‹ Traité de l'économie du bétailChapitre 49 sur 64 · DES RÉSIDUS SOLIDES DE FABRICATIONS · texte numérisé non relu

DES RÉSIDUS SOLIDES DE FABRICATIONS

Dans certaines circonstances, on emploie à la nourriture du bétail les résidus solides de la fabrication des huiles, de la bière, du sucre, de l'amidon, de l'alcool, etc., tourteaux, drêche, gluten , pulpes, etc.

Les tourteaux des différentes graines oléagineuses possèdent des qualités bien différentes, selon l'espèce et aussi le mode de fabrication à chaud ou à froid , le pressage à main ou à la presse hydraulique. Les bêtes à cornes et à laine, quelquefois les chevaux, sont les seuls animaux auxquels on les fasse con*

sommer. Le tourteau de noix est, pour l'engraissement et l'élevage, celui qu'on doit préférer à tous les autres. Le tourteau de lin vient en second rang pour l'engraissement; les chevaux et les porcs le reçoivent volontiers. Le tourteau de colza, par la proportion de phosphate de chaux qu'il renferme , convient assez au jeune bétail, mais moins que les précédents, aux bêtes d'engrais. M. de ïorcy l'employait mélangé par moitié avec celui d' œillette dont la composition s'en rapproche sensiblement. On fait consommer encore, les tourteaux de cameline dans le Nord, et ceux d'arachide dans le Midi; mais tous deux sont bien inférieurs à ceux de noix, de lin , de colza et d'œillette.

Les tourteaux, en général, quoi que dise M. Payen de celui de Sésame, produisent une viande molle, flasque, huileuse el de mauvais goût, dès qu'ils sont donnés en proportion un peu élevée ou quand on n'en a pas cessé l'usage assez longtemps avant l'abatage de l'animal. Ils augmentent la quantité du lait, en crème surtout, mais sans grand avantage pour la qualité du beurre. Dans le Nord, on donne, d'après M. Rendu, 1 kilog. de tourteau de colza par tête et par jour aux vaches laitières et la qualité du lait s'en accroît-, il n'en est pas de même si on donne du tourteau de lin, mais celui-ci, à l'époque des premières chaleurs du printemps , donne plus de consistance au beurre. {Agriculture du Nord , p. 332.) M. Decrombecque fait entrer dans la ration de ses chevaux de travail 0''. 380 de tourteau d'œillette, mélangé aux autres fourrages hachés et fermentés. Pour les bœufs d'engrais, la plus forte proportion qu'on puisse donner avec profit, pendant la première période, est de 4 kilog. de tourteau de lin; pour les moutons, 0^350 de colza et 0^500 de lin.

La drêche d'orge, produit des brasseries est beaucoup plus

commune en Angleterre qu'en France. C'est une bonne nourriture pour les vaches laitières et les animaux d'engrais; mais elle doit être distribuée avant d'avoir atteint la fermentation acide qui se développe très-rapidement; les chevaux la reçoivent assez volontiers. Fraîche, elle renferme 92.75 % d'eau, et les cendres donnent à l'analyse, d'après Johnston :

Potasse et soude.. .

Chaux et magnésie

Oxyde de fer

Acide phosphorique Chlorures et silice.

100 kilog. de grains d'orge donnent environ 60 kilog. de drêche humide ou 12 kilog. de drêche sèche. Le nord et l'est de la France apprécient avec raison cet aliment dont le seul inconvénient est de n'être que difficilement transportable.

La pulpe de betterave, si on en excepte les chevaux, est recherchée par presque tous les animaux. 1.000 kilog. de betteraves renferment environ 870 kilog. d'eau de végétation et 80 kilog. de sucre-, ils fournissent en moyenne 600 kilog. de pulpe retenant 75 "/o d'eau, et dont l'hectolitre pèse 110 kilog. Pour les vaches laitières et les jeunes élèves, la pulpe doit recevoir une addition de phosphate de chaux; pour les animaux à l'engrais, on la mélange aux fourrages hachés et aux racines ; la ration doit comprendre dès lors une proportion de grains ou de farines en rapport avec celle de la pulpe dont ils doivent corriger l'humidité. Donnée exclusivement ou en trop forte proportion, la pulpe exerce sur les intestins une action relâchante qui pourrait amener des inflammations dangereuses* 40 kilog. pour le bétail à cornes et 2^^.500 pour les moulons,

forment une limite qu'on doit rarement dépasser. Suivant M. Mayeux de Capelle, près Dunkerque, elle fait périr les agneaux et les anlenois. (Rendu, Agriculture du Nord, p. 344.) En tout cas, les moutons la consomment impunément. Quant aux qualités des pulpes il faut distinguer celles obtenues par les divers procédés, pressage, macération, etc. M. Piuchet fait absorber par ses bœufs de travail et d'engrais , jusqu'à 140 kilog. de pulpe par jour, mélangés de 7 kilog. de menues pailles, 5 kilog. de foin et 2 kilog. de tourteau de colza. Les moutons à l'engrais reçoivent 10 kilog. de pulpe, ©"".SGO de menues pailles, et 0^.500 de foin de luzerne. A Grignon, les vaches laitières suivent la ration : 21 kilog. pulpe, 1^.500 menues pailles, 4 kilog. paille, 5 kilog. foin , 0''.025 sel. On trouvera du reste dans un remarquable Tapport de M. Baudement [Annales de l'agriculture française, 5® série, t. IX, p. 412) le résumé d'un grand nombre de rations oii la pulpe forme la base.

Le gluten des amidonneries peut être, ainsi que nous l'avons dit plus haut, utilisé en formant des pains qu'on fait sécher au four, qu'on conserve et qu'on pulvérise ensuite, pour en saupoudrer les fourrages. Mais pour cette nourriture, il faut user d'une grande prudence dans la crainte des pléthores et des congestions sanguines.

Page 1