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SALAISON

La salaison des fourrages a pour but soit d'assurer leur conservation, soit de modifier leurs qualités nuisibles; c'est une pratique recommandable que de saler les foins des prés humides en les engrangeant. Dans le Nord, on conserve les feuilles de betteraves en silos après les avoir tassées et salées par couches. En Allemagne on conserve dans des citernes, pour l'hiver, des fourrages verts bien tassés et arrosés d'eau salée. Quand il ne s'agit que de conservation, on sale les fourrages en les rentrant; quand il importe de relever leur qualité, on les arrose d'eau salée quelque temps avant de les distribuer ; les foins qui ont été vasés, qui ont pris le moisi ou la poussière, doivent d'abord être passés à la machine à battre dont on a relevé le contrebatteur.

S 4. Divers modes d'alimentation.

On distingue deux modes principaux d'alimentation du bétail : la nourriture au pâturage constant qui suppose un climat à la fois chaud et humide; la nourriture à l'étable ou stabulation permanente qui indique un sol riche et une culture avancée. La condition la plus ordinaire de l'entretien des animaux domestiques en France est le système mixte, c'est-à-dire pâturage pendant la belle saison, et stabulation en hiver. Cependant le système du pâturage pour les animaux d'élève et d'engraissement se rencontre dans la Normandie, tandis que la stabulation permanente est à peu près générale dans le département du Nord.

En général, le pâturage convient mieux au mouton et à la vache laitière, aux jeunes animaux de toute espèce, et la stabulation aux bêtes de travail et d'engraissement. Dans certaines contrées allemandes pourtant, on soumet les bêtes ovines à la stabulation permanente afin d'en obtenir des laines fines ; aux environs de Paris, les vaches laitières ne sortent point de l'étable non plus, mais c'est aux dépens de leur santé. Ce n'est point, au reste, sans inconvénient qu'on change le mode d'àhmentation d'une race d'animaux; les vaches normandes donnent beaucoup moins de lait dès qu'on les retient au râtelier, même avec abondance de fourrages verts; les moutons solognots et berrychons s'engraissent difficilement à l'étable, accoutumés qu'ils sont au parcours.

Dans le Perche, les poulains sont élevés presque exclusivement au râtelier, et dans l'Auvergne ils ne sortent point des

pâturages tant que dure la belle saison; en Normandie, ils ne rentrent presque jamais à l'écurie. Il n'y a rien d'absolu par rapport au choix de l'un ou de l'autre de ces systèmes; il faut tenir compte avant tout des habitudes héréditaires de la race, du but vers lequel on veut la faire marcher, et surtout des aptitudes, de la nature et de la richesse du sol. En Angleterre on a cherché à fixer d'une manière certaine quel était par rapport au climat et aux races le système d'alimentation le plus favorable à l'engraissement des moutons ; on a toujours été conduit à la stabulation. Nous empruntons à Stéphen, dans le Livre de la Ferme, trop peu connu en France quelques-unes de ces expériences assez curieuses :

M. Childer de Malton choisit 40 moutons dont 20 pesant 1712'^. 276, étaient destinés à être nourris à la bergerie, et 20 autres, pesant 1722". 078 destinés à être engraissés aux champs. Chaque lot reçut des turneps à discrétion, ce qui s'éleva à 252''. 423 par jour, 93''.490 de tourteau de lin, ou 4''. 674 par tête, 0^25 d'orge par tête et un peu de foin avec une ration constante de sel. Ils furent ainsi nourris du 1" janvier au 1" avril et dans le premier mois, ceux nourris à la bergerie consommaient par jour 28''. 047 de turneps; dans la neuvième semaine, 13''.608 encore, et l^.dQO de tourteau de lin par jour. Voici le résumé :

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