DATES
Poids vif.
Âccroissement en poids.
Poids vif.
Accroissement en poids.
Conséquemment, dit M. Childer, les moutons nourris à la bergerie ont consommé presque un cinquième de moins et ont augmenté un tiers de plus. Ainsi, en trois mois, le lot à la bergerie a gagné 11''. 304 par tête de plus que celui au pâturage et valait 3 fr. 75 c. de plus par tête.
De semblables expériences faites en Ecosse ont donné les mêmes résultats : M. Wilkin , des dunes de Tinwald (Dumfrieshire) nourrit 20 moutons croisés cheviots-leicesters dans des cours et à la bergerie, aux turneps, aux fourrages et aux tourteaux; l'accroissement de 10 moutons à la bergerie fut estimé supérieur de 27 fr. 50 c. à 30 fr. à celui des 10 nourris au i âturage.
M.John Bryde, de Belker nourrit 2 cheviots-leicesters dans des stalles avec des turneps, du riz, du sagou, du tourteau de lin, et réalisa 8 fr. 80 c. de plus qu'avec d'autres animaux engraissés aux champs. Mais ajoute-t-il, en estimant les avantages attachés à la nourriture à la bergerie, si on tient compte du dérangement occasionné par le transport des turneps, et celui des fumiers sur les champs, on ne sera pas toujours disposé à lui donner la préférence.
M. Paulett, de Burton (Bedfordshire) mit 8 agneaux dans un straw-yard, et 8 aux champs. Les premiers ont gagné en poids, pendant neuf semaines et trois jours, du 7 décembre au 11 février, 8''.607, et les seconds 9^286 chaque. Dans une autre expérience, l'année suivante, 8 agneaux dans le parc ont gagné 14''. 496 en douze semaines, et 8 agneaux en liberté n'ont acquis que 12''. 685, soit une différence de l''.812 en faveur de ceux conservés à l'étable.
En France on est d'accord que l'engraissement à l'herbe, et en général, l'alimentation de toute espèce de bétail au pâturage est plus économique que la nourriture à l'étable. Mais on
doit faire entrer en ligne de compte la question des engrais; perdus en grande partie dans le système du parcours, ils sont dans la stabulation recueillis en entier, liquides et solides, et augmentés d'une litière qui s'animalise à leur contact. Avec la stabulation encore, il faut prévoir une augmentation de maind'œuvre pour le fauchage des fourrages, leur préparation à rétable et les soins aux animaux ; et surtout pour le transport des fourrages d'un côté et des engrais de l'autre.
M. Durand, professeur de chimie à Caen, a démontré dans un excellent mémoire, qu'une vache laitière épuisait un pâturage autant que deux vaches de graisse. Je crois pouvoir ajouter que 700 kilogr. de poids vif de moutons épuise autant un herbage que 1,000 kilogr. de bétail à cornes. M. Robert Stephenson de Withelaw (Est-Lothian) a reconnu que nourris à l'herbe^ 6 moutons de 374 kilogr. ensemble consomment plus qu'un bœuf du même poids de 374 kilogr., dans la proportion de deux huitièmes. M. Malingié avait expérimenté aussi qu'il en coûtait autant de fourrage pour produire 160 kilogr. de viande de mouton que 300 kilogr. de viande de bœuf. Il faut cependant tenir compte aussi de la laine. D'après l'opinion anglaise, après le porc, ce serait le mouton qui d'un poids donné de fourrage, tirerait le plus fort accroissemement en poids 5 l'opinion en France donne jusqu'ici la prépondérance au bœuf, toutes circonstances égales. L'expérience nous aidera, dans le chapitre qui traitera de l'engraissement, à résoudre cette importante question.