CHEVAUX DE SELLE, DE LUXE, DE UÂNÉ6E ET DE COURSE
1" Race arabe, — On reconnaît généralement dans la race arabe quatre variétés basées sur la pureté d'origine. Ce sont les koheils ou kocklanis issus des cinq juments du prophète, et parmi lesquels on distingue encore les nedjds, ceux dont l'origine est le plus authentiquement pure; les kadischs, moins purs, sans généalogie authentique, mais encore estimés; les kuèdies ou berzauns, cheval sans race, issu de l'étalon kocklan avec des juments hattichs; le hattich enfin, cheval de trait ou de selle commun, souvent employé à la production des mulets. La robe du cheval arabe pur est ou noir zain ou noir bleuâtre; ceux de robe blanche argentée sont fort estimés; le pelage bai et le châtain sont communs et considérés comme de bonnes robes. Les chevaux blanc sale sont mieux estimés comme coursiers. La taille varie de 1".40 à l°'.45i la tête est carrée , les yeux sont grands et les oreilles longues; l'encolure de cerf; le garrot bien sorti; le dos droit; la queue attachée haut; les membres assez longs, nerveux, bien musclés à l'avant-bras et à la cuisse. La vitesse n'est pas
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aussi grande que celle du cheval anglais, mais cet animal supporle incomparablement mieux les privations, les fatigues et les courses 5 en un mot, il a plus de fond.
2° Race barbe. — « Ce n'est pas proprement un cheval « arabe, disent Youatt et Cécil, mais une race très-voisine. On « suppose qu'il descend d'un croisement du cheval algérien, « c'est-à-dire d'une race de l'Europe méridionale avec la race « arabe. » (The horse, historijy management and treatement.) London, 1858, p. 9.) Le général Lamoricière fait remonter ce croisement au vii^ siècle ap. J. C, époque de la première invasion de l'Afrique par les Arabes. Les Romains déjà avaient appris à tenir en grande estime la cavalerie numide; en 169 av. J. C, dans la guerre contre Persée, le consul Q. Martius écrivait au sénat de lui envoyer en Macédoine deux cents chevaux, numides surtout, parce qu'il lui était absolument impossible de s'en procurer dans ce pays. (Tite-Live, XLIV-XV). Le cheval barbe est souvent plus grand que le cheval arabe, avec la tête fine et une crinière soyeuse; ses hanches sont plus arrondies; son garrot plus saillant encore et placé très-près du rein; la poitrine est plus ample et plus large; la croupe plus horizontale; les membres d'une beauté extraordinaire quoiqu'un peu longs des paturons. Taille de 1".40 à 1°'.47. La robe la plus commune est le blanc ou le gris pommelé. Ces chevaux sont doués d'une vitesse remarquable, très-sobres et infatigables.
3*" Race turcomane. — Parmi les nombreuses races de chevaux que possède l'Asie, ceux des Turcomans paraissent pour les qualités, occuper le premier rang après les arabes. Ces chevaux sont plus grands que ceux arabes dont pourtant ils descendent. On leur reproche d'avoir la tête trop longue, les jambes hautes, la côte non suffisamment arrondie. Ils doivent
leur taille élevée à la bonté des pâturages. (Villeroy, Manuel de l'éleveur de chevaux, t. I, p. 191.) Ils ont souvent jusqu'à l^.es au garrot.
4° Race persane. — Plus grand que l'arabe (1°'.44 à l'^.SO) le cheval persan lui est inférieur en qualités. Il a les formes plus arrondies, la tête plus courte, les oreilles mieux plantées, l'encolure plus fine , la queue attachée moins haut, les membres plus déliés avec le canon plus mince; le sabot aussi petit. En somme, il est plus gracieux que l'arabe, mais il n'a ni sa vitesse, ni sa vigueur, ni son fond. Au iv^ siècle av. J. C, du temps d'Alexandre, la cavalerie persane était la plus estimée parmi celles de l'Orient.
5** Race turque. — « Il est principalement descendu de a l'Arabie, de la Barbarie et de la Perse. Son corps est long « et sa croupe élevée; son front est étroit et sa tête carrée « comme celle de l'arabe ; il a beaucoup de feu et d'intelli- « gence, est extrêmement vite et admirablement conformé ce pour les opérations de la cavalerie turque. » (Youatt et Gécil, ut supra^ p. 11.) Le cheval turc est plus grand que l'arabe (l'".45 à l'^.ôO); il a l'encolure plus grêle et le corps plus long, la crinière et la queue plus fournies, la croupe et les hanches plus arrondies et moins saillantes. Il est assez vite, a assez de fond et est très-rustique.
6« Race andalouse. — « De toute les contrées de l'Europe, « l'Espagne est celle oii le cheval a été le plus mélangé avec « le sang africain. Au commencement du vni® siècle, les Maures <c et les Arabes de l'Afrique septentrionale envahirent le pays « et y maintinrent longtemps leur domination. Pendant cette « longue période, de près de huit cents ans, les chevaux a d'Afrique furent introduits en grand nombre et contribuè- « rent puissamment à modifier les caractères des races indi-
(c gènes. Ce mélange de sang eut principalement lieu dans l'An- « dalousie, la Grenade et les autres royaumes du Sud, où se « forma la haquenée dite genêt d'Espagne, que l'on trouve « encore avec ses caractères primitifs. Ces élégants petits che- « vaux étaient fort estimés dans toute l'Europe. Ils sont plus « courageux que les barbes, et ils ont beaucoup de leur grâce <c et de leur souplesse de mouvements. Ils sont jolis, pétulants « et capables de faire de longs et rapides voyages. » (David Low, Histoire naturelle agricole des animaux domestiques. — Historique^ p. 33.) La race andalouse fournissait des animaux de parade et de manège , mais elle a presque complètement disparu depuis le commencement de ce siècle. La taille moyenne était do 1°.45 à l'^.ôO. La tête était un peu forte, longue et légèrement busquée; elle avait l'encolure du cygne, la poitrine large, les reins doubles, les membres légers et assez courts , les pieds étroits et les talons hauts.
