MACÉRATION
La macération consiste à faire tremper pendant un certain temps les fourrages secs dans certains liquides, dans le but de les attendrir, de faciliter leur mastication et de les rendre plus facilement digestibles et assimilables. D'autres fois on leur fait absorber ainsi des liquides plus ou moins nutritifs eux-mêmes, comme les eaux ou les résidus des brasseries, féculeries, distilleries, etc. En Allemagne oii suivant MM. Royer, Villeroy et de Gourcy, on emploie fréquemment cette préparation, on estime que les fourrages secs macérés , même dans l'eau simple mais tiède, gagnent un tiers en valeur nutritive. M. Boussin-
gault, après expérience, n'admet pas cette opinion que Texpérience suivante faite à Versailles par M. Baudemeiit , ne confirme pas par des preuves assez évidentes : quatre génisses de dix-sept à dix-neuf mois furent divisées en deux lots : le premier, nourri au trèfle sec à 3 kilogr. •/« du poids vif, le second au même régime, à la même ration, mais le trèfle ayant macéré douze heures dans l'eau simple.
Le l^"" lot gagna en 14 jours 20 kilogr.
Le 2" lot — — 23 —
Les lots ayant été intervertis, et l'expérience recommencée pendant un même laps de temps,
Le 2» lot mis au trèfle sec gagua 22 kilogr.
Le 1" lot mis au trèfle macéré gagna. . . 23 —
Ces chiffres ne présentent pas, selon nous d'assez notables différences, sur de jeunes animaux surtout, pour que, sans tenir compte des aptitudes ou de l'état de santé individuels, on puisse conclure aux chiffres allemands. L'expérience devra donc être confirmée. D'un autre côté, Giolo, vétérinaire italien, pense que du foin macéré, par son séjour dans l'eau perd beaucoup de ses principes aromatiques et de sa saveur; il devient moins nutritif parce qu'il excite moins la réaction salivaire toujours en rapport avec l'impression plus ou moins savoureuse et excitante des ahmenls. (Traduction par Prangé. Moniteur agricole, 17® livraison 1848.) A Sahlis, chez le docteur Crusius, et dans toutes les exploitations qui se sont adjoint des usines agricoles, en Allemagne, les vaches laitières reçoivent des fourrages secs hachés et macérés dans les résidus liquides à une
température de 45*^ C. En France, on ne fait que bien rarement usage de ce mode de préparation, si ce n'est pour les foins qui ont été envasés.