, laquelle vivait encore , et était depuis a vingt ans nourrie dans un pré qu'arrosait une source s' échappe pant d'une montagne connue par ses gisements de cuivre. » A tort ou à raison , c'est à la nature de ces eaux, que M. Clerjeon attribue cette bizarrerie.

La première boisson des jeunes mammifères est le lait de la mère ou quelquefois d'une autre femelle de même espèce ou d'espèce différente. C'est ainsi qu'on peut élever de jeunes poulains avec du lait de vache ; mais alors il faut que ce liquide soit ramené autant que possible à une certaine identité de composition et de densité avec celui de la jument. Pour cela , on le coupe avec un peu d'eau, et on y ajoute un peu de farine d'avoine. Pour remplacer le colostrum ou premier lait de la mère, dans les premiers jours, on doit dans l'allaitement artificiel, ajouter au liquide un peu de manne qui remplace le principe purgatif. Le colostrum naturel sensiblement différent du lait normal , n'est pas susceptible de subir la fermentation acide ; il passe presque immédiatement à la fermentation putride et peut par conséquent se digérer sans production acide et les

principes gras qu'il renferme déterminent l'expulsion du méconium.

On peut classer parmi les boissons les résidus liquides de féculeries, amidonneries, brasseries, distilleries, sucreries, etc. On les donne, en général , chauds, aux bêtes à cornes et à laine qu'on veut engraisser. Un bœuf de 800 kilogr. poids vif, peut absorber en moyenne, par jour, 150 litres de ces résidus. Mais ce régime trop aqueux doit être additionné de farines et de fourrages secs. « M. Coclin , distillateur près de Dunkerque, « ajoute à la ration de ses animaux à l'engrais, autant de résidus c( qu'ils en veulent boire. Quelques animaux en consomment <r jusqu'à 1 hectolitre par jour, d'autres 50 litres seulement. » (Rendu , Agriculture du Nord^ page 330.) M. Villeroy fait consommer en moyenne 100 litres de résidus de distillerie, par jour, à chacun de ses bœufs à l'engrais. Les résidus des distilleries produisent souvent des inflammations intestinales; ceux de féculeries amènent souvent des diarrhées opiniâtres, et ceux d'amidonneries prédisposent à la pléthore sanguine : il ne faut donc distribuer qu'avec prudence. Le meilleur mode d'emploi consiste, en général , à s'en servir en trempant les fourrages secs , qu'on en arrose jusqu'à saturation. Voici d'après Johnston, la composition des résidus de distillerie :

Clairs. Épais.

Potasse et soude, avec traces d'acides muriatique

etsulfurique 46.24 38.36

Âcide phosphorique combiaé avec la soude et la

potasse 21.67 24.35

Phosphate de magnésie et chaux 28.88 15.90

Matières sableuses 2.56 20.95

Perle 0.65 0.44

Les résidus de brasseries de grains sont composés ainsi qu'il suit , d'après Tiiomson' :

Eau 75.85

Gomme 1.06

Autres matières organiques, enveloppes 21.28 J 100.00

Matières organiques contenant de l'azote. ... 0.62

Matières inorganiques, cendres 1.19

Ces principes inorganiques se composent de chlorures et quelques sulfates (7.60 7o) ; acide phosphorique combiné avec les alcalis (2.11 Vo), phosphates terreux (48 7o), silice (41.51 7o). D'après ces analyses, il est facile de présumer que ces liquides doivent être exclus de l'alimentation des jeunes animaux dont ils distendraient les intestins et l'abdomen, et pour lesquels ils sont trop pauvres en principes azotés et calcaires (carbonate et phosphate).

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