7*" Bace anglaise de pur sang, — Cette race que nous appelons improprement de pur sang, et que les Anglais appellent bien élevée , thoroughbred , est bien loin d'être formée d'éléments homogènes. Ainsi, au commencement de l'ère chrétienne, la race des Celtes indigènes reçut à coup sûr, pendant la conquête romaine, du sang italien. Au siècle, sous le règne d'Athelstan (924-940) on introduisit plusieurs étalons espagnols; au xi% Guillaume le Conquérant (1066-1087) importa plusieurs étalons choisis parmi les plus fins de la Normandie, des Flandres et de l'Espagne. Au xip siècle, sous Henri 1", apparaît pour la première fois le cheval barbe (1100- 1135). Le roi d'Écosse Alexandre 1" (1107-1124) offrit à l'église de Saint-André un étalon barbe qui avait été amené dans ses États par des marchands juifs du Maroc. Les croisades n'ont laissé aucune trace historique d'importation de chevaux
de l'Orient en Angleterre; elle est cependant fort présuraable. Au xiv° siècle, Édouard III (1327-1377) importa de nouveau un grand nombre de chevaux espagnols 5 dès cette époque les chevaux anglais jouirent d'une grande valeur dans les autres pays. Au xv!** siècle, ce sont des étalons de Turquie, de Naples et d'Espagne, que Henri VIII (1509-1547) fait acheter pour l'amélioration des haras royaux. Ce n'est qu'au xv!!** siècle que fut introduit le premier cheval arabe authentiquement pur, Markam, acheté par Jacques I" (1603-1625). Cromwell, Charles II, renouvelèrent encore les importations de chevaux turcs, arabes et barbes. Ainsi ce que nous appelons la race pur sang, n'est qu'une race obtenue par métissage, au moyen des sangs divers de la Turquie, de Naples, d'Espagne, d'Arabie et de Barbarie. Mais remarquons que par thoroughbred ^ les An glais n'entendent rien autre chose « qu'un cheval dont la « généalogie peut être suivie pendant plusieurs générations, « et dont les ascendants se sont signalés sur le turf, ou ont ce établi leur réputation en produisant des chevaux supé- « rieurs. » (Youatt et Cécil, ut supra ^ p. 22.) Malgré tous les soins possibles, ce n'est point encore, à proprement parler, une race établie; on l'accuse de dégénérescence; ses défenseurs eux-mêmes, tout en niant qu'elle ait perdu de ses qualités, demandent qu'on verse de nouveau du sang oriental dans la race, mais cette fois par les juments et non plus par les mâles.
Depuis 1769, on a commencé en Angleterre, le Stud-Book, livre où sont soigneusement enregistrées les généalogies des chevaux de pur sang. Le cheval anglais est de taille plus élevée que l'arabe (l^.SO à 1™.62). Il a le corps élancé, les membres longs, la poitrine haute mais étroite, l'épaule oblique, le dos et les reins longs, ainsi que la croupe; les bras et les cuisses
sont musclés; la tête un peu forte, Tencolure longue et un peu grêle. Les jambes sont sèches et nerveuses, les paturons longs et obliques et le sabot bien conformé. La robe la plus commune est le bai, mais il y en a beaucoup de noirs et d'alezans. Un célèbre cheval de cette race parcourut en 6 minutes 40 secondes, portant un poids de 58 kilog. une distance de 5,717 mètres, ou 24"^,60 par seconde.
8** Race du Couhamara. — « La tradition rapporte que lors « du naufrage de quelques-uns des vaisseaux de la flotte espa- « gnole, l'Armada, sur la côte de l'Irlande, en 1588, plusieurs « chevaux et juments gagnèrent le rivage, et se reproduisirent (c dans le pays sauvage où ils avaient été ainsi transportés. c( Mais il n'est pas besoin de cette tradition pour prouver leur a origine; ils portent évidemment le type de la race espagnole. « Ils ont de 10 à 14 palmes de haut (1 mètre à 1".40), sont « généralement de la couleur brune des chevaux andalous, et « ont les membres délicats et la forme de tête qui caractérise « la race espagnole. » (David Low, ut supra, p. 89.) Le district de Couhamara est situé dans le comté de Galloway.
9° Race navarrine. — Cette race française, aujourd'hui à peu près complètement éteinte, se rapprochait beaucoup de celle andalouse dont elle était évidemment descendue. Son origine remonte donc à la domination des Maures Arabes dans le sud de la France, au viii® siècle. David Low pencherait à faire remonter l'infusion du sang arabe au viif siècle (732) à l'époque de la défaite des Sarrasins dans les plaines de Poitiers par Charles Martel [Hist. nat. agric. des anim. domest. Cheval : historique, p. 34). Les chevaux de cette race avaient la tête légèrement busquée, un peu longue ; l'encolure droite; le garrot bas; la croupe tranchante; le dos un peu ensellé, et les jarrets un peu trop coudés. La race actuelle des environs deTarbes,
qui fournit à la cavalerie légère, a le corps et les membres plus allongés que Tcincienne; elle a plus de vitesse, mais moins de grâce dans les allures